Traduit par Pierre

Existe-t-il une position Catholique officielle sur l’Islam ?

par William Kilpatrick

vendredi 4 novembre 2016

Tout comme la plupart des Américains je ne savais pas grand’chose sur l’Islam avant le 11 septembre 2001. Alors, j’acceptais la traduction répandue : "Islam" signifie "paix".

C’est ce dont nous assuraient le Président Bush et autres dirigeants , et ils insistaient aussi sur la représentation minime de l’Islam par la minuscule minorité des terroristes du 11 septembre. L’argument le plus convaincant pour moi venait cependant de l’Église Catholique qui semblait avoir le même point de vue — l’Islam était une religion de paix.

Cette position nette sur l’Islam était bien goupillée par le document issu du Vatican, "Nostra Aetate". La partie consacrée aux relations de l’Église avec les États musulmans précise que les Musulmans "adorent le Dieu unique", "vénèrent Jésus", "honorent Marie", et "sont attachés aux principes moraux". En d’autres termes, leur religion est bien comme la nôtre.

S’il en était ainsi, alors il serait raisonnable de soutenir que l’Islam, comme le Catholicisme, est une religion pacifique et que les terroristes, par conséquent, ne comprenaient pas leur propre foi.

Comme les Occidentaux avaient alors une connaissance minime de l’Islam, et "Nostra Aetate" lui donnait un éclairage positif, on peut comprendre que les Catholiques vers 2001 aient pu accepter l’idée que "Islam" signifie "paix".
Ce qui est surprenant, pourtent, c’est que quinze ans plus tard il y en ait encore tant qui le croient. Depuis le 11 septembre, un grand nombre de preuves s’est accumulé pour laisser entendre que l’Islam n’est pas une religion de paix, et ne l’a jamais été. On en trouve une abondance de preuves dans les textes et enseignements de l’Islam, au cours de l’Histoire, et dans les titres qui défilent au bas de vos écrans de télévision.

Reste "Nostra Aetate" à se mettre sous la dent. Pour certains Catholiques c’est un texte définitif — la position inébranlable de l’Église sur la religion d’Islam. Et depuis Vatican II il a servi à restreindre plutôt qu’à développer la connaissance de l’Islam. Pour autant que des Cathliques soient touchés, l’Église s’est exprimée (par "Nostra Aetate") au sujet de l’Islam, et il n’y a rien à ajouter.

Ce qui semble être le point de vue, par exemple, de Mgr Stuart Swetland, Président de la Faculté Donnelly, qui a récemment déclaré que ceux qui réfutent la nature pacifique de l’Islam « vont à l’encontre de l’enseignement du Magistère sur ce qu’est l’authentique Islam. »

Mais on constate actuellement que le fréquemment cité "enseignement du Magistère" sur l’Islam n’a jamais eu un caractère définitif. L’objet initial de "Nostra Aetate" semble avoir été un geste en direction des non-Chrétiens. La préface du document exprime clairement le souci essentiel de toucher « ce que les humains ont en commun et ce qui les amène à vivre en bonne entente. » Une simple lecture superficielle montre déjà que les Pères Conciliaires avaient en tête la tolérance, et non une précision de doctrine.

Certaines des critiques les plus acérées sur "Nostra Aetate" ont été exprimées par S.S. Benoît. Dans un article d’octobre 2012 pour "L’Osservatore Romano" il cite une "faiblesse" de "Nostra Aetate" : « on n’y parle de religion qu’en termes positifs, négligeant les formes malsaines et corrompues de religion. » La pensée guidant "Nostra Aetate" au sujet de l’Islam était-elle à sens unique, sans la moindre précaution ? Est-ce par souci d’amitié que les Pères Conciliaires avaient décidé de négliger la face sombre de la foi musulmane ?
C’est vraisemblablement ce que S.S. Benoît avait à l’esprit quand il parlait d’une "faiblesse" du document. Quelques mois auparavant on avait cité au Vatican S.E. le Cardinal Walter Brandmuller déclarant que "Nostra Aetate" « n’a pas de caractère doctrinal obligatoire. » Comme il est avec Mgr Agostino Marchetto co-auteur d’un ouvrage intitulé "Interprétation de Vatican II - les clés de S.S. Benoît XVI" il est probable que S.S. Benoît partage cette opinion.
Le défaut de "Nostra Aetate" est de nous laisser devant une image incomplète de l’Islam. Il y a sous des similitudes superficielles entre Islam et Chrétienté citées par ce document un gouffre immense. Les Catholiques ne connaissant des cfoyances de l’Islam que par "Nostra Aetate" et "Le Catéchisme de l’Église Catholique" ne sauraient jamais que l’Islam repose sur un déni spécifique et souvent véhément de presque toutes les doctrines essentielles de la révélation Chrétienne — Trinité - Incarnation - Crucifixion - Résurrection. Bref, leur religion n’est nullement "comme la notre".

