La petite Brésilienne, violée et avortée

vendredi 13 mars 2009

Le calvaire d’une petite fille de 9 ans – comme on en déplore tant dans le monde – a fait irruption dans le débat ecclésial et hexagonal sur l’avortement. Ce cas exceptionnel, pour ne pas dire inimaginable, suscite émotions et troubles de conscience. On est obligé d’en parler...

Victime d’un compagnon de sa mère depuis 4 années, la petite fille endurait (comme sa sœur aînée handicapée) des viols à répétition. On la découvre enceinte de plus de 3 mois. De jumeaux ! On la dit chétive, à cause de la malnutrition. Elle mesure 1 m 33 et pèse 36 kg. Que dire du tortionnaire pédophile dont on peut supposer la misère morale ? Comment ne pas penser à Mère Teresa, envoyée par son appel « dans les taudis des pauvres, où ils pèchent atrocement ». L’histoire est à couper le souffle. Son issue, dramatique, imposerait soit l’engagement au service des plus démunis, soit le silence.

Or, justement, voilà qu’elle devient emblématique d’un débat qui secoue le Brésil et dont l’écho soudain envahit la planète, jusqu’à jeter le trouble chez de nombreux fidèles catholiques. Le mot « excommunication » prononcé à l’endroit des médecins qui ont pratiqué l’avortement et de la mère de la petite fille sonne comme une injustice. Déjà incompréhen­sible sans le re­­gard de la foi et de la miséricorde, il semble fonctionner, dans le cas d’espèce, comme un boomerang fragilisant le message de l’Église au service de la vie. Si ce qu’on dit est vrai – mais qui a accès au dossier médical ? – la poursuite de la grossesse gémellaire chez une petite fille à peine pubère dont le viol à répétition aurait provoqué la fécondité précoce mettait sa santé voire sa vie en danger. Tandis qu’on recherche, en vain, un texte de la doctrine catholique qui envisage explicitement pareille situation – mais les textes ne peuvent tout envisager – le cœur est saisi d’effroi à l’idée qu’une enfant doive endurer une grossesse gémellaire à cet âge, ne pouvant vraisemblablement aboutir, en l’absence d’une intervention mé­dico-chirurgicale, qu’à un avortement spontané dramatique en cours de grossesse ou à la mort probable de la mère en couches, et ce par la faute d’un beau-père violeur.

Dans la Charte des personnels de santé édictée en 1995 par le Conseil pontifical pour la pastorale des services de la santé, il est précisé, à l’article 141, que « en certains cas, en refusant l’avortement, on porte préjudice à des biens importants qu’il est normal de vouloir sauvegarder ». Le texte évoque notamment « le cas de la santé de la mère » et celui « d’une grossesse dont l’origine est le viol ». Sans « méconnaître ou minimiser ces difficultés et les raisons qui les sous-tendent », il confirme que « la vie, en fait, est un bien trop fondamental pour être mis en comparaison avec certains inconvénients même graves ».

L’Église a reconnu à ce titre l’exemplarité d’une femme, sainte Gianna Beretta-Molla. Opérée d’un fibrome dans l’utérus, elle a demandé explicitement que l’on sauve son quatrième enfant avant de mourir quelques jours après la naissance, en 1962. Mais cette mère héroïque n’était pas moralement contrainte au choix auquel elle s’est sentie librement appelée. Contrairement à certaines idées reçues, l’Église n’exige pas qu’une femme en­­ceinte sacrifie sa vie pour conduire une grossesse à son terme.
L’article 142 de la même charte évoque en effet certaines situations particulières « quand l’avortement s’ensuit, comme conséquence prévue, mais non convenue et non voulue, simplement tolérée, d’un acte thérapeutique inévitable pour la santé de la mère, celui-ci est moralement légitime. » Ce type de disposition s’applique-t-il au cas d’espèce ? À première vue, non. L’avortement pratiqué par les médecins sur la petite fille violée ne semble pas la conséquence d’un acte thérapeu­tique inévitable pour sa santé mais l’acte lui-même. Il est, à ce stade, nécessaire de préciser la définition de l’avortement tel que la rappelle l’Encyclique l’Évangile de la vie : « meurtre délibéré et di­rect, quelle que soit la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance » (art. 58).

Cependant, certains vont répondre à cette définition que, dans le cas de la petite fille de 9 ans, la mort des jumeaux n’était pas voulue en elle-même, mais devait être considérée comme la conséquence d’une décision médicale thérapeutique. Il s’agissait de mettre fin à un développement fœtal incompatible avec un accouchement par les voies naturelles, et qui mettait en jeu la vie de la mère sur tous les plans, cardiaque, rénal, hépatique, nutritionnel, métabo­lique et endocrinien. Il s’agirait donc ici non pas d’un « avortement délibéré », criminel, mais d’un « arrêt thérapeutique de la grossesse », exceptionnellement légitime. La mort des jumeaux ne serait en définitive que la conséquence inévitable du crime commis par leur géniteur.

Ce raisonnement casuis­tique permettrait de dédouaner les médecins. Il ne convainc pas vraiment si les médecins avaient d’autres moyens de sauvegarder la santé et la vie de la petite fille. En en restant à un niveau médical de froide logique, en ignorant les circonstances extrêmes, hu­maines et sociales dans lesquelles se déroulait le drame de cette grossesse d’origine criminelle, et en ne prenant pas en compte le coût physique voire économique d’une telle opération, on peut effectivement s’interroger sur la possibilité d’une délivrance très précoce par césarienne. Celle-ci aurait-elle pu être tentée dans ce cas, sauvant la mère, et sauvegardant, ne fût-ce qu’un moment, l’existence des enfants ? Est-ce cela que le père de la petite fille (à ne pas confondre avec le beau-père violeur) demandait ?

