Commentaire du Père Michel Gitton

Dimanche de Pâques

2006

Ceux qui assistent à la messe le soir de Pâques entendent, comme c’est normal, l’évangile d’Emmaüs, car c’est l’heure où s’est produite la rencontre avec les disciples, mais l’évangile du jour est celui de la course au tombeau, que l’on imagine matinale. C’est l’un de ceux où Jésus n’apparaît pas, mais sa trace y est assez nette pour susciter la foi des deux apôtres Pierre et Jean, ou du moins de l’un d’entre eux.

Nous avons donc là, comme dans toutes les apparitions pascales, une vision de ce que peut être le chemin de la foi pour des hommes découragés et très éloignés de croire à la résurrection. Au départ, il y a la nouvelle bouleversante et inexplicable de la disparition du corps, puis leur démarche en hâte vers le tombeau et cette déférence peu habituelle que marque Jean devant son aîné, comme s’il se sentait déjà obligé de respecter en lui le vicaire de son Maître, et surtout, il y a le signe de ces linges pliés, ils découvrent ce lieu d’horreur qui ne traduit plus aucune violence, aucun désordre, mais une paix et une harmonie insoupçonnées.

Jean nous dit que là, il a cru. Là, il a perçu en un éclair le rapprochement que Jésus avait déjà suggéré avec les Ecritures : "Tu ne peux laisser ton ami voir la corruption…", et bien d’autres passages. Le fait, de plus en plus patent, s’est inscrit dans une cohérence passée jusque-là inaperçue.

Au contraire, la lecture de saint Paul (il y en a en fait deux au choix), que ce soit le passage des Colossiens ou celui de la première lettre aux Corinthiens, nous dit la suite, cette nouveauté qu’apporte avec elle la Résurrection. Nous sommes, en Jésus-Christ, une pâte nouvelle, un azyme. Nous sommes, avec lui, "cachés en Dieu". Ô merveille de notre être baptismal ! Le monde ne peut pas plus le connaître qu’il n’a pu voir le Ressuscité sur son écran de télévision. Mais c’est pourtant vrai !

La lecture des Actes des Apôtres, extraite de l’annonce du message du salut que fait saint Pierre aux premiers païens convertis, est une sorte de synthèse de la vie du Christ où la Résurrection apparaît dans son rôle central : sa mission d’avant Pâques au profit
d’Israël a culminé dans sa Passion ; or Dieu, en ressuscitant son Elu, a annulé le jugement des hommes et montré la vérité du rôle revendiqué par Jésus. Il en a fait le juge des vivants et des morts, au profit de toute l’humanité.
Accueillir cette bonne nouvelle, c’est proprement cela, la foi : croire à ce Dieu capable d’agir ainsi dans l’histoire, croire à ce retournement-là qui nous ouvre au pardon de nos fautes.

Telle est notre joie.

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.