L’anniversaire troublant d’une victoire stalinienne

par Denis Lensel

vendredi 8 mai 2015

En fêtant le 70ème anniversaire de la victoire militaire de l’URSS sur l’Allemagne nazie, en ce 8/9 mai 2015, Vladimir Poutine a rendu un hommage troublant à la mémoire pourtant discutable de Staline. Un Staline qui ne lésina pas sur le sacrifice des peuples dont il portait la responsabilité devant l’histoire, après avoir porté la responsabilité de la Grande Terreur de 1937 qui décima notamment les cadres de l’Armée Rouge pourtant utiles à la défense de son propre pays, puis la responsabilité des désastres militaires soviétiques de 1941.

Face à cet autre monstre politique qu’était Adolf Hitler, avec lequel lui, Staline, il avait pourtant initialement préparé le dépeçage de la Pologne catholique et la déstabilisation de toute l’Europe « capitaliste » et judéo-chrétienne honnie dans une haine commune à ces deux tyrans totalitaires, successivement complices d’août 1939 à juin 1941 puis adversaires jusqu’en avril 1945. Un Staline qui a semé ensuite des germes diaboliques de division au cœur de cette Europe dont il asservi des peuples entiers, utilisant de multiples complicités, jusque chez certains de ses anciens adversaires… Perversion et oppression, telle était la « libération » de ce prince du mensonge.

En Crimée, Poutine a inauguré une statue géante de Staline vainqueur du « partage du monde » de 1945 à Yalta, un Staline dominant un Roosevelt à peine sorti de ses illusions naïves et déjà mourant et un Churchill trop faible pour empêcher la mainmise communiste sur l’Europe de l’Est. Dans cette Crimée annexée l’an passé par le Kremlin après un référendum-éclair, les Tatars se sont vus privés brusquement de leur chaîne de télévision le mois dernier par une mesure arbitraire. Déportés en masse en 1944 par Staline après avoir été accusés de façon abusive de collaboration avec les nazis, les Tatars de Crimée, de nouveau admis dans leur pays sous la tutelle de l’Ukraine indépendante d’après 1991, sont à nouveau persécutés depuis l’annexion de la presqu’île par Moscou, et leurs représentants y sont interdits de séjour… L’ombre de Staline ?

En ce 70ème anniversaire du 8 mai 1945, Vladimir Poutine a omis délibérément de saluer nommément les dirigeants de l’Ukraine et de la Géorgie, comme si ces pays n’avaient pas été impliqués dans la « Grande guerre patriotique » entraînée par la nécessité de résister à un Hitler qui trahissait brusquement en juin 41 le Pacte germano-soviétique d’août 1939. En revanche, en signe de reconnaissance à l’égard de ces nouveaux vassaux de sa volonté de puissance, Poutine a salué les dirigeants de complaisance installés à la tête des deux « républiques populaires » séparatistes créées artificiellement en Géorgie en 2008, l’enclave d’Abkhazie et l’enclave d’Ossétie du Sud, qui barrent opportunément des voies d’approvisionnement énergétique à des pays étrangers à la Russie… Et en ce moment encore, en Ukraine, dans le Donbass, la guerre continue, une « guerre hybride », cruelle et cynique, téléguidée depuis la Russie, avec de trop nombreuses victimes civiles innocentes.

Il y a 70 ans, certes, et de cela on ne peut que se féliciter, le nazisme a été vaincu, à l’Est comme à l’Ouest, mais il l’a été par des peuples, et non certes pas toujours par leurs dirigeants, et encore moins par leurs régimes, parfois cruellement différents. En revanche, la volonté de puissance et l’instinct prédateur du matérialisme né de Hegel et de Marx, puis nourri de Lénine et de Staline, ces démons-là semblent hélas ne pas avoir été vaincus. Et si le communisme a semblé disparaître entre 1989 et les années 90, il apparaît tristement que de redoutables métastases nationalistes en sont issues, çà et là, derrière des discours de faux frères aptes à séduire ou à tromper.