Quoi qu’il en soit de la justesse de la décision médicale – et nous ne nous sentons pas le droit de la juger, en l’absence d’un mi­nimum d’information spécifique – on n’en reste pas moins perplexe devant ce cas, ne fût-ce que par l’argumentation émotionnelle facile qu’il procure à ceux qui veulent que s’effondre l’interdit du meurtre… De « cas limite » en « cas limite », la situation française n’a-t-elle pas connu une banalisation quantitative de l’IVG ?

Les réflexions qui précèdent peuvent choquer lors­qu’on prend la mesure de ce qu’a enduré de sordide la première victime du drame, si nous laissons nos cœurs par­ler. Mais la confusion voire le traumatisme que la médiatisation du cas provoque chez les catholiques rend peut-être ces réflexions nécessaires.
Pour beaucoup, la question est : peut-on manifester un attachement absolu au respect de la vie (et donc une opposition à tout avortement) sans contester l’attitude des médecins et de la mère de la petite fille enceinte ? La réponse dépend surtout de l’intention de ceux qui l’ont avortée et, notamment du risque que sa grossesse lui faisait encourir. Les révélations qui commencent à poindre sur la façon dont le drame s’est dénoué laissent à penser que la petite fille et sa maman, analpha­bètes, ont pu être manipulées.

Quant à l’excommunication – quelles que soient, dans le cas brésilien, sa pertinence et la pertinence de son mode de communication – il faut souligner ce qu’en dit l’article [145 de la même Charte : elle est motivée par « la gravité du péché d’avortement et la facilité avec lequel on l’accomplit, sous le couvert de la loi et de la mentalité courante ». Elle « a une signification essentiellement préventive et pédagogique » qui vise à « secouer l’insensibilité des consciences ». On voit mal, dans le cas d’espèce, sa valeur pédago­gique.*

En France, où l’anesthésie des consciences se double de profondes souffrances personnelles et sociales liées à l’avortement, il y aurait fort à faire pour expliciter que l’excommunication est pour l’Église « un constat » lorsqu’il y a objectivement une faute grave, afin que, sur le lieu de cette faute, la miséricorde infinie de Dieu soit appelée et accueillie. C’est donc en principe un « service » rendu à son destinataire. Car aux yeux de l’Église « rien n’est perdu ». C’est ce que dit Jean-Paul II dans l’Évangile de la vie aux femmes ayant avorté. Il les invite à s’ouvrir au « Père de toute miséricorde ». N’est-ce pas de ce message-là que tant de femmes – et d’hommes – ont besoin ?

Tugdual DERVILLE

* Cet article a été rédigé, et diffusé sur internet, avant que l’on n’apprenne que, pour la Conférence épis­copale brésilienne, cette excommunication était réputée n’avoir, de fait, jamais existé formellement.

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Le communiqué de Mgr Dominique Rey, de retour du Brésil.

http://www.diocese-frejus-toulon.com/La-verite-de-la-Vie.html

Mgr Vingt-Trois s’exprime sur cette affaire (Radio Notre-Dame)

http://catholique-paris.com/940-Sur-Radio-Notre-Dame-samedi-14.html


- >http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/200903/17/01-837382-bresil-une-ado-enceinte-apres-avoir-ete-violee-veut-garder-le-bebe.php]
http://lesuisseromain.hautetfort.com/archive/2009/03/08/avortement-et-excommunication.html

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Brésil : une ado enceinte après avoir été violée veut garder le bébé
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/200903/17/01-837382-bresil-une-ado-enceinte-apres-avoir-ete-violee-veut-garder-le-bebe.php

Messages

  • « Les évêques ne doivent pas se comporter comme des bourreaux mais comme des pasteurs »
    (Concile de Trente)

    Je n’ai pas voulu réagir sous le coup de l’émotion et de la colère. Mais devant l’émoi suscité par les événements qui se sont produits récemment au Brésil je souhaite faire partager mes réflexions aux fidèles et aux hommes et femmes de bonne volonté de mon diocèse.

    Nombreuses sont les questions qui nous parviennent :
    Pourquoi privilégier la lettre de la loi à l’esprit ?

    Où est le message d’amour du Christ ?

    Qu’aurait-il fait, Lui, en pareil cas ? Aurait-il condamné ?

    Qui sommes-nous pour condamner sans jugement et sans nuance ?

    Pourquoi cette publicité ?

    Pourquoi cette absence de compassion, de recul, de réflexion ?
    Pourquoi était-ce si urgent de statuer ?

    Je ne prétends pas répondre à toutes ces questions. En revanche, puisque les intervenants ont jugé bon de justifier l’excommunication en se plaçant sur le terrain du droit canonique, je me situerai donc moi également sur ce terrain en allant jusqu’au terme de l’ensemble des articles concernant les excommunications.

    Les faits ? Une fillette de neuf ans, abusée par son beau-père depuis l’âge de six ans, se trouve enceinte de jumeaux. La grossesse de la fillette est découverte à l’hôpital où sa mère l’a conduite suite à des douleurs au ventre. L’équipe médicale décide de la faire avorter, une grossesse à son âge comportant de trop gros risques pour être menée à son terme et mettant sa vie en danger. La loi brésilienne interdit l’interruption volontaire de grossesse, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Le 5 mars, l’archevêque de Recife confirme l’excommunication « latae sententiae » (c’est-à-dire « automatique ») de la mère de la fillette ainsi que de l’équipe médicale.