Il est réconfortant de constater que, lentement mais sûrement, les autorités de l’Église aient une vision plus réaliste du document Le signe le plus récent de cette évolution est donné par une déclaration de l’Archevêque Mgr. Guido Pozzo, Secrétaire du Conseil Pontifical Ecclesia Dei. Sa déclaration à un journal allemand : « "Nostra Aetate" n’a aucune valeur de dogme, on ne peut demander à quiconque de reconnaître cette déclaration comme dogmatique. » Pour autant que je sache, nul ne l’a contredit là-dessus.

Bonne nouvelle. La fiction selon laquelle "Nostra Aetate" obligerait les Catholiques à croire en la nature pacifique de l’Islam a fait assez de mal — d’abord en donnant aux Catholiques une fausse impression de sécurité devant la menace de l’Islam. Les points étant mis sur les "i", la voie est ouverte aux Catholiques pour une réflexion plus réaliste sur la foi instituée par Mahomet. Un bon départ consiste à enterrer l’idée que "Islam" se traduit par "Paix". Le mot "Islam" signifie "Soumission".

1er novembre 2016

Source : https://www.thecatholicthing.org/2016/11/01/is-there-an-official-catholic-position-on-islam/

Photo : L’Italie active la sécurité face aux menaces islamiques.

Messages

  • N’étant pas plus théologien qu’expert en Histoire des religions c’est, pour ainsi dire, sur la pointe de la plume que j’ose exposer un point de vue sur l’article de William Kilpatrick. L’usage de beaucoup de prudence à l’égard de ce papier aura dirigé sa relecture avec une attention redoublée après l’intérêt qu’il aura provoqué.

    - dans les § 1, 2 et 3 l’auteur aborde le sujet en signalant la date du 11 septembre 2001 pour expliquer qu’avant cela l’Islam signifiait "Paix", en tous cas ainsi que l’assuraient le Président Bush et autres dirigeants". Mais l’argument le plus convaincant d’après l’auteur vient de l’Eglise catholique par Nostra Aestate "qui précise que les Musulmans adorent un Dieu unique, vénèrent Jésus, honorent Marie et sont attachés aux principes moraux", et d’ajouter : "En d’autres termes, leur religion est bien comme la nôtre" (!!)... Après avoir qualifié cette position de l’Eglise catholique comme "bien goupillée" dans Nostra Aestate...

    Commentaire succinct : démarrer l’article par évocation de la date "fatidique", pourquoi ? Grande surprise d’apprendre que "la plupart des Américains" considéraient Bush et autres dirigeants comme théologiens
    traduisant "Islam" par "Paix". Enfin, une autre traduction, cette fois par l’auteur lui-même, des trois "précisions" de Nostra Aestate que l’Islam est bien comme la religion catholique. "Bien goupillée" semble quelque peu cavalier et "en d’autres termes" ne reflète que le sentiment de W. Kilpatrick.

    La suite de l’article est comme un "melting pot" où se bousculent les "textes et enseignements de l’Islam sur les écrans TV, Mgr Stuart Swetland, Nostra Aestate "à se mettre sous la dent", des "critiques acérées sur ce document exprimées par S.S. Benoit XVI reflétant "vraisemblablement ce qu’il avait à l’esprit", Mgr. Brandmuller et le caractère non doctrinal obligatoire de N.A. (nous voici rassurés !), Mgr Marchetto dont S.S. Benoit XVI partage "probablement" l’opinion, la déclaration de Mgr Pozzo selon laquelle "Nostra Aestate" n’a aucune valeur de dogme" (rebelote), pour terminer le papier par la nécessité "d’enterrer (la pauvre) l’idée que l’Islam se traduit par "Paix" puisque (trouvaille) "Le mot Islam signifie "Soumission"". (OUF !).

