DIVORCÉS REMARIÉS : LA DOCTRINE NE VERROUILLE PAS LA MISÉRICORDE

par le père Jean-Miguel Garrigues

vendredi 26 juin 2015

Dans un récent entretien paru dans la revue La Civiltà Cattólica [1], pour répondre au souci miséricordieux du pape François envers les naufragés de la vie conjugale, j’ai suggéré à l’autorité de l’Église, à titre – dois-je le souligner ? – de simple opinion théologique, deux cas de possibles dérogations exceptionnelles pour l’accès à la communion des divorcés remariés. Aussitôt, de plusieurs côtés, on m’a reproché de « m’opposer formellement » au Magistère. Un « théologien dominicain », resté dans l’anonymat mais cité dans la chronique d’un vaticaniste, a même écrit que ces deux opinions sont « deux propositions condamnées » par le Magistère. Mes objectants citent à l’appui deux lettres aux évêques du cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en 1994 et 1998.

En raison de ces deux lettres, des théologiens ont dû, par obéissance à la discipline en vigueur, garder le silence sur ce sujet. Or il semble bien que c’est justement à ce silence que le pape François a voulu manifestement mettre fin en permettant au cardinal Kasper d’exposer librement ses vues devant le consistoire des cardinaux qui réfléchissait en février 2014 sur la famille. Non sans doute, comme on le lui a aussitôt injustement reproché, qu’il partageât toutes les vues du cardinal, mais parce qu’il trouvait plus sain de réfléchir sur cette question grave dans le cadre d’une recherche de « théologie sereine » plutôt qu’à coups d’interdictions autoritaires.

C’est le Magistère qui est ultimement l’interprète du Magistère et, en libérant le débat théologique, le pape a estimé visiblement que, si le principe de l’indissolubilité du mariage est fixé depuis les paroles du Christ et si sa doctrine s’est développée de manière homogène jusqu’à ses prédécesseurs, tout n’est pas pour autant définitivement clos dans le traitement pastoral et disciplinaire de certains cas d’espèce. Si le Saint-Père a permis que l’on exprimât dans le cadre d’un consistoire des positions théologiques autrement plus radicales que les miennes, je crois être en droit, sans que l’on crie pour cela au scandale, de soumettre une opinion théologique dans une revue autorisée sur deux cas de possibles dérogations exceptionnelles à la norme générale.

Il est, en effet, doctrinalement acquis qu’il ne faut pas donner l’eucharistie à ceux qui vivent dans le péché d’adultère. C’est pourquoi la voie normale pour des divorcés est, avant tout remariage civil, de faire examiner la validité de leur mariage par un tribunal ecclésiastique. À cet égard, dans le sillage direct de l’idée force du dernier discours du pape Benoît XVI à la Rote en janvier 2013, le discours du pape à la Rote ce 23 janvier 2015 ouvre déjà un chemin à une plus grande équité dans le jugement sur la nullité de certains mariages. L’un et l’autre pape ont en effet demandé que, dans les sociétés déchristianisées, les tribunaux ecclésiastiques ne considèrent plus comme acquise de fait l’adhésion des conjoints aux fins du mariage en l’absence d’une vie chrétienne effective.

Le pape François a, en effet, insisté très fermement sur la nécessité de prendre en compte le fait que beaucoup de nos contemporains sont aujourd’hui victimes d’une « sorte de mondanité spirituelle » dont « le fruit est une foi renfermée dans le subjectivisme, où seule compte une expérience déterminée ou une série de raisonnements et de connaissances que l’on considère comme pouvant réconforter et éclairer, mais où le sujet reste en définitive fermé dans l’immanence de sa propre raison ou de ses sentiments ». Or, dit-il, « il est évident que, pour celui qui se plie à cette attitude, la foi reste privée de sa valeur d’orientation et de réglementation, laissant le champ libre aux compromis avec leur égoïsme et les pressions de la mentalité courante, devenue dominante à travers les mass media (…). Le mariage tend à être vu comme une simple forme de gratification affective qui peut se constituer de n’importe quelle façon et se modifier selon la sensibilité de chacun ». Dans ce contexte, où la conscience obscurcie ne discerne plus objectivement les fins du mariage, on ne peut pas présumer de la validité du consentement aux fins du mariage en vertu du simple fait que le rite et même la préparation ont été accomplis. « Cette éventualité, dit le pape, ne doit plus être considérée exceptionnelle comme par le passé, étant donné justement la prédominance fréquente de la pensée mondaine sur le Magistère de l’Église ». Ce sont non seulement les juges ecclésiastiques, mais aussi les pasteurs qui préparent des mariages, qui devraient désormais en tenir compte pour refuser éventuellement le mariage sacramental.