    Que dit le droit canonique, le Code de l’Eglise ? cid:image001.gif@01C9A3FF.DA19ED50Pour certains faits qui ne sont pas toujours publics, le Code de droit canonique a prévu une excommunication automatique. L’avortement entre dans ce cadre : « Qui procure un avortement, si l’effet s’ensuit, encourt l’excommunication latae sententiae » (article 1398).

    Cependant, le Code de droit canon indique à l’article 1324 - § 1 que la peine prévue par la loi doit être tempérée pour qui a agi forcé par une crainte grave, même si elle ne l’est que relativement, ou bien poussé par le besoin ou pour éviter un grave inconvénient, si le délit est intrinsèquement mauvais ou s’il porte préjudice aux âmes. Et le § 3 d’affirmer clairement que dans les circonstances dont il s’agit au § 1, « le coupable n’est pas frappé par une peine latae sententiae » !

    Je ne suis pas spécialiste du droit canon, mais je m’appuie sur les remarques d’un canoniste. Il est probable, dit cet expert, que ce cas douloureux ne tombe pas sous le coup de la sanction automatique d’excommunication prévue par l’article 1398.

    On peut se demander si l’archevêque de Recife a suffisamment pris en considération les circonstances qui atténuent la gravité de l’acte et qui dispensent donc de l’application de la peine. Son « zèle » répond à une volonté de rappeler le principe que toute vie est sacrée. Mais en négligeant les circonstances et en s’empressant de « punir » il a pris le risque de donner une leçon, dans une logique de répression à laquelle répugne le droit pénal de l’Église, droit foncièrement tendu vers une réconciliation des personnes incriminées.

    Nul doute que la maman de cette petite fille se trouve doublement accablée par le tragique de la situation familiale qu’elle subit depuis longtemps et par l’opprobre liée à la publicité faite autour de l’excommunication.

    Le Concile de Trente (Session. XIII, article 1) rappelait que les évêques ne devaient pas se comporter comme des bourreaux, mais comme des pasteurs. C’est-à-dire comme des pères aimants au cœur empli de compassion tout particulièrement pour ceux qui sont éprouvés (Article 2214 § 2 du Code de droit canonique de 1917).

    L’éthique déplore l’étalage éhonté de drames personnels, en raison d’une exploitation mercantile et créatrice de scandale. Dans des cas aussi douloureux, l’amour, l’écoute, le dialogue personnalisé et la discrétion respectueuse sont seuls de mise.

    Jésus nous dit que le Christ n’est pas venu pour condamner le monde mais le sauver (cf. Jean 12, 47). Et Saint Jean, tout en exhortant les fidèles à ne pas faire le mal, leur rappelle aussi que s’ils le commettent, le Christ a donné sa vie pour ouvrir le chemin de l’amour, du pardon, de la miséricorde et de la réconciliation.

    Gap le 13 mars 2009

    + Jean-Michel di FALCO LEANDRI

    Evêque de GAP et d’EMBRUN

  • Enquête sur une sexualité à la dérive

    Nos enfants sont en danger

    QUAND PRATIQUER UNE FELLATION A 11 ANS PEUT DEVENIR BANAL…

    L’enquête de GERALDINE LEVASSEUR risque d’en déconcerter plus d’un. Ce n’est plus seulement la puberté qui marque le passage de l’enfance à l’adolescence mais une entrée fracassante dans la vie sexuelle. Certes, c’est à cet âge de la vie que la sexualité devient une préoccupation majeure mais l’hyperconsommation d’images pornographiques (téléchargées à partir d’Internet sur les téléphones portables puis échangées à outrance) semble avoir influencé les comportements des plus jeunes. Les abus de mineurs sur mineurs ont augmenté. Les agressions sont banalisées et souvent filmées. Géraldine Levasseur s’est immergée au sein de la brigade des mineurs de Marseille.

    Chaque jour, elle a vu défiler des préadolescents totalement inconscients de la gravité de leurs actes, des parents dépassés qui refusent de croire que leur enfant ait pu passer à l’acte, des victimes désorientées et traumatisées. Toutes les classes sociales sont concernées par ce phénomène émergeant et nul ne peut désormais s’abriter derrière un milieu socialement plus protégé. On assiste parfois à des drames à répétition.

    Ainsi l’édifiante histoire de D. qui ouvre ce livre. Cette jeune fille de douze ans deviendra la martyre des garçons du quartier : « je n’en peux plus d’être une pute ! » finira-t-elle par hurler de détresse. Son affaire sera plaidée devant la justice. Plusieurs voix se font entendre au cours de cette enquête exhaustive et choquante. Mais qu’il s’agisse de l’institution scolaire, médico-psychologique ou des enfants eux-mêmes que l’auteure a rencontrés et interviewés, le constat est le même : la sexualité des plus jeunes risque de prendre un visage nouveau, celui de la barbarie.

    Plus qu’un livre, c’est un témoignage d’une réalité qui touche toutes les classes sociales et tous les lieux.

    Une réalité dont doivent prendre conscience les parents et les élus pour réagir et prévenir des dérives qui marquent nos enfants dans leur construction de vie d’adulte.

    Cette enquête a donné lieu à un reportage télévisé qui a été vu par 5 millions de téléspectateurs français la semaine dernière. C’est maintenant le livre qui paraît :

    Informations pratiques : sortie le 5 mars – 352 p. – 19,90 euros –

    Max Milo Editions 34, rue de Lancry 75010 Paris

  • Nanterre, le 12 mars 2009

    Lettre ouverte de Mgr Daucourt à Dom José Cardoso, archevêque de Recife.

