La stature politique du patriarche Cyrille Ier

mercredi 28 janvier 2009

Chef du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou depuis novembre 1989, intellectuel brillant et assez jeune à 62 ans, le métropolite Cyrille de Smolensk et Kaliningrad partait gagnant dans une compétition qui a rassemblé plus de 700 électeurs.
Dès le lendemain de la mort de son prédécesseur Alexis II, le métropolite Cyrille avait été élu locum-tenens du siège patriarcal de Moscou, dont il connaît bien les rouages. Homme à la fois brillant et ambitieux, il s’était fait beaucoup connaître à l’échelle internationale ces dernières années. Et en Russie, il anime une émission de télévision hebdomadaire à Moscou et a lancé le site Internet du Patriarcat.

Il avait été nommé dès l’âge de 25 ans représentant de l’Église orthodoxe russe au Conseil œcuménique des Églises, en 1971, époque où le système politico-religieux de Moscou cherchait des alliés en Occident.

Ainsi, Cyrille surclassait a priori les deux autres candidats proposés par le Concile épiscopal : le métropolite Clément de Kalouga, un « conservateur » responsable administratif du Patriarcat dépourvu de notoriété, et le métropolite Philarète de Minsk, un pasteur envoyé en Biélorussie, président de la Commission théologique de l’Église orthodoxe russe, estimé et aimé de ses ouailles, mais déjà âgé de 73 ans. Homme très humble, Philarète a retiré sa candidature dès le début des délibérations précédant le scrutin.
Atout majeur à Moscou, Cyrille Ier est bien connu au Vatican, où, après avoir assisté aux obsèques de Jean-Paul II en 2005, il a rencontré à plusieurs reprises le Pape Benoît XVI et ses collaborateurs de la Curie, en particulier le cardinal Kasper, président du Secrétariat pour l’Unité des chrétiens.

Au sein du monde orthodoxe russe, certains considèrent Cyrille de Smolensk comme trop « libéral », trop ouvert à l’Occident, reproche étrange quand on connaît ses fonctions de représentant du Patriarcat dans les pays étrangers... La réalité est plus complexe…

Cyrille a toujours défendu vigoureusement les intérêts de l’Église russe : il s’est opposé à l’apparition en Ukraine d’une Église indépendante du Patriarcat de Moscou, dans un contexte d’antagonisme avec deux Églises nationales ukrainiennes « dissidentes » ; il a aussi maintenu récemment des contacts étroits avec l’Église orthodoxe de Géorgie en août dernier, au moment de la guerre en Ossétie du Sud. En octobre 2008, il a effectué un voyage pastoral en Amérique latine, où il a ouvert de nouveaux lieux de culte, et renoué avec les communautés orthodoxes locales, qui avaient parfois désapprouvé la réunification du Patriarcat de Moscou et de l’Église orthodoxe russe hors frontières issue de l’émigration d’après 1917… Auparavant, il avait cherché sans succès à intervenir pour maintenir l’Église orthodoxe d’Estonie dans le giron du Patriarcat de Moscou.

Sur le plan intellectuel, le métropolite Cyrille a été le principal artisan d’un texte de l’Église orthodoxe russe en l’an 2000 sur la doctrine sociale du christianisme : publié en français en 2006 aux éditions du Cerf, ce texte avait été présenté par le futur patriarche de Moscou lui-même au cours d’une conférence de presse à Paris. Ce travail s’est révélé à la fois nécessaire et habile car il y a là, notamment, un terrain d’accord possible rapidement avec les autres confessions chré­tiennes, sans préjuger du reste...

Tout en se réclamant de la filiation d’un prestigieux maître spirituel, le métropolite Nicodème de Leningrad ouvert au monde catholique et mort en 1978 dans les bras du pape Jean-Paul Ier, Cyrille de Smolensk a suivi un itinéraire quelque peu sinueux en ce qui concerne les relations avec le christianisme occidental : avant la chute du communisme, il s’est montré lui aussi très partisan d’entretenir des relations étroites avec Rome et l’Occident. Mais après 1991, il a adopté des positions beaucoup plus distantes, voire réticentes. Après l’annulation de deux rendez-vous entre le Patriarche Alexis II et Jean-Paul II en Europe centrale en 1997 et 1998, le métropolite Cyrille s’est opposé très fermement, mais en vain, à la visite du Pape « polonais » en Ukraine en juin 2001 : il la déclarait prématurée et dangereuse pour l’avenir des relations entre catholiques et orthodoxes, et n’hésita pas à utiliser les termes de « guerre froide » entre les deux Églises, tout en affirmant souhaiter à l’avenir une rencontre entre Rome et Moscou.