Comme j’ai eu l’occasion de le dire l’an dernier à Rome dans ma communication au colloque Fides foedus de l’Institut Jean-Paul II pour la famille, je pense que ces cas de nullité vont de fait avoir tendance à diminuer fortement en Europe occidentale, dans un avenir pas si lointain, du fait de la sortie de chrétienté de certaines de nos sociétés, qui entraîne la diminution rapide du nombre des mariages religieux de ces personnes qui n’étaient chrétiennes que de manière mondaine [2]. Or, l’on constate que, dans le même temps, le nombre des mariages civils diminue encore plus fortement dans ces sociétés déchristianisées, au point qu’on peut se demander si un jour dans certains pays le mariage ne deviendra pas l’apanage des seuls catholiques fidèles, car les autres ne verront plus le sens du mariage civil. Voici une raison supplémentaire, disais-je, pour ne pas donner dans le piège d’édicter des normes générales pour une situation évolutive, risquant par là d’obscurcir la portée prophétique du mariage chrétien indissoluble, et donc de traiter en stricte équité, par d’éventuelles déclarations de nullité, les multiples cas de divorcés issus de mariages « mondains » qu’a générés la sortie de chrétienté.

Deux papes successifs ont tracé la voie principale pour traiter en équité stricte bon nombre des cas de rupture conjugale. Ayant exercé comme prêtre en paroisse pendant vingt ans et ayant eu souvent un soupçon sérieux de bénir bien des mariages nuls, que j’étais canoniquement tenu de célébrer après la signature par les fiancés de déclarations d’intention dûment expliquées, je témoigne qu’en France ces mariages ont été très fréquents, même si, comme je l’ai dit, ils diminuent de plus en plus fortement, du fait de la chute de la pratique religieuse et de la désaffection du mariage, mais aussi du fait d’une préparation plus exigeante à celui-ci. Il appartiendra au synode et en définitive au Saint Père de discerner si l’Église peut aller plus loin dans la miséricorde envers d’autres cas particuliers de naufragés du mariage, dans une ligne où l’équité juridique devient certes plus nettement épieikeia selon le sens d’indulgence qu’il prend dans le Nouveau Testament.

J’ai évoqué pour ma part le cas d’un couple de divorcés remariés, où la partie divorcée a en conscience une conviction morale, fondée bien que non prouvable juridiquement, de la nullité de son mariage religieux, ou bien le cas d’un couple du même genre, où les partenaires se repentent sincèrement mais sont empêchés de revenir au lien conjugal qu’ils ont rompu, parce que l’un ou (et) l’autre des conjoints légitimes doit élever des enfants dans sa nouvelle union civile. Peut-on être si sûr qu’ils « sont dans le péché », comme on l’entend dire souvent ? C’est ce que disent mes objectants, souvent pour des raisons de dissuasion pédagogique au niveau de la société dans son ensemble. Mais est-ce miséricordieux, est-ce même juste dans le cas de ces couples, si de fait dans le premier cas il n’y avait pas eu de mariage religieux valide et si, dans le second, il y a vrai repentir mais conflit de devoirs par rapport à un retour au statu quo ante ? La continence est certes la voie de crête toute droite, et Dieu donne à certains divorcés remariés la force admirable de l’embrasser dans ce qui reste à bien des égards une vie de couple, mais ceux qui n’ont pas cette vertu éminente sont-ils pour autant « dans le péché » ? Je remarque que les prêtres qui sont en contact pastoral avec des cas de ce genre sont la plupart du temps moins catégoriques que bien des laïcs, qui disent vouloir protéger leurs enfants de cette dérive morale contemporaine qu’est le divorce. Toutefois, le jour où un de leurs enfants divorce – car cela n’arrive pas qu’aux autres –, ils deviennent souvent beaucoup plus compréhensifs, voire laxistes.