    Monseigneur,

    Vous avez récemment tenu à déclarer publiquement l’excommunication d’une mère de famille qui avait fait avorter sa fillette de neuf ans, enceinte de quatre mois, après avoir été violée depuis l’âge de six ans par son beau-père. Vous avez décidé aussi publiquement l’excommunication des médecins qui ont pratiqué cet avortement. Je réagis donc publiquement à votre intervention par cette lettre ouverte.

    Je vous rassure tout de suite : pour moi, l’avortement est la suppression d’une vie. J’y suis donc fermement opposé.

    La mère de cette fillette a peut-être pensé qu’il valait mieux sauver une vie que de risquer d’en perdre trois… Peut-être les médecins lui avaient-ils dit qu’un petit utérus de neuf ans ne se dilate pas indéfiniment… Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que dans cette tragédie, vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde. Dans une situation si dramatique, je crois fermement que nous, évêques, pasteurs dans l’Eglise, nous avons d’abord à manifester la bonté du Christ Jésus, le seul vrai Bon Pasteur. Je suis sûr qu’Il aime cette mère et qu’Il cherche des hommes et des femmes pour l’aider à continuer la route en étant soutenue amicalement, spirituellement et, si nécessaire, matériellement. Je suis sûr qu’Il demande d’apporter de l’amour à cette fillette marquée à vie et à sa sœur aînée handicapée, elle aussi violée. Je suis sûr qu’Il demande à l’aumônerie de la prison de s’approcher du beau-père violeur pour qu’il se repente, se convertisse et redevienne un jour un homme véritable. Je suis sûr que le Christ estime aussi que, si vous le pouvez, vous parliez avec les médecins qui ont pratiqué cet avortement parce que, comme les quarante gynécologues et obstétriciens que j’ai rencontrés il y a quelques mois et dont je n’ai pas partagé nécessairement toutes les positions, la plupart d’entre eux apprécient d’être écoutés et d’entendre divers points de vue alors qu’ils vivent souvent des drames de conscience.

    Monseigneur, aidons-nous les uns les autres pour être avant tout des hommes d’espérance en Dieu et en tout être humain !

    Je suis en relation d’amitié et de collaboration avec beaucoup d’évangéliques qui sont tout aussi opposés que vous et moi à l’avortement. Ils ne proclament pas cependant de condamnation publique. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles les communautés évangéliques attirent tant de catholiques aujourd’hui, en particulier au Brésil. Je constate que l’opinion publique ne comprend rien à l’excommunication. Elle la perçoit comme une condamnation des personnes et non une proposition de guérison et de conversion. J’estime donc que nous devons trouver d’autres moyens pour dire à nos communautés que le comportement ou les paroles de tel catholique ne sont pas en accord avec ce que l’Eglise comprend et croit de la volonté de Dieu.

    Je ne vous cache pas non plus que je me demande aussi comment on peut dire que le viol est moins grave que l’avortement qui supprime la vie dans le sein d’une mère. Des femmes violées se sont confiées à moi. Certaines ont pu se redresser et avancer dans la vie avec le souvenir de leurs blessures qui ne disparaît jamais complètement. Mais d’autres, tout en étant physiquement vivantes, ont été tuées au plus profond de leur être et n’arrivent pas à revivre. La vie n’est pas que physique, vous le savez bien.

    Je n’ai pas pu obtenir le texte complet de ce qu’a dit le Cardinal Re, mais le soutien que – selon les médias – il vous a apporté ne change rien à ma réaction pastorale. Pour la clarté des relations entre évêques, j’envoie un double de cette lettre à Monsieur le Cardinal Re.

    Je vous prie de croire, Monseigneur, à mes sentiments attristés, mais aussi respectueusement fraternels, ainsi qu’à l’assurance de ma prière pour vous-même et ceux et celles qui, de loin ou de près, sont concernés par le drame de cette fillette.

    Gérard Daucourt
    Evêque de Nanterre

    Le 12 mars 2009

  • Il y avait autre chose à dire

    J’ai appris comme tout le monde que la mère d’une fille de neuf ans, enceinte de son beau-père, avait été excommuniée par son évêque au Brésil, avec l’équipe médicale qui avait procédé à l’avortement de sa fille. Comme évêque, je suis solidaire de tous les évêques du monde. La solidarité impose de dire ses désaccords, sinon elle ne serait que complicité. Je dois dire à mon frère l’évêque de Recife – et au cardinal qui l’a soutenu - que je ne comprends pas leur intervention. Devant un tel drame, devant la blessure d’une enfant violée et incapable, même physiquement, de mener à terme une grossesse, il y avait autre chose à dire, et surtout des questions à se poser : comment accompagner, encourager, permettre de sortir de l’horreur, de retrouver sens et goût à la vie ? comment aider la fille et la mère à se reconstruire ? Nous balbutions, surtout nous les hommes, et devons compter sur les femmes pour être là avec plus de présence que de paroles. Mais des paroles de condamnation, un rappel de la loi, aussi juste soit-elle : c’est ce qu’il ne faut pas faire.

    Jésus aurait dit que la morale est faite pour l’homme et non l’homme pour la morale. Il a dénoncé l’hypocrisie de ceux qui lient de pesants fardeaux sur les épaules des autres.