Dans l’immédiat, il demandait à Jean-Paul II de « reporter, voire de remettre » sa visite à Kiev. Lors de cette visite, le représentant local de l’Église orthodoxe russe, le métropolite Vladimir Sabodan, quoique homme ouvert et grand lecteur de Soloviev, l’apôtre russe de l’unité des chrétiens, s’était abstenu de venir saluer le Pape, contrairement aux représentants des deux Églises orthodoxes ukrainiennes nationales et à tous les autres représentants religieux, dont le Grand Rabbin de la communauté juive d’Ukraine, quant à lui très chaleureux.

Il est vrai que toute perspective de rencontre avec un Pape polonais pouvait provoquer de graves remous au sein d’une partie du monde orthodoxe russe, où la Pologne est malheureusement toujours considérée comme un ennemi héréditaire depuis des siècles, pratiquement depuis le début de la fondation de la Moscovie au XIVe siècle… En outre, en cette année 2001, la querelle du « prosélytisme » et du « braconnage spirituel » reprochés aux catholiques en terre russe était encore brûlante…
Aujourd’hui, au lendemain de l’élection de Benoît XVI après la mort de Jean-Paul II, et de visites réciproques entre l’épiscopat français et le Patriarche Alexis II en France et en Russie, le climat s’est nettement détendu.

Comment les choses évolueront-elles entre Moscou et Rome ? Il est encore bien trop tôt pour le dire, surtout à l’heure où des tensions pe­rsistent au sein du monde orthodoxe entre Moscou et Constantinople.

Denis LENSEL

On lira dans le dossier de France Catholique à paraître le 6 février, notre grand entretien entre Jean-François Colosimo et Gérard Leclerc, sur le thème "Comprendre l’âme russe"...

Pour acheter France Catholique en kiosque :

www.trouverlapresse.com

Lire l’article de l’agence de presse Zenit

http://www.zenit.org/rssfrench-20011

Consulter plusieurs articles intéressants sur l’élection du Patriarche :

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/01/cyrille-1er-un-patriarche-denvergure.html

http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/28/01003-20090128ARTFIG00039-cyrille-ier-le-nouveau-patriarche-de-moscou-.php

http://www.liberation.fr/monde/0101315179-kirill-nouveau-patriarche-de-moscou-et-de-toutes-les-russies

Messages

  • Axios ! Trois fois Axios ! Avec l’élection du patriarche Cyrille de Moscou, c’est l’entière orthodoxie qui revient définitivement sur la scène de l’histoire. Éradication bolchévique à partir de 1917, expulsion d’Asie mineure en 1923, massacres oustachis entre 1942 et 1944, oppression communiste à l’Est et dans les Balkans à partir de 1945, conflit du Proche–Orient à partir de 1948, partition de Chypre en 1974, guerres du Liban depuis 1975, d’ex-Yougoslavie entre 1991 et 2000, d’Irak depuis 2003, séparation du Kosovo en 2007, persécutions diverses en Asie aujourd’hui : le XXe siècle n’aura été qu’un long martyrologe. L’Eglise orthodoxe en est sortie diminuée, avec au prorata moins de territoires et de populations qu’elle n’y était entrée. Or, c’est de la contemplation de ce désastre qu’est née la vision dont le patriarche Cyrille est l’héritier et qu’il lui revient désormais de pleinement incarner. C’est à lui, le benjamin des disciples de Nicodème de Leningrad qu’il échoit de relever le pari, fou d’espérance, formulé au pire de l’enfer soviétique et qui n’était autre que celui de la résurrection.

