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Grand-orientalisme de la Gardienne des Sceaux

par Dominique Daguet

lundi 4 février 2013

Voici une déclaration d’intention qu’a faite Madame le Garde des Sceaux aux parlementaires : combien sont « profondes les divergences sur nos conceptions de la société » et elle ajouta : « Dans nos valeurs, l’Éducation vise à arracher les enfants aux déterminismes sociaux et religieux et d’en faire des citoyens libres ».

Pour ce qui est des divergences, Madame Taubira use d’une expression d’une timidité qui étonne ! Il s’agit de bien davantage, ce sont plutôt des gouffres, des abîmes, des failles sismiques qui nous séparent : plus loin, je dirai peut-être l’une des causes possibles que j’entrevois de cette dérive semblable à celle des continents…

Je retiens sur le moment qu’elle parle de « déterminismes sociaux et religieux ». Elle a oublié le mot politique, mais cela n’a aucun importance car la politique est à la base même de ce qui est social.

Je commence donc ma réflexion – gros mot j’en conviens, et pourtant je vais bien essayer de réfléchir en secouant, autant que faire ce peut, mes pauvres neurones mis à mal par les soubresauts absurdes de l’époque – par le premier mot à retenir : « Éducation ». Déjà, il est impossible de comprendre ici ce mot autrement que comme un « formatage » façon soviéto-communiste, impossible de ne pas le rattacher aux décisions prises par les communistes de France rassemblés en congrès en 1948 : décisions qui devaient permettre de « séparer » [1] les enfants de leurs parents » par le biais d’une subversion de… l’Instruction publique, ce qui fut mis en œuvre progressivement en endoctrinant à mort le corps professoral, hélas abandonné par la droite, le centre et les gens de gauche qui n’avaient rien compris sur ce qui se mettait en mouvement : rien de moins que la nouvelle révolution française.

L’on voit que le parti socialiste d’aujourd’hui boit à la source commune et reprend, sans vergogne, la croisade de Robespierre et de Saint-Just. Ce point doit être compris, commenté, condamné avec la plus vivante ferveur par tous ceux qui ont gardé de la Liberté une notion qui ne doit rien au totalitarisme, qu’il soit ancien, qu’il soit nouveau. En fait de changement nous sommes servis : rien que des vieilleries d’une idéologie encrassée par deux siècles de bévues, de crimes [2] et de contradictions.

Maintenant au tour du « déterminisme » ! Le propos de Madame Taubira, qui sort en droite ligne des convents [3] du Grand Orient, relève plus de la farce que de la raison. Car le déterminisme le plus assuré qui soit en France n’est autre que celui qu’exerce sur notre peuple et avec une constance aveugle l’État français, et donc Madame Taubira en première ligne aujourd’hui : celui déjà de son athéisme obligatoire. (Je ne viens pas ici dire qu’il est mauvais ou interdit d’être athée : je dis seulement qu’il est abusif car « déterminant » de l’imposer en dogme à toute la sphère publique !)

Le lieu où ce déterminisme est le plus efficace est assurément celui de l’école « publique ». En effet, les enfants de France sont inscrits à environ 80% – le fameux pourcentage [4] que se réserve l’État français – dans les établissements scolaires « publics » : on sait que les idéologies gauchistes véhiculées par cet enseignement marquent profondément l’esprit de ces jeunes sans qu’ils puissent en juger, car la légende de l’enfant qui sait tout et n’a plus qu’à être dynamisé pour retrouver en lui ce qu’il sait n’est que galéjade d’illusionniste. Il est vrai qu’il détient le pouvoir depuis cinquante années.

Le « laïcisme » – et non pas la laïcité –provoquant souvent chez de nombreux professeurs, doit être stigmatisé [5]. Le silence mutique qui « doit » entourer les notions de Dieu, divinité, transcendance, Providence, Toute Puissance, impassibilité etc. est sans doute le déterminisme le plus caricatural que l’on puisse imaginer [6] : les élèves intelligents ne peuvent que s’en sortir par le haut, les autres, les plus nombreux, ne peuvent qu’en sortir invalides de l’esprit, ne disposant plus des raisons absolues de reconnaître ce qui est bien, ce qui est mal. À écouter ce qui se dit dans l’enceinte nationale, ils ne sont pas les seuls…

Madame Taubira devrait donc (ou doit ?) demander au Ministère de l’Éducation de revenir sur cet ensemble de faits afin que soient résolument éliminés tous ces déterminismes calamiteux qui en sont la marque infamante, selon ses propres visions, avant de songer à « arracher » nos enfants aux soi-disant « déterminismes sociaux et religieux » qu’elle condamne si légèrement.

