Chronique n° 313 parue dans France Catholique-Ecclésia – N° 1656 – 8 Septembre 1978

LA GRANDE DIASPORA : « NE CRAIGNEZ POINT »

Dans le vide inhospitalier de l’espace, nous saurons qu’il ne faut pas avoir peur

lundi 18 juillet 2016

L.H. PARIAS APPRENDRA PEUT-ÊTRE avec perplexité ce qu’étaient mes pensées tandis que je méditais son dernier livre (a), tout à son image [1].

Mais je me trompe. Plutôt se rappellera-t-il nos longues conversations, et le contrepoint spirituel qu’il apportait à la tentative de réflexion scientifique que j’essayais d’apporter à notre journal où il avait bien voulu m’introduire [2]. Ces conversations, non seulement je ne les ai jamais oubliées, mais elles ont clarifié en moi la signification spirituelle de la science, sa fonction transformatrice de l’âme humaine, la place qu’elle occupe, cette science un peu effrayante dans le Plan Providentiel infiniment mystérieux où le Créateur nous a engagés pour participer à sa Création [3].

Le livre de Parias est la confidence d’un vrai contemplatif.

Ceux qui connaissent l’homme extérieur, professionnel, décriront un comportement, des gestes, une voix, des éclats de voix même ! car il est vif et doté du sang rouge des colériques. Tout cela apparaît dans son livre, comme il sied à un écrivain sincère et qui sait écrire. Derrière cet homme vrai mais déguisé au sens cartésien (Larvatus prodeo) [4], se cache la réalité profonde du spirituel, du contemplatif tourné vers Dieu seul, en constant dialogue avec Lui.

Réalité que l’on aurait crue incompatible avec le bruit du monde, et pourtant – c’est là ce qui me frappe – non seulement conciliable avec lui, mais nécessaire à sa plénitude.

Voici donc à quoi je pensais en le lisant.

Je pensais au grand projet mûri par les savants qui s’apprêtent à prendre la suite de la NASA, projet grandiose qui depuis trois ans suscite là-bas la polémique, mais qu’à mon avis rien n’arrêtera, parce que rien n’arrête les hommes quand on leur offre des horizons illimités.

Ce projet, c’est ce que j’ai appelé la Grande Diaspora. Conçu d’abord par le physicien Gerard O’Neill et ses élèves de Princeton, il consiste tout simplement à quitter la terre [5].

O’Neill, c’est le nouveau Von Braun. Von Braun voulait la lune. Il l’a eue, O’Neill veut créer des mondes non terrestres, longs de cinquante kilomètres, épais de cinq, emportant deux millions d’êtres humains, hommes, femmes, enfants, avec leurs écoles, leurs églises, leurs cimetières, des champs, des forêts, des usines. Tout cela dans le ciel, et libre de s’éloigner, de partir vers les étoiles.

Les auteurs du projet, présenté à la Chambre des Représentants le 23 juillet 1975, ont montré que leur rêve (le nouveau rêve américain, peut-être aussi russe) est techniquement réalisable dès maintenant, car toutes les connaissances nécessaires ont fait leur preuve dans d’autres projets déjà réalisés. Cependant, ce qui le poussera irrésistiblement, ce n’est pas la viabilité technique, ni même le romantisme d’une conquête sans bornes. C’est l’avis des financiers et des économistes : la Grande Diaspora est un investissement sûr et fructueux, elle promet de résoudre tous les grands problèmes matériels de cette fin de siècle surpopulation, précarité des sources d’énergie (dangereuses ou en voie d’épuisement), pollution croissante, sentiment de culpabilité des peuples riches, désespoir des peuples pauvres.

Promesse illusoire ? Mais ne fut-elle pas toujours illusoire, l’éternelle migration des fils de Caïn ? Elle se poursuivra dans l’espace sans changer de nature.