À propos des deux lettres de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi invoquées par mes objectants, ceux-ci n’ont pas pris en considération qu’elles se situent dans le cadre de la discipline actuelle et que, ni là ni nulle part, le Magistère n’a exclu pour autant par un acte définitif qu’il puisse y avoir quelques dérogations exceptionnelles pour des cas d’espèce que lui-même pourrait discerner. À qui fera-t-on croire que ces dérogations, que des Pères de l’Église ont pratiquées, seraient un « acte intrinsèquement mauvais » qui ne pourrait, par sa nature, connaître d’exception  [3] ? Pour ma part, j’ai simplement suggéré que l’Église se penche sur ces deux cas parce que, durant vingt ans, dans la paroisse où j’étais prêtre, j’ai pu constater qu’ils touchent des fidèles que je voyais, et pas seulement au for interne, conséquents avec leur foi et obéissants dans leur vie chrétienne. J’ai fait remarquer que ce sont des cas ponctuels par rapport aux cas très nombreux de ceux qui, marginaux par rapport à la foi vécue en Église, demandent à grand tapage médiatique le changement de la discipline générale pour les divorcés remariés, avant tout pour légitimer socialement leur nouvelle union. Ces cas de personnes qui n’ont qu’un rapport sociologique voire mondain avec la foi et la vie de l’Église relèvent de nullités de mariage qui pourraient être jugées plus rapidement par des tribunaux, en fonction de ce que demandent les discours à la Rote du pape Benoît XVI en 2013, et du pape François en 2015.

J’accepte et je respecte mes contradicteurs quand ils m’opposent leurs objections sur l’inopportunité de ces dérogations exceptionnelles, dont ils ne veulent pas, car ils craignent qu’elles fassent le lit d’un changement général de la discipline qui irait à l’encontre de l’indissolubilité du mariage.

En matière de prudence, personne ne peut être totalement sûr de ce qu’il avance. Si, après les deux synodes, le pape juge dans son exhortation apostolique qu’il ne faut rien changer, les catholiques que nous sommes s’inclineront tous dans l’obéissance. Je suis simplement étonné de voir mes contradicteurs soutenir obstinément, contre des citations explicites de saint Thomas d’Aquin que je rappelle ici [4] que, chez lui, l’épiekeia ou équité ne concerne que les modalités d’application de la loi générale et qu’elle ne peut en aucun cas concerner des cas de dérogation exceptionnelle.

Je trouve en revanche inadmissible qu’ils exigent, en invoquant abusivement l’argument d’autorité, que les théologiens reviennent à une discipline de silence que le pape François a manifestement levé. Qu’on me permette à ce sujet une réflexion générale en tant que théologien ayant beaucoup étudié la Tradition de l’Église. L’histoire de l’Église a montré, de l’Antiquité à nos jours, qu’à plusieurs reprises les zélateurs du dernier concile ou du dernier pape, en ayant poussé ses principes jusqu’à l’extrême dans un système verrouillé, se sont retrouvés ensuite scandalisés par l’évolution du Magistère ultérieur, dont ils ne voyaient plus l’homogénéité avec ce qu’ils croyaient être le Magistère antérieur, mais qui était en fait leur Tradition, leur Concile ou leur Pape. À la veille du concile Vatican II, il y avait des théologiens, voire des cardinaux, qui considéraient comme scandaleuses certaines choses que celui-ci allait approuver. Des mesures disciplinaires avaient même empêché que des théologiens enseignent certaines d’entre elles. Les réticences que d’aucuns manifestent aujourd’hui par rapport à des paroles, des actes et des orientations du pape François ne relèvent-elles pas d’un durcissement analogue ?

Ceux qui dans le passé s’engagèrent dans cette sorte d’intégrisme avaient systématisé à l’extrême, dans une théologie d’école qu’ils identifiaient à tort au Magistère, les principes excellents discernés par celui-ci dans la foi. Dans leur zèle mal éclairé, ils avaient adopté – comme étant plus sûr – le contraire des opinions que le Magistère avait écartées, en oubliant que celui-ci condamne par mode de contradiction et non de contrariété, car le contraire d’une erreur est une erreur, puisque les contraires sont dans le même genre. La contradiction venant du Magistère nous demande de considérer autrement le mystère révélé dans notre intelligence de la foi en renonçant à nos systématisations excessivement « géométriques ». Ainsi, parmi de multiples exemples, les excellents principes christologiques de saint Cyrille d’Alexandrie et du concile d’Ephèse, systématisés à l’extrême par des épigones, aboutirent à l’erreur monophysite que devrait condamner le concile de Chalcédoine. Je crains de même que les excellents principes moraux développés à propos du couple et de la vie par le Magistère des derniers papes, systématisés de manière outrancière et par mode de contrariété dans une théologie d’école qui pense être la seule à pouvoir les tenir, aboutissent plus d’une fois à des thèses aussi contraires au sensus fidelium et même au simple bon sens que celles que j’ai évoquées dans mon entrevue. Non, ce n’est pas la théologie la plus raide et la plus « verrouillée » qui est la plus fidèle à l’Esprit qui conduit l’Église « vers la vérité tout entière » (Jn 16, 13). Non enim quia durum aliquid, ideo rectum, disait saint Augustin : « Ce n’est pas parce que c’est dur que c’est droit »- [5].

http://www.france-catholique.fr/EGLISE-DE-PURS-OU-NASSE-MELEE.html

http://www.france-catholique.fr/INITIATION-A-LA-THEOLOGIE-DE-SAINT,17360.html

Le Pape attend un miracle au prochain synode sur la famille...