Aujourd’hui, trop nombreux sont ceux qui cèdent au mensonge. Mais la liberté des peuples d’Europe et du monde reste un bien précieux qu’il importe de préserver. Sans exclusive mais sans naïveté, et sans faiblesse.

Denis LENSEL

Messages

  • Si vous avez regardé la manifestation sur la Place Rouge , vous auriez vu que rien ne rappelle Staline , mais bien plutôt la vaillance des peuples qui combattirent contre les forces de l’Axe. Rappeler la Georgie eût été rappeler Staline le géorgien ! Quant à l’Ukraine, le rôle ambigüe que jouèrent les parties occidentales ,acclamant les allemands (elles déchantèrent vite), Mais cela explique aussi la situation aujourd’hui en Ukraine, car le Donbass s’est battu férocement contre les nazis (Karkhov a été prise et reprise 3 fois) et il n’est que de voir les cimetières militaires de cette région pour comprendre.
    La victoire ne fut pas stalinienne , aussi votre titre me parait ambigu, tout comme la propagande effrénée anti-russe actuelle.

  • Voici la lettre que j’ai adressée ce matin à des amis franco-russes et j’adresse à tous ceux qui vivent entre France et Russie.

    Chers amis,

    Je regarde ce matin sur RT les images du grandiose défilé des 70 ans de la victoire sur le nazisme. Pas de doute, les défilés sur la Place rouge ont "de la gueule"...Peut-être les plus beaux défilés du monde (avec ceux du 14 juillet sur les Champs-Elysées !).

    Plus sérieusement, je pense à vous en me disant que ce jour est peut-être vécu chez vous avec des sentiments mêlés...Je ne doute pas que vous aimez profondément la Russie et que vous devez éprouver joie et fierté de voir que la Russie se redresse. Pas assez vite et pas toujours comme on le voudrait, mais elle se redresse. Qui en prendrait ombrage ?

    Mais puisque la France a l’honneur et la chance de vous compter parmi ses citoyens, vous et vos enfants, vous devez sans doute constater aussi que cette joie et cette fierté russes ne rayonnent pas jusqu’ici et que la désapprobation, l’inquiétude ou au moins l’interrogation sur ce qui se passe entre l’Ukraine et la Russie gâchent la fête : aucun représentant européen ou presque dans la tribune officielle...Malaise, gêne.

    Je ne peux me contenter d’un silence sur ce malaise et cette gêne, du moins avec vous, chers amis...

    J’espère que vous êtes sûrs de mon amitié et de l’attachement que je porte à la Russie et à son bien, qui ne se confond pas nécessairement avec les intérêts du régime politique actuel contrairement à une idée puissamment véhiculée dans les médias russes. C’est donc à titre amical que je vous livre cette petite réflexion.

    Je suis comme vous triste d’une grande célébration gâchée mais je voudrais réagir à cette tristesse par une parole d’espérance :

    - j’espère que, lors d’un prochain anniversaire historique ( 2025 ?), tous les peuples de l’Union soviétique qui ont été enrôlés dans l’armée rouge pourront être associés par la Russie à la célébration de la grande victoire de 1945, à commencer par l’Ukraine. Ceci afin que la Russie ne procède pas à une "captation d’héritage" comme c’est le cas aujourd’hui, mais qu’au contraire, la célébration de ce glorieux passé soit mise à profit pour consolider les liens qui continueront d’exister entre tous ces peuples. A cet égard, je n’ose pas imaginer que les Ukrainiens et les Russes puissent se regarder comme des peuples ennemis alors qu’ils ont et auront toujours tant en commun, ne serait-ce que le patrimoine si riche de la culture russe depuis la fondation de la Rus de Kiev ;

    - j’espère que, lors de ce prochain anniversaire historique, la Russie, Etat successeur de l’URSS, sera capable de reconnaître que la libération du nazisme n’a pas été suivie d’une vraie libération des peuples mais d’une nouvelle oppression qui a duré en fait bien plus longtemps que l’occupation de l’Europe centrale et de l’est par les armées de Hitler, jusqu’en 1989-1990 ;

    - j’espère que, d’ici là, la Russie et l’Ukraine seront parvenues à mettre fin à un conflit absurde et destructeur, d’une façon qui préserve les intérêts des deux pays ; un accord qui d’ailleurs ne passe pas nécessairement par un retour de la Crimée à l’Ukraine, à mon avis.