Et pourtant, envisager sans frémir de quitter à jamais la terre d’où fut tiré Adam, la terre dont une petite colline appelée Golgotha vit le drame central de la Création, la terre où dorment les restes des apôtres et des saints... Est-ce possible ? Que deviendra l’homme de prière dont Parias nous décrit la vie intérieure si vraiment se réalise ce qui paraît à beaucoup un cauchemar ? [6]

Il est clair que pour Parias comme pour tout chrétien, l’essence de l’homme est silence en présence de Dieu. Il le dit avec ce style frémissant qui nous est familier dans la première partie de son livre. Comment imaginer ce silence intérieur dans des mondes d’acier entièrement mus par artifice ?

Comment imaginer la méditation et la prière d’un être de chair tendre et fragile dans un environnement de machines, que dis-je, au cœur de la machine même ?

Mais lisez-le, ce livre tout intérieur, et peut-être aurez-vous les mêmes pensées que moi.

Il faut, dit-il, « croire quand même », et ce quand même veut dire en dépit des découvertes de plus en plus vertigineuses de la science, en dépit des dangers où l’homme s’expose de plus en plus par la puissance incontrôlée de sa technologie. Car, dit-il, qu’est-ce que l’homme ? C’est ce silence, cette solitude avec Dieu, cette espérance où la mort même prend sa place et sa signification. Il cite Maître Eckhart : « Ce que l’âme est dans son fond, nous n’en savons rien. Ce que l’on en peut savoir doit être surnaturel et donné par la grâce ». Deux lignes plus haut, il précise la pensée d’Eckhart en la modernisant : l’âme est « ce que le savoir humain ne peut pénétrer ». Ni pénétrer ni par conséquent altérer.

Parmi les partisans les plus éminents d’O’Neill, il y a le moine bénédictin américain David Steindl­-Rast, fondateur des Maisons de Prière. Ce moine n’a pas peur du « cauchemar métallurgique » dénoncé par un autre Américain adversaire de ces projets, J.-F. Mugas. Pourquoi n’a-t-il pas peur ? Parce qu’il sait que l’âme est l’âme, où qu’elle soit, et que sa destinée dans ce monde est de « rechercher le Royaume du Père », notamment en participant à l’acte créateur.

C’est une idée que j’ai souvent développée ici : le « progrès » matériel se réalise par l’homme, mais le fait que son développement échappe à tout contrôle prouve sa nature providentielle. « Sire, l’avenir est à Dieu » [7]. Ce « progrès » fait peser la peur sur nos têtes. Mais ne nous oblige-t-il pas par là-même à ouvrir nos yeux au drame cosmique que nous cachait naguère la quiétude de la vie villageoise à l’ombre du clocher ? « Comment peux-tu dormir quand Jésus est en éternelle agonie ? » [8]

Parias et son interlocuteur (car son livre est un dialogue) nous convient à « rejoindre l’effort de Dieu ».

Je crois en effet que le « progrès » nous fait participer à la tragédie de la création. Beaucoup de croyants pensent que le progrès est d’essence diabolique. Combien de Papes, depuis cent ans, nous ont au contraire répété que découvrir la pensée divine en apprenant à connaître sa création est une activité bonne et louable ? Examinons-nous sincèrement quand nous sommes tentés de condamner le progrès, ne cédons-nous pas à une peur qui ne menace que notre corps périssable ?

Il faut réfléchir à cette idée de progrès. Ce n’est pas un progrès vers le repos et la tranquillité. C’est tout au contraire l’effacement d’une illusion « païenne » : celle que notre royaume serait de ce monde. Depuis toujours nous feignons de croire que la faute originelle n’a pas eu lieu, que nous n’avons pas été chassés du paradis terrestre. Et nous nous étonnerions que le progrès nous détrompe de cette illusion ? Qu’il nous dévoile de plus en plus clairement que nous ne sommes pas ici pour rire et nous amuser ? [9] Qu’il délègue entre nos mains un pouvoir accru d’exercer notre liberté à choisir entre le bien et le mal ? N’est-ce pas là au contraire l’amère et fatale suite promise à notre désobéissance primitive, celle qui précisément nous livra le fruit de l’arbre de la science du bien et du mal ? [10]

Amère conquête, mais qui nous fut accordée à jamais. La dernière partie du livre de Parias nous rappelle que l’action divine ne s’est pas bornée à la création et à la perte du paradis originel. L’ultime secret divin, pour nous, hommes perdus, dans ce monde étranger, c’est la Passion du Fils. « Prier, dit Parias, c’est entrer dans l’anéantissement de Jésus, et par là toucher à sa transcendance en ce monde ». Il n’est dit nulle part dans l’Evangile qu’il n’y ait pas lieu d’avoir peur, mais seulement qu’il ne faut pas avoir peur : « Ne craignez point » [11].

