Traduit par Bernadette Cosyn

L’affaire de la peine capitale

Par le père C. John McCloskey

jeudi 19 mars 2015

Un groupe d’éditeurs catholiques a récemment publié une déclaration commune réclamant la suppression de la peine capitale. J’ai un grand respect pour eux, sans exception - j’ai écrit pour chacun d’entre eux à un moment ou un autre. Je ne suis cependant pas d’accord avec eux sur ce point. Et il pourrait être bon que je donne les éléments qui expliquent ma prise de position, partagée par d’autres.

Le plus important, c’est que le magistère de l’Église Catholique n’a jamais prôné la suppression de la peine de mort. Les évêques des États-Unis ont reconnu que la doctrine catholique a accepté le principe que l’État a le droit de de prendre la vie d’une personne coupable d’un crime d’une exceptionnelle gravité. Même le regretté cardinal Joseph Bernardin – à peine un conservateur – n’a jamais spécifié que chaque criminel avait le droit de continuer à vivre, et il n’a pas non plus dénié à l’État le droit, dans certains cas, d’exécuter le coupable. Jean-Paul II, bien qu’opposé à de nombreuses applications de la peine de mort, pensait de même.

Écoutons ce que dit Saint Augustin sur ce sujet : « ...il y a des exceptions que l’autorité divine a autorisées à sa propre loi interdisant de tuer des hommes. Ces exceptions sont de deux sortes et se justifient soit par une loi générale, soit par une mission spéciale confiée pour un temps à un individu. Dans ce dernier cas, celui à qui on délègue l’autorité, et qui est comme l’épée de celui qui le commande, n’est pas responsable de la mort qu’il procure. Et de la même façon, ceux qui font la guerre par obéissance au commandement divin ou en conformité à ses lois représentent la justice publique ou la sagesse du gouvernement ; dans ce rôle, ils mettent à mort des gens foncièrement mauvais ; ils n’ont en aucune manière contrevenu au commandement ’tu ne tueras point’ »(La cité de Dieu)

Augustin dit aussi que la peine capitale protège ceux qui l’encourent de pécher plus encore, ce qui risquerait d’arriver si leur vie se prolongeait.

Si cela ne suffit pas, considérez les pensées de Saint Thomas d’Aquin, le docteur angélique, sur ce thème. Citant l’Exode (chap 22) qui spécifie que certaines catégories de malfaiteurs ne seront pas autorisées à vivre, Thomas d’Aquin déclare sans ambiguïté que les législateurs civils peuvent mettre à mort en toute justice pour assurer la paix de l’État. Il trouve frivole l’argument qu’il faudrait conserver la vie aux meurtriers en espérant leur repentance, demandant combien d’innocents devraient mourir en attendant que les coupables se repentent. Alors que la peine capitale n’est pas justifiable comme acte de vengeance, selon Thomas d’Aquin elle se justifie pour améliorer la sécurité de la communauté en éliminant un dangereux malfaiteur et en dissuadant par l’exemple d’autres de faire de même ; c’est de plus un acte de justice, permettant l’expiation du péché du malfaiteur.

Saint Paul, dans son audition par Festus, déclare : « si j’étais un malfaiteur et si j’avais commis un acte méritant la mort, je n’essaierais pas d’y échapper. » (Actes 25:11). Très clairement, cela constitue de la part de l’apôtre des gentils une reconnaissance que l’État a droit de vie et de mort dans l’administration de la justice. Et quand nous rencontrons Paul pour la première fois (il s’appelle alors Saul), il participe à la lapidation d’Étienne pour blasphème.

Le pape Pie XII disait : « Dans le cas de la peine de mort, l’État ne dispose pas du droit de vie et de mort sur l’individu. L’autorité publique se limite plutôt à priver le coupable d’un bien qui est la vie en expiation de sa faute après qu’il se soit, par son crime, privé lui-même de son propre droit à la vie. »

Le catéchisme du concile de Trente, composé sous la conduite de Saint Charles Borromée, déclare : « Bien loin d’être coupable de violer ce commandement [Tu ne tueras pas], une telle exécution de justice est précisément un acte d’obéissance à cette loi. Car le but de la loi est de protéger et favoriser la vie humaine. Ce but est atteint quand l’autorité légitime de l’État s’exerce en prenant les vies coupables de ceux qui ont pris des vies innocentes. »

Aucun des personnages cités ci-dessus n’était sanguinaire. Tous auraient probablement été d’accord avec plusieurs papes modernes pour dire qu’il faut être très prudent, dans les conditions contemporaines, dans l’application de la peine de mort. Mais il est douteux qu’ils aient soutenu son abolition.