    - j’espère enfin que, sur la Place Rouge, tout ce que l’Europe démocratique compte de dirigeants se donnera rendez-vous pour manifester son estime, son amitié et sa solidarité avec la Russie. Une Russie, puissante, prospère, démocratique, respectée et non pas crainte, acteur essentiel de la stabilité de l’Europe. Car je ne doute pas que la Russie "habite notre avenir" et que son concours sera indispensable à la paix et à la sécurité en Europe mais aussi ailleurs et d’abord en Asie centrale et au Proche-Orient.

    Je vous charge, si vous le voulez bien, d’expliquer à vos amis russes qui ne connaissent pas la France et l’Europe comme vous, et qui s’interrogent sur nos réactions, comment un Français conçoit une vraie fête de la paix en Europe. Vous êtes,vous et vos enfants, nos meilleurs ambassadeurs de France en Russie !

    Dans cet esprit, chers amis russes et tout autant français, je vous souhaite une très bonne fête de la paix retrouvée !

  • Peu de choses qui ne soient pas inexactes ou exagérées dans cet article. Un seul exemple : l’inauguration par V. Putin d’une statue de J. Staline en Crimée. En réalité, il s’agit d’une sculpture représentant les trois grands négociateurs de la conférence de Yalta, immortalisés par l’une des plus célèbres photographies au monde. Reprenant la scène alors photographiée, achevée depuis longtemps mais jamais installée par le gouvernement ukrainien, enfin mise en place au début de cette année, cette sculpture n’a jamais été inaugurée par V. Putin.

  • "Les Français savent ce qu’a fait pour eux la Russie soviétique et ils savent que c’est elle qui a joué le rôle principal dans leur libération" (Charles de Gaulle à J. Staline, le 02 décembre 1944).

    (message du 6 mai 13:49 de Hervé de Tréglodé).

  • Avis partagé avec @gaetan ribault
    C’est un chapitre important de la propagande anti-Poutine de tout faire pour l’assimiler à Staline. Poutine est assez instruit et astucieux pour ne pas réinstaller ce sordide personnage, premier tueur de masse du XXème siècle. Mais il est en même temps difficile de célébrer ce 70ème anniversaire sans en parler … Exercice d’équilibriste. Le tribut payé par les Soviétiques, civils et militaires, fut 10.000 tués par jour pendant 4 ans. Quant aux invités, l’Indien plus le Chinois pèsent 2,5 milliards d’habitants de notre vieille Terre. On s’y arrête. Comme l’a écrit Sapir, l’attitude du Français fut pitoyable. Hélas, rien ne s’oublie dans ce domaine. La conférence de Postdam de fin Juillet 1945 démontrait que le président américain s’appelle Roosevelt, Truman ou Tartanpion n’avait que peu d’importance ...

    • Faure, il faut savoir faire un usage intelligent des statistiques.

      - "le tribut payé par les Soviétiques, civils et militaires, fut 10.000 tués par jour pendant 4 ans."

      Oui, le tribut payé...tout ça pour se retrouver en esclavage 50 ans de plus. Lourd tribut...

      - "quant aux invités, l’Indien plus le Chinois pèsent 2,5 milliards d’habitants de notre vieille Terre."

      Faure, c’est bien la peine de hurler contre l’impérialisme américain pour abdiquer ainsi sottement du peu de son intelligence personnelle devant ce "panurgisme des masses"...

