L’étonnante expression « vivre en Jésus »

par Dominique Daguet

lundi 19 décembre 2016

Un cardinal, de son nom Carlo Maria Martini, osa écrire : « Comment puis-je vivre avec Jésus qui pourtant vit en moi ? Car moi, je ne vis pas en Lui puisque c’est Lui qui vit en moi ! Comment Le laisser m’envahir ? Comment m’identifier à Lui en L’emportant sur mes défauts, mes vices, mes péchés tout en pratiquant les vertus qu’Il m’inspire ? Le sens ultime de la venue de Jésus à Bethléem : rien d’autre que sa naissance en notre cœur. » [1]

Et moi, que me dirais-je qui m’autoriserait de tout espérer en ses promesses pour toujours certaines ? Que penser à propos de « Sa Vie » qui l’emporte – infiniment cela va de soi –, sur la mienne ? Je désire naturellement qu’Il m’envahisse de « Sa Présence » bienheureuse tout en confortant la mienne, cette pauvrette pourtant si liée à la Sienne depuis mon baptême : afin, déjà, que « mes défauts, mes vices, mes péchés » n’empêchent point que s’effectue cette toujours renouvelée naissance mienne que je qualifie de « noêlienne » et hors de laquelle ma vie ressemblerait à une mort confuse quoique sans cesse remise en question.

Bien entendu, le lieu où vint en notre monde l’Enfant donné à la Vierge par le Père éternel importe indubitablement : en l’Histoire du Salut il n’est pas indifférent que ce soit en un lieu où demeure le souvenir intact du séjour de David, berger-roi connu, non comme l’« ancêtre » victorieux, mais bien plus comme le « père temporel » de ce « Fils du Père éternel descendu du Ciel » puisqu’en l’Écriture il est annoncé « Fils de David »… Et la foule, courant au-devant de Jésus assis sur un ânon, chantait la gloire du Messie en exaltant à nouveau ce « Fils de David » ainsi magnifié et à jamais…

Mais Moïse et Élie, devant Pierre, Jacques et Jean, laissaient transparaître sa divinité que proclamait alors et par l’évidence sa « Transfiguration ».

Il est utile que ces quelques précisions, des plus troublantes, me permettent de faire bloc entre l’heure de David qui ouvre les temps de la prophétie et celle de Jésus réfugié en l’Étable de Bethléem : comme si David tenait directement entre ses mains, avec Marie et Joseph, celui qui dans les Évangiles est considéré, reconnu comme le « Fils du Père ».

Cette nuit-là fut terrienne, certes, mais ô combien céleste ! Les bergers ont bien compris que la demeure de Dieu s’était soudainement entrouverte à leurs pieds, installée dans l’étable du bœuf et de l’âne, si étrangement promus gardiens de cette Nuit sans pareille : ce fut en déployant la splendeur de l’univers propre à son Royaume.

Le même univers s’est déchiré sous les envols des Anges musiciens, pourtant visiblement comme invisiblement restés au bord de l’humble paille d’or du berceau de l’Enfant.

Mais le Cardinal Carlo Maria Martini aurait pu, et à meilleur escient, se tourner avec plus d’évidence vers le Golgotha car le vrai berceau du Christ est sur l’immense Croix, dressée entre celles des deux larrons, l’un mauvais bougre, l’autre compatissant, ce point-culminant qui fait que Jésus mourant put contempler le monde jusqu’en ses confins des plus lointains afin d’enserrer en ses bras les multitudes assoiffées de son amour.

Je ne m’étonne point que notre Seigneur se soit montré à sainte Alpais comme à bien d’autres dans l’horreur de sa Passion et dans la splendeur très douce de son enfance comme plus tard à saint Antoine de Padou.


[1Traduction par moi tentée et que j’espère exacte.

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.