De fait, pour tout fils et fille de Dieu, c’est une grande grâce de connaître l’heure de sa propre mort, et cela nous donne l’opportunité de se mettre en règle avec Dieu qui nous jugera à notre mort. Beaucoup de gens ont peut-être été sauvé de cette façon grâce à la peine de mort. Qui sait ce qui serait arrivé si on leur avait permis de vivre plus longtemps et peut-être de tuer d’autres personnes ?

Et il y a les autres effets inattendus. Frank Sheed, le grand évangéliste catholique converti, a écrit un livre intitulé The Map of Life (La carte de la vie). Dans une édition de ce livre, il a ajouté l’histoire d’un homme condamné à mort. Après avoir lu le livre de Sheed, cet homme lui a écrit que, si ce qu’il disait dans ce livre du ciel et du pardon des péchés était vrai, alors il préférait être exécuté, bien que l’État lui ait proposé d’être gracié, car alors il irait au ciel comme converti catholique.


Le père C. John McCloskey, historien de l’Église et chercheur à l’institut Foi & Raison, écrit depuis Menlo Park.

Source : http://www.thecatholicthing.org/2015/03/16/the-traditional-case-for-capital-punishment/

Messages

  • Le Nouveau Testament est clair. Ni dans sa lettre ni dans son esprit, il ne prescrit la possible condamnation à mort d’un être humain. Bien plus, il commande de ne pas juger autrui ; il ordonne de ne combattre que le mal, en distinguant toujours péché et pécheur. Que des docteurs de l’Église, comme Augustin d’Hippone, aient affirmé le contraire ne change rien à cette vérité : le Nouveau Testament est un hymne à l’amour illimité et à la non-violence absolue.

    Sur la peine de mort, après deux millénaires d’hésitations et d’arguties, l’Église catholique s’est prononcée nettement pour l’abolition universelle de la peine de mort. Le 2 novembre 1999, l’Observateur permanent du Saint Siège a déclaré à l’ONU :
    "[...] toute personne dont la vie prend fin dans une chambre à gaz, par pendaison, par une piqûre létale ou par un peloton d’exécution, est l’une d’entre nous : une personne humaine, un frère ou une sœur, aussi cruelles et inhumaines que puissent apparaître ses actions."

    Certes, on peut imaginer des circonstances rarissimes où l’on est bien obligé de tuer un homme ou une femme, par exemple s’il est sur le point de tuer et que rien ne peut arrêter son bras sauf la mort. Dans l’année écoulée, tâchant de me remémorer la longue liste des homicides rapportés chaque jour ou presque par les médias, je suis personnellement incapable de trouver une seule affaire où le meurtre était inévitable. Par exemple, les opérations du Raid et du GIGN se fondent d’abord sur la négociation ; or, policiers et gendarmes répètent à l’envi que les discussions finissent presque toujours sans la mort des criminels... si tant est qu’on laisse les négociateurs-psychologues travailler librement.

    La guerre peut être aussi évitée le plus souvent. Rêvons que tout homme politique ou tout philosophe appelant à la guerre soit tenu, ainsi que toute sa famille, et quel que soit son âge et son sexe, de participer aux combats comme démineur et dépiégeur... Je suis sûr qu’une telle mesure permettrait de propager bien plus vite les idées de M. K. Gandhi, Martin L. King et N. Mandela... ! John McCain ne rejoindrait-il pas prudemment leurs disciples plutôt que de partir dès demain pour Alep ou Donetsk... ?