    Je confesse que j’ai accompagné des femmes avant et après une IVG. Je crois que l’Église catholique assume sa responsabilité sociale en insistant, à temps et à contre-temps, sur le respect de la vie humaine « depuis la conception jusqu’à la mort naturelle ». Nous manquerions à notre responsabilité en taisant cet appel, qui relève de la défense des plus petits et des plus faibles. Après, il s’agit d’accompagner chaque personne, dans des situations où je ne voudrais pas être, et où chacun essaie de faire au mieux de ce qu’il ou elle peut. Dieu nous appelle à des décisions qui peuvent être exigeantes, mais d’abord il nous enveloppe de sa tendresse, et il nous accueille dans les obscurités et les drames de la vie. J’attends des hommes d’Église, mes frères, qu’ils n’utilisent pas son nom pour condamner des personnes ou les enfermer dans la culpabilité.

    Francis Deniau, évêque pour la Nièvre

    D’autres réactions sur le site www.cef.fr des évêques de France

  • Non, l’Eglise ne peut en rajouter à la souffrance !

    L’évêque de la Mission de France et son Conseil s’associent à la protestation de nombreux catholiques contre la décision de l’archevêque de Récife, au Brésil, d’excommunier une mère et des médecins ayant décidé un avortement pour une fillette de 9 ans violée par son beau-père.
    Bien sûr l’avortement est un acte de mort ; il inscrit dans la chair de celles qui l’ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais. Mais comment se peut-il que devant un tel drame, l’Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour entrer en compassion et reconduire vers la vie ? Comment faire fi de la pratique pastorale traditionnelle de l’Eglise catholique qui est d’écouter les personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière morale, de tenir compte du « moindre mal », en particulier dans les situations dramatiques et les cas extrêmes.
    Quand on invoque la « loi de Dieu », comment oublier la tendresse de Jésus : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » ?
    Cette décision abrupte d’excommunier est inacceptable. Elle ne tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette enfant.
    Nous le disons de toutes nos forces, en ce monde blessé, il nous faut faire surgir des attitudes d’espérance plutôt que d’enfermer dans des condamnations qui trahissent les chemins compatissants de l’amour miséricordieux.
    Nous le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu’elle soit levée le plus vite possible.

    Mgr Yves Patenôtre,
    évêque de la Mission de France et son Conseil

  • Communiqué de presse de Mgr Norbert Turini
    mercredi 11 mars 2009 par Service diocésain de la communication, †Norbert TURINI
    A la suite des nombreuses réactions concernant l’affaire de la fillette brésilienne de neuf ans, de son avortement et de l’excommunication qui a suivi, Mgr Turini donne son point de vue.

    "Une fillette brésilienne de neuf ans violée, enceinte de deux jumeaux, une mère accablée, un avortement, une condamnation, une "excommunication" ! L’opinion publique réagit. Je comprends son émotion.

    Pourquoi n’avoir pas gardé le silence devant une telle détresse ?

    Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance ?

    Beaucoup se questionnent.

    Je défends et défendrai toujours, la dignité et le respect de la vie de son origine à son terme et je crois qu’en toutes circonstances, l’attitude de l’Eglise tire sa légitimité de l’attitude du Christ. Ainsi, l’amour et la miséricorde parlent toujours plus fort, dans les évangiles, que la condamnation et l’exclusion. Il n’y a qu’à les ouvrir pour s’en convaincre !

    Quel sera l’avenir de cette femme, de cette fillette, à la suite de cette décision ? Qui va les accompagner ? Nous devons en conscience et fidèles à la Bonne Nouvelle nous interroger.

    Pour l’heure, je voudrais pouvoir leur dire qu’elles sont et seront toujours aimées par le Dieu de Jésus-Christ que nous appelons Notre Père.

    +Norbert TURINI

    Evêque de Cahors

  • Les évêques brésiliens expriment leur entière désapprobation de l’avortement pratiqué sur une petite fille et se montrent solidaires avec tous les enfants victimes d’abus (11 mars 2009)

    Rome (Agence Fides) - La Présidence de la Conférence des évêques catholiques du Brésil (CNBB), réunie à Rome ces jours-ci, a diffusé une note pour la presse dans laquelle elle exprime son indignation suite à la nouvelle qu’une petite fille brésilienne de 9 ans a été contrainte à l’avortement des jumeaux qu’elle portait comme fruit de la violence sexuelle subie par son beau-père, un fait qui a ému la société brésilienne toute entière. Les évêques repoussent vivement cet acte, se plaignant en même temps du fait qu’il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé, vu l’augmentation du nombre d’attentats contre la vie des enfants, victimes d’abus sexuels. "L’Eglise -continue le texte- exprime sa solidarité envers cette enfant et toutes les victimes de ces actes brutaux, et envers leurs familles". Le texte rappelle que l’Eglise est toujours en faveur de la vie.

    De même les évêques de la région Nord-est 2 de la CNBB ont diffusé un communiqué suite à ce fait, rappelant que l’ "Eglise est toujours en faveur de la vie, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle". Un principe qu’elle a toujours maintenu, même à l’époque du Régime militaire instauré en 1964, pendant lequel elle a défendu les droits de l’homme des persécutés, des torturés et des réfugiés politiques.

    "Nous vivons dans une société pluraliste -lit-on dans le texte- dans laquelle les Etats se structurent et se donnent une législation qui reflète la culture dominante, qui ne respecte pas les principes éthiques naturels". C’est pourquoi "ce qui est protégé par la loi ne peut pas toujours être identifié avec les principes éthiques et les valeurs morales". Pour les catholiques, rappellent les évêques, "le commandement du Seigneur ’tu ne tueras pas’ a toujours la priorité".

    Quant au cas concret de cette enfant, les évêques expriment leur totale désapprobation, se plaignant qu’on n’ai pas procédé avec la tranquillité nécessaire, avec sérénité, et qu’on n’ait pas respecté le temps demandé par la situation. (RG)

    © Agence Fides

  • Je voudrais savoir si les médecins et les mères responsables des 200.000 IVG annuels en France sont officiellement excommuniés par les évêques des divers diocèses ??