Jean-Marie Guénois

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/07/06/01016-20150706ARTFIG00375-le-pape-attend-un-miracle-au-prochain-synode-sur-la-famille.php?m_i=Nfe


Réponse de Thibaud Collin

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Divorces-remaries-pourquoi-la-doctrine-verrouillerait-elle-la-misericorde-Reponse-au-Fr.-Garrigues-II

http://www.koztoujours.fr/il-faut-sauver-le-mariage-civil


[1On peut lire en ligne la traduction française de cet entretien : http://www.france-catholique.fr/EGLISE-DE-PURS-OU-NASSE-MELEE.html

[2Fides foedus. La fede e il sacramento del matrimonio, a cura di Alexandra Diriart e Stefano Salucci, ed. Cantagalli, Roma 2014.

[3Voilà comment un grand patrologue résumait la position de certains Pères de l’Eglise avant le V° siècle : « Autre chose est pour l’Église d’accepter qu’un chrétien contracte de nouvelles noces et même de les bénir, autre chose est de tolérer, dans une certaine mesure, bien qu’elle soit adultère, par indulgence envers les personnes, une union conclue devant les instances civiles (pour l’Antiquité suivant des rites familiaux qui ont valeur devant la loi) et qui ne peut être rompue par suite des responsabilités qui en découlent » (Henri Crouzel s.j., L’Église primitive face au divorce, du premier au cinquième siècle, coll. « Théologie historique » n° 13, éd. Beauchesne, p. 372-373.

[4« Parce que les actes humains pour lesquels on porte des lois consistent en des cas singuliers et contingents, variables à l’infini, il a toujours été impossible d’instituer une règle légale qui ne serait jamais en défaut. Or les législateurs, attentifs à ce qui se produit le plus souvent, ont porté des lois en ce sens. Cependant, en certains cas, les observer va contre l’égalité de la justice et contre le bien commun visé par la loi » (Somme de Théologie, IIa IIae q.120, a. 21, c). Dans ces cas, dit-il, « le bien consiste en négligeant la lettre de la loi, à obéir aux exigences de la justice et du bien public » (ibidem). Les principes généraux sont toujours universels, dit-il ailleurs, mais plus on aborde les choses particulières, plus on rencontre d’exceptions. (cf. Ibidem Ia IIae, q. 94, a.4). Dans l’article suivant (a.5), il affirme qu’il peut même y avoir des modifications à la loi naturelle, non dans ses principes premiers, loi divine non-écrite et immuable, mais dans ses « préceptes », seconds et positifs, en tel cas particulier et à titre d’exception en raison de certaines causes spéciales.

[5Cité de Dieu, XIV, 9.

Messages

  • La notion de mariage mondain est très équivoque. Lorsqu’une personne adulte prend un engagement ferme et important, elle doit en assumer les conséquences, même si elle n’avait pas pris la mesure exacte de ses propos.

    Par exemple, lorsqu’une personne adulte prend le volant de sa voiture, mais cause un grave accident dans un moment d’inattention très léger, elle doit en assumer les conséquences, même si celles-ci sont sans commune mesure avec la faute légère responsable du drame, et je doute fort que la justice accepte une "dissolution de la responsabilité pour conduite mondaine"

    Ou encore, lorsqu’une personne adulte souscrit un emprunt bancaire lourd, et que quelques années après, elle ne peut plus en assumer la charge, je doute fort que la banque accepte une dissolution du contrat au motif d’emprunt "mondain", sans réaliser l’enjeu véritable.

    Si le mariage est mondain, il est bon que le signataire insouciant découvre en vraie grandeur la catastrophe naturelle et surnaturelle de son inconduite. Seule cette prise de conscience le fera peut-être rentrer en lui-même pour une démarche de conversion.