  • Merci à Bernadette Cosyn pour cette traduction.
    Sujet rebattu, et toujours sur le bureau. Le respectable père C. John McCloskey nous livre une justification que je qualifierais d’irrecevable pour appliquer la peine de mort. Sur fond de textes des Écritures.
    Un de mes livres de chevet est « L’Europe et l’histoire de ses peuples » , ouvrage supervisé par le regretté Jean-Baptiste DUROSELLE. On y lit P.349 (chez Perrin, Pluriel), qu’une évolution fondamentale du 18ème siècle fut l’apparition de la tolérance et de la pitié.
    La position du père McCloskey est emblématique de la violence chronique de la société américaine. Un manichéisme quasi bestial fixe où est le Bien et où est le Mal. Consubstantiel de la prédestination selon Calvin. Un grand journaliste britannique aujourd’hui disparu, Edward Behr, avait écrit en 1996 « Une Amérique qui fait peur ». Les rapports au sein de la société y sont d’une extrême brutalité. On n’en a pas idée quand on n’y a pas vécu. La pitié y est inconnue, et n’a pas traversé l’Atlantique. Ni le discours du député Victor Hugo à la Chambre, contre la peine de mort.
    Il me revient deux évènements vécus. Un entretien avec une mère de famille de mes amies, jurée dans un procès d’assises, pour juger l’horreur absolue, meurtre d’un enfant sans raison avec tortures et viols. Elle m’a expliqué pourquoi elle n’avait pas voté la mort, parce que toute décision de justice est passible de l’ERREUR JUDICIAIRE. L’argument m’a convaincu, purement technique mais d’une extrême gravité. Peu de temps après je regardai un reportage sur Planète (de mémoire), consacré aux condamnés à mort aux USA, ayant échappé à l’issue fatale, parce que des opposants acharnés avaient refait les enquêtes avec des moyens scientifiques modernes d’investigations, disculpant les condamnés sans l’ombre d’un doute. Autour de 80 au total. Dernier exemple, dans un autre reportage sur la tristement célèbre prison de Huntsville au Texas, entretien avec le pasteur protestant de l’établissement. Expliquant sans baisser les yeux que sa mission n’avait rien de divine, et que selon lui les condamnés à mort méritaient leur sort … Charité chrétienne quand tu nous tiens !

    • Article et commentaires intéressants. Sans aucune intention de commenter les preuves et justifications avancées dans l’article, je prends la liberté de "vulgariser", si j’ose dire, le sujet en me demandant si le père C. John McCloskey a vu le film "Twelve angry men" (Douze hommes en colère) de Sidney Lumet (1956-57 sauf erreur). On en sort avec le besoin de respirer une bouffée d’air pur après avoir été cloisonné, pendant près d’1 heure et demie, avec les jurés dans une pièce fermée à clé. Personnellement je pense que c’est un film digne d’intérêt et j’ignore si le réalisateur était catholique, mais je ne le pense pas.

      Plus près de nous, "Dean man" (La dernière marche) d’après le "vécu" de Sister Helen Préjean qui a accompagné toutes les étapes du film réalisé par Tim Robbins. Inutile de mentionner les remarquables interprétations des acteurs de ce film aussi bien que de celui mentionné plus haut.

      Surtout ne pas voir dans ce message une intention quelconque "d’opposer" des films aux oeuvres de docteurs de l’Eglise ou à la position de tel ou tel pape.
      On aura compris que c’est une simple suggestion pour démontrer, entre autres, ce qui se passait et se passe encore dans certains Etats de nos amis US.

      En tous cas, sujet digne d’intérêt et le débat est ouvert.

    • P.S. Corrigendum : Faute de frappe sur le titre du film réalisé par Tim Robbins, lire : "Dead man walking" (La dernière marche).

      Du coup on pourrait ajouter sans se tromper, je pense, que l’acteur Sean Penn qui tenait le rôle du condamné à mort a commencé à être connu.

      Merci.

  • La peine de mort est un sujet inépuisable et quasi insoluble .
    Personnellement j’aurais un mal fou à la prononcer comme juré, du moins pour un simple crime , même crapuleux, mais je pense que dans certains cas exceptionnels elle peut au moins exister, préexister, faire savoir qu’on la mérite et être appliquée. Je pense à un terroriste sanglant ou à certains crimes atroces, à répétition . où il n’y a pas de possibilité d’erreurs judiciaires .
    En refuser le principe , non l’application abusive, revient à délégitimer en fin de course celui qui abat un terroriste en action ou un psychopathe qui se venge sur pour un lycée de ses frustrations, où une femme qui se défend de son violeur, bref toute légitime défense .
    Je pense que Fourniret la méritait et d’autres du même genre et il est plus que sûr qu’elle aurait pu avoir une valeur dissuasive pour ce genre de criminels, n’en déplaise à ses adversaires acharnés ; .
    Attention à la fausse compassion. Tolstoï est aussi responsable de fleuves de sang disent les Russes mourant au Goulag ou exécutés par le doux régime bolchévique, parce qu’il a délégitimé par avance toute autorité. et toute institution. (la peine de mort avait été abolie en Russie tsariste pour les crime non politique,cela n’a en rien adouci les " Possédés" ) Enfin l’argument de l’erreur judiciaire n’est pas définitif Il y a aussi des erreurs médicales, qui nous conduisent à la mort , mais on continue à se soigner , à se faire opérer etc. ;
    En conclusion je penche pour une peine de mort comme dernier recours à appliquer très rarement corrigée par la grâce, celle qu’on accorde au condamné ou celle qu’il retrouve
    Maintenant je respecte tout à fait la position d’Albert Camus qui est viscéralement contre la peine de mort suite au récit qu’en a fait son père pour un assassin sordide et la méritant. Son argumentation et son témoignage est impressionnants. . Mais parfois les adversaires de la peine de mort sont un peu trop sûrs d’eux, catégoriques, et véhéments contre ceux qui pensent qu’elle a encore un sens, ensuite que notre république tire sa fondation et sa légitimité de la peine de mort appliquée au Roi et à tant d’autres et que cette légitimité n’a été désavoué d’ailleurs que par le très honnête Albert Camus, logique avec lui-même . J’aimerais que ses adversaires chrétiens aient la même rigueur et en tirent les conséquences sur notre régime et sa pierre sacrée fondatrice !

