JMJ

Interrogations ecclésiales

par Gérard Leclerc

lundi 25 juillet 2016

Comment faut-il interpréter la décision romaine de donner à la rencontre entre le Pape et l’épiscopat polonais un caractère privé, en prologue des Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie ? Y a-t-il une volonté de la part de François de favoriser ainsi la liberté des échanges, alors qu’il y a une réelle difficulté de compréhension et d’accord sur certains sujets cruciaux ? Celui de l’accueil des migrants est manifeste. Sans être exactement sur la ligne très rigoureuse de l’actuel gouvernement de Varsovie, les évêques polonais envisagent avec la plus extrême prudence l’arrivée possible des flux de réfugiés fuyant les convulsions du Proche-Orient. Il y a d’ailleurs là-dessus un consensus évident avec les autres épiscopats d’Europe centrale. Qu’il puisse y avoir une franche explication sur une telle question, d’évidence complexe, il y a lieu de s’en féliciter. Le Pape, lui-même, ne se doit-il pas de préciser sa pensée sur certains points pour être mieux compris ? À diverses reprises, il a évoqué la nécessité d’une intégration sérieuse des personnes accueillies qui doivent s’adapter aux pays qui les reçoivent. Mais quand l’immigration atteint une grande ampleur, avec des millions de postulants, la tâche intégratrice s’avère infiniment plus difficile.

L’épiscopat polonais a bien d’autres préoccupations à partager avec François. S’il a la chance de disposer de l’encadrement d’un clergé nombreux, de congrégations religieuses florissantes et d’un peuple chrétien vivant profondément de la pratique sacramentelle, il doit aussi affronter l’évolution d’une société tentée par les dérives d’un modèle de consommation à l’occidentale. Comment envisager les changements des attitudes devant la vie, en adoptant une pastorale évangélique, plus orientée vers une « écologie humaine » que se crispant sur un moralisme rigide ? Il pourrait d’ailleurs y avoir entre nos Églises une confrontation bienfaisante, puisque la nôtre, par exemple, est en mesure de tirer les enseignements d’une expérience qui, si elle fut souvent cruelle, n’en est pas moins riche de suggestions. La situation politique de la Pologne – qu’il nous faut juger avec prudence, faute d’en avoir une connaissance exhaustive ou directe – semble significative d’une tension assez redoutable entre une tendance libérale tentée par nos réformes sociétales et une tendance conservatrice, tentée par l’autoritarisme. Le catholicisme polonais, qui est lui-même en proie à de profondes interrogations, pourrait jouer un rôle médiateur. Il serait intéressant d’avoir, à ce propos, l’avis motivé de nos amis du Tygodnik powszechny. Très marqués par l’empreinte intellectuelle et doctrinale d’un Karol Wojtyla qui participa à leurs travaux, ils doivent être en mesure de faire fructifier une tradition qui associe la fidélité à la créativité.

Faut-il ajouter que nous n’échappons pas, nous autres Français, à ces interrogations ecclésiales. Les derniers mois n’ont pas été faciles pour notre Église, aux prises avec une campagne médiatique qui l’a souvent conduite à la défensive. D’évidence, ce type de tourmente est l’occasion d’une remise en question profonde, avec les révisions qui s’imposent et sont la condition d’un redressement de l’institution. Cependant, si éprouvante soit-elle, cette crise ne saurait empêcher une réflexion plus générale sur nos grandes orientations pastorales. Tout se passe comme si par timidité, si ce n’est par idéologie, toute une partie de notre appareil hésitait (lorsqu’elle ne s’y oppose pas carrément) à tirer les conséquences du formidable réveil qui s’est opéré dans les profondeurs du peuple catholique, refusant de toute son âme la destruction de notre civilisation morale. Les effets en chaîne de ce soulèvement de la vie continuent, grâce au Ciel, de se développer et de produire leurs fruits. Il est grand temps pour notre Église d’en prendre conscience et d’adopter une ligne de conduite propre à susciter une véritable renaissance spirituelle.

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Gérard LECLERC

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Messages

  • Bonjour et merci pour votre éditorial.

    Je prends appui sur le dernier paragraphe de votre message, c’est-à-dire sur des interrogations ecclésiales franco-françaises, ou plutôt à la fois épiscopales et hexagonales.