    Ce premier contact avec W. Kilpatrick inspire un sentiment de grande prudence sur l’article assimilable à, disons, un papier politique (qui débute et se termine par la définition de l’Islam en passant par la date du 11 septembre 2001 et Bush et Cie), une confusion apparente dans la présentation de la pensée réelle de Benoit XVI sur la question, en bref, une prise de position contre le § de N.A. concernant la religion musulmane à l’aune de l’implosion des "Twin Towers"...

    En conclusion : un papier ordonné-désordonné dans sa conception, visiblement plus "attaquant" que "critique objective et - autant que faire se peut - impartiale" dans le fond et la forme : "ne reste plus que Nostra Aestate à se mettre sous la dent", venant après "la position nette sur l’Islam bien goupillée par le document issu du Vatican" et précédant les "critiques les plus acérées exprimées par Benoit XVI" etc.

    Enfin, un article intéressant du seul fait qu’il semble bien suggérer l’indigence de la documentation et surtout une approche politique et religieuse comme qui dirait suspecte. Simple constatation pour éviter tout jugement d’intention.

    PS

    Appréciation de la traduction.

  • L’auteur n’a rien compris au chapitre 3 de Nostra Aetate mais il est inutile d’aller plus loin car on est reparti pour faire de l’ "auto-allumage" sur l’islam...Ca finit par être lassant...

    Pauvres catholiques américains qui n’ont que ça pour nourrir leur réflexion...

    Heureusement qu’on dispose à présent de bons ouvrages de référence en français qui permettent d’éviter de pénibles contresens. On a par exemple pu signaler la parution d’un petit livre stimulant du Père Adrien Candiard qui vaut à lui tout seul mieux qu’un abonnement annuel au Catholic Truc... On dirait d’ailleurs que le titre du livre est une réponse à l’article : "Comprendre l’islam ou plutôt...pourquoi on n’y comprend rien" !

    • A propos d’"auto-allumage" il serait honnête d’ajouter qu’il sévit depuis belle lurette ailleurs que sur l’islam. D’autre part, la publication d’articles de The Catholic Thing est toujours bienvenue car la diversité des thèmes et de pensée qui les sous-tendent invitent à la réflexion. Il est enrichissant d’apprendre un peu plus sur l’autre - ici, quelques-uns de nos coreligionnaires des USA - au lieu de faire, par exemple, des fixations sur des phobies névrotiques, ce qui est plus que lassant.

      Le choix de cet article est parfaitement de mise, d’abord du seul fait de la conjecture actuelle et aussi parce qu’il développe un sujet que l’auteur traite en double volet : politique et religieux. Ce qui pourrait rendre le billet de W. Kilpatrick quelque part suspect, c’est que l’auteur, loin de s’être malencontreusement mépris sur Nostra Aestate, semble, au contraire, avoir bien saisi le sens du paragraphe sur l’islam. Sauf qu’à l’aune de la politique états-unienne concernant plus précisément les pays arabo-musulmans il est évident que Nostra Aestate puisse gêner aux entournures. Pour ne pas avoir atteint le degré de perfection, "le document du vatican", n’en est pas moins explicite sur l’islam et ne signale nulle part une quelconque similitude entre Jésus et Mahomet.

      Et puisque cité, il faudrait avoir bien saisi le fond de la pensée d’Adrien Candiard sur l’islam pour tout aussi bien digérer le contenu de son ouvrage dont le titre à lui seul est un programme : ce qui est encore plus important que de comprendre l’islam, c’est de chercher et trouver la ou les raison(s) pour lesquelles "on n’y comprend rien".

      C’est tout.