L’histoire de l’homme est une conquête longue et violente. Parmi les plus anciens fossiles humains, on a trouvé des squelettes d’enfants où était encore fichée une flèche de silex. Dans les planétoïdes d’O’Neill, le danger physique aura changé de nature. Mais là encore, dans le vide inhospitalier de l’espace, nous saurons qu’il ne faut pas avoir peur. La nature de notre destinée n’y sera pas changée.

Il me semble même que dans sa signification insondable la prière qui nous fut enseignée a prévu les temps où nous entrons : que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Loin de la terre où dormira notre passé, nous la répéterons sans trouble, si c’est là que nous porte l’histoire. Dans ses dernières lignes, Parias cite un mot du Père Urs von Balthasar [12] sur Thérèse de Lisieux et la prière : « La prière, dit-il, c’est, dans l’instant pleinement accompli du temps, éprouver l’éternité ». Nul ne parle, et pour cause, de nous libérer du temps derrière lequel l’éternité se cache. Le « progrès » est au contraire la façon propre à l’homme de s’enfoncer dans le temps.

Aimé MICHEL

(a) L.H. Parias : Trois entretiens avec Pierre Bellego (Le Seuil, 1978).

Chronique n° 313 parue dans France Catholique-Ecclésia – N° 1656 – 8 Septembre 1978


Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 18 juillet 2016


[1Pierre Bellego (1913-1995) était à cette époque curé de Saint-Séverin-Saint-Nicolas à Paris (1974-1980). Ces Trois entretiens avec Pierre Bellego sont actuellement disponibles en version numérique (https://www.librairiedialogues.fr/livre/9142439-trois-entretiens-avec-pierre-bellego-louis-henri-parias-seuil-reedition-numerique-fenixx).

[2Louis-Henri Parias (1913-1997) fut directeur de France Catholique de 1970 à 1974. La première chronique d’Aimé Michel y parut le 2 octobre 1972 (Vieillir : ce mystère, mise en ligne le 13.06.2009). S’il quitta la direction de F. C. en 1974, c’est parce que le mouvement d’action catholique qui supervisait le journal décida de le renvoyer par souci d’économie (ce ne fut pas une sage décision car le journal entra dans une période de trouble jusqu’en 1980). Parias exerçait d’autres activités dans l’édition (pour une vue plus complète que ce qui suit, voir la fiche que la Bibliothèque nationale lui consacre, http://data.bnf.fr/11918605/louis-henri_parias/). Notamment, il fut directeur de la revue Miroir de l’histoire et, des années 60 jusqu’en avril 1975, il fut directeur du mensuel Atlas. Au début, ce dernier traitait de sujets fort divers, historiques, artistiques et scientifiques, puis il s’orienta vers la géographie et la nature. De 1972 à avril 1975 il s’appelait Atlas Air France et était distribué sur tous les vols de cette compagnie aérienne. Aimé Michel y a beaucoup publié de 1965 à 1980, surtout des articles sur la vie animale (on les trouvera sur le site www.aime-michel.fr). Parias connaissait donc déjà fort bien Aimé Michel quand il lui demanda de contribuer à F. C.

[3Ce paragraphe résume le dessein d’Aimé Michel dans les présentes chroniques : méditer sur la « signification spirituelle » de la science.

[4Larvatus prodeo, je m’avance masqué, célèbre devise de Descartes, provient d’une collection de fragments écrits vers 1619 que l’on connait grâce à une copie faite par Leibniz. Voici ce passage : « Les comédiens, appelés sur la scène, pour ne pas laisser voir la rougeur sur leur front, mettent un masque. Comme eux, au moment de monter sur ce théâtre du monde où, jusqu’ici je n’ai été que spectateur, je m’avance masqué. » Il écrit cela alors qu’il n’a que vingt-trois ans et qu’il vient de s’engager dans l’armée protestante de Maurice de Nassau. Peut-être est-il encore en Hollande, à Bréda (novembre 1618 à avril 1619), ou bien déjà en Allemagne, à Ulm, où il a ses fameux trois rêves successifs dans la nuit du 9 au 10 novembre 1619.

