Chronique n° 354 parue dans F.C. – N° 1836 – 19 février 1982

L’HOMME N’EST PAS LE PRODUIT D’UN BRICOLAGE

Les sciences et la Genèse – 8

lundi 23 janvier 2017

La lignée humaine a existé durant des millions d’années sans se singulariser en rien du monde animal. Était-il fatal, était-il inscrit d’avance que l’homme dût apparaître un jour ? La foi, pour finir, nous en dit peut-être plus long que la science.

Reprenons pour l’approfondir la question posée : L’homme est-il ou non la somme d’innombrables « bricolages » fortuits, aléatoires, conduisant avec la même probabilité vers l’homme ou vers une infinité de culs de sac ou formes sans rapport avec l’homme ? [1]

J’empruntais le mot « bricolage » à un récent livre de François Jacob (a), qui lui-même l’emprunte à Claude Lévi-Strauss, ce me semble, car Lévi-Strauss oppose de même le « bricolage » au « travail manuel de l’ingénieur » (b)

Jacob : « On a souvent comparé l’action de la sélection naturelle (c) à celle d’un ingénieur. Mais la comparaison ne me semble guère heureuse. D’abord parce que, contrairement à l’évolution, l’ingénieur travaille sur plan, selon un projet longuement mûri. Ensuite, parce que, pour fabriquer une structure nouvelle, l’ingénieur ne procède pas nécessairement à partir d’objets anciens. L’ampoule électrique ne dérive pas de la chandelle... » etc.

Rien de plus certain que son deuxième point : contrairement à l’ingénieur, la Nature ne fait jamais apparaître un être vivant nouveau autrement que par la modification d’un être vivant plus ancien. La modification est parfois d’une ampleur surprenante, traduisant peut-être une évolution très rapide : c’est ce qu’on appelle la méga-évolution. Mais quelles que soient l’ampleur ou la rapidité (ou l’une et l’autre), il n’y a dans la Nature aucune exception ; tout nouveau venu est un prédécesseur modifié. En ce sens on peut parler de « bricolage ».

Mais – c’est le premier point du texte de Jacob ci-dessus – ce bricolage réalise-t-il ou non un plan ? Pour Jacob, comme naguère pour Monod, la réponse est non. Et s’agissant de l’homme, il n’est là que par le plus grand des hasards. Il aurait fort bien pu ne pas exister.

L’ordre invisible dans le désordre apparent

Le hasard joue légitimement un grand rôle dans la discussion scientifique, bien qu’il soit une idée vague et pleine de pièges. Par exemple, la suite des décimales du nombre π est répartie au hasard. On n’y peut discerner aucune loi. Cependant cette suite obéit à la plus stricte des nécessités : impossible d’y changer quoi que ce soit, fût-ce à la milliardième décimale [2]. Ici, ce que le biologiste appelle hasard peut s’exprimer dans la constatation que l’on ne voit aucun plan dans l’évolution de la Nature ; si donc vous affirmez qu’il y en a un, à vous de le montrer. Examinons ce qu’il en est :

– 1) Il y a chez les biologistes une tendance certaine à l’imprudence : je ne vois aucun ordre, donc il n’y en a pas. Mais la science passe son temps à découvrir l’ordre invisible sous le désordre. De n’importe quoi qui sera découvert, mettons dans 300 ans, évidemment je ne vois rien.

– 2) Mais ce sont là discussions en l’air. Il s’agit de l’homme, et mon projet est plus limité. Il se borne à rechercher si l’évolution, telle que je la vois fonctionner dans la paléontologie et quel que soit d’ailleurs son mécanisme, doit forcément aboutir à quelque chose de semblable à l’homme.

– 3) La théorie de l’information nous a appris il y a une quarantaine d’années déjà à parler de complexité avec exactitude. Il est pour le moment impossible de mesurer la complexité absolue d’un système vivant, car la biologie n’a pas encore atteint son fait élémentaire. Mais en thermodynamique on a su comparer les températures longtemps avant de savoir ce qu’est la chaleur. De même, il est possible de comparer la complexité relative des êtres vivants.

