Traduit par Dominique

L’ORIENTATION SEXUELLE : UNE OBSESSION D’OBAMA

Par Austin Ruse

samedi 2 juillet 2011

L’Ambassadeur du Malawi auprès des Nations Unies a confié en privé il y a quelques semaines que l’administration Obama avait menacé de suspendre une aide de 350 millions de dollars si le gouvernement du Malawi n’abolissait pas sa législation sur la sodomie.

Le petit Malawi est un pays d’environ seize millions d’habitants où l’espérance de vie est de 51,7 ans, l’une des plus faibles au monde (source : agenda statistique mondial de la CIA). Le Malawi occupe la 11e place pour la mortalité infantile la plus élevée. 44 pour cent des habitants n’ont pas accès à l’assainissement.

Le Malawi est un des pays les plus pauvres du monde pour lequel un programme d’aide de 350 millions de dollars est une affaire considérable. Or voici que le président Obama et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton tiennent le Malawi otage de la nouvelle politique américaine sur l’homosexualité. Légalisez la sodomie ou que le vent vous emporte.

Le Malawi n’a pas pris cette législation à la légère. C’est un pays à 82% chrétien, une démocratie multipartite, avec deux Chambres et un pouvoir judiciaire.

En quelques jours, le gouvernement du Malawi a promis de s’exécuter et d’abolir les lois sur la sodomie. Obama s’est félicité de cette grande victoire. Oui, vous pouvez aisément l’emporter en menaçant les plus pauvres.
C’est juste un petit exemple scandaleux de la façon dont la politique sur l’orientation sexuelle dite LGBT (Ndt : Lesbienne, Gay [homosexuel], Bisexuel et Transsexuel) domine une partie au moins de la politique étrangère de notre jeune président.

Le 21 juin, la représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations Unies, Susan Rice, a, devant l’Assemblée générale, félicité Ban Ki-Moon de sa réélection au poste de Secrétaire Général. Dans une brève allocution, elle l’a remercié pour l’accent qu’il a mis sur « la reconnaissance des droits des lesbiennes, des homosexuels, des bisexuels et des transsexuels en tant que, tout simplement, des droits de l’Homme. » Aucun autre ambassadeur n’a fait une telle référence.

Un ambassadeur en colère s’est demandé si elle agissait sur instructions du président Obama à l’intention de sa circonscription homosexuelle de New York. « Dans cette occasion solennelle, dit-il, la référence aux LGBT était fort étrange et parfaitement déplacée ou de mauvais goût. » Il remarque que Mme Rice n’a même pas mentionné les Objectifs du Millénaire, ce qui montre où vont les réelles priorités de l’administration américaine.

Il y a quelques semaines, celle-ci a exercé de fortes pressions sur les gouvernements latino-américains pour qu’ils soutiennent une résolution créant une commission d’enquête sur les violences faites aux homosexuels. Elle souhaitait quelque chose de plus fort : ajouter l’orientation sexuelle et l’identité du genre comme nouvelles catégories sur la base desquelles le droit international garantit toute non-discrimination, de la même manière que la liberté religieuse. La création de cette commission n’est qu’un premier pas. En s’adressant à l’association des homosexuels du Département d’Etat, Hillary Clinton a qualifié la résolution des NU de « grande première dans la reconnaissance des droits de l’Homme des LGBT à travers le monde. » Bien que cela ne soit pas tout à fait vrai, cela montre que c’est ainsi qu’elle veut être perçue.

Au cours de la même allocution, Mme Clinton a évoqué un ensemble de mesures que le Département d’Etat compte promouvoir pour mettre en œuvre sa politique LGBT à travers une série d’organismes pêle-mêle tels que l’USAID, le bureau des organisations internationales, celui de la Démocratie, des Droits de l’Homme et du Travail, les directions d’Europe et d’Asie centrale, et d’Amérique du Nord. Elle a expliqué l’action des Etats-Unis, avec le soutien de vingt autres gouvernements, en faveur d’une manifestation pour les droits des homosexuels en Slovaquie qui avait dégénéré en violences. Elle s’est vantée, suscitant les rires des diplomates dans l’assistance, d’avoir facilité la participation de Lady Gaga à un rassemblement homosexuel à Rome. Et pan pour l’Eglise catholique !

Il y a plusieurs mois, toutes les ambassades américaines dans le monde ont reçu instruction d’observer et d’aider les mouvements homosexuels dans leur pays de résidence. Les souhaits, traditions ou pratiques religieuses de ces pays n’entrent pas en ligne de compte.

Le président américain peut se sentir à l’aise sur la politique sociale à l’ONU car l’organisation est une sorte de bras mort (ou de voie de garage). Les Américains n’y prêtent aucune attention, à l’exception de quelques questions de sécurité ou à l’occasion de scandales. La plupart des Américains ignorent totalement l’ONU, et notamment sa politique sociale qui n’est suivie que par quelques activistes des deux bords. C’est là que l’on peut réellement satisfaire sa base politique. Par exemple, le président Bush fut plus engagé dans les campagnes pro-vie aux Nations Unies que dans n’importe quelle instance. Le président Obama y est plus actif en faveur de l’avortement, s’il est possible, et certainement en faveur des homosexuels que partout ailleurs.

La bonne nouvelle est que l’opposition à cette politique est forte et en augmentation. En 2008, les forces favorables aux homosexuels avaient réuni soixante-cinq pays pour signer une pétition prônant l’addition de l’orientation sexuelle au nombre des catégories protégées par la règle de non-discrimination. Soixante pays avaient signé une pétition hostile. En 2010, quatre-vingt cinq pays ont signé la déclaration LGBT. Les groupes régionaux représentant plus de quatre-vingt pays l’ont condamnée.

