Traduit par Bernadette Cosyn

L’Esprit-Saint, personne oubliée de la Trinité

par le père C. John McCloskey III

mercredi 9 novembre 2016

Nous sommes maintenant sur le point de clore l’Année de la Miséricorde (le 20 novembre). Nous ne savons pas sur quel thème ou sur quelle personne le Saint-Père voudra attirer notre attention l’année prochaine. Mais je ne serais pas surpris qu’il dédie une année à la mission de l’Esprit-Saint, prenant exemple sur son prédécesseur, Saint Jean-Paul II, qui nous a introduit dans le nouveau millénaire avec des années consacrées à chacune des trois personnes de la Trinité, et qui a également écrit une encyclique sur l’action de l’Esprit-Saint (Dominum et Vivificantem).

Selon moi, se concentrer sur l’action de l’Esprit-Saint dans le monde, l’Eglise et les catholiques pris individuellement est fort nécessaire, étant données les grandes difficultés auxquelles l’humanité doit faire face au niveau mondial. La troisième personne de la Trinité Sainte est la personnification de l’amour et du don de soi entre le Père et le Fils de Dieu. Il y est fait allusion à travers l’Ancien Testament (en commençant avec l’ouverture de la Genèse). Dans le Nouveau Testament, Jésus porte l’attention sur l’Esprit-Saint de façon croissante, culminant avec le discours de la Cène dans l’évangile de Jean. Sur le point d’affronter sa mort salvatrice, Jésus promet d’envoyer l’Esprit, l’identifiant comme consolateur et avocat, celui qui les convaincra de péché, mais qui également les conduira dans la vérité toute entière.

Dès que Jésus eut quitté ce monde, l’Esprit-Saint a été envoyé par le Père afin que, en plus de la présence localisée du Christ dans l’Eglise via la Sainte Eucharistie, Jésus puisse continuer de vivre et d’agir dans le monde à travers l’Eglise. Bien que la Pentecôte soit l’occasion d’une effusion spectaculaire de l’Esprit du Christ sur l’Eglise, c’est plus tôt, au soir de la Résurrection, que le Christ a soufflé sur les Apôtres en leur disant : « recevez l’Esprit-Saint ».

Comme l’explique le Catéchisme de l’Eglise Catholique, « tout le travail du Christ est en fait une mission conjointe du Fils et de l’Esprit-Saint » (727). le Catéchisme rend également clair que « quand le Père envoie sa Parole, Il envoie également son Souffle... Pour sûr, c’est le Christ qu’on voit, image visible du Dieu invisible, mais c’est l’Esprit qui Le révèle (659).

Beaucoup de gens sont en difficulté avec la dévotion à l’Esprit-Saint, ils se sentent en faute par rapport à la dévotion trinitaire parce qu’ils sont incapables d’évoquer l’Esprit-Saint autrement que sous la forme d’une colombe ou de forces impersonnelles comme le feu et le vent. Pourtant, notre relation naturelle avec l’Esprit est de voir le Christ à travers Lui, avec Lui et en Lui. A nouveau comme l’exprime le Catéchisme :

Quand le Christ est enfin glorifié, Il peut, en retour, envoyer l’Esprit de sa place à côté du Père auprès de ceux qui croient en Lui : Il leur communique Sa gloire, c’est-à-dire l’Esprit-Saint qui Le glorifie. De ce moment, cette mission partagée sera manifestée dans les enfants adoptés par le Père dans le Corps de son Fils : la mission de l’Esprit d’adoption est de les unir au Christ et de les faire vivre en Lui. (689)

La vie trinitaire est une en unité - un Dieu en trois Personnes – et par conséquent une des caractéristiques de l’Esprit est une propension à tendre vers l’unité (toujours basée sur la vérité, bien évidemment). Par notre baptême commun, notre confirmation et notre participation aux autres sacrements de l’Eglise dispensateurs de grâce, l’Esprit vit en nous et prépare l’Eglise à combattre les tendances de l’humanité déchue à se couper de Dieu et des autres par le péché, source de désunion.

Cela amène inévitablement à l’esprit l’état actuel du monde, où un grand nombre de gens, non seulement échouent à vivre selon les dix Commandements, mais rejettent un certain nombre d’entre eux comme critères d’évaluation de leurs actions. Saint Jean-Paul II nous a rappelé qu’il y avait une lutte gigantesque et dramatique entre le bien et le mal prenant place dans la société actuelle comme cela a été le cas tout au long de l’histoire humaine. D’où l’importance de notre conscience et de la façon dont nous partageons avec les autres la vérité sur le bien et le mal.

A cet égard, comme nous le savons par les mots prononcés par le Christ à la Cène, l’Esprit-Saint joue un rôle crucial comme celui qui dénonce l’erreur du monde « sur le péché, le bon droit et la condamnation ». (Jean 16:8)

Quelles pourraient être les suggestions pour grandir dans la connaissance et la dévotion envers ce membre de la Trinité souvent oublié et incompris ? L’évangile de Jean en particulier et plusieurs passages des épîtres de Paul nous révèlent beaucoup sur le mystère de l’Esprit. Cependant, la description la plus exhaustive du travail de l’Esprit dans la vie de l’Eglise apparaît peut-être dans les différents endroits où l’Esprit-Saint se manifeste dans les Actes des Apôtres.

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique et l’encyclique Dominum et Vivificantem (Seigneur et donneur de vie) de Jean-Paul II procurent de bons éléments de méditation. Des prières vénérables et répandues, telles les litanies de l’Esprit-Saint, ont également beaucoup à nous enseigner. Et notre propre prière (puisque, comme nous le rappelle notre pape actuel, l’Esprit-Saint s’en fait le médiateur et la facilite) nous seconde également pour approfondir notre connaissance de chaque personne de la Trinité et notre union avec elle.

Aujourd’hui, l’Eglise et ses membres vivent des temps difficiles, pas seulement au plan international mais également aux Etats-Unis eux-mêmes, particulièrement en ce qui concerne les élections toutes proches. (NDT : désolée pour le retard de traduction de cet article) Prions l’Esprit-Saint pour que ces élections apportent à tous les niveaux une nouvelle vie et une nouvelle liberté, afin que nous puissions de nouveau vivre comme un pays chrétien, en conformité avec les enseignements des Ecritures et poussés par l’Esprit-Saint.

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Le père C. John McCloskey est historien de l’Eglise et chercheur non-résident à l’institut Foi & Raison.

Illustration : La Trinité (ou L’hospitalité d’Abraham) par Andrei Roublev

Source : https://www.thecatholicthing.org/2016/10/30/that-forgotten-person-the-holy-spirit/

Messages

  • Ayant découvert en 1974 un des premiers groupes de prière charismatique (à St Sulpice - Paris), ayant fait l’expérience de "l’effusion de l’Esprit" proposée par ce groupe, je fais partie de ceux qui ont compris qu’Il était le moteur de l’Eglise, celui qui nous fait expérimenter la présence de Jésus Vivant - et donc Ressuscité - au milieu de nous.
    Une théologie de l’Esprit Saint est certes importante, mais à mon sens moins qu’une pastorale lui permettant de s’exprimer à travers chaque baptisé (cf. 1 Co 12)

  • Une suggestion pour la connaissance de l’Esprit Saint : Le Père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, carme français, qui sera béatifié le samedi 19 novembre 2016 en Avignon, l’appelait "son ami". Une grande partie de ses écrits, conférences, et surtout son expérience personnelle traitent de la troisième personne de la Trinité, en nous aidant à faire de l’Esprit Saint, à notre tour "notre ami". Prendre connaissance du site :
    www.pere-marie-eugene.org

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