    Deux poids , deux mesures ?

    Salutations

    S.Kovanyko

  • Les évêques brésiliens nient l’excommunication

    La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a désavoué l’archevêque de Recife qui a excommunié la mère d’une enfant de 9 ans ayant avorté de jumeaux à la suite d’un viol, ainsi que toute l’équipe médicale, et a nié l’excommunication

    Après l’avortement réalisé la semaine dernière dans un hôpital de Recife (nord-est du Brésil), l’archevêque José Cardoso Sobrinho avait argué qu’aux yeux de l’Eglise catholique l’avortement était un "crime" et que la loi de Dieu était "au-dessus" de celle des hommes pour justifier l’excommunication.

    Néanmoins, pour le secrétaire général de la CNBB, Mgr Dimas Lara Barbosa, la mère de l’enfant a agi "sous la pression des médecins et dans le seul but de sauver la vie de sa fille" et c’est pourquoi elle ne peut être excommuniée.

    "Il faut tenir compte des circonstances", a souligné Mgr Barbosa. Pour les médecins, "seuls seront excommuniés ceux qui pratiquent l’avortement systématiquement", a ajouté Mgr Barbosa lors d’une conférence de presse.

    "Mgr Sobrinho n’a excommunié personne"
    Au Vatican, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques avait justifié quant à lui l’excommunication de la mère et de tout le corps médical, en affirmant que les jumeaux que la fillette portait "avaient le droit de vivre", dans un entretien samedi dernier au quotidien La Stampa.

    Dans une tentative de minimiser les déclarations de l’archevêque de Recife qui avait été jusqu’à dire que l’avortement était "pire" que le viol, le président de la CNBB, Mgr Geraldo Lyra Rocha, a déclaré que les propos de son collègue avaient été mal interprétés.

    "Mgr Sobrinho n’a excommunié personne. Il a agi en fonction de sa propre sensibilité. Je suis sûr qu’il ne voulait blesser personne mais attirer l’attention sur une certaine permissivité" en ce qui concerne l’avortement.

    L’interruption volontaire de grossesse est toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Cela n’empêche pas un million de femmes d’avorter clandestinement, lors d’opérations qui coûtent la vie à des milliers d’entre elles chaque année, selon les autorités.

    Voir en ligne : http://www.la-croix.com/article/ind...

  • Je ne ferai qu’un seul commentaire sur cet article : « affligeant » !

    Je remercie les évêques français qui ont exprimé publiquement et clairement leur désapprobation de cette « excommunication automatique » !

    Le visage de Jésus c’est la Miséricorde ! c’est le seul visage de l’Eglise que j’aime.

    Quant aux « prêtres », aux « scribes », et aux « Pharisiens » qui prétendent s’appuyer sur « les lois » pour manifester au Monde, l’Amour et la Miséricorde Divine ; pour eux, il n’y a qu’une chose que nous puissions faire : Prier pour que Le Seigneur change leur cœur de pierre, en un cœur de chair !

    Seigneur, Prends pitié de nous !

    Dieu nous bénisse !

    Michel Joblot.

  • Je crois qu’on cherche midi à 14h mais ça rassure le casuiste épilé.
    Une gamine de 9 ans et 36kg, même un obstétricien de brousse vous dira que ça ne le fait pas.

    Mgr Sobrinho qui n’a pas de diplôme d’accoucheur aurait mieux fait de s’en tenir à la position de l’évêque de Lausanne :
    « Il y a des fois où il faut se taire. C’est tout. Ne rien dire. Bien sûr cela reste grave des choses comme cela, mais il y a un moment où il y a la loi et où il y a l’application de la loi. C’est ce qu’on appelle l’épiquie » (Mgr Genoud)

    Voir en ligne : La mitre à pointe

  • Ma réaction à celle de Mgr Patenotre.

    J’ai lu votre communiqué suite à l’annonce de l’excommunication brésilienne. Que des journalistes païens réagissent ainsi, on peut encore le comprendre quoique je leur dirais volontiers de se mêler de ce qui les regarde. Mais qu’un évêque, catholique, réagisse de la sorte me laisse pantois.

    On dirait, à vous lire, que vous ne vous êtes même pas renseigné. Vous faites un procès d’intention, sans savoir. Hallucinant de la part d’un pasteur ! Et, au contraire de manifester une prudence saine, vous réagissez sur le mode affectif, comme si vous vouliez séduire notre société, dans un acte de clientélisme pitoyable. Est-ce votre mission de caresser l’opinion publique dans le sens du poil ? Alors, si une parole de l’Eglise est désagréable, vous allez l’escamoter ?

    Je vois également là de l’orgueil (qui êtes-vous pour prétendre mieux savoir que l’évêque local ce qu’il devait dire !? Vous le condamnez de facto, sans même savoir ce qu’il peut avoir fait pour aider cette famille - et il est clair qu’il n’est pas resté les bras croisés !), un manque de confiance en votre confrère lointain, un manque de confiance dans votre propre Eglise (Rome a soutenu l’évêque brésilien, cela aurait dû vous inciter au moins à la prudence !).

    Moi qui suis catholique pratiquant, je ne me reconnais pas dans vos propos politiquement corrects. Vous faites dire à l’Evangile ce qui vous arrange. Je trouve cela indigne.

  • MERCI à Tugdual Derville pour cet article si riche en délicatesse de forme (sans entamer le fond) sur un sujet ô combien délicat. Chaque paragraphe et chaque phrase sont à relire si l’on veut bien en prendre le temps, pour ne pas s’emballer à "prendre position" (si tant est que cela nous soit demandé en la matière...) Puisse cet article apporter quelque lumière aux hommes et aux femmes de bonne volonté !