Les Etats-Unis sont-ils susceptibles de faire une grande différence sur cette question à travers le monde et à l’ONU ? Nous pouvons, comme on l’a vu, menacer les pays pauvres et cela va certainement continuer. Cependant, l’ONU ne se résume pas aux Etats-Unis et les autres pays non plus. Il n’y a pas assez de milliardaires homosexuels ou de producteurs à Hollywood pour changer les esprits à l’échelle du monde ou dans les pays où l’homosexualité est regardée comme une menace pour la santé publique et la moralité.

L’Eglise doit faire plus. Malheureusement, elle est elle-même divisée sur la question de la dépénalisation des actes homosexuels. Dans une déclaration à l’ONU, il y a deux ans, le Saint-Siège avait introduit une confusion en parlant de dépénaliser « l’homosexualité ». Il n’a pas fait la distinction entre l‘orientation ou la condition homosexuelle et les actes homosexuels. Il semble que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ait élaboré des recommandations demeurées confidentielles et ait conclu en faveur de la dépénalisation. Nous n’en avons pas confirmation. L’Eglise doit dire haut et fort que, quelle que soit la réponse apportée à la question de la dépénalisation, l’orientation sexuelle et l’identité du genre ne sauraient être placées sur le même plan que la liberté religieuse dans les Droits de l’homme. Dans ce parallèle, le perdant est toujours la liberté religieuse.

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Source : http://www.thecatholicthing.org/columns/2011/obamas-obsession-with-sexual-orientation.html


Austin Ruse est le président de l’Institut catholique de la famille et des droits de l’Homme (C-FAM). Ses opinions n’engagent que lui et ne reflètent pas nécessairement les politiques et opinions de C-FAM. 

Messages

  • LGBT, une nouvelle forme de totalitarisme sournois qui s’installe.

    Il n’avance pas avec les mêmes procédés que ceux employés par les bolcheviks en leur temps mais les résultats sont les mêmes : une société sommée de penser dans un seul sens, le bon, au risque de condamnation.

    Pour ce qui est de l’agitation d’Obama en faveur du lobby LGBT, le mécanisme est intéressant à observer car il montre l’absence totale d’indépendance des gouvernants américains, quelle que soit leur couleur politique ou leurs professions de foi électorales et autres protestations de différence.

    L’Amérique est la proie des lobbies. Obama n’en est que la énième illustration.
    D’ailleurs, où sont-ils passés tous les fans et groupies hystériques qui en France acclamaient l’élection d’Obama, noir promu à la fonction suprême, comme l’arrivée du Messie et l’avènement de la Parousie civile ?

    • Les cathos tradis, une nouvelle forme de totalitarisme sournois qui s’installe.

      Ils n’avancent pas avec les mêmes procédés que ceux employés par les bolcheviks en leur temps mais les résultats sont les mêmes : une société sommée de penser dans un seul sens, le bon, le leur, au risque de condamnation et d’"ex communication".

      Pour ce qui est de l’agitation en faveur du lobby catho tradis, le mécanisme est intéressant à observer car il montre leur absence totale d’indépendance, quelle que soit leur couleur politique ou leurs professions de foi électorales et autres protestations de différence.

      La France est la proie des lobbies. Les cathos tradis n’en sont que la énième illustration... Ils leur manquent juste un peu de courage et de suite dans les idées.

      D’ailleurs, où sont-ils passés tous les fans et groupies hystériques qui en France récclamaient l’élection de Boutin - blanche et catho de droite - promue à la fonction de ministre, comme l’arrivée du Messie et l’avènement de la société nouvelle ?

      Peut-être tout simplement parce qu’ils ne sont qu’une poignée, une dernière poignée, qui finalement ne pèse pour rien dans le débat démocratique national.

    • Fred donne dans l’écholalie. Non seulement le procédé est un peu facile mais ça manque de génie...

      Parler de lobby catho-tradi, ça fait un peu rigoler. Quant à moi, ça me fait marrer car je n’appartiens pas du tout au cercle des tradis dans lequel vous semblez vouloir m’inclure. Mais, bon, Fred, tout le monde peut se tromper.

      Ce qui est drôle, c’est que cette poignée, cette "dernière poignée" vous préoccupe tant que cela. Puisque, d’après vous, elle « ne pèse pour rien dans le débat démocratique national ». Pourquoi, dès lors, vous inquiéter autant ?

      Vous n’en êtes pas à une contradiction logique près, puisque, quelques lignes plus haut, vous affirmez sans rire : « La France est la proie des lobbies. Les cathos tradis n’en sont que la énième illustration », dans un souci de parallélisme un peu puéril avec mon propre texte.

      Pour ma part, je pourrais vous citer des lobbies qui sont très efficaces. Et quand j’évoquais, dans un précédent commentaire, le lobby LGBT ce n’était pas sans raison puisque de nombreux textes légaux ont été entérinés sous la pression de ce communautarisme et qui favorisent très clairement les idées et options qu’il défendent.

      La loi du 30 décembre 2004 est une des illustrations de ce lobbying.

      Vous avez parfaitement le droit d’insulter un curé, et la religion catholique, même par voie de presse, sans crainte aucune (le milieu gay ne s’en est pas privé, pour sa part...).

      En revanche, si l’on se permet de mettre explicitement en doute certaines des âneries grossières professées par la nébuleuse LGBT, et tenues désormais pour dogmes par l’establishment de la pensée-correcte, il y a de très gros risques que cela se termine au pénal.

      Il y a des exemples...
      Cela devrait faire un peu froid dans le dos (c’est d’ailleurs cela l’objectif de cette nouvelle police de la pensée : terroriser quiconque a l’impudence de penser autrement)...

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