Europe : La citrouille ou le crucifix ? Raison ou déraison ?

jeudi 5 novembre 2009

Pour celui qui croit et celui qui ne croit pas…

Les citrouilles de Halloween ne sont pas bien loin. Et, ce 3 novembre, on s’en prend aux crucifix. Les crucifix doivent disparaître des salles de classe des écoles publiques italiennes : c’est la cour des Droits de l’Homme de Strasbourg qui le dit. Peu importe, semble-t-il, la loi italienne et que le Conseil d’Etat italien ait tranché en sens inverse, devant la plainte d’une maman d’Albano Terme, dans le Nord de l’Italie, près de Padoue. Mais cet avis n’est pas contraignant, rappelons-le !

Retrouver la raison ?

Si le bon saint Antoine pouvait aider à raison retrouver ?!

Le geste a mauvaise presse. En Bavière, c’est Hitler qui a ordonné de supprimer les crucifix. Un juif, roi d’amour, en croix, partout, insupportable !

Le gouvernement italien projette de déposer un recours contre la Cour européenne. La mairie de Rome a protesté devant une telle salve contre son patrimoine.

Les luthériens italiens se demandent comment on peut arriver à ces situations sans dialogue entre qui croit et qui ne croit pas, et où l’on s’imagine remplacer le manque de dialogue interne par une sentence extérieure.

L’Europe se sabote

D’aucuns estiment que l’image de l’Europe va être sabotée par ce type d’ingérence.

Une ingérence ressentie comme indue dans un pays à la culture enrichie à jamais par les valeurs judéo-chrétiennes. Et dont la « laïcité » est vécue, à l’italienne, et pas dictée par une cour quasi étrangère à cette culture qui attire des millions d’immigrés, de pèlerins, de touristes.

L’arrêt a été rendu dans par une chambre de la Cour des Droits de l’Homme composée de sept juges : Françoise Tulkens (Belgique), présidente, Ireneu Cabral Barreto (Portugal), Vladimiro Zagrebelsky (Italie), Danutė Jočienė (Lituanie), Dragoljub Popović (Serbie), András Sajó (Hongrie), Işıl Karakaş (Turquie), juges, ainsi que de Sally Dollé, greffière. 

Or, le crucifix, n’est-ce pas aussi une protestation éloquente et millénaire contre le mépris des droits humains (justement !!!) bafoués par un peuple qui en occupait un autre en réprimant toute opposition, y compris spirituelle, dans le sang ? !

Les crucifix sont prévus dans le « mobilier » scolaire par une loi de 1859, en plein Risorgimento, pourtant hostile à l’Eglise. On avait déjà conscience que le symbole embrassait toute la nation, par-delà les frontières visibles de l’Eglise catholique où l’on voudrait le confiner aujourd’hui.

Hoc signo vinces 

Or, il est impossible d’évoquer la culture italienne (les deux tiers du patrimoine artistique mondial) sans l’immense fécondité artistique de l’Evangile et de la vie des saints. Impensable, l’Italie, sans saint François d’Assise et le crucifix de saint Damien (chrétien, bouddhiste, musulman ou non croyant, on vient du monde entier vénérer François, artisan de paix !) ou sans Notre-Dame de Lorette, les mosaïques de Montréal et la Pietà de Michel-Ange.

Impensable, une promenade dans Rome, sans les oratoires ornant les angles des « palais » : Vierge à l’Enfant, saint patron, ange, croix. La croix y est perçue comme le symbole de l’amour, un amour qui ne lâche jamais l’homme seul dans ses épreuves. Loin de les chasser de l’espace public on les restaure soigneusement.

Histoire, quand tu nous tiens ! Impossible de passer le Tibre au pont Milvius sans entendre le « Hoc signo vinces » et s’entendre raconter la vision, tant de fois représentée dans l’art, d’une croix de feu apparue dans le ciel entourée de cette inscription, au moment où Constantin allait marcher contre Maxence. On sait que Constantin fit orner son étendard de ce signe mystérieux, et qu’il le fit peindre sur les boucliers, les casques et les armes de ses soldats.

De toutes nos forces !

Le cardinal Bertone ne mâche pas ses mots, toujours très imagés : « Cette Europe du troisième millénaire ne nous laisse que les citrouilles » d’Halloween et « nous enlève les symboles les plus chers ».

Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat, a réagi, dans L’Osservatore Romano, du 5 novembre, à la sentence de Strasbourg en allant droit au but : « Nous devons chercher de toutes nos forces à conserver les signes de notre foi pour celui qui croit et celui qui ne croit pas. »

La croix « est un symbole d’amour universel, non pas d’exclusion mais d’accueil », déclare l’archevêque italien qui s’interroge : « Je me demande si cette sentence est un signe de raison ou non. »

NB

Messages

  • pourquoi un Turc dans les membres de la Cour ayant rendu la sentence ?
    Malgré les budgets importantes que l’Europe des 27 et notamment la France au déficit déjà abyssal, consacre à la Turquie pour lui permettre de remplir son dossier d’adhésion, il y a déjà un Turc dans une haute juridiction européenne..., alors que la Turquie ne fait pas encore partie de ce qu’on veut continuer à appeler l’Europe...
    Parlons nous bien de l’Europe des 27 ? Sinon de quelle Europe, si c’est de l’Europe historique et géographique, pourquoi un Turc et non pas un Moldave, un biélorusse, un russe, un ukrainien, un islandais, ...par exemple ?

    C’est plus que du sabordage de la part des technocrates (qui ne sont plus représentatifs que d’eux mêmes) c’est du sabotage....
    Je ne comprends pas

  • Plus que du sabotage, c’est de la dictature. La comparaison avec Hitler est très appropriée.

  • Rien que de normal. On savait tous que l’Europe c’était, c’est, cela. Comme d’habitude notre optimisme béat sur l’homme et sur le devenir de l’humanité nous a égaré. Qui pouvait croire que l’Europe des démocrates chrétiens et des sociaux démocrates pouvait être autre chose ? Les uns plient devant le monde, font des courbettes à n’en plus finir, les autres n’aiment pas le christianisme, ils le crient haut et fort, pourquoi je ne les croirais pas ?
    Oui, cher cardinal, il nous reste les citrouilles qui masquent nos yeux, elles cachent nos pleurs amers.
    Et quand ces larmes seront enfin sèches accepterons nous de regarder enfin la réalité en face ?

  • "Deux tiers du patrimoine artistique MONDIAL en Italie " !
    C’est du nombrilisme très XIX ème siècle ! J’ai donc relu votre article à la lumière de ces mots. Et j’ai décidé de mettre votre URL dans ma liste anti-spam.
    Comparer cette décision à celle d’Hitler, vous participez à la banalisation du nazisme et au développement du relativisme si dénoncé par notre pape.
    Ce que je lis doit m’enrichir et m’ouvrir l’esprit.
    Adieu donc.

  • Le monstre européen montre sa vrai gueule,
    une leçon sans doute pour les naifs .

  • Une petite précision d’ordre juridique
    s’impose. L’Union européenne n’est pas en cause
    en cause dans cette affaire. La Cour
    européenne des Droits de l’Homme dépend du
    Conseil de l’Europe établi en 1949 et
    regroupe la quasi totalité des Etats
    européens, Turquie comprise. Le Conseil de
    de l’Europe a pour mission de promou
    voir et de défendre les droits de l’
    Homme dans les Etats- signataires. Il
    a adopté en 1950 la charte européenne
    des droits de l’Homme. Un citoyen qui
    a le sentiment que ses droits fondamen-
    taux sont lésés peut faire un recours
    devant la Cour européenne des droits de
    l’Homme. C’est ce qui s’est passé en l’
    espèce. Tout ceci pour dire qu’il est
    légitime qu’un juge turc soit présent
    ainsi qu’un juge serbe, ressortidssants
    de deux pays qui ne font pas pas partie de
    l’Union européenne. La Cour Européenne des droits de l’Homme siège à Strabourg."L’Europe à 27"
    des 27"est d’une nature différente, ne serait-
    ce que par sa dimension économique. La Cour de
    Cour de Justice des Communautés Europé-
    ennes elle, siège à Luxembourg et est
    chargée d’assurer le respect des trai-
    tés de la CEE puis de l’UE par les E-
    tats memembres. Alors attention aux
    confusions

    tats-membres.

    Voir en ligne : L’Europe : La citrouille ou le crucifix ?Raison ou déraison ?

  • D’après l’hedomadaire Courrier Internati
    ional n°993 du 12 au 18 novembre, la dé
    cision de la Cour européenne des droits
    de l’Homme fait des émules au Portugal.
    L’Association République et Laïcité (AR
    L)veut obtenir le retrait des crucifix
    dans les écoles publiques où ils exis
    tent encore, plus par habitude que par
    souci d’un quelconque patrimoine cultu
    rel ou spirituel. L’Association dénonce
    également la célébration de messes dans
    l’enceinte de certaines écoles. A noter
    également une intéressante réaction à
    la décision de la cour européenne à la
    page 40 du même hebdomadaire, une réact
    ion favorable à la décision signée Gabr
    iele Boccaccini, présenté comme histori
    en et théologien.

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