      Mais les dictateurs passent leur temps à être acclamés par des millions de gens ! Et les résistants sont toujours minoritaires à l’origine...

      Il y a plus de moutons en Nouvelle-Zélande que de Néo-Zélandais et ce sont les Néo-Zélandais qui gouvernent encore, jusqu’à nouvel ordre...

      Sortez-vous du "Mainstream" chinois pendant qu’il est encore temps...

  • Un article qui converge avec l’analyse de FC, remarquablement écrit et motivé.

    Les Allemands ont perdu la guerre et gagné la paix.

    Les Russes ont du mal à comprendre que l’URSS a gagné la guerre et perdu la paix au point de se perdre elle-même.

    Et ils ont encore plus de mal à admettre que la Russie de Poutine ne prend pas nécessairement la direction qui lui permettrait de remonter la pente...

    Que les Russes aient du mal à le comprendre, on peut leur trouver des circonstances atténuantes, mais des Français...

    http://www.nytimes.com/2015/05/09/opinion/mikhail-shishkin-how-russians-lost-the-war.html?_r=0

  • Même le très otanophile "Le Monde" reconnaît que « les Russes ont raison de pointer la manière dont les Occidentaux, notamment les Européens, sous-estiment trop souvent le rôle de l’Armée rouge dans la victoire sur les nazis ».

  • Je réponds _ avant - d’avoir lu les commentaires ci-dessus déjà envoyés sur cet article de Denis Lensel.

    Je souscris à l’analyse de D. Lensel sur cet anniversaire de la victoire de 1945 célébré de manière ambiguë par le régime de Poutine.

    Ceci bien compris, il y a cette constatation : dans une quelconque expérience, s’il y a de l’ambiguïté au départ, on la retrouvera nécessairement par la suite ou à l’arrivée.
    C’est très exactement le cas de la victoire de 1945 et des "alliances" contre nature qui l’ont précédé.

    L’alliance entre les Alliés occidentaux et l’Union soviétique (en plus celle de Staline) comporte une ambiguïté, un trouble, un non assainissement dans la situation qui en découle, même après 70 ans !
    Je le dis toujours : l’histoire doit servir et ne pas encombrer.
    Et ce qui encombre, c’est la marque soviéto-communiste mondialiste inscrite dans les rapports de force du monde contemporain, plus exactement du monde euro-asiatique.

    Le, ou les peuples russes, furent martyrisés par une dictature, ici communiste, dont il ne faut jamais oublier que cette dictature découla directement de la révolution bolchévique de 1917. Cette révolution fut aidée décisivement par des financements venant de l’Ouest étant idéologiquement liées au projet socialo-communiste, ceci est documenté.

    Mais le ou les peuples russes ne fut pas impliqués dans l’origine de cette révolution. Ils il y furent plongés et durent la subir comme ils subissaient jadis le pouvoir des tsars.
    Et maintenant, "il faut" se débrouiller avec cet héritage empoisonné. C’est à dire qu’il faut laisser cet héritage se décanter naturellement, mais ce problème existerait avec n’importe quel autre régime politique russe, avec ou sans Poutine. Ce dernier doit compter avec le sentiment national russe que Poutine ne veut pas neutraliser ainsi qu’on l’a fait en Occident en le remplaçant par -rien-, sauf par le marché, ce faux dieu qu’on a rendu déterminant pour le triomphe de l’usure.
    S’agissant ici de la Russie, on peut simplement espérer qu’il s’agit là d’un ’traitement’ politique et social strictement russe, sans plus. Car les liens de la Russie et de l’Ukraine sont organiques et, j’insiste, ne concernent pas les Occidentaux. Leurs intrigues risquent de leur revenir en pleine figure.

    Les Occidentaux portent en Ukraine la responsabilité la plus lourde et la plus grave. Il serait bien de le rappeler dans un article dont celui-ci.