    Je l’ai écrit ici, le répète dans la formulation de mon article au Figaro Magazine qui a suivi : « L’Eglise de Russie doit maintenant choisir entre la fermeture sur sa sociologie, et l’ouverture à sa créativité. Entre la tentation du ghetto et la vocation du rayonnement. Or, un seul homme semble à même de porter un tel projet. Il y a été éduqué, préparé. Il a accompagné le pontificat d’Alexis II dont il a été le fidèle soutien. Sa russité et son orthodoxie ne font aucun doute. Et pareillement, ses qualités théologiques et pastorales sont assurées. Cyrille de Smolensk, qui est en charge depuis deux décennies des relations extérieures du patriarcat et qui vient d’être nommé à l’intérim, maîtrise la civilisation planétaire du dialogue, les règles et usages des institutions internationales, les enjeux les plus contemporains qui ne se distinguent pas des enjeux propres à l’orthodoxie, mais s’y superposent. Son rôle pourrait être éminent, également, pour les Russes eux-mêmes, croyants ou non, en tant qu’il a l’assise intellectuelle pour nouer alliance avec les forces vives du pays, intellectuels, artistes, et l’entière sphère civile, dont dépend l’avenir. Identité et liberté, religion et politique, foi et intelligence : c’est parce qu’il se situe lui-même à l’intersection de ces questions que Cyrille peut- être décisif à ce carrefour où le patriarcat de Moscou n’a pas rendez-vous qu’avec lui- même, mais aussi, selon le commandement de l’Evangile, avec la vie du monde ».

    Voilà donc Cyrille élu, demain intronisé, patriarche d’ores et déjà, et par delà les fausses subtilités de vocabulaire. En ce jour qui ouvre, certes au risque même de l’histoire, mais en risquant enfin l’histoire, une page nouvelle, je ne peux ajouter que les évidences issues d’une campagne-éclair menée tambour battant et qui aura administré la preuve d’un sens visionnaire non moins évident, apte à balayer les pesanteurs comme les obstacles.

    Tout d’abord, qu’en faisant taire les dissensions, le patriarche Cyrille a su unir sous son nom des tendances jusqu’alors contraires, voire antagoniques. Renversant l’opposition convenue entre progressistes et conservateurs, il a affirmé ensemble la nécessité d’une traduction dynamique de la théologie, adressée à l’homme contemporain, et la nécessité d’une transmission intégrale de la foi, maintenue dans la ligne de toujours. Ce faisant, il en appelé à l’authentique Tradition qui est créatrice.

    Ensuite, qu’en proposant un pacte renouvelé à la société, à commencer par ses élites, tout en affirmant la neutralité de l’Eglise en politique, le patriarche Cyrille a dégagé, d’instinct, l’orthodoxie de la double embûche sur laquelle la fait buter la figure du monde depuis les Temps modernes. Ni indifférence, ni accommodement, mais la seule grâce du témoignage. Ce faisant, il en appelé à l’unique inspiration qui tienne, apostolique.

    Enfin, qu’en acceptant tout du processus conciliaire engagé lors des préparatifs de l’élection, y compris le vote à bulletins secrets que crurent lui opposer ses adversaires, le patriarche Cyrille n’a pas seulement retiré une incontestable légitimité. Cette assemblée conciliaire qui a réuni des clercs et des laïcs, des hommes et des femmes, des citadins et des campagnards, des Russes et des non-Russes, n’a pas seulement donné une leçon de démocratie à la Russie, qui en a tant besoin, ou à d’autres grands corps religieux, où elle fait tant défaut. C’est in fine dans l’incertitude que Cyrille s’est présenté devant elle. Ce faisant, il a réaffirmé, à la suite de l’Encyclique des patriarches orientaux, que le magistère de la vérité se tient dans le Peuple.

    Renouer les fils du temps en promesses d’avenir : cette élection restera aussi bien comme une refondation. Quels seront les premiers gestes du nouveau patriarche de Moscou, demain ? Une rencontre avec le patriarche Bartholomée afin d’apaiser les craintes du plérôme orthodoxe ? Un dialogue avec le pape Benoît XVI pour guérir les plaies ravivées de l’Europe chrétienne ? Un discours à la tribune de l’ONU pour rassurer une planète toujours plus inquiète ? Laissons-le maître de son agenda. Il doit être bien rempli si l’on pense à la patience ascétique déployée toutes ces années écoulées à méditer l’inanité de l’action hors d’un engagement personnel sans retour et à la vigueur spirituelle mise ces dernières semaines à démontrer que la puissance de persuasion n’est rien sans le consentement de la communion.

    Le chemin de crête est là, dessiné, revendiqué. Un christianisme orthodoxe qui n’a plus peur. Un christianisme orthodoxe de la liberté, libérateur parce que lui- même libéré, inscrit dans la réalité visible pour y rendre compte de la réalité invisible. Un christianisme orthodoxe parce qu’orthodoxe tout simplement. D’autres ont pensé comme lui, avant lui, tel par exemple le patriarche Athénagoras. Aucun de ses prédécesseurs ne disposait pourtant, comme lui, de temps si opportuns, de ressources si grandes, d’une Eglise et d’une Russie encore convalescentes mais déjà restaurées.