Cette comparaison suffit pour constater que toute évolution s’opère en direction de la plus grande complexité [3]. Cette dérive vers la plus grande complexité peut être mise en forme mathématique à partir de comptages, et l’on obtient une fonction de forme exponentielle. Autrement dit : l’évolution ainsi mesurée (en complexité) est de plus en plus rapide, et il s’agit d’un fait universel. Cette accélération suraccélérée est différente dans chaque lignée évolutive (d). Il y a donc forcément une espèce plus évoluée que toutes les autres. C’est nous : la lignée humaine a couru plus vite sur la flèche du temps.

– 4) Le lecteur pense peut-être reconnaître là les idées teilhardiennes de complexification et d’hominisation. La complexification est en réalité une remarque très ancienne, que je ne saurais dater (Darwin ?). Elle a été chiffrée pour la première fois par le Belge Florkin et les Français Cailleux et Meyer [4]. Teilhard en a eu la profonde intuition et y a beaucoup réfléchi, mais sans essayer de la vérifier expérimentalement [5].

– 5) Dans son sens teilhardien, très intuitif, l’idée d’hominisation me semble erronée, si je l’ai bien comprise. Elle désignerait le fait qu’une lignée de primates se serait détachée du monde animal pour évoluer de façon singulière vers la conscience et la pensée.

En réalité la lignée humaine a existé des millions d’années sans se singulariser en rien au sein du monde animal ; comme nous le verrons ultérieurement dans cet inventaire, il y a eu pendant d’immenses durées des êtres verticaux à peu près exactement semblables à l’homme, sauf en ce qui nous fait hommes, la pensée. C’étaient des animaux, mais verticaux.

– 6) Et surtout, l’évolution vers la pensée n’est en rien le privilège de la lignée humaine. Elle découle de la complexification du comportement. Tout à travers la formidable durée des ères géologiques, c’est la vie presque entière qui n’a cessé de devenir plus intelligente et le plus souvent par des moyens identiques.

C’est ainsi que les mollusques de qui nous avons divergé il y a des centaines de millions d’années alors que notre ancêtre commun n’avait pas de cerveau, ont comme nous, à la longue, produit un cerveau évolué et se sont dotés de membres manipulateurs : les céphalopodes (pieuvres, poulpes) comptent parmi les animaux les plus intelligents, sont capables de se lier d’amitié avec l’homme, de reconnaître leur ami, de jouer, de faire parfois regretter au plongeur de n’avoir pas comme eux huit bras [6].

Le mot hominisation est donc trompeur. Il se trouve que la lignée humaine est arrivée la première au bord de ce que certains paléontologistes appellent le Rubicon de la pensée. Et plus justement, ainsi qu’on le verra, plusieurs lignées « humaines » y sont arrivées, plusieurs l’ont franchi, et une seule a survécu, qui s’interroge sur sa solitude.

Le tiers-monde du genre humain

Était-il fatal, était-il inscrit dans les conditions initiales de l’univers (ces conditions aussi appelées création), que l’homme tel qu’il est dût apparaître un jour ? La science ne peut pas répondre au « tel qu’il est », si l’on entend par là la forme du corps, ce par quoi nous nous inscrivons dans la zoologie comme un primate quelconque [7].

Mais ce que nous montrent les fossiles, c’est l’universalité de la course vers plus « d’intelligence », quelque sens qu’ait ce mot. Le monde vivant monte irrésistiblement vers le psychique.

Du point de vue de l’esprit, et si l’on considère l’immense durée des temps géologiques, où s’est faite l’évolution, le monde animal est le Tiers monde du Genre Humain, sa différence est un retard.

Nos ancêtres les étoiles

« Faisons l’homme à notre image et ressemblance » : ce n’est évidemment pas par notre corps que nous sommes semblables au Créateur. Pour nous sauver, il a dû se faire homme : et homo factus est. Nous sommes semblables au Créateur en ce que, comme lui, nous sommes Pensée, Esprit. Et en ce sens, oui, tout ce que nous découvrons du passé de la vie montre que l’homme était bien inscrit dans les conditions initiales de l’univers. Avant même l’apparition de la vie, depuis un temps indéfini, les astronomes constatent de même que l’univers évoluait dans un certain sens, vers nous. Les galaxies, puis les étoiles ont longuement préparé l’éclosion du premier vivant.