  • Je suis croyante. Mais je suis aussi une jeune fille. Comment est-ce possible qu’au XXIeme siècle, une situation telle que celle-là puisse être tolérée ? Comment peut-on excommunier une petite fille de neuf ans qui a été forcée d’avoir des rapports sexuels ? Peut-on s’imaginer mère à neuf ans ? Peut-on obliger cette jeune fille à prendre beaucoup de risques, simplement pour sauver une cellule ? Comment peut-on être humain, et je dis cela surtout aux femmes,pour écrire que cette jeune fille n’aurait pas dû faire cela ? Les réactions des evêques face à un acte aussi pitoyable (le viol et non l’avortement), me laisse de sérieux doutes quant au fonctionneemnt de l’Eglise à notre époque. Je suis heureuse d’être croyante, de pouvoir me racrocher à quelque chose car s’il fallait croire en l’humanité il y aurait bien longtemps que j’aurai été déçue.

  • Devant ce déferlement de déclarations, d’arguments en tout genre, de paroles excessives et blessantes que ce soit pour l’évêque brésilien ou pour l’Eglise, le Vatican... il n’y a rien à ajouter mais à prier pour ne pas succomber à la tentation .
    Ce serait faire le jeu du tentateur qui se réjouit de chaque atteinte à la Vie, don de Dieu, et des divisions dans l’Eglise.
    Il nous reste le silence et la prière pour retrouver la paix des cœurs.
    Prions pour toutes ces filles, jeunes filles et femmes violées, et pour leur violeur.
    Prions pour toutes ces personnes dans la misère matérielle ou affective, qu’elles soient sur un autre continent ou tout près de chez nous.
    Prions pour toutes les femmes blessées dans leur cœur de mère par des avortements.
    Prions pour l’Eglise et ses pasteurs, qu’ils ajustent leurs paroles pour le monde tout en rappelant que toute vie est sacrée.
    Prions pour que nos vies soient accueillantes à la Vie comme elle vient, même inattendue ou blessée, et que nos cœurs débordent d’amour et de compassion pour tous ces petits.
    Hélène

  • L’affaire de Recife est diabolique ;satan ne pouvait guère trouver mieux pour casser l’Eglise car on n’a jamais le droit de faire le mal pour un bien à venir puisque l’avenir appartient à Dieu qui peut toujours faire des miracles.
    "Malheur aux religions qui deviennent humaines parce que leurs prêtres et leurs fidèles n’ont plus l’Esprit vital"
    Etait-il opportun d’excommunier ? Je suppose que l’archévêque avait ses raisons ;l’excommunion n’exclu pas la miséricode ; Dieu seul est juge.

  • Merci pour ce clair rappel de la doctrine morale de l’Eglise.
    Comment ne pas voir bien des manipulations dans cette affaire. Rappelons nous celles de l’affaire Jane Roe aux USA, qui a permis la légalisation de l’avortement. Il faut lire pour cela le livre qu’elle a écrit elle-même ("L’affaire Jane, Roe, histoire d’une manipulation"), étant maintenant devenue une militante "pro-life".
    Comment peut-on ramener la vie humaine à une simple question de "cellule" (cf. le post de Juliette ci-dessous). Il y a eu dans la première moitié du XXeme siècle des gens qui n’ont pas eu plus de considération pour la vie. On sait où cela a mené !

  • Il me semble que je dois ajouter un mot à mon message d’hier.
    Dans le douloureux drame de Recife on a trop tendance à déplacer le problème sur la pauvre petite brésilienne, ce qui ajoute à l’incompréhension. Bien sûr que la petite "Carmen" appelle toute notre compassion, tout notre amour et notre aide mais il ne s’agit pas tant d’elle, la victime, que de sa mère et de l’équipe médicale.

  • Avec un peu de recul devant l’impact de cette "affaire", il me semble bon de revenir sur les motifs de l’action de l’Archevêque à l’origine de cette décision qui nous choque.
    Un ami prêtre et médecin m’indiquait il y a quelques années que le conflit devant deux vies est fréquent en obstétrique. L’Eglise n’a pas attendu pour se pencher sur ces cas douloureux. En revanche, il ne faut pas prendre prétexte d’une vie à sauver pour délibéremment faire ce que l’on sait contraire à la loi naturelle. Sans plus d’informations, et les médecins brésiliens auront beau jeu de taire les conditions exactes de l’acte chirurgical posé ainsi que les autres possibilités qui s’offraient - peut-être - à eux, on peut légitimement craindre que les médecins n’aient sauté sur l’occasion, par facilité si ce n’est pour d’autres raisons, de pratiquer un avortement. Face à cela, il faut considérer le rôle salutaire de la décision de l’archevêque qui veut rappeler "aux autres" que ce n’est pas si simple que cela et que c’est un crime si le maximum (humain) de prudence n’est pris pour s’éloigner de la facilité. N’oublions pas qu’il y a aujourd’hui des petits coeurs qui battent et aiment déjà leur maman "de l’intérieur" sans savoir qu’il ne leur restent plus que quelques heures à vivre ! Si la mort et la souffrance sont attachées à la condition humaine depuis un certain premier couple, combien plus sont odieuses ces morts et ces souffrances silencieuses des plus petits d’entre nous.

  • Pourqouoi avez-vous enlevé mon article ?!!(si l’Eglise n’était pas divine, il y a longtemps que les curés l’auraient tuée...ça ne se dit peut être pas ? ) c’était un peu brouillon mais
    je crois que ça se tenait !
    J’attends votre réponse.
    Abbé Jean.
    mon adresse-mail suit ; j’attends votre réponse.