    Commence, au cœur de l’orthodoxie, un patriarcat d’ouverture, dans une ère qui, pour être de crise, n’en est que plus d’ouverture. Que le patriarche Cyrille ose tout ce qu’il a reçu, tout ce qu’il est, tout ce qu’il projette. C’est là tout ce que nous lui souhaitons en ce jour de son élection pour laquelle nous rendons volontiers grâces au Très-Haut.

    Jean-François Colosimo

    Voir en ligne : http://www.orthodoxie.com/2009/01/b...

  • Les Éditions du Cerf ont adressé ce télégramme au Patriarche Cyrille 1er au soir du mardi 28 janvier 2009 :

    Les directeurs des Éditions du Cerf et le personnel, les frères du Couvent Saint-Dominique expriment à Votre Sainteté leurs vœux les plus amicalement chaleureux et les plus religieux pour votre Ministère, pour l’Église russe et les peuples qui la composent, pour l’Orthodoxie.

    Ils gardent en leur cœur la mémoire des moment que Votre Sainteté a passé parmi eux et la joie des collaborations avec vous initiées dans le passé récent, pour le service de la Tradition et les « Sources chrétiennes », de l’Évangile et de la liberté. Et c’est avec enthousiasme qu’ils vous signifient leur disponibilité pour développer ces collaborations et en entreprendre de nouvelles. Et cela d’autant que nous avons bien entendu que Votre Sainteté inscrivait l’édition religieuse dans les priorités du nouveau Patriarche.

    Que votre Sainteté daigne bénir leur ministère et leurs travaux d’édition.

    Frère Nicolas Jean Sed op Frère Éric de Clermont-Tonnerre op

  • L’enseignement de la théologie en Russie au début du XXème siècle :

    Un véritable « pré-œcuménisme » ?

    Le Père Hyacinthe Destivelle, o.p., responsable du centre de recherches Istina, a soutenu une thèse de doctorat très intéressante sur « la réforme des académies ecclésiastiques et l’enseignement de la théologie orthodoxe en Russie au début du XXème siècle » en décembre dernier.
    Cette thèse sera prochainement publiée aux éditions du Cerf. En voici un résumé :
    « Au début du XXème siècle, les académies ecclésiastiques étaient en Russie les principaux foyers d’une théologie orthodoxe en plein essor. Pourtant l’enseignement de ces établissements supérieurs faisait l’objet de sévères critiques : il aurait isolé la théologie de la société, perpétué la « captivité occidentale » de la pensée russe, dissocié la science religieuse de l’expérience spirituelle. C’est pourquoi l’Eglise orthodoxe russe organisa entre 1905 et 1918, dans le contexte de la préparation au Concile local de Moscou, plusieurs commissions rassemblant les représentants d’une nouvelle génération de théologiens en vue de réformer les académies.
    En s’appuyant sur les archives de ces commissions préconciliaires et conciliaires, la présente recherche restitue les principaux débats, dans l’ambition de montrer comment un type d’enseignement génère une théologie particulière.
    Après une première partie historique, trois parties synthétiques sont consacrées aux trois grandes questions posées par la réforme des académies. Au plan pédagogique, comment penser le rapport entre la formation intellectuelle et la formation spirituelle ou pastorale ? Au point de vue administratif et ecclésiologique, quelle est la place des académies dans l’Église et quel rôle l’évêque local doit-il jouer dans leur enseignement ? Au plan scientifique enfin, comment penser dans les programmes de formation et de recherche, l’articulation entre les sciences humaines et les disciplines théologiques ?
    Une dernière partie analyse l’évolution de l’enseignement des académies ecclésiastiques russes dans les divers domaines de la théologie (études bibliques, patrologie, théologie systématique, théologie pratique) et la naissance en leur sein d’un véritable « pré-œcuménisme » au tournant du XXe siècle. Les débats témoignent de la rencontre de deux courants de la théologie russe : d’une part, un courant « académique », qui défend la vocation scientifique des académies, leur autonomie administrative et intellectuelle, le rôle des disciplines positives et de la méthode historico-critique ; et d’autre part un courant « néopatristique » porté par le monachisme savant, soucieux de l’intégration à la théologie de la dimension spirituelle et pratique, d’un retour aux sources bibliques et aux Pères de l’Eglise. La rencontre de ces courants, favorisée par le processus conciliaire, permit de penser dans la Russie de l’époque, dans une perspective étonnamment actuelle un nouvel enseignement de la théologie, et, partant, un nouveau type de théologie ».