Le poulpe chercheur

Laissons là la très anthropomorphique métaphore de l’ingénieur qui mûrit longuement son plan. L’insondable complication de l’univers ne s’y laisse pas enfermer. Quel ennui d’ailleurs si l’ultime secret était accessible à notre pensée encore tout engluée d’animalité ? On écrirait une équation, et tout serait dit ?

Cherchons l’équation. Même le poulpe, même mon chat passent leur vie à chercher.

C’est en cherchant qu’on découvre ce qu’on ne cherchait pas. C’est en exhumant peu à peu le passé que nous sont apparus ces temps immenses où nous n’étions pas encore mais où toutes choses marchaient vers nous. Car si « l’abîme était vide », « l’esprit flottait sur les eaux ».

Aimé MICHEL

(a) François Jacob : Le jeu des possibles (Fayard) [8].

(b) Claude Lévi-Strauss : La Pensée sauvage.

(c) Jacob est si convaincu que la sélection « naturelle » est le moteur de l’évolution qu’il emploie un mot pour l’autre.

(d) Beaucoup d’espèces disparaissent en route. D’autres, qu’on appelle « panchroniques » cessent d’évoluer en dépit de toutes les sélections « naturelles » (par exemple l’escargot, le ver de terre), ce qui prouve que la sélection n’est pas le moteur de l’évolution. Les espèces, donc, ou bien disparaissent, ou bien cessent d’évoluer, ou bien évoluent de plus en plus vite, et dans ce cas, vers plus de psychique, jamais autrement.

Chronique n° 354 parue dans F.C. – N° 1836 – 19 février 1982


Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 23 janvier 2017


[1Cette chronique est la 8e d’une série commencée en novembre 1981 avec la n° 347, Votre main : un passé plus vieux que le Mont-Blanc – La science et le récit de la Genèse – 1 (25.0.4.2016). Nous en avons déjà mise cinq en ligne qui sont, outre le n° 347, les n° 348, 349, 350, 351 (en 2016), et n° 353 (en 2015).

Ce « bricolage » de l’évolution a fait également l’objet des chroniques n° 291, Objections à François Jacob – L’évolution embrasse toute l’histoire de l’univers mais on en ignore le moteur (04.01.2016) et n° 295, « À notre image et ressemblance… » – Objections à François Jacob (suite) (11.01.2016), toutes deux initialement publiées en 1977. Aimé Michel s’y oppose aux vues de François Jacob, « savant éminent » et « grand esprit », d’une part en rappelant qu’on ne saurait tenir les théories actuelles de l’évolution, qui semblent ne voir que le hasard, pour complètes et définitives et d’autre part en replaçant l’évolution biologique dans le cadre de l’évolution cosmique qui manifeste clairement une construction progressive. Il y a bien « bricolage » dans le détail mais celui-ci concourt et obéit à un plan d’ensemble.

[2Aimé Michel a longuement réfléchi à cette question du hasard ou plutôt des hasards. Quatre ans plus tard il livre ses conclusions dans la chronique n° 419, Une idée nouvelle : la providence... – Les quatre paradigmes et les trois formes de hasard, 07.11.2016. Il y distingue au moins trois sortes de hasards : le hasard arithmétique (celui des décimales de pi), celui de l’ignorance des causes et celui de l’absence de cause (celui qu’on observe en physique quantique).

[3Cette distinction entre la complexité absolue des êtres vivants, que l’on ne sait pas encore mesurer, et leur complexité relative est intéressante. Pour bien comprendre cette distinction il est utile de la replacer dans le cadre général de la mesure des grandeurs. Les grandeurs mesurables sont de quatre sortes – deux quantitatives et deux qualitatives – toutes très familières en dépit de leurs noms un peu barbares. Les deux grandeurs quantitatives se mesurent sur une échelle de rapport (par exemple les mesures de distance, de durée, de valeur monétaire, etc., dont le zéro signifie l’absence de la grandeur mesurée) et sur une échelle d’intervalle (par exemple la température Celsius, les heures et dates dont les zéros sont arbitraires). Les deux grandeurs qualitatives sont l’échelle ordinale (on peut les ordonner, par exemple par ordre d’arrivée, de taille, etc.) et l’échelle nominale (on peut nommer les catégories, mais pas nécessairement les classer, par exemple le sexe, la catégorie socio-professionnelle, etc.). Comme on le voit, ces quatre grandeurs sont de moins en moins riches en ce sens que le nombre d’opérations qu’on peut leur appliquer décroit de la première à la quatrième ; par exemple on peut additionner des distances, pas des sexes.

