Commentaire du Père Michel Gitton

Dimanche des Rameaux C

2006

La liturgie de l’année C (où nous nous trouvons) ne se distingue pas de celle des autres années, pour la fête des Rameaux. Sauf pour l’évangile de l’entrée de Jésus à Jérusalem (qui précède la procession des palmes), et pour lequel nous avons, comme on peut s’y attendre, le récit de saint Luc. Et sauf pour la Passion, qui est aussi celle de saint Luc.

Nous nous familiarisons donc avec le regard du "cher médecin", du témoin de la miséricorde, qu’est le troisième évangéliste. Sa manière de nous décrire l’humble triomphe auquel Jésus a voulu se prêter lors de sa dernière venue à Jérusalem ne se sépare pas fondamentalement de celle des autres évangélistes. Lui aussi connaît la consigne de Jésus qui s’est fait amener un âne préparé par un disciple anonyme, lui aussi reproduit l’acclamation qui monte de la foule en liesse : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !" (Psaume 117, 26), mais, moins familier que les autres de l’hébreu, il ne cite pas le Hosannah et ne rattache pas Jésus à David comme le font saint Marc et saint Matthieu. Par contre, il l’identifie comme Roi et retient une autre formule d’action de grâces : "paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux !" (ce qui nous rappelle le chant des anges à Bethléem).

Le récit de la Passion, quant à lui, nous révèle un Jésus étonnamment maître de Lui, plein de tendresse pour ses apôtres, pourtant bien médiocres, lors de l’étonnant repas où il leur livre le secret de toute sa vie, plein de miséricorde pour tous ceux qui l’approchent dans cette nuit terrible, ainsi que tout au long de son supplice. C’est lui, saint Luc, qui nous a gardé ces fleurs précieuses que sont les paroles aux saintes femmes ("Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi…"), au bon larron, ainsi que l’ultime déclaration de confiance au moment de mourir ("Père, entre Tes mains je remets mon esprit"). Mais c’est sans doute à Gethsémani que la pénétration de l’évangéliste lui fait retrouver la plus haute vérité sur le Sauveur : il sait la prière douloureuse, il en retrouve le rythme haletant : "Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne." Il décrit le combat où le Prince de ce monde n’est pas nommé, mais où Jésus lutte pied à pied, tantôt "consolé" par un ange, tantôt plongé plus avant encore dans les ténèbres, où il prie de façon "plus instante". Il mentionne (il est le seul) la sueur de sang.

Relisons ces textes avec foi, avec amour. Ne doutons pas de leur vérité profonde malgré tant d’absurdes soupçons. Sachons y retrouver la majesté du Roi-Serviteur.

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