  • ci-dessous un texte sur la valeur expiatoire de la peine de mort : Guillaume Bernard, maître de conférence à l’Institut catholique d’Etudes supérieures :

    "L’Église n’a cessé de condamner l’homicide de l’innocent et du juste (Ex 23, 7). C’est pour cela qu’elle milite avec obstination contre l’avortement. Mais alors, pourquoi, tout en considérant qu’elle doit être utilisée avec prudence, ne s’oppose-t-elle pas au recours, par le pouvoir temporel, à la peine de mort dans les cas d’une grande gravité (Catéchisme de l’Église catholique, 1992, n. 2266) ? La question de la peine de mort s’intègre dans le cadre plus large de la légitime défense (saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIa, IIae, qu. 64, art. 7). Le commandement de ne pas tuer (Ex 20, 13 ; Dt 5, 17) a une valeur absolue quand il se réfère à une personne innocente, en particulier lorsqu’elle est faible et sans défense ; il s’applique corrélativement avec l’exhortation d’aimer son prochain comme soi-même. La légitime défense – qui est un devoir (Jean-Paul II, Evangelium vitae, 1995, nn. 27, 55 et 57) – ainsi que la sanction pénale ne constituent donc pas une exception à l’interdiction du meurtre puisqu’elles visent non un innocent mais un coupable et que la mise à mort n’est pas le but explicitement recherché mais, simplement, un inéluctable effet (Catéchisme, n. 2263).
    La sanction, dont la peine de mort, peut avoir une portée utilitaire, comme de dissuader un éventuel criminel, mais sa finalité est rétributive. La sociabilité étant naturelle, le but de la peine est, avant tout, d’être commutative, c’est-à-dire de compenser la disharmonie introduite dans l’ordre des choses par un acte démesuré (Catéchisme, n. 2266). C’est dans cette logique que le docteur angélique prit la défense de la peine de mort (Somme théologique, IIa, IIae, qu. 64, art. 2-3). L’apparente contradiction entre l’exhortation évangélique d’aimer son prochain et le principe vétérotestamentaire du talion est résolue par la distinction du précepte moral (le pardon des offenses) et du principe juridique (de légitime défense). Cependant, il existe, peut-être, une cause plus profonde encore expliquant la position de l’Église catholique. Sous l’angle juridique, deux processus doivent, dans la Passion, être distingués. D’une part, accusé de blasphème et de subversion, le Christ accepta de subir une condamnation à mort que les chrétiens considèrent comme injuste. D’autre part, il endossa une culpabilité (celle des péchés des hommes) qui n’était pas la sienne : par pure bonté et gratuitement, il donna sa vie d’homme (Jn 10, 18). En utilisant l’institution humaine de la peine de mort (Mt 26, 42), le Juste a justifié les injustes (Rm 4, 25 ; Tt 2, 14 ; He 2, 9). Il semble donc possible de se demander si la négation de la légitimité de la peine de mort n’aurait pas d’implications théologiques. Ne pourrait-elle pas conduire à considérer que le Christ n’a pas pu, par amour pour sa créature (Rm 5, 8), s’offrir en holocauste (Lc 24, 26) ; qu’innocent (Lc 23, 41), il n’a pas pu prendre sur lui les fautes commises par les hommes (1 P 3, 18), qu’il n’a donc pas pu les racheter et, ainsi, leur éviter le châtiment qu’ils méritaient (Is 53, 5-6) ? S’opposer à la peine de mort ne peut-il pas mener au refus de voir dans le Christ la victime de propitiation pour les péchés des hommes (Catéchisme, n. 620 et n. 1992) et donc au rejet du mécanisme (pénal) intrinsèque de la Passion, la rétribution (Somme théologique, IIIa, qu. 48, art. 6), étant entendu que celle-ci a produit le salut des hommes en vertu de la divinité du Christ et non au seul titre de la mort (Somme théologique, IIIa, qu. 50, art. 6) ?
    S’il est bien délicat d’administrer la preuve de la culpabilité, ce qui ne peut conduire qu’à une application parcimonieuse d’une sanction irrémédiable, ne serait-il pas, a contrario, très imprudent, pour un chrétien, de démentir la valeur expiatoire (dont la force est d’autant plus grande que la sanction est acceptée) de la peine, en général, et de celle de mort, en particulier ? S’il s’oppose au principe de la peine de mort, ne prend-il pas le risque de nier qu’avec la Passion, la Rédemption est (juridiquement) passée par une rétribution ?"