En utilisant ce vocabulaire, la complexité des organismes pourrait être une grandeur ordinale, ce qui permettrait de classer les organismes par complexité croissante, à défaut d’être une grandeur de rapport. Toutefois ce n’est vrai qu’à titre d’approximation, à condition de comparer des êtres vivants suffisamment différents, par exemple une bactérie, un invertébré et un mammifère. Mais même dans ce cas on n’est pas à l’abri de difficultés. Par exemple, on peut se dire a priori qu’un mammifère est toujours plus complexe qu’un insecte. Or, ce n’est pas toujours vrai ; par exemple, si l’on s’attache au nombre de muscles distincts, un insecte comme le criquet migrateur a presque le même nombre de muscles (296) que les primates comme nous (316) et plus que les rongeurs (214). Un autre exemple comparable est celui de la complexité du comportement (voir note 2 de la chronique n° 164, La matière et l’esprit – Amortissement de l’évolution anatomique et accélération de l’évolution psychique, 01.07.2013). Ces difficultés sont souvent mises en avant par certains auteurs, notamment Stephen J. Gould, pour mettre en doute l’accroissement de la complexité des êtres vivants au cours de l’évolution, accroissement qui était tenu pour une évidence par tous les biologistes jusqu’aux années 1960-1970. Pour ces auteurs, la complexité des organismes n’est qu’une grandeur nominale. À mon sens c’est une opinion un peu forcée, qui joue sur la difficulté de quantifier objectivement la complexité et entend trop prendre le contre-pied de l’opinion antérieure.

[4Le biochimiste belge de réputation internationale Marcel Florkin (1900-1979), qui fut professeur à l’Université de Liège et premier président de l’Union biochimique internationale, a démontré l’existence d’une évolution des caractéristiques biochimiques chez les animaux. C’est le sujet de son livre classique L’évolution physico-chimique (1947).
Aimé Michel a présenté à plusieurs reprises les travaux d’André Cailleux et de François Meyer sur les tendances évolutives (en diversité, en taille, en intelligence) qui sont des fonctions du temps géologique de nature exponentielle (dont le taux demeure constant), voire hyperbolique (dont le taux augmente avec tle temps d’où changement accéléré). On peut se reporter par exemple à la chronique n° 240, La religion et le savoir – Un diagramme paléontologique qui réveille les grandes questions religieuses (15.07.2013). Sur le géologue André Cailleux, voir la chronique n° 131, À propos d’un cousin éloigné – L’animal d’où monte l’homme était déjà un être au visage prédestiné tourné vers les étoiles (25.06.2012) et sur le philosophe François Meyer, voir la chronique n° 317, Il ne sert à rien de ronchonner. Refuser ici l’accélération du progrès, c’est freiner les affamés là-bas. Ce n’est pas Cassandre qui sait pourquoi et où courent les hommes (20.10.2014).

[5Aimé Michel a précisé dans plusieurs chroniques en quoi il se sépare de Teilhard de Chardin : n° 98, Sous le lampadaire et à côté (26.07.2010), n° 102, Le lit de Procuste (04.08.2010), n° 236, Teilhard de Chardin et les temps déchiffrés – Une discussion des trois idées-forces de Teilhard de Chardin (12.12.2011), n° 249, Une lettre du Père de Lubac à propos de Teilhard de Chardin (19.12.2011) et n° 448, Fidélité de Teilhard (à paraître). On remarquera en particulier qu’Aimé Michel reproche à Teilhard de Chardin de n’avoir pas suffisamment pris en compte notre ignorance actuelle.