    Je suis scandalisé par la multiplication d’annulations de mariages que je connais personnellement autour de moi, de personnes ayant pourtant donné le jour à deux, trois enfants ou plus, et qui se séparent comme si de rien était après de nombreuses années de vie commune, alors que leur mariage avait tout l’aspect d’un sacrement accompli. C’est un très mauvais signal donné aux futurs mariés ainsi qu’aux couples qui luttent contre les difficultés.

    Si l’excommunication provient du scandale du divorce, alors, toutes ces annulations apparemment injustifiées sont proches du scandale également.

    C’est aussi tenir en grand mépris tous les couples qui s’efforcent parfois de façon héroïque, de sauver leur mariage contre toute adversité. Comme toujours, vouloir légiférer sur les cas "à la marge" mais répandu se traduit immanquablement par une injustice envers les situations normales, et leur tarissement au profit du désordre.

    L’Église doit renforcer ses exigences en matière de sacrement religieux, et ne pas permettre que les prêtres soient contraints malgré eux de galvauder leur sacrement auprès de futurs "mariés", dont en prudence, ils savent d’avance l’issue d’échec à court ou moyen terme.

    Les prêtres perdent leur zèle, les couples fidèles soit sont tentés de rompre, soit se sentent désapprouvés et méprisés, et les futurs fiancés se demandent quelle valeur donner véritablement à la démarche de mariage.

    Nous nous engageons dans une très mauvaise direction en facilitant le laxisme de la dissolution.

    • @ Thomas d’Aquin le 30 juin 2015 à 18h23

      Rien à rajouter ni à retrancher à ce que vous écrivez.

      Par exemple :

      ""Comme toujours, vouloir légiférer sur les cas "à la marge" mais répandu se traduit immanquablement par une injustice envers les situations normales, et leur tarissement au profit du désordre.""

      L’essentiel est dit ici.
      Cette phrase résume à elle seule l’attitude qui, "progressivement" est devenue "contemporaine". C’est un fait, si le "monde" est d’une grande plasticité, pourquoi la doctrine catholique devrait-elle se "plastifier" elle aussi ? Pourquoi "trafiquer" une boussole ou un GPS qui vous donne un emplacement exact et, partant, un cap exact à tenir ?

    • "Thomas d’Aquin", vous me faites penser au frère aîné du fils prodigue...

      "Zut alors, il y a qui suent sang et eau dans leur mariage, qui se décarcassent pour rester fidèles, et on va effacer l’ardoise de ceux qui ont pris le sacrement et l’ont dilapidé...Moi, je suis démobilisé...Si j’avais su, je serais aussi allé voir ailleurs..."

      Vous laissez entendre une bizarre "économie de la miséricorde" et d’abord une bizarre économie du mariage...Je ne suis pas sûr que le Seigneur voie les choses de cette façon et j’espère que de nombreux couples également ont une autre approche du sujet que ces comptes d’apothicaire...

      Qu’on admette à l’eucharistie un nombre très réduit de personnes qui auront connu un "accident de mariage" comme ceux qu’a explicités Jean-Miguel Garrigues ne changera strictement rien à la façon dont le reste des couples mariés chrétiennement vivra son sacrement de mariage...La miséricorde, ça ne consiste pas à prendre à Pierre pour donner à Paul, tout de même !

      Et si les prêtres n’ont plus le moral, c’est à force de voir célébrés de faux mariages chrétiens dans leurs églises...C’est pourquoi, en revanche, je suis pleinement d’accord avec vous : il vaudrait mieux que l’Eglise se montre plus exigeante dans l’accueil des candidats au mariage (ont-ils au moins la foi pour faire fructifier le sacrement ?) plutôt que d’être contrainte de réparer les dégâts d’un laxisme fâcheux en abaissant les exigences de la reconnaissance a posteriori d’invalidité, par un tribunal ecclésiastique, du mariage célébré à tort et à travers...

      Le problème, c’est la pastorale donc c’est le presbyterium...Dans pas mal de diocèses, c’est ingérable, les curés...Impossible pour l’évêque d’imposer une ligne... Les curés n’en font qu’à leur tête et plus ils sont vieux, plus ils sont têtus, bien souvent...Comme le clergé est en vieillissement accéléré, je ne vous raconte pas, la génération post-68...Et je suis prêt à parier qu’un (jeune) prêtre un peu rigoureux dans l’accueil des candidats au mariage sera vite courcircuité par un confrère plus (âgé) laxiste faute d’une ligne commune dans le diocèse et même d’une ligne commune interdiocèse qui serait nécessaire pour éviter le "shopping du mariage" : celui-ci ne veut pas que mon mariage ait lieu au jour fixé pour avoir le château et la