Déradicalisation

par Gérard Leclerc

mardi 20 juin 2017

L’attaque, qui a eu lieu à Londres contre des piétons aux abords d’une mosquée dans le nord de la ville, nous aura au moins permis de comprendre comment il était possible de changer complètement le climat psychologique là où on pouvait croire que la radicalisation avait fait définitivement son œuvre. Bien sûr, il y a l’attentat odieux réalisé à partir d’une camionnette fonçant sur des gens sans défense. L’auteur en voulait directement aux musulmans venus prier en période de ramadan. Il aurait pu être lynché par la foule, mais il a été protégé par des témoins qui l’ont maîtrisé pour le confier à la police. C’est déjà un indice significatif.

On a appris par la suite que l’attentat avait été commis sur la circonscription du leader travailliste Jeremy Corbyn, qui a été l’un des acteurs majeur de la déradicalisation du quartier, et notamment d’une mosquée que les autorités avaient été obligées de fermer en 2003, à cause de la propagande extrémiste de son imam Abou Hamza, proche d’Al-Qaïda. Depuis, la mosquée de Finsbury Park a été réouverte et Corbyn entretient les meilleures relations avec son nouvel imam. Cette évolution positive doit être saluée, mais elle ne signifie nullement que l’extrémisme islamiste a été éradiqué de Londres et du Royaume-Uni.

La déradicalisation passe par des mesures politiques et policières. Elle ne peut se passer d’une médiation religieuse, qui concerne l’islam, ses responsables, ses fidèles. Et de ce point de vue, le véritable dialogue interreligieux peut jouer un rôle très important. Oui, il est vrai qu’un travail critique s’impose, qui établit pleinement les droits de la raison dans le domaine exégétique. J’ai été étonné de lire, il y a quelques jours, sous la plume d’un confrère, qu’une invitation à ce travail confinait à l’islamophobie. C’est tout le contraire. Encore faut-il bien poser les problèmes, ne serait-ce qu’en recourant à l’histoire de la pensée théologique, de sa confrontation avec les disciplines scientifiques, sans oublier la dimension politique, celle qui concerne la séparation des domaines, pour promouvoir et non étouffer la liberté religieuse.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 20 juin 2017.

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