    • Pourquoi l’auteur de l’article n’a rien compris à Nostra Aetate (et il ne faut pas être membre de la congrégation pour la doctrine de la foi pour s’en rendre compte ; c’est à la portée du lecteur lambda honnête...) :

      1° Citation : "Cette position nette sur l’Islam était bien goupillée par le document issu du Vatican, "Nostra Aetate". La partie consacrée aux relations de l’Église avec les États musulmans précise que les Musulmans "adorent le Dieu unique", "vénèrent Jésus", "honorent Marie", et "sont attachés aux principes moraux". En d’autres termes, leur religion est bien comme la nôtre."

      - le chapitre 3 de Nostra Aetate n’est absolument pas consacrée aux relations de l’Eglise avec les "Etats musulmans". Ce chapitre illustre à propos de la religion musulmane, ce qui est dit au chapitre 2 à propos des religions non chrétiennes (reconnaissance du fait religieux en dehors de l’Eglise) ;

      - le chapitre n’affirme nullement que l’islam est une religion comme la nôtre. D’ailleurs il ne parle pas de l’islam mais exprime l’estime de l’Eglise envers "les musulmans" en tant que personnes religieuses ; ce que nous pouvons avoir en commun est tout au plus la religion naturelle (reconnaissance de la transcendance du divin et des droits de Dieu, ce qui participe de la vertu de justice, respect du prochain) ;

      - l’auteur omet d’ailleurs de citer le plus important : les musulmans ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu : ce qui suffit à faire comprendre que le dieu de l’islam n’est pas le dieu des chrétiens...Vraiment pas une religion comme la nôtre...

      2° Ensuite, le chapitre 3 ne dit rien du tout sur l’islam religion pacifique. Il ne dit rien du tout sur l’islam tout court d’ailleurs. Le texte se borne à exhorter les chrétiens et les musulmans à se respecter et à oeuvrer ensemble pour la justice et pour la paix. Il n’est pas question d’un rapport de religion à religion, mais des rapports interpersonnels entre chrétiens et croyants d’autres religions en dépit de l’ambiguïté de la rédaction de cette déclaration qui n’est pas la plus heureuse des textes de Vatican II..

      3° A ma connaissance, personne de sérieux et de compétent dans l’Eglise n’a jamais prétendu que ce chapitre 3 était un texte définitif. il s’agit d’ailleurs d’un ajout au texte central de la déclaration qui est le chapitre 4 consacré à la religion juive, demandé par les chrétiens d’orient pour neutraliser l’ire des musulmans contre un texte trop "philojudaïque"...Les dominicains du Caire s’y sont attelés avec un bonheur relatif... Il est d’ailleurs révélateur que le cardinal Koenig, dans l’édition 1965 des textes du concile par les Ed. du Centurion, vol. 2 p. 199, consacre à peine une dizaine de lignes (et encore : une paraphrase) au chapitre 3, mais pas moins de 8 pages au chapitre 4...

      En revanche, force est de constater qu’on n’a pas innové depuis ce chapitre 3, pour une raison qui s’impose d’évidence : tout est dit une fois qu’on a relevé le réemploi de "matériaux bibliques" islamisés dans le Coran (un Abraham musulman, une Marie musulmane, un Jésus prophète musulman...).

      4° Je relève encore une perle dans l’article : "Ce qui semble être le point de vue, par exemple, de Mgr Stuart Swetland, Président de la Faculté Donnelly, qui a récemment déclaré que ceux qui réfutent la nature pacifique de l’Islam « vont à l’encontre de l’enseignement du Magistère sur ce qu’est l’authentique Islam. »

      Je ne vois vraiment pas comment le Magistère pourrait engager son autorité sur l’interprétation d’une autre religion que le christianisme et faire du caractère pacifique de l’ "authentique islam" un article du dogme...Voir le livre du Père Candiard qui dit des choses infiniment plus intelligentes que ce Mgr Swetland sur l’interprétation de l’islam.

      5° L’auteur de l’article est enfin touché par la lumière lorsqu’il écrit : "L’objet initial de "Nostra Aetate" semble (ndr...mais c’est évident !) avoir été un geste en direction des non-Chrétiens. La préface du document exprime clairement le souci essentiel de toucher « ce que les humains ont en commun et ce qui les amène à vivre en bonne entente. » Une simple lecture superficielle montre déjà que les Pères Conciliaires avaient en tête la tolérance, et non une précision de doctrine."

