« La filiation fictive et sociale » au cœur du débat sur la PMA sans père

La Manif pour tous

vendredi 29 septembre 2017

Invité hier de L’Emission politique sur France 2, le Premier Ministre a bien évidemment été interrogé sur la question ô combien sensible de la PMA sans père. Sans donner véritablement son point de vue, il a confirmé que cette question serait débattue lors des Etats généraux de la bioéthique prévus fin 2018. Sans présager de l’issue du débat, Edouard Philippe ne s’est pas engagé sur le volet législatif de la PMA sans père.

Interpelé par Léa Salamé sur la tribune qu’il a co-signée il y a 4 ans avec Nathalie Kosciusko-Morizet, le Premier Ministre a confirmé que tous les deux à l’époque étaient « favorables au mariage homosexuel, favorables à l’adoption par les couples homosexuels et, c’est vrai, opposés à la PMA, avec un argument essentiel : c’était le risque que cela bascule et que cela ouvre une porte vers la GPA, qui ne me semblait pas acceptable et qui ne me semble toujours pas acceptable. »

La lecture attentive de cette tribune co-signée par Edouard Philippe et Nathalie-Kosciusko-Morizet montre que la clé du débat sur la PMA sans père n’est pas tant du côté de la GPA que du côté de l’adoption... plénière. « Nous ne sommes pas opposés à l’adoption simple mais nous considérons que l’adoption plénière, autorisée par le texte, nous engage sur une voie qui n’est ni nécessaire ni raisonnable.(...) Nous pensons qu’autoriser l’adoption plénière revient mécaniquement à créer une filiation fictive et sociale là où la filiation biologique n’est pas envisageable. Autrement dit, s’engager sur la voie de l’adoption plénière implique déjà la PMA, puis la GPA, pour les couples de même sexe. Au final, donc, nous ne sommes pas opposés à une loi qui permettrait le mariage et l’adoption simple pour les couples de même sexe, mais nous n’accepterons pas ce qui viendra après cette loi. Nous nous opposerons résolument à la PMA pour les couples homosexuels féminins, et à la GPA qui, au nom de l’égalité, ne manquera pas d’être réclamée par la suite » écrivait alors Edouard Philippe et Nathalie-Kosciusko-Morizet

C’est donc bien l’opposition entre la filiation réelle et « la filiation fictive ou sociale » qui est au cœur du débat et de la position personnelle du Premier Ministre. Il rejoint sur ce sujet Alain Juppé. Le maire de Bordeaux avait réagi à l’avis controversé du CCNE en juin dernier en déclarant sur LCP le 30 juin : "Je ne suis pas d’accord avec la généralisation de la PMA." Il avait relayé ses propos sur son propre compte Twitter.

Cette question de la filiation fictive était aussi au cœur des propos du Pr. Jacques Testart hier sur le plateau de France 2. Père de la fécondation in vitro et opposant à la PMA sans père, ce dernier a dénoncé « une déresponsabilisation des individus qui perdent leur autonomie en demandant aux institutions de leur faire un bébé alors qu’ils pourraient le faire tout seul. »

« Les mots du Premier Ministre et de Nathalie Kosciusko-Morizet résument parfaitement les données du débat entre le respect des droits de l’enfant qui repose sur une filiation réelle, ou à défaut vraisemblable dans le cas de l’adoption, et le droit à l’enfant qui implique la création d’une « filiation fictive ou sociale » pour reprendre les mots du Premier Ministre. En effet, prétendre qu’un enfant peut avoir sur son livret de famille deux papas ou deux mamans est une fiction » selon Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous. C’est ce débat qui explique les passions autour de ces questions. L’émission d’hier n’y a pas échappé : alors que la France va mal, que nous n’avons jamais eu autant de chômage, de souffrances, de pauvreté, d’inquiétudes relatives à la sécurité et au terrorisme, de défis à relever au niveau européen et international, c’est la question de la PMA sans père qui a focalisée l’attention, loin des véritables sujets de préoccupation des Français. Cette question, qui a généré de nombreux échanges sur les réseaux sociaux, est en effet revenue en fin d’émission. « Cela montre qu’il n’existe pas, aujourd’hui de consensus sur la PMA sans père. Emmanuel Macron ne s’est pas engagé sur cette question dans son programme présidentiel. La PMA sans père n’est donc pas un engagement de campagne. Il s’y est dit néanmoins favorable à titre personnel mais avait conditionné d’avancer sur ce sujet à l’existence d’un large consensus. Ce n’est manifestement pas le cas » poursuit-elle.

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