    C’est à ce sujet que je demanderais à Denis Lensel qu’il veuille bien prendre en compte le poids décisif des manœuvres et intrigues occidentales, tous ’alliés confondus’ : USA (dont l’OTAN évidemment), Angleterre, et le domestique de service qu’est cette "Europe" de Bruxelles "gardée" par l’Allemagne. Cette "Europe" littéralement truffée d’installations et de bases américaines (d’abord en Allemagne).
    Ceci confirme cet état de vassalisation entière de la dite "Europe" vis à vis du complexe militaro-industriel US pourtant déjà dénoncé il y a quelques 60 ans par le président Einsenower lui-même et dont, c’est à peu près certain, le président J.F. Kennedy fut victime ainsi que pas mal d’autres personnes moins connues. Toutes choses égales par ailleurs, la Russie, comme quiconque, a parfaitement le droit de ne pas "marcher avec cette alliance mondialiste" laquelle, selon ses critères, exige de ne pas avoir de contestation en face d’elle car elle se considère comme le parangon du droit et de la vertu (!) et, contrôlant l’essentiel des média, prétend contrôler les opinions dans le monde...

    D’autre part, l’on constate vraiment que ce pouvoir mondialiste sème des fruits poisons —antichrétiens—, c’est même ce qui le caractérise le plus. Sur le long terme (délai commencé il y a des décennies) ce système mondialiste sous influences anglo-américaine souffle sur les braises historiques et du 20ème siècle pour détruire les civilisations et les religions qui le gênent, en tout premier lieu, la religion chrétienne, exactement la religion catholique et orthodoxe. L’éradication des chrétiens au Moyen-Orient élargi parle d’elle-même. Mais les causes réelles sont difficiles à observer vu que les média interviennent et surveillent sans cesse les opinions pour les désinformer, au mieux ne donner que des demi-vérités qui les arrangent, et surtout pas l’autre moitié des informations toujours manquantes... Mais celles-ci débordent de plus en plus...

    - Vous les reconnaîtrez à leurs fruits- disent les Évangiles. Et bien c’est ce que nous constatons, à nos frais, en creux et par défaut. Des fruits frelatés et empoisonnés mais ô combien réels, dans plusieurs domaines incontournables spirituels et matériels où, pourtant dans un monde d’abondance, cette abondance est -sélectionnée- sans appel. Pourquoi ?
    La tragédie de l’émigration au Sud de la Méditerranée parle d’elle-même. Entre mille autres raisons, les Africains (j’en connais beaucoup et j’ai aussi beaucoup d’amis parmi eux, ne maîtrisent past le prix de ce qu’ils vendent, d’ailleurs ce sont des prix sur leurs produits qui ne sont jamais déterminés par eux... Tant et tant d’Africains doivent chercher, et dans les pires conditions, à venir chez le système qui les vole pour avoir à manger... ainsi que tant et tant d’autres constatations qui n’auraient pas lieu d’être ici et là dans un monde dit d’abondance.

    Le "système occidental" est aujourd’hui aux abois, mais il est et reste extrêmement dangereux pour le monde entier. La puissance déclinante des États-Unis qui, ne l’oublions jamais, reste sous "hypothèque" du complexe militaro-industriel américain, ne va pas lâcher prise sans avoir des réactions les plus risquées pour le monde entier...

    Il serait très sain que les chrétiens, et leurs porte-parole des moyens d’information chrétiens, relèvent les options antichrétiennes pratiquées par le "système d’alliance" occidentale, donc essentiellement anglo-américain.

    En effet, l’on constate depuis bien longtemps, très péniblement, cette attitude et ces réflexes chrétiens, très répandus dans les média chrétiens, de n’avoir que peu de critiques et d’analyses des causes vis à vis de ce qui vient du monde occidental, spécialement d’Angleterre et des États-Unis. Ce sont des pays où il y a certes des personnes excellentes (j’y ai des amis) d’ailleurs comme en tous pays du monde, mais dont le système politique social et économique est devenu un très mauvais modèle, un modèle nocif, et même toxique. D’ailleurs c’est aussi et surtout une façon qu’a la pensée protestante de s’infiltrer partout et de servir des intérêts décisifs qui n’ont rien de chrétiens...