      6° Citation "Le défaut de "Nostra Aetate" est de nous laisser devant une image incomplète de l’Islam."

      Le défaut de cette déclaration, qui n’a vraiment pas pour objet de fournir une image de l’islam, est surtout de prêter le flanc à des contresens tels que ceux qu’on vient de relever, 50 ans après... En fait le chapitre 3 est un simple appendice au chapitre 2. La déclaration ne met en rien l’islam sur un pied différent et certainement pas sur le même pied que le judaïsme.

      7° Citation : "Il est réconfortant de constater que, lentement mais sûrement, les autorités de l’Église aient une vision plus réaliste du document".

      C’est surtout une vision plus réaliste de l’islam qui a fait son chemin dans l’Eglise...

      8° Citation : " La fiction selon laquelle "Nostra Aetate" obligerait les Catholiques à croire en la nature pacifique de l’Islam a fait assez de mal — d’abord en donnant aux Catholiques une fausse impression de sécurité devant la menace de l’Islam."

      Il résulte de ce qui précède que ce développement est tout simplement stupide. Nostra Aetate ne nous a jamais obligé à rien envers l’islam, et c’est la charité fraternelle qui nous oblige envers les musulmans appréhendés d’abord comme personnes qui ne sont pas exclues du salut en dépit du fait qu’elles sont musulmanes...

      Quel pensum ce catholic truc ! Ou comment raisonner tordu sur un sujet déjà compliqué...

    • Sans se réfugier sous les robes des évêques et des cardinaux de l’Eglise catholique, le lecteur lambda pense que W. Kilpatrick a, bien au
      contraire, parfaitement compris le paragraphe de Nostra Aestate
      concernant l’islam. Il aura tout simplement et probablement essayé de semer la confusion dans un article politico-religieux et qui s’avère plus politique que religieux.

      Voila en 3 phrases et qq mots exprimé le droit de penser sur l’article et son auteur. Qui ne méritaient vraiment pas plus.

    • @ 6 novembre 17:45

      Bonne synthèse...

      Et, comme toujours, il faut revenir aux faits - en l’occurrence, au texte (*) :

      3. La religion musulmane
      L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre [5], qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.
      Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté.

      Comme on le voit, ce sont moins de dix lignes qui ont donné lieu à une interprétation assez élastique de la pensée de Paul VI par William Kilpatrick.

      @ 7 novembre 19:11

      Mais si, des musulmans vénèrent Marie Mère de Jésus. Même s’ils le font parfois en toute discrétion. Certains n’hésitent pas à venir sur des lieux saints chrétiens comme Lourdes...

      Saint Silouane de l’Athos exhortait les fidèles chrétiens à aimer leurs ennemis et à prier pour eux.

      L’Eglise catholique qui se veut garante de la transmission authentique du message évangélique ne dit pas autre chose.

      Si l’on doit aimer nos ennemis, alors, à plus forte raison, ne devrait-on pas aimer - au moins un peu... - des croyants qui croient sincèrement au Dieu unique, au Dieu d’Abraham (même s’il ne croient pas en la Trinité consubstantielle) ?

      En revanche, cela n’implique en rien une conversion des chrétiens à l’Islam !

      * http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651028_nostra-aetate_fr.html

      PS J’avais sursauté à la lecture de cette phrase : « Cette position nette sur l’Islam était bien goupillée par le document issu du Vatican ». En me reportant à l’original, j’ai saisi qu’il s’agissait d’une erreur de traduction et non de quelque dessein pontifical rusé...
      « The linchpin of that positive assessment of Islam was the Vatican II document Nostra Aetate » se traduirait sûrement plus clairement par : « L’élément pivot de cette évaluation positive de l’Islam fut le document Nostra Aetate de Vatican II »
      Linchpin : cheville, goupille,...

    • cf. : 7 novembre 20:44

      Merci pour la retranscription du § 3 de Nostra Aestate dans sa totalité qui apporte l’éclairage voulu pour le bien comprendre. C’est cependant
      le PS qui me pose question. Kilpatrick débute son article par le rappel du 11/09/2001 et continue :

      - "...j’acceptais la traduction répandue : "Islam" signifie "paix". C’est ce dont nous assuraient le Président Bush et autres dirigeants, et ils insistaient aussi sur la représentation minime de l’Islam par la minuscule minorité des terroristes du 11 septembre. L’argument le plus
      convaincant pour moi venait cependant de l’Eglise catholique qui semblait avoir le même point de vue - L’Islam était une religion de paix".