    N.B. Le Père Destivelle a déjà publié aux éditions du Cerf un livre « le concile de Moscou (1917-1918) » sur « la création des institutions conciliaires de l’Eglise orthodoxe russe ».

  • CITE DU VATICAN, 29 JAN 2009 (VIS).

    Le Saint-Père a reçu ce matin les prélats de la Conférence épiscopale russe venant de conclure leur visite Ad Limina. Il a d’emblée salué leurs efforts d’inculturation de la foi et de relance de la participation des fidèles à la vie liturgique comme aux sacrements, à la formation sacerdotale et à celle d’un laïcat responsable capable "d’être un ferment évangélique dans les familles et dans la société" russe.

    Encourageant ses hôtes face aux difficultés, le Pape a constaté que les "résultats pastoraux ne correspondent pas toujours aux efforts déployés". Il a recommandé aux évêques catholiques de Russie de raviver chez les prêtres la conscience évangélique que Jésus-Christ rendra fécond leur ministère par la grâce de l’Esprit. "Continuez donc de soigner constamment les vocations sacerdotales et religieuses..., de soutenir le clergé par une formation permanente spirituelle et doctrinale... Ayez à coeur la formation des personnes consacrées et le progrès spirituel des fidèles, afin qu’ils perçoivent leur vie comme une réponse à l’appel universel à la sainteté, lequel doit s’exprimer dans un témoignage évangélique de tout instant".

    Puis Benoît XVI a estimé "nécessaire de raviver le dialogue avec nos frères et soeurs orthodoxes", qui malgré des progrès "présente encore des difficultés", et salué à nouveau l’élection du Patriarche Cyrille dont la tâche ecclésiale est délicate. "Il est important que les chrétiens affrontent unis les grands enjeux culturels et éthiques du moment, qui touchent à la dignité de la personne et à ses droits fondamentaux, à la défense de la vie à chacune de ses phases, à la défense de la famille comme aux priorités socio-économiques". En conclusion, le Saint-Père a remercié les évêques de Russie pour "tout le bien accompli et un ministère épiscopal assumé en pleine fidélité au magistère", mais aussi les prêtres, religieux et religieuses et laïcs qui collaborent à servir le Christ et l’Evangile.
    VIS 090129 (320)

  • CITE DU VATICAN, 30 JAN 2009 (VIS).

    Benoît XVI a reçu ce matin la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique catholico-orthodoxe, en conclusion de sa sixième réunion tenue à Rome. Il a tout particulièrement salué l’engagement des participants à "rechercher la réconciliation et la communion au sein de l’Eglise, Corps du Christ", soulignant les divers enrichissements qu’apportent les diverses traditions à ces rencontres, et plus encore l’effort des Eglises engagées dans ce dialogue pour dépasser les divisions du passé et renforcer l’unicité du témoignage chrétien face aux immenses défis qui se posent aux croyants".

    Le monde a besoin, a ajouté le Pape, "d’un signe visible du mystère d’unité entre les trois personnes divines, révélé il y a deux mille ans par l’incarnation du Fils... Par la grâce de l’Esprit, notre communion dans la vie unissant le Père et le Fils est perceptible au sein de l’Eglise...et nous avons le devoir de révéler au monde cette dimension essentielle". Puis il a rappelé que cette réunion consacrée à l’étude de l’Eglise comme communion, sera suivie d’autres, chaque année au siège de l’une des Eglises participantes, ce qui est une marque d’espérance et un encouragement à aller de l’avant. "Il suffit de penser que le moyen orient, d’où viennent beaucoup des participants, a besoin de signes d’espérance car c’est un monde blessé par la division et la violence, traversé par une immense souffrance humaine".

    Le Saint-Père a conclu en rappelant la récente clôture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens à St.Paul-hors-les-murs, Paul, a-t-il dit, fut "le premier défenseur et théologien de l’unité de l’Eglise. Son oeuvre et son combat tendaient constamment au maintien d’une communion visible et non seulement apparente, réelle et accomplie entre les disciples du Seigneur".

    VIS 090130 (300)

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