  • Formé des alliés des États-Unis, principalement constitué des anciennes colonies blanches de l’Angleterre, des pays de l’Union européenne et du Japon avec son voisin coréen (son ancienne colonie), l’Occident, en tant qu’organe politique, s’accroche à des valeurs d’éthique qui l’isolent de plus en plus.Trop souvent orgueilleux, intolérant, égoïste, avare, belliqueux et cruel, il peine à comprendre que sa gloire se ternit décennie après décennie. Quoique immense, sa puissance économique et militaire n’est plus sans égal. Pour beaucoup, son bras armé, l’Otan, a perdu ce qui lui restait de légitimité dans les bombardements d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, du Pakistan et du Yémen. Les milliards d’hommes et de femmes en tous continents ont faim de respect et d’équité, plus encore que de pain ou de riz. Les lois qui régissent le conseil de sécurité de l’ONU comme celles qui gouvernent la Cour pénale internationale ou la finance internationale, par exemple, leur démontrent que l’éthique occidentale ne peut plus guider le monde ; l’Occident politique, assurent-ils, a dénaturé le beau mot de démocratie. Certes, nul n’ignore que la France et l’Allemagne, par leur bon sens et leur vieille sagesse, freinent ou arrêtent souvent la brutalité américaine ; ainsi en va-t-il de la protection de l’environnement.
    L’Occident politique ne doit pas s’isoler dans sa tour d’ivoire. Son entêtement peut prêter à sourire quand il réécrit l’histoire de la deuxième guerre mondiale. Mais, solitaire, le vieux lion serait dangereux pour la paix du monde. Voilà pourquoi des forums comme celui-ci sont si importants, afin que la vérité triomphe de la propagande. Car, fruit à la fois du cœur et de la raison, la vérité, je le crois dur comme fer, est la seule source du progrès moral de l’humanité. Si l’Occident pacifique regarde un jour le monde avec clairvoyance et générosité, dans dix ans ou dans vingt ans, beaucoup d’entre nous ici pourrons dire : nous n’avons pas plaidé en vain.

  • Je regarderai les commentaires plus tard. Je tiens seulement à indiquer mon désaccord avec la vision (*) partiale et injuste de Denis Lensel en ce qui concerne la (grave) crise ukrainienne.

    « dans le Donbass, la guerre continue, une « guerre hybride », cruelle et cynique, téléguidée depuis la Russie  »

    Non, monsieur Lensel, cette guerre n’est pas « téléguidée depuis la Russie ». L’honnêteté journaliste imposerait de reconnaître que cette guerre - en fait, une opération punitive dite anti-terroristes (ATO) - a démarré à l’initiative du gouvernement de Kiev. Gouvernement responsable au premier chef des exactions criminelles commises contre cette partie de son peuple qui a refusé de se soumettre à la loi de Maïdan.

    Si effectivement la Russie a été entraînée malgré elle a être partie prenante au conflit (notamment dans les différents accords de paix), il apparaît assez clairement que ce sont les puissance occidentales de l’OTAN qui sont derrière le gouvernement de Kiev (conseillers militaires, logistique, armement mécanisé, équipements, encadrement et mercenaires,...). Le téléguidage n’est pas là où l’affirme Denis Lensel.

    L’on peut en effet déplorer « de trop nombreuses victimes civiles innocentes » ; mais celles-ci sont exclusivement dans le Donbass et l’on peut difficilement les imputer à la Russie. Laquelle est la seule à fournir une aide humanitaire consistante à toutes ces populations qui sont parfaitement démunies de tout à la suite des bombardements, exactions et sanctions économiques commises par la Junte de Kiev à leur encontre.

    * décidément persistante...