[6Les travaux ultérieurs sur les poulpes (aussi appelés pieuvres depuis que Victor Hugo les appelle ainsi dans Les travailleurs de la mer) ont confirmé ces résultats. Ainsi on a montré que le poulpe Amphioctopus marginatus était capable de transporter des demi-coquilles de noix de coco pour s’en faire ensuite des abris (J.K. Finn et col., « Defensive tool use in a coconut-carrying octopus », Current Biology, 19 : R1069-R1070, 2009). C’est le premier exemple d’usage d’un outil chez les invertébrés. Bien d’autres travaux révèlent les remarquables capacités cognitives des poulpes. Ainsi, ils sont capables d’apprendre en observant un congénère (G. Fiorito et P. Scotto, Science, 256 : 545-547, 1992), reconnaître et distinguer des humains par leur visage (R.C. Anderson et col., J. Applied Animal Welfare Sci., 13 : 261-272, 2010), voire montrer des signes de conscience (J.A. Mather, Consciousness and Cognition, 17 : 37-48, 2008) bien qu’ils échouent au test du miroir.

Même si certaines de ces observations restent à confirmer, elles n’en sont pas moins intéressantes car elles révèlent l’émergence de comportements élaborés chez des animaux qui diffèrent profondément des vertébrés. En effet, le système nerveux des poulpes n’est pas organisé comme celui des vertébrés : plus de la moitié de leurs neurones se trouvent en dehors du cerveau ; ils sont surtout dans chacun des huit tentacules qui peuvent de la sorte fonctionner de manière largement autonome. En outre, la vie sociale des poulpes est très pauvre et leur vie, courte (cinq ans au plus), ce qui contribue à freiner leur développement cognitif.

[7Ce n’est évidemment pas l’homme « tel qu’il est » qui est « inscrit dans les conditions initiales de l’univers », si tant est qu’il y soit inscrit. Il s’agit d’un point délicat qui conduit par exemple à contester l’usage du mot « anthropique » dans « principe anthropique » alors qu’on entend désigner un être vivant, intelligent et conscient quelconque, semblable à l’homme par l’esprit mais non nécessairement identique à lui par le corps. Il serait bien utile que quelqu’un propose un mot nouveau pour désigner cette sorte d’être, peut-être (sans doute) né ailleurs dans le vaste univers. Les auteurs de science-fiction ont bien proposé le terme humanoïde mais il est lui-même beaucoup trop restrictif. On discute beaucoup de savoir quelles autres formes pourraient prendre ces êtres et personne ne s’accorde. Les uns pensent que la forme humaine, avec symétrie bilatérale, membres préhensiles et tête regroupant les principaux organes sensoriels près d’un cerveau et d’une bouche, a beaucoup d’avantages et pourrait s’imposer. Les autres considèrent qu’il s’agit là d’un point de vue anthropocentrique et que d’autres formes sont également possibles, comme le suggère l’exemple des pieuvres. Reste qu’en dépit des apparences, un homme et un poulpe ne sont pas si différents, par exemple tous deux ont une tête à symétrie bilatérale. Il est bien difficile de conclure dans l’état actuel de nos connaissances. La Nature se révèle souvent pleine de surprises et on peut penser qu’un grand nombre de formes vivantes sont possibles, ce qui ne signifie pas qu’elles soient toutes également fréquentes. Dans un article récent (« Alien Mindscapes – A Perspective on the Search for Extraterrestrial Intelligence », Astrobiology, 16(9) : 661-676, 2016), l’astrobiologiste franco-américaine Nathalie Cabrol, directrice du centre Carl Sagan de l’Institut SETI à Mountain View en Californie, s’est faite l’avocate de cette vie « telle que nous ne la connaissons pas ». Malheureusement, elle ne donne pas d’indications précises sur ce que pourraient être ces formes de vie différentes, en particulier celles qui ont pu donner naissance à des êtres intelligents, et sur ce que cela implique pour leur recherche.

[8Aimé Michel commente ici le chapitre 2 intitulé « Le bricolage de l’évolution » (pp. 55 à 94) de ce petit livre de trois chapitres seulement, sous-titré « Essai sur la diversité du vivant » paru en octobre 1981. Ce chapitre 2 reprend un article intitulé « Évolution et bricolage » paru dans Le Monde des 6, 7 et 8 septembre 1977 auquel Aimé Michel avait réagi dans ses chroniques n° 291 et 295 (voir note 1).

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