  • Neonatologist Says Brazilian Nine-Year-Old Could Have Safely Brought Child to Term
    March 17, 2009 (LifeSiteNews.com) - The horrific case of a nine-year-old Brazilian girl who was repeatedly raped by her step-father, and who subsequently became pregnant with twins has made headlines around the world in recent days. The case created widespread controversy after the girl had an abortion, an act that was condemned by the Catholic Church in the country due to the fact that doctors had originally refused to perform an abortion, stating that the girl’s life was not in danger.

    The doctors who later performed the abortion, however, claimed that the girl’s life was indeed in danger, a claim that has been widely repeated in the mainstream media.

    But in a recent interview with LifeSiteNews.com, Dr. Paul Byrne, a neonatologist and clinical professor of pediatrics at the University of Toledo, Ohio, strongly refuted the assumption that the Brazilian girl’s life was threatened by the pregnancy, simply because of her age.

    Byrne told LSN that it is certainly medically possible for a young girl safely to carry a pregnancy of twins to term. He acknowledged that the circumstances are unusual, but said that the problem of giving birth with an undeveloped pelvic structure could be safely avoided by a caesarean section.

    Dr. Byrne cited the case of Lina Medina, a Peruvian girl from the Andean village of Ticrapo who made medical history when she gave birth to a boy by caesarean section in May 1939 at the age of five years, seven months and 21 days.

    But he emphasized that no matter what the situation in the case, "abortion is not the solution." The girl, he said, "was sexually abused" and needed treatment. "Someone should have tried to help this girl."

    "The mother and both babies should have had their life protected, preserved and defended. There is no reason to kill these babies," he said.

    Dr. Byrne noted also that the girl now faces the usual long-term health risks associated with abortion, including possible future pre-term births and miscarriage due to an "incompetent cervix," a cervix that is too weak to stay closed during a pregnancy.

    Much research has shown other serious long-term health complications of abortion, including increased risk of breast, cervical, ovarian and liver cancers. Other risks associated with abortion include such serious mental health issues as post-traumatic stress disorder, substance abuse, eating disorders, suicidal ideation and suicide attempts.

    Dr. Byrne decried the emphasis in the press and among Catholic bishops on the excommunications that were formally announced against the girl’s mother and the doctors who performed the abortion by the Archbishop of Recife. "The focus is on excommunication when the focus ought to be on life of these three persons created in the image and likeness of God," said Byrne.

    According to Catholic teaching, the removal of an unborn child from its mother’s womb, that results in the death of the child, in a circumstance where the mother’s life is legitimately and imminently threatened, does not constitute an abortion, as long as the death of the child is not the intended result of the procedure. In any other circumstance, however, the intentional killing of an unborn child is considered murder and results in automatic excommunication for those who assist in the act.

    URL : http://www.lifesitenews.com/ldn/2009/mar/09031707.html

  • L’ancien premier ministre et maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, a estimé, mercredi 18 mars, sur France Culture, que les propos et attitudes récents du pape Benoît XVI sont sources de malaise et créent "un vrai problème". M. Juppé a expliqué, en citant la réintégration d’evêques "dont l’un est l’apôtre – si j’ose dire – du négationnisme", l’excommunication au Brésil et l’affaire du préservatif, que "ce pape commence à poser un vrai problème".

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    Au Brésil, "qu’une gamine de 9 ans qui a été violée, dont la vie est en danger, soit – sinon elle-même – du moins ses parents et le médecin qui l’a aidée à avorter excommuniée, c’est une absence de charité chrétienne extraordinaire", a poursuivi l’ancien chef de gouvernement.

    "Aller dire en Afrique que le préservatif aggrave le danger du sida, c’est d’abord une contrevérité et c’est inacceptable pour les populations africaines et pour tout le monde", a-t-il poursuivi.

    "Il y a un vrai problème", "je sens autour de moi un malaise profond", a ajouté M. Juppé, qui dit avoir "l’impression" que le pape "vit dans une situation d’autisme total".

    Voir en ligne : http://www.lemonde.fr/afrique/artic...

  • PARIS (AFP) — La ministre de la santé Roselyne Bachelot s’est dite mercredi "catastrophée" par les propos du pape sur le sida, "que j’estime irresponsables en tant que ministre garante de la santé publique", a indiqué Mme Bachelot à l’AFP.

    Dire, comme le pape l’a fait, que le préservatif contribuerait a augmenter l’épidémie de sida, "c’est une contre-vérité scientifique absolue", a-t-elle ajouté.

    Voir en ligne : AFP

  • PARIS (AFP) — La secrétaire d’Etat française chargée des droits de l’Homme, Rama Yade, s’est dite mercredi "ahurie" par les propos "régressifs" tenus par le pape Benoît XVI selon lesquels l’usage du préservatif "aggravait" le problème du sida.

    "Je suis personnellement ahurie par ces propos (...) qui remettent en cause l’esprit et la pratique d’un combat de plusieurs décennies", a déclaré Mme Yade sur la radio Europe 1.

    Voir en ligne : http://www.google.com/hostednews/af...

  • “Au Brésil on compte chaque année 30 000 grossesses chez des filles de moins de 14 ans, et aucun cas de décès à cause d’une grossesse n’a été enregistré là où existent des soins prénataux et un service pour réaliser des césariennes ». “La vie de la fillette n’a jamais été en danger”

    Lire ce texte sur le site Salon Beige

    Voir en ligne : http://lesalonbeige.blogs.com/my_we...

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