Vous avez dit « déterminismes sociaux » ? Et « religieux » ? Il faudrait donc les éradiquer ? Mais l’enfant à l’école, que ou qui fréquente-t-il ? Deux petites « sociétés » : celle des professeurs et celles de leurs condisciples. Et Dieu sait que la seconde est importante et efficace : que de parents qui ne reconnaissent plus par exemple le langage de leur chère progéniture ! Comment va-t-elle s’y prendre, la besogneuse Gardienne, pour obtenir cette éradication ? Les forceps fonctionnent mal dans de telles conditions…

Parmi les déterminismes sociaux il faut d’abord compter la petite société de base formée par les familles. Certes on voit l’État réussir peu à peu, sous le prétexte chatemiteux – ohé ! Raminagrobis ! La Fontaine avait vu juste ! – à « s’emparer » des enfants de deux ans, qui ont un besoin évident d’être scolarisés ! « Arrachés » dès leurs deux ans accomplis ! Si petits, si fragiles, si dénués de ressources ! Si confiants ! Les parents qui travaillent y trouvent certes leur compte : je ne suis pas certain que ce soit le bon.

Ces quelques réflexions démontrent à elles seules qu’il est radicalement impossible de supprimer les déterminismes, accusés par la dévouée Garde des Sceaux de rendre les enfants esclaves puisqu’elle croit, l’illuminée, que son projet en fera des citoyens libres.

C’est la pratique de la liberté au quotidien qui seule permet à l’être humain de se découvrir, de grandir et de devenir, entre autres nécessités, un « citoyen libre » : cela au sein de ces sociétés multiples, contraignantes et contradictoires, familières autant qu’éducatives, aimantes certaines tandis que d’autres peuvent être hostiles, et qu’il convient malgré tout d’épouser car toutes peuvent fournir leurs lots d’expériences utiles et pratiques sans lesquels impossible de s’insérer progressivement dans la société des adultes.

Mais un futur citoyen ne dépendant que de ce que l’État penserait pour lui, voudrait pour lui, organiserait pour lui, choisirait pour lui pourrait-il réellement devenir un « citoyen libre » ? Quand j’entends prononcer les mots de la « pensée unique » sortir des multiples bouches médiatiques quasi unanimement dévouées aux projets de l’État de Gauche, unanimement méprisantes des oppositions qu’ils rencontrent, comment puis-je imaginer que ces multiples bouches soient l’expression véritable de citoyens et de citoyennes « libres » ? Nous avons, durant les trente dernières années, assisté à l’émergence de la toute-puissance des médias de gauche, le bras armé du totalitarisme républicain de gauche : nous ne pouvons plus, non pas y croire, mais faire confiance. Il faut appartenir aux enrégimentés pour tenir cette position.

Le citoyen libre ne peut être que multiple et non être le résultat d’un formatage quotidiennement et savamment exécuté, d’une sorte de GPA culturelle dont les donneurs ne seraient que des membres du gouvernement ou des journaux ses soutiens. L’horreur même.

Le matraquage systématique que nous recevons de l’essentiel de ces médias unisexe [7]., en ce qui concerne la politique, l’Europe, les mœurs, l’enseignement, l’homosexualité, la culture, la foi etc., ne relève pas de l’ordre de la liberté, seulement de l’ordre du déterminisme le plus étroit : de l’enrôlement idéologique le plus obtus ! D’où, par exemple, l’acquiescement révérencieux de la plupart des députés socialistes aux projets actuellement en discussion...

On dirait qu’ils n’ont ni entendu ni réfléchi à l’ensemble, pourtant extraordinaire, des arguments déversés dans le sein immense de l’Araignée – pour certains la Toile ! J’en reste véritablement ébahi, confondu, plus encore : épouvanté ! Un tel blocage des neurones ! Une telle paralysie de la pensée ! Et ils prétendent nous gouverner ! Cette prétention est folle, mais surtout destructrice, en aucun cas constructrice.

J’en viens au mot « religieux » prononcé en dernier et du bout des lèvres par Madame la Gardienne en chef des Sceaux de la Justice. Elle ne peut pas ignorer – si non elle serait profondément inculte, ce qu’elle ne peut pas être tout à fait – l’apport civilisationnel de la religion chrétienne en notre pays bienaimé…Ce que cette civilisation, non encore passée avec armes et bagages outre le petit ruisseau supposé par Gabriel Marcel, continue d’apporter à la France : ne serait-ce que cet appel à résister formulé il y a peu par le Cardinal Vingt Trois. Quand l’objection de conscience, dit-il, est interdite par la loi, il faut passer outre la loi. Je vois déjà le tsunami profond que provoquerait à gauche la rébellion ne serait-ce que trois cents maires, tous passibles des foudres de l’État ! Mille évidemment serait mieux : or ils sont quelques dix-mille à pouvoir en effet entrer dans cette révolte.

