Traduit par Pierre

Enterrons Lénine, il est grand temps.

Par George J. Marlin

jeudi 26 juillet 2012

Quatre-vingt-huit ans après sa mort, il semble que le corps embaumé de Vladimir Lénine pourrait enfin être inhumé. Le ministre russe de la Culture Vladimir Medinski a récemment déclaré : « J’ai toujours pensé qu’un cadavre devrait être confié à la terre... Bien des choses iraient mieux pour nous après cet [enterrement]. »

Nombreux sont encore ceux qui croient que Lénine est un héros national et s’opposent à la fermeture du mausolée où est exposé son corps à Moscou, et sont contre le démantèlement des vingtaines de statues et monuments encore debout en Russie.

Gennady Zyuganov, candidat du Parti communiste aux élections présidentielles de 2012, a déclaré : « Toute tentative de dénigrer ou réécrire l’Histoire soviétique ou d’humilier Lénine est une tentative en vue de saper l’unité de la Fédération Russe. »

Je suis étonné qu’il y ait encore un culte de Lénine et tant de monde à honorer la mémoire de ce monstre impie, créateur du système de camps du Goulag et responsable de la mort de millions d’innocents.

Les lecteurs seront surpris, par exemple, d’apprendre que depuis 1994 une statue en bronze de Lénine (5 m 40, bras tendu en un geste de défi vers La Mecque du capitalisme, Wall Street) se dresse au sommet d’une résidence de luxe appelé ”Red Square”, rue de Houston (Est) à Manhattan (New York). La statue, importée de Russie, est signalée comme ”chic” [en français dans le texte] et figure dans de nombreux guides touristiques comme ”à voir”. (imaginez le tohu-bohu que causerait une statue de Hitler sur le toit d’une résidence nommée Berchtesgaden !).

Lénine, révolutionnaire sans foi ni loi pensait que la doctrine marxiste avait des fondements scientifiques irréfutables, justifiant tout acte commis en vue d’établir un État communiste. Sa morale était simplement guidée par ”ce qui sert à détruire la vieille société d’exploitation du peuple et d’unir tous les travailleurs autour du prolétariat bâtissant une nouvelle société communiste.”

Lénine n’éprouvait aucun intérêt pour le bien commun, la famille ou l’amitié. Seule comptait l’élimination de ceux qu’il soupçonnait d’être les ennemis de l’État : « Nous nous tromperions, nous et tout le peuple, si nous cachions aux masses populaires la nécessité d’une guerre sanglante, sans merci, d’extermination, tâche première de l’action révolutionnaire à venir. »

Lénine méprisait les religions. Il ne pouvait supporter leurs ”remarques blasphématoires à l’encontre de Marx.” En conséquence, à peine au pouvoir en Russie, il entama une campagne pour écraser le Christianisme.

Les jeunesse communistes étaient incités à défiler dans les rues portant des pancartes représentant Dieu et la Sainte Famille. Des gamins déguisés en prêtres portaient des reliques, et proposaient aux couples dans la rue de les marier moyennant une obole. Ils saccageaient les églises en chantant : « À bas les prêtres, à bas les moines. Nous irons au paradis et en chasserons les dieux. »

En 1921, Lénine s’est appuyé sur la famine qu’il avait organisée pour conduire sa campagne contre l’Église Orthodoxe et s’emparer de ses propriétés et de ses biens. Il espérait réduire par la terreur la résistance du clergé en lui infligeant ”un traitement si brutal qu’ils n’oublieront pas au cours des décennies à venir.”

Les popes qui résistaient étaient torturés, accusés de complot anti-révolutionnaire. Des milliers furent mis à mort ou emprisonnés à perpétuité. Lors de procès-spectacles les confessions obtenues par la torture servaient de preuves des crimes commis par le clergé. Les popes ”Réformés” proclamaient que la Révolution Russe était ”une œuvre chrétienne”.

Les membres du clergé qui adhéraient au « Conseil de l’Église vivante » étaient contraints de déclarer : « l’Église ne peut considérer le pouvoir des Soviets comme le royaume de l’Anté-Christ. Au contraire, le Conseil insiste sur le fait que le pouvoir des Soviets est l’unique organisme de par le monde en état de réaliser le Royaume de Dieu. »

Lénine a aussi persécuté l’Église catholique, qui ne comptait qu’un million et demi de fidèles en Union Soviétique. En 1918 les Bolcheviks décrétèrent que l’Église n’était qu’une « Association religieuse » ne pouvant guère prétendre à des droits. Ses biens et propriétés, évalués à onze millions de roubles furent confisqués.

Lénine considérait que l’Église catholique était plus menaçante que l’Église orthodoxe nationaliste car étant un organisme supranational. Les catholiques étaient loyaux envers une Église universelle sous l’autorité d’un Pape étranger susceptible de défier la mission de l’Internationale communiste en n’importe quel point du globe.

Un journal bolchevik écrivait le 18 mars 1923 : « Une lutte est engagée plus durement contre le clergé catholique que contre l’Église russe parce que le catholicisme est plus puissant que l’Église orthodoxe, et que l’idéologie catholique est mieux adaptée en général aux conditions d’existence. »

Après les procès-spectacles contre les orthodoxes, Lénine porta son regard sur les catholiques — de rite romain comme de rite oriental. Interdiction de l’instruction religieuse, confiscation des vêtements liturgiques et des vases sacrés, dissolution des mouvements de jeunesse catholiques, accompagnèrent l’arrestation d’archevêques, évêques et prêtres accusés d’avoir « entretenu la contre-révolution par des pratiques pernicieuses. » Beaucoup furent exécutés, d’autres internés à perpétuité dans un camp de concentration au bord de la Mer Noire.

En 1924, tous les sièges épiscopaux de Russie étaient vacants. Le Pape Pie XI nomma secrètement des évêques et chargea un jésuite français, Michel d’Herbigny, d’aller procéder aux consécrations épiscopales. La persécution des catholiques se poursuivit après la mort de Lénine, et des 963 membres du clergé [catholique] en 1921 il n’en restait que 10 en 1934.

Alors que les malandrins soviétiques fermaient une église catholique à Pétrograd en 1922, les fidèles refusant de sortir tombèrent à genoux et entonnèrent des psaumes. Après leur expulsion, un paroissien lança un défi : « le gouvernement soviétique n’est pas éternel, mais l’Église demeurera. »

Il avait raison, soixante-quinze ans après la mort de Lénine, son régime totalitaire tombait dans le cimetière de l’Histoire. Et, grâce aux sacrifices de dizaines de milliers de martyrs, l’Église catholique a survécu et grandit dans l’ère post-soviétique. L’Église en Russie est une preuve de la promesse du Christ que ”les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle.”

Quant au corps de Lénine, comme ceux de ses victimes, il suffirait de le jeter dans une fosse commune.

George J. Marlin

Illustration : la statue de Lénine à Manhattan sur le toit de la résidence ”Red square”.


Source : http://www.thecatholicthing.org/columns/2012/time-to-bury-lenin.html

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