La (fausse ?) démission de Mahmoud Abbas

lundi 9 novembre 2009

Tandis que, au Liban, le camp du Hezbollah a accepté la formation d’un gouvernement après cinq mois de négociations avec le Premier ministre désigné Saad Hariri, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé qu’il ne souhaitait pas, en janvier, briguer un second mandat. En fait, soit il a réellement décidé de se retirer, soit il joue un véritable coup de poker.

Il ne faut pas oublier que, en 2003, alors Premier ministre de Yasser Arafat et déjà perçu comme plus modéré et moins retors que lui, il avait déjà démissionné. Il dénonçait l’incapacité d’effectuer sa tâche à la fois face à Arafat et d’autres responsables palestiniens et en raison du peu d’appui des États-Unis et d’Israël. Aujourd’hui, il se trouve dans une situation semblable sinon pire. D’une part, faute d’un accord préalable avec le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, les élections ont très peu de chances de se tenir dans deux mois. D’autre part, il se sent en fausse position par rapport à Washington après que le secrétaire d’État, Hillary Clinton, ait abandonné le préalable sur le gel de la colonisation israélienne en Cisjordanie. En outre, il est accusé par son opinion publique de n’avoir pas soutenu à l’Onu le rapport Goldstone dénonçant certaines conditions de la guerre de Gaza il y a un an — il est vrai que les forces palestiniennes y étaient également critiquées. D’une manière générale, il souffre de l’enlisement des négociations avec Israël, de la corruption endémique du Fatah et des graves oppositions entre les diverses factions palestiniennes.

Bien entendu, les spéculations vont désormais bon train. Pour lui succéder, certains citent Mohammed Dahlan, un de ses proches, à la fois très puissant au comité central du parti et bien vu des États-Unis, Nasser Al-Qidwa, le président de la Fondation Yasser Arafat, et même Marwan Barghouti, le symbole de la seconde Intifada emprisonné en Israël.
Le président palestinien se trouve déjà en sursis puisque son mandat a expiré depuis mars et que seul un accord technique lui a permis de demeurer. La communauté internationale ne souhaite pourtant pas le voir partir. La Maison-Blanche continue de voir en lui « un vrai partenaire », le Royaume-Uni considère qu’il doit toujours tenir « un rôle majeur à l’avenir » et Bernard Kouchner lui demande de « continuer sa démarche vers la paix ». Même Benyamin Netanyahou — qui ne l’a rencontré qu’aux États-Unis — ne souhaite pas son départ car, a expliqué le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, « après lui viendront des dirigeants plus extrémistes ». Mais personne ne l’a véritablement aidé sur le plan politique.

Tout cela se produit au moment où est devenu célèbre un autre Palestinien, le psychiatre major de l’armée américaine responsable de la tuerie qui a fait 13 morts à Fort Hood, Nadil Malik Hasan. On sait maintenant qu’il a fréquenté une mosquée dirigée par un imam radical soupçonné d’être un des guides spirituels de plusieurs kamikazes du 11 septembre 2001.

Jean-Gabriel DELACOUR (Acip)

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