  • Une telle accumulation d’inexactitudes, d’erreurs factuelles, d’inventions et d’oublis est troublante. Cela ressemble à un décongelé (raté) de guerre froide.
    Vous souvenez-vous avant d’écrire que vous êtes journaliste ?

    • Bien d’accord avec les différentes interventions de Tréglodé, celle de Renaud - qui clarifie bien (malgré sa lassitude de devoir se répéter) un certain nombre de points importants et celle de Faure, sans oublier Perret.

      Oui, dans le concert ambiant de désinformation massive et de volonté d’anéantissement de toute pensée autonome il reste nécessaire de faire entendre une voix discordante et de ne pas s’associer au déshonneur collectif du mensonge.

      Nous avions le sentiment d’être un peuple libre. Pourtant, il est de plus en plus visible que nous entrons dans un servage subtil (la Consommation n’étant pas le moindre des agents de perversion de la liberté...).

      Une seule (double) intervention reste fidèle à elle-même. Rien d’inattendu.

  • Très troublant en effet, mais nous ne parlons pas des mêmes troubles ...
    Un de ces pieds de nez dont l’Histoire est coutumière. La une du Financial Times du lundi 11 Mai dernier est barrée d’une belle photo : celle de mme Merkel la veille, déposant une gerbe de roses rouges au Monument du Soldat Inconnu au Kremlin. Et le commentaire qui accompagne : « elle fut le seul chef d’Etat européen à se rendre à Moscou pour le 70ème anniversaire de la capitulation de l’Allemagne Nazie. Et à l’issue, entretien avec Vladimir Poutine … ».
    Lourds symboles ignorés par la presse française, et bien loin de cet article consternant relai de la propagande la plus moisie. Et nous ne lisons pas @pouzoulet pour suivre et comprendre les nouvelles lignes de force en Europe centrale et en Eurasie …

    • Oui, c’est à cela qu’on mesure la stature des chefs d’Etats. Merkel fait preuve de beaucoup plus d’intelligence politique que son homologue de ce côté ci du Rhin. Pourtant l’Allemagne était déjà lourdement américanisée alors que la France du Général faisait encore résonner fort sa voix souveraine dans le concert des nations des vainqueurs.

      Depuis, il semblerait que le chemin inverse se soit produit. Une grande accélération a été donnée par Iznogoud-Sarkozy s’empressant de livrer les clefs de la Défense française à l’Otan, toute allégeance faite au grand suzerain américain... Hollande a continué le coup de rein.

      Tandis que l’Allemagne joue habilement des rivalités internationales et des tutelles, qu’elle mène sa politique comme elle l’entend et dans son propre intérêt, la France hollandiste ressemble de plus en plus à un chenil de caniches nains sélectionnés pour leur aptitude à faire des pirouettes au sifflet des maîtres de Washington et à faire dans le caniveau quand l’hymne national retentit...

      Nous sommes dans une sorte de mélange de république bananière (dotée de l’arme nucléaire !) et de résidu de troisième république.
      Certes, face à des géants comme la Chine, les USA et la Russie, la France peut difficilement rivaliser et encore moins prétendre à la première place. Nous ne sommes plus à l’époque de la gloire et de la suprématie du royaume du roi soleil.
      Pour autant rien ne prédestinait notre pays à un tel abandon de souveraineté, à une servitude aussi librement consentie, à d’aussi médiocres visées.
      Il est vrai que les partis, dont De Gaulle avait cru un instant pouvoir s’affranchir, et leurs minables magouilles se sont durablement emparés des rênes du pouvoir (souvent au profit d’oligarchies douteuses, et avec leur complicité).

      Qui pourrait faire comprendre à ces petits épiciers retors de la politique que les intérêts de la France commandent de nouer avec Moscou des relations autres que cette attitude imbécile et serve d’esclaves de Washington ? Qui, en France, va être enfin capable de passer outre les menaces du gendarme de la planète ?

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