L’affaire Gerson

par Gérard Leclerc

jeudi 17 avril 2014

Hier, revenant sur le fond de la question du statut de l’embryon humain, à l’heure où on modifie juridiquement celui de l’animal, j’ai fait une brève allusion à l’affaire du lycée Gerson, à Paris dans le XVIe arrondissement. N’ayant pas enquêté moi-même sur place, j’en reste pour le moment aux informations parues dans la presse. Informations qui m’inquiètent vivement à plusieurs titres. Je suis inquiet, lorsque je lis un communiqué de la mairie de Paris, exigeant une enquête administrative dans cet établissement. Il est patent, en effet, que la mairie de Paris défend des convictions très marquées en matière de mœurs et notamment d’avortement, qu’elle entend imposer à tous, et dans le cas, aux établissements privés parisiens. Il s’agit là d’une démarche intrusive, attentatoire à la liberté de conscience et d’expression, par ailleurs inscrite dans la loi en ce qui concerne les écoles catholiques sous contrat, au titre de leur caractère propre.

Mon inquiétude concerne aussi les accusations lancées contre l’Alliance VITA, dont je connais bien la déontologie, absolument contraire aux propos qui sont attribués dans la presse aux intervenants qui avaient été invités dans le cadre d’un temps optionnel, donc laissé à la liberté de choix des lycéens. Je ne puis que déplorer que pour certains, la parole est captive d’une idéologie, de choix sociétaux, à l’encontre de toute éthique de discussion et d’argumentation. La formule indéfiniment ressassée « mon corps m’appartient », dont le contenu relève du pur sophisme, échappe à toute analyse critique. Et qui se montre rebelle au bourrage de crane est taxé d’archaïsme et menacé de représailles.

Faut-il reprendre la célèbre formule de George Orwell, cinglant «  la police de la pensée » ? Hélas, il n’en est pas de plus pertinente pour désigner les procédés employés et l’intimidation intellectuelle et morale qu’ils mettent en œuvre. Mais on doit savoir que nous sommes un certain nombre à ne pas nous laisser faire et à ne pas céder à l’arbitraire.

Chronique lue sur Radio Notre-Dame le 17 avril 2014.

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