Ce petit parcours sémantique me navre et me transperce de toutes parts. L’intégrisme grand-oriental étale sa puissance : un parti qui peut jouer sur tous les registres du pouvoir, du plus petit au plus haut placé. Mais une chose est de disposer des pouvoirs temporaires acquis on sait trop bien comment – des médias déchaînés, ayant passé le Rubicond de la honte, s’acharnant à faire entrer dans le triste ciboulot des Français que leur salut était dans le nom de François Hollande. Ils sont récompensés de l’avoir « fait élire » - ce qui est plus qu’exact car sans eux il aurait regagné « fissa » sa bonne ville de Tulle – et chacun emportera la prime de trente deniers.

Mais juste encore une remarque : Madame Taubira ne sait plus où se trouve le bien, où le mal. Ne sait plus… Tout être humain hésite à ce sujet qui n’est pas qu’un sujet de baccalauréat, tergiverse, doute, se demande si telle direction est juste, bonne, praticable… mais s’il a décidé de ne recourir pas ou plus au Seul qui puisse indiquer la direction de la Justice, du Bien et du Mal, de la Charité et de l’Amour, de la Vérité donc, alors on peut tout craindre parce qu’il s’est ainsi crevé les yeux, bouché les oreilles, interdit le passage de l’obscur à la lumière. Il faut pour aller à cette extrémité avoir décidé dans l’absolu de ce que l’Absolu n’existe pas. Combien d’athée ne le sont que parce qu’ils ne trouvent pas le passage… et le regrettent, restant en attente.

Madame Taubira nous a livré en deux lignes le fond grand-oriental de sa pensée : un peu court, Madame, aurait dit Cyrano ! Il se trouve en effet qu’il est rare d’entendre un propos aussi inconséquent en même temps qu’aussi impraticable, au sens du chemin qui le serait devenu suite à une tempête de force 9 ! On pourrait faire valoir, en effet, que ces prétendus déterminismes commencent avant même la naissance ! Comment alors leur arracher les enfants ? Que le moindre contact avec un humain, de la famille ou non, est nécessairement « déterminant » d’une façon ou d’une autre. Que l’expression d’un tel vouloir est en lui-même déterminant, dans le sens le plus fâcheux qui soit car expression d’une pensée acquise au totalitarisme !

Et pour enfin faire court – cher lecteur, pardonne-moi cette plaisanterie –, disons que cet « arrachement » programmé ne saurait être désiré par un gouvernement qui n’a que le mot démocratie à la bouche : s’il veut nous rendre furieusement antidémocrates, qu’il poursuive dans cette voie. Ce n’est pas la disgrâce et la honte que je nous espère.


[1Pas encore « arracher » !

[2Je n’oublie jamais le génocide vendéen et le mémoricide qui a suivi.

[3Un convent est, chez les francs-maçons, l’assemblée générale des frères. Il n’est pas possible que même les frères de base au sein du Grand Orient ne connaissent pas ce but avéré de leur loge.

[4Impossible, avec un tel pourcentage, de ne pas peser sur la conscience des enfants, de ne pas laisser pénétrer lentement dans leur esprit que Dieu ne saurait exister. Ou, comme a fini par le penser, à sa sortie du lycée, Simone de Beauvoir, que « Dieu ne faisait pas le poids ». Mais le poids devant quoi, devant qui ? Lire l’autre Simone, l’auteur de La Pesanteur et la Grâce…

[5J’ai reçu à ce sujet des plaintes d’au moins une dizaine de ceux de mes anciens élèves qui fréquentaient le lycée Chrétien de Troyes.

[6Laïcisme : en France, combat ou guerre contre les religions, essentiellement le christianisme, et au sein du christianisme essentiellement le catholicisme. Laïcité : assurance donnée aux diverses religions et mouvements culturels de pouvoir être pratiqués ou développés librement sous la protection de l’État, sans qu’aucun d’entre eux puisse agir contre les autres.

[7Il suffit d’écouter et de voir les présentateurs, davantage les femmes que les hommes, des journaux télévisés de l’État manifester leur intime conviction juste avec leurs yeux, leurs sourires, leurs mimiques, leurs intonations pour savoir qu’ils approuvent aveuglément ce qui vient de François Hollande, de Jean-Marc Ayrault, de Christiane Taubira, de Vincent Peillon et autres fossiles robespierriens

Messages

  • Je voudrais réagir à deux points de cet article.

    Tout d’abord, le "Grand-orientalisme" de Madame Taubira. Je me souviens que dans les années 1970, Pierre Simon, grand maître du Grand Orient, dans un livre intitulé "De la vie avant toute chose" avait écrit à peu près : "La vie humaine ne doit plus être un don de Dieu, mais doit devenir un matériau qui se gère". Un matériau qui se gère...On y arrive.