      "Cette position nette sur l’Islam était bien goupillée par le document issu du Vatican "Nostra Aestate". La partie consacrée aux relations de l’Eglise etc. En d’autres termes, leur religion est bien comme la nôtre".

      "S’il en était ainsi, alors il serait raisonnable de soutenir que l’Islam, comme le Catholicisme, est une religion pacifique et que les terroristes,
      par conséquent, ne comprenaient pas leur propre foi".

      "Comme les Occidentaux avaient alors une connaissance minime de l’Islam, et "Nostra Aestate" lui donnait un éclairage positif, on peut comprendre que les catholiques vers 2001 aient pu accepter l’idée que l’Islam signifie "paix". Et Kilpatrick de se référer à nouveau à cette date du 11 septembre, cette fois pour affirmer que depuis "un grand nombre de preuves s’est accumulé pour laisser entendre que l’Islam n’est pas une religion de paix et ne l’a jamais été..." ...

      "Goupille" veut dire, en effet, "pivot", "cheville". Mais les étapes
      précisées, des comparaisons et la tournure des phrases me semblent prêter au terme "goupillé" le sens figuré : "arrangé", ou "manipulé" ou encore "combiné". Le mot "lichpin" signifie pivot, axe, support et peut aussi bien qu’en français être utilisé au figuré, ex : "the lichpin in the criminal activities of the terrorists". Ce qui me permet de trouver cet article suspect ne se situe pas au niveau de la traduction mais du fond : quel en est le sens et où veut en venir l’auteur."That is the question".

      Au-delà des "assurances du "Président Bush et autres dirigeants" et "leur insistance sur la minuscule minorité des terroristes du 11/09" "l’argument le plus convaincant" pour Kilpatrick "venait cependant de l’Eglise catholique : Islam religion de paix. "Le 11/09/2001" revient 3 fois. Nostra Aestate et le reste sont évoqué à la veille du déploiement de la "Coalition internationale menée par les USA" pour la reprise de Mossoul et, pas plus tard qu’avant-hier, bientôt Raqqa... La photo choisie dans l’original commentée par "CNN" et le bâtiment en arrière-plan qui n’est ni "la fontana di Trevi" ni "La piazza di Spagna"... "Last but not least", l’article est publié le 1er novembre 2016. Le "great event" des élections US ont lieu le 9 novembre 2016... Les coïncidences ça existe, la preuve : on en est repu.

      Sans jamais avoir affirmé que j’avais raison, je confirme cependant mon point de vue du 5 novembre 2016 sur ce papier de Kilpatrick.

  • Quelques sourates c’est-à-dire versets du Coran, vous éclaireront. En effet,il est écrit dans le Coran qu’il faut tuer ceux qui donnent un fils à Dieu…
    Marie dans le Coran, n’est pas la « Marie de l’Evangile » selon ses origines ; car Le Coran fait de Marie, la fille du père de Moïse, d’Aaron et de Myriam (Sourate 66 , 12) !….Elle serait la sœur d’Aaron (Sourate 19 28) !… Marie, mère de Jésus, est née plus de 12 Siècles après Aaron et Moïse….
    pourr plus de renseignements voir mon article Dieu de l’Islam, Dieu des chrétiens
    http://www.netprodeo-blog.com/2016082432/connaitre-le-seigneur/dieu-de-l-islam-dieu-des-chretiens

    MMaury

  • Il n’est guère contestable que la violence dans l’islam prend sa source dans le Coran : c’est objectif...et, certes, gênant pour tout un courant au sein de l’Eglise catholique, qui, à la place même des musulmans, défend l’idée d’une religion de paix et de tolérance...( y compris dans "la joie de l’Evangile..")qui serait victime de dérives "fondamentalistes"...C’est étrange de voir combien les versets les plus gênants du Coran sont volantairement écartés par ceux qui au sein de l’Eglise sont chargés du dialogue avec les musulmans....

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