L’engagement pour le climat n’est pas subsidiaire

par Gérard Leclerc

vendredi 4 décembre 2015

La Conférence sur le climat, qui s’est tenue cette semaine à Paris, en présence de 147 chefs d’État et de gouvernement, permettra-t-elle d’accélérer une prise de conscience mondiale ainsi qu’une stratégie impérative pour la sauvegarde de la planète ? On peut et on doit l’espérer. Au moment même où se tenait cette conférence, la capitale de la Chine, Pékin, se trouvait paralysée par une pollution record, montrant à l’évidence aux climato-sceptiques que le problème des émissions de gaz à effet de serre est crucial et qu’il n’est plus possible d’échapper à une révision de nos modes de production et de nos modes de vie. Les Chinois eux-mêmes sont contraints d’admettre que leur modèle d’expansion économique est en crise, alors même que le formidable dynamisme de leur industrie les entraînerait à refuser des considérations modératrices.

L’Église catholique s’est pleinement engagée, à l’instar des autres confessions chrétiennes, en faveur de la mobilisation écologique. Récemment, on a même vu à Notre-Dame de Paris, Nicolas Hulot s’adresser à un auditoire de jeunes, lors de la messe de rentrée des étudiants de la région parisienne. Les initiatives se multiplient, à l’exemple du pape François dont l’encyclique Laudato si’ a marqué une date décisive pour une Église qui reconnaît désormais que l’avenir de la planète est partie intégrante de sa théologie de la Création et ne saurait donc être considérée comme un souci subalterne.

Le Christ rédempteur entraîne à sa suite toute l’humanité en quête de salut, mais aussi l’ensemble du cosmos qui a été créé dans le Verbe. Cet enjeu théologique apparaît d’autant plus pertinent aujourd’hui que les courants intellectuels qui se réclament de l’écologie sont souvent incertains dans leur approche de la place de l’homme dans la nature. Il y a même, chez certains, négation de l’anthropologie au nom de la loi de la nature. Certes, l’humanité peut être prédatrice, inconsciente des dommages qu’elle inflige à la Création. Mais ce n’est pas pour cela qu’elle doit être condamnée dans sa vocation propre. C’est sans doute l’occasion de redécouvrir l’œuvre du père Teilhard de Chardin, selon son génie propre, et non les désinences idéologiques qui en ont parfois altéré l’intention déterminante. Ce n’est pas le naturalisme matérialiste qui aidera à préserver l’univers dans son intégralité, mais la vision d’une Création dont le Christ révèle pleinement la splendeur cosmique, avant même qu’elle ne soit promise à la transfiguration de la résurrection.

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