    Par ailleurs, j’ai enseigné en collège et lycée publics, donc de la 6ème à la terminale, entre 1973 et 2010. J’ai toujours voté à droite, je suis catholique croyante et pratiquante, et je vous assure que je n’ai jamais été "endoctrinée à mort". Egalement, j’ai toujours eu des collègues respectant la laïcité de l’enseignement, laïcité qui est rendue nécessaire par le respect de la conscience des élèves et par le fait que l’enseignement public reçoit des élèves d’origines et de convictions extrêmement variées. Je précise que la laïcité n’a rien à voir avec le laïcisme soi-disant présent chez de nombreux professeurs d’après l’auteur de cet article. Ceci dit, il est vrai qu’il y a davantage d’enseignants votant à gauche qu’à droite. Mais pourquoi les gens de droite ne se présentent-ils pas à l’agrégation ou au Capes ? Est-ce parce que nous sommes mal payés, mal considérés ? Est-ce par crainte d’être envoyés dans un quartier difficile ?
    J’ajouterai une remarque annexe : si la qualité de l’enseignement a beaucoup baissé depuis quelques dizaines d’années, c’est à cause des réformes imposées aussi bien par les gouvernements de droite que de gauche, sous la pression de l’OCDE, réformes auxquelles de nombreux professeurs ont tenté de s’opposer (manifestations, grèves...), mais sans grand succès.

    Cordialement.

  • Trente ou quarante ans à l’échelle humaine, c’est plutôt déterminant. Et puisqu’il s’agit ici, entre autres, de la marque du grand-orientalisme, l’on sait, mais on le dit presque jamais que, à quelques nuances près sans grande portée, les obédiences maçonniques, spécialement en France, formatent peu à peu à au fil du temps la pensée, les jugements, les attitudes... Dit rapidement, pour atteindre leur but, les obédiences font en sorte que les générations suivantes n’aient plus les points de repères des précédentes. C’est-là l’une des raisons des attaques non déclarées contre la famille naturelle et ses principes non moins naturels, tel est le signe de notre abaissement.
    L’on semble, ici et là, se réveiller brusquement après avoir somnolé interminablement, car le tableau de bord des dangers sur les principes de la Vie naturelle clignote de partout, alors que l’on s’aperçoit (trop tard ??) que la vigilance avait fini par s’émousser complètement, l’alerte est là.
    On peut tourner autour du pot sans fin, mais ce que l’on nomme le religieux en l’homme est, d’abord, une instance psychique en l’homme, laquelle comporte une dimension naturelle religieuse qui recouvre un certain nombre de sentiments et d’attitudes propres aux hommes comme le mysticisme, l’amour maternel préfigurant l’amour du prochain, recherche d’un ordre, etc, et ce n’est pas pour rien. La laïcité comporte des articulations commodes au vues des religions diverses se frictionnant en ce monde, a, quelque part, nécessairement, une dimension religieuse inconsciente qui fait réagir comme une religion. Beaucoup d’entre nous, sous les influences des idées dites "modernes", on opté pour la laïcité, et même la laïcité militante. Une laïcité devenue laïcisme chez beaucoup, une laïcité-réflexe, ou pavlovienne...
    Nous oublions (voir l’ontogénèse et les connaissances anthropologiques) que nous sommes tous, sans exeption, conditionnés biologiquement et socio-culturellement, y compris les militants laïcistes qui se dirigent inconsciemment vers leur religion non nommée comme telle... Pour aller vite, car le sujet est lourd, la fameuse liberté de conscience qui pense s’affranchir des conditionnements humains, paraît chez certains comme une véritable divinité laïque (à moins qu’elle soit un fétiche de plus), repose qu’on le veuille ou non, que ça plaise ou non, sur des déterminismes absolument inévitables que nous avons de notre passé biologique et culturel, même si, très instruits, nous "évoluons beaucoup", même si nous évoluons à 180 degrés d’ailleurs.
    La déconfessionalisation du christianisme, apparaît comme un travail de sape soutenu de génération en génération (dans l’espoir d’introduire en l’homme d’autres conditionnements ?) ressemble à présent à un traumatisme interne à une culture et à une civilisation. Repousser ou nier ce qui nous a formé au lieu de s’en servir comme d’un tremplin fécond et créatif, est une mutilation, un affaiblissement et un appauvrissement à plus d’un titre. L’actualité parle d’elle-même.
    Ne pouvant développer davantage, je rappelle seulement la constatation suivante : "chassez Dieu et, tôt ou tard, vous chasserez l’homme".

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