Journée d’étude

La société de capitalisme solidaire, instrument du bien commun

par Maître Olivier PINOT de VILLECHENON

mardi 16 mai 2017

La chute du mur de Berlin en 1989 et la fin de l’empire soviétique le jour de Noël 1991 ont mis fin au modèle de l’économie collectiviste, contrôlée par un État hostile à toute initiative privée.

Par contrecoup, l’économie de marché a pu s’étendre sur de vastes régions jusque-là coincées entre le monde libéral et le monde collectiviste (d’où l’expression «  tiers-monde  »).

Ce modèle a donc affirmé sa suprématie et fait preuve d’une grande capacité à faciliter le développement économique, à entraîner par voie de conséquence un mieux-être social et à encourager une organisation politique des pays concernés plus ouverte aux libertés.

Pour autant, le libéralisme – doctrine protéiforme – n’est pas exempt de défauts et de dérives, qu’a notamment illustrés la crise bancaire de la fin des années 2000 aux États-Unis d’Amérique.

Dans son dernier livre (1), Olivier Pinot de Villechenon établit avec clarté la nécessaire distinction entre les concepts de libéralisme, de capitalisme privé et d’économie de marché. Attaché aux principes de l’économie de marché, il examine ces dérives : politiques (hypertrophie de l’économie administrée et d’un État envahissant), capitalistes (recherche quasi exclusive de maximalisation de gains), idéologiques (autour de la notion de profit) et anthropologiques (lecture erronée du travail considéré comme un simple facteur de production).

Ce travail de discernement prolonge logiquement la réflexion qu’il a développée dans un précédent ouvrage (2). Dans le présent livre, Olivier Pinot de Villechenon s’essaie à une proposition visant à installer l’entreprise sur un nouveau socle juridique. Le but est clair : «  Permettre à chaque acteur de l’entreprise d’agir en faveur du bien commun et contribuer ainsi à restaurer l’économie de marché.  »

L’auteur donne un nom à cette démarche novatrice, celle d’une «  société de capitalisme solidaire, instrument du bien commun  », dont il a fait le titre de son livre.

Avocat d’affaires et donc tout sauf un théoricien en chambre, il fournit quelques éléments de formulation concrète de ce projet qui ne néglige aucun des problèmes fondamentaux de notre société (comme par exemple celui du chômage de masse), tout en s’en tenant à quelques principes généraux pour garder à son essai une forme compacte et facile à lire car il est aussi un pédagogue. On pourrait donc regretter que cette recherche n’aille pas plus loin si on ne savait pas qu’elle s’inscrit parfaitement dans la ligne des recherches qu’opèrent actuellement plusieurs autres spécialistes de l’économie et de l’entreprise. On pense particulièrement aux universitaires qui œuvrent au Collège des Bernardins et qui ont notamment produit une réflexion innovante en lien avec l’équipe de l’École des mines «   pour refonder l’entreprise   ». Avec notamment un ouvrage qui s’intitule Penser le travail pour penser l’entreprise (Olivier Favereau et autres auteurs, Presses des Mines, 180 pages, 2016, 29 e).

On peut citer aussi l’ouvrage de Jean-Marc Borello, proche du nouveau président de la République : Pour un capitalisme d’intérêt général (Débats publics, 193 pages, 18 e), dont l’inspiration diffère de celle d’Olivier Pinot de Villechenon (la notion de bien commun est autrement plus riche et profonde que celle d’intérêt général) mais qui converge sur une problématique de départ qui est on ne peut plus actuelle.

Depuis un quart de siècle, les dogmes de l’économie collectiviste ont montré la faillite dans laquelle ils voulaient nous entraîner. Mais l’économie de marché n’est pas encore purgée de ses «  défauts de fabrication  ». Les réflexions, les recherches, les propositions actuelles viennent poser les premières pierres de cette nécessaire clarification. Olivier Pinot de Villechenon est un témoin et un acteur original de ce vaste chantier intellectuel si nécessaire en ces temps où d’aucuns espérent une remise « en marche » de l’économie française.

Bernard VIVIER, directeur de l’Institut Supérieur du Travail

(1) Olivier Pinot de Villechenon, La société de capitalisme solidaire..., Presses universitaires de l’IPC, 174 pages, 12 €.

(2) Libéralisme ou économie libre ? éditions du Jubilé, 118 pages, 18 €.

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Journée d’étude de l’équipe de recherche de la faculté de Philosophie :

« Métaphysique, Philosophies de la Nature, Philosophie pratique » dans le cadre de l’axe de recherche : Philosophie pratique et société moderne

le 12 Juin 2017 à l’IPC de 14h à 18h

autour de l’ouvrage : La société de capitalisme solidaire, instrument du bien commun par Maître Olivier Pinot de Villechenon, avocat honoraire, il a consacré sa vie professionnelle à conseiller des chefs d’entreprise tout en développant une réflexion sur la place de la personne en lien avec le bien commun.

Comment aider les entreprises à contribuer au bien commun dans la logique de marché actuelle ?

Maître Olivier Pinot de Villechenon propose la création d’une entité juridique nouvelle, de « société-entreprise », fondée sur le pacte statutaire et sur un second pacte, conclu entre actionnaires et salariés pour définir la façon de prendre en compte le bien commun, tant dans le fonctionnement de l’entreprise que dans sa production.

Ce travail de terrain interroge les chercheurs : cette journée d’étude permettra d’approfondir la solution proposée par l’auteur.

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Intervenants

- Michel Boyancé, Doyen (IPC)

- Paul Dembinski, Professeur en Stratégie et Concurrence internationales
(Université de Fribourg)

- Grégoire Duchange, MC en Droit privé (Paris II - Panthéon Assas)

- Bernard Guéry, enseignant-chercheur (IPC)

- Jean-François Lambert, MC en Psychologie et neuro-sciences (IPC,
Laboratoire CHart)

- Jean-Michel Morin, MC-HDR en Sociologie (Paris - Descartes, IPC)

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IPC - Facultés Libres de Philosophie et de Psychologie

Établissement d’Enseignement Supérieur Privé d’Intérêt Général

Inscription préalable à s.anel@ipc-paris.fr - www.ipc-paris.fr

70 avenue Denfert-Rochereau - 75014 Paris

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