    1. Nous avons connu et subi, successivement,

    - un catholicisme "communisant", certes pas communiste, mais qui a longtemps dénié aux catholiques le droit d’être catholiques au point d’être plus anti-communistes que philo-communistes, à l’égard de la doctrine et des pratiques du communisme, et non bien sûr, vis-à-vis des personnes communistes ;

    - un catholicisme "socialisant", certes pas socialiste, mais qui a longtemps été "droits-de-l’hommiste", en ce qu’il a longtemps cru que les droits de l’homme sont une actualisation, quasiment chrétienne, équivalente à la loi naturelle, mais bien meilleure qu’elle (c’est à cause de cette ERREUR que certains clercs "auront l’air fin" le jour où les droits à l’avortement et à l’euthanasie seront élevés au rang de droits de l’homme) ;

    - un catholicisme "sociétalisant", croire-ensembliste et vivre-ensembliste, oecuméniste et eudémoniste, à telle enseigne que l’on se demande vraiment parfois si, pour certains évêques, la religion chrétienne n’est pas devenue la religion du confort relationnel et du bonheur intramondain, compte tenu de la teneur de leurs discours publics, notamment et surtout ad extra.

    2. Par ailleurs, et là je crois qu’il faut être sans la moindre illusion, bien des évêques continuent à se comporter exactement comme s’ils étaient soumis à ce mandat impératif : maintenir, coûte que coûte, à tout prix, l’après-Concile à la française qui est mis en oeuvre, depuis à présent un peu plus d’un demi-siècle, dans les diocèses de France, à l’abri de la moindre critique interne à la fois formelle et frontale.

    3. Donc, à mon avis, le catholicisme français ira mieux quand il sera, pour ainsi dire, moins "sociétalisant" et plus "théologalisant", en d’autres termes, notamment,

    - quand on commencera à prôner, beaucoup moins qu’actuellement, les "valeurs chrétiennes" (de quelles valeurs s’agit-il, et en quoi sont-elles chrétiennes ?),

    - quand on recommencera à prôner, bien plus qu’aujourd’hui, les vertus chrétiennes : la Foi, l’Espérance, la Charité, en tant que vertus surnaturelles, théologales, dont la concrétisation implique une attitude courageuse, et non consensuelle,

    - quand on cessera d’avoir une attitude à la fois amnésique et acritique sur les origines intellectuelles, les modalités liturgiques et pastorales, et les conséquences morales et spirituelles du déploiement, dans les diocèses, de l’après-Concile à la française.

    4. On rappellera ici que l’alternative est située entre la sainteté et le suivisme, et que cette alternative est située à la fois au-dessus et au-devant de chacun d’entre nous, donc aussi au-dessus et au-devant de chacun des évêques.

    5. La caractéristique fondamentale du christianisme catholique contemporain, en tout cas, dans le contexte diocésain français, est en effet le suivisme, notamment parce que l’on a cru, aux lendemains de la seconde guerre mondiale, puis, davantage, aux lendemains du Concile,

    - que le monde contemporain était beaucoup plus proche qu’auparavant de Jésus-Christ, compte tenu des idéaux apparents et des valeurs officielles du même monde contemporain,

    et

    - qu’il suffisait de lui proposer un accompagnement humanisateur, une homéopathie morale et spirituelle, là où il aurait fallu avoir le courage et la franchise de lui prescrire une alternative christianisatrice, une allopathie fondée sur la défense et la promotion de la foi surnaturelle et la loi naturelle.

    6. Je me prépare à terminer ce message d’une manière provocatrice :

    - de même que, dans un autre milieu et à un autre moment, on a parlé de ceux qui ont préféré avoir tort avec Sartre, plutôt que raison avec Aron,

    - de même, au sein du catholicisme contemporain, diocésain et français, on peut parler de ceux qui ont préféré être "humanistes", avec Hans Kung, plutôt que catholiques, avec Joseph Ratzinger puis Benoît XVI.

    Il ne tient qu’à nous de faire des remarques, et non des reproches, aux évêques français, et il ne tient qu’à eux d’en tenir compte, au point de commencer ou de continuer à remplacer une stratégie globale placée sous le signe de "l’humanicisation" par une véritable évangélisation, avant tout inspirée par le contenu, éclairant et exigeant, de la Parole de Dieu, et non avant tout inspirée par une certaine vision, iréniste, du devenir du monde.

    Bonne journée.

    A Z

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