    • Citation en contradiction avec la position officielle de l’Église catholique. Extrait de son catéchisme :

      "Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’État dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable "sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants" (Evangelium vitae, n. 56)."

    • "Réprimer efficacement le crime" pose déjà problème, aujourd’hui devant le laxisme judiciaire, et qui peut nous assurer de rendre ( le criminel ) incapable de nuire quant on sait que des criminels atroces ont récidivé après avoir été relâchés. Les cas d’absolue nécessité sont bien rares mais pas totalement inexistants.. C’est bien le problème Les principes généreux ne peuvent abolir le réel- tendre vers n’est pas supprimer le problème- ce que suggère quand même implicitement ’Evangelium Vitae’ si on lit entre les lignes...

  • Je suis bien contente qu’un débat s’instaure suite à la traduction de cet article. Merci aux différents intervenants qui apportent de nouveaux éclairages.

  • Le Figaro le 24 mars 2015 :

    "Debra Milke est devenue lundi la 151e personne, et la 2e femme, condamnée à mort à être innocentée en quarante ans aux États-Unis. Cette femme d’origine allemande, âgée de 51 ans, a vu toutes les charges abandonnées contre elle, après avoir passé 23 années dans le couloir de la mort."

  • « dissuader par l’exemple »

    C’est le plus nul des arguments qu’on puisse trouver pour justifier le maintien de la peine de mort. Il est de notoriété publique que parmi les foules qui se pressaient pour assister aux exécutions publiques (il y a à peine quelques siècles, elles offraient des raffinements de cruauté qui auraient dû dissuader les plus durs) les truands étaient les premiers à se repaître d’un spectacle dont ils savaient risquer d’être les prochains acteurs vedettes.

    Les Etats-Unis sont un pays qui se distingue par son rapport pathologique et ambivalent à l’égard de la mort. Bible dans la main droite, seringue létale dans la main gauche, USA terre de contrastes... et d’hypocrisies. John McCloskey me paraît typique de la culture des groupes sociaux qui ont une bonne conscience inoxydable qui exonère par avance chacun des actes de cette société qui prétend donner des leçons de civilisation au monde entier.

    « pour tout fils et fille de Dieu, c’est une grande grâce de connaître l’heure de sa propre mort ». Père C. John McCloskey avait-il conscience en écrivant cette phrase quelque peu hallucinante qu’elle est un des arguments de ces djihadistes qui vont se faire exploser en entraînant un maximum de victimes dans leur mort ?

    Comment peut-on défendre la vie (face à l’avortement et à l’euthanasie) si on trouve des justifications à la peine de mort ? Je conçois que ce ne soit pas des plus facile de lutter contre des pulsions qui sont si profondément ancrées au cœur de l’homme, depuis Caïn.

    La victoire du Christ sur la Mort est aussi celle sur les pulsions de mort (et sur les pulsions meurtrières, en particulier). Exécuter, après avoir condamné à mort, les déviants (quels que soient les "crimes" de ceux-ci) est une facilité que se donnent des sociétés qui ne cherchent pas attaquer le mal à ses racines (*) ni a trouver des solutions qui rompent le cercle infernal du meurtre.

    * il faudrait pour cela que les sociétés elles-mêmes, à commencer par les gouvernants, s’imposent des vertus qu’elles n’ont pas et des règles qu’elles ne respectent pas... Si elles étaient cohérentes avec elles-mêmes, elles devraient parfois être les premières à se condamner à la peine capitale !

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