Quoi qu’il en soit, on a beaucoup glosé sur ce larvatus prodeo. Maxime Leroy (Descartes, le philosophe au masque, Rieder, Paris, 1929, t. I, p. 78) y voit le libertin qui se cache sous le masque du croyant car il entend se libérer de la philosophie scolastique sans encourir la censure ecclésiastique. Henri Gouhier (La pensée religieuse de Descartes, Vrin, Paris, 1924, p. 44) y devine plutôt le jeune homme discret engagé dans la vie militaire mais aspirant dans le secret à une vie d’études scientifique et philosophique. Quant à Fernand Hallyn (Descartes, dissimulation et ironie, Droz, Genève, 2006), professeur de littérature à l’université de Gand, spécialiste de l’histoire conjointe de la littérature et de la science, il y discerne une allusion à la phrase de Pétrone : Mundus universus exercet histrioniam (le monde entier joue la comédie). Autrement dit, le jeune Descartes suivrait le conseil de Montaigne : il ne faut pas s’identifier à son rôle ou à son masque, mais savoir prendre ses distances.

Quant aux rapports de Descartes à la religion chrétienne chacun y va de son couplet, selon qu’il considère la première règle de la morale provisoire dans le Discours de la méthode : « obéir aux lois et aux coutumes de mon pays, retenant constamment la religion en laquelle Dieu m’a fait la grâce d’être instruit dès mon enfance » comme une simple marque de prudence ou une déclaration sincère.

[5C’est la troisième des quatre chroniques qu’Aimé Michel consacre aux travaux sur les villes de l’espace de Gerard O’Neill, le physicien et ingénieur qui inventa l’anneau de stockage des accélérateurs de particules. Pourtant, dans aucune des deux précédentes, (n° 296, L’espace silencieux – Les questions que pose l’absence de visiteurs extraterrestres, 14.03.2016, et n° 307, L’orgueil diabolique de la science, 11.07.2016) il n’a utilisé le terme de Grande Diaspora. Il l’a utilisé pour la première fois à ma connaissance dans le titre de son article de la revue Question de n° 26, parue au 3e trimestre 1978. Il reviendra un peu plus tard sur ce sujet dans une autre chronique (n° 315, L’homme dans les étoiles, d’octobre 1978, à paraître ici en octobre) et un article intitulé « L’humanité a dépassé l’enfance ! Elle doit quitter son berceau ! », Question de, n° 29, 1er trimestre 1979.

Les promoteurs de ce projet pensaient qu’il était techniquement réalisable. Il faut croire qu’ils n’ont pas convaincu, car le président Carter décida le 12 octobre 1978, juste un mois après la parution de la présente chronique, de leur refuser les crédits qu’ils demandaient. Aujourd’hui, on ne parle plus de villes spatiales, tout au plus de retour sur la Lune ou de mission vers Mars. Toutefois, il ne faudrait pas réduire les idées d’O’Neill à ces seuls aspects controversés de « villes de l’espace » et de « Grande Diaspora ». En effet, ses analyses prospectives sur la mise en valeur économique du système solaire ne sont pas dénuées de fondement ; on peut donc s’attendre à ce qu’elles resurgissent tôt ou tard sous une forme ou sous une autre. Nous en reparlerons dans quelques semaines à l’occasion de la quatrième et dernière chronique consacrée à ces rêves d’ingénieur.

[6Que ce projet paraisse à beaucoup un cauchemar est bien exprimé dans la lettre d’un lecteur de Cannes qu’Aimé Michel commente dans la chronique mise en ligne la semaine dernière, n° 307, citée ci-dessus.

[7Cette brève citation, de Victor Hugo, est, me semble-t-il, celle qui revient le plus souvent sous la plume d’Aimé Michel pour exprimer la condition humaine. Sur ce vers, voir la chronique n° 212, La révolution et au-delà – De la société de gaspillage aux subversions du cœur et de l’âme (23.01.2012).

[8Il est significatif qu’Aimé Michel écrive ici le mot « progrès » entre guillemets pour signifier son caractère ambivalent. L’aventure humaine n’est pas un voyage d’agrément. L’humanité ne peut s’installer durablement, son déracinement est permanent ; sa progression vers un but inconnu se paye d’un constant arrachement à ses habitudes et à ses certitudes. La même idée est exprimée sous une forme différente dans une autre chronique : « L’homme a toujours vécu ainsi dans un théâtre d’illusions qui, l’une après l’autre, se dissipent. Je suis enclin à voir dans ce cocon d’illusions où a grandi l’humanité, et où elle continue de s’avancer, une précaution bienveillante de la Providence qui ménage notre faiblesse et ne nous laisse voir la vérité qu’à mesure que nous devenons capables de la supporter, “car si tu voyais Ma Face, tu mourraisˮ ». (n° 350, Néandertal ou la fin d’un robuste gaillard – Sciences : le récit de la Genèse – 4, 06.06.2016).

[9On voit ce qui oppose ceux qui misent sur une installation en ce monde, un bonheur sur Terre, à ceux qui pensent que ce but est illusoire parce que la nature même du « progrès » est d’infliger à l’humanité, volens nolens, une perpétuelle marche en avant. On peut mieux comprendre dans cette perspective l’ironie affichée par Aimé Michel pour les « prédicants de la révolution du plaisir » (voir par exemple la chronique n° 289, Le futur selon la gnose scientifique – Ces mécanismes à l’œuvre sous les yeux de tous et que nul ne veut voir, 07.03.2016).

[11Paroles adressées aux femmes, « Marie de Magdala et l’autre Marie », venues au tombeau de Jésus « au premier jour de la semaine », d’abord par l’ange puis par Jésus lui-même, ressuscité, dans l’évangile selon saint Matthieu (28, 5 et 10).

[12Né à Lucerne en 1905 dans une famille catholique suisse-allemande, Hans Urs von Balthasar fait ses études à Munich, Vienne et Berlin. En 1928, il obtient son doctorat de l’université protestante de Zurich et à la fin de la même année entre dans la Compagnie de Jésus. Ordonné prêtre en 1936, il suit les cours du père de Lubac (1934-1938), décline un poste à l’Université pontificale grégorienne de Rome et s’installe à Bâle où il se lie d’amitié avec le théologien protestant Karl Barth. Il traverse une période difficile : les visions de la mystique Adrienne von Speyr dont il est le directeur spirituel sont contestées par les autorités catholiques et protestantes et l’Institut Saint Jean qu’il a fondé avec elle n’est pas soutenu par la Compagnie de Jésus. En 1950, il quitte la Compagnie, ce qui lui vaudra un certain ostracisme (on parlait péjorativement de l’ex-jésuite), pour se consacrer entièrement à l’Institut Saint Jean et à la publication de l’œuvre d’Adrienne Speyr (il la prit sous sa dictée et la publia en 50 volumes à partir de 1967). Il vit alors des conférences qu’il donne et des livres qu’il publie.

Son œuvre écrite est considérable : 300 articles et une soixantaine de livres publiés. Son point culminant est La Gloire et la Croix. Aspects esthétiques de la Révélation, publié en français en 8 volumes chez Aubier (1961-1969). Parmi ses livres plus accessibles on peut citer Dieu et l’homme d’aujourd’hui (Desclée de Brouwer, 1958), L’amour seul est digne de foi (1966, rééd. Parole & silence, 1999), Retour au Centre (Desclée de Brouwer, 1971), L’enfer, une question (Desclée de Brouwer, 1991). Henri de Lubac a dit de lui qu’il était peut-être l’homme le plus cultivé de son temps (Wikipédia). Sur cette œuvre voir par exemple l’article d’Olivier de Berranger (http://www.core-asso.org/09Pdf/042322balthasar.pdf).

Le 26 juin 1988, Jean-Paul II le nomme cardinal mais il meurt deux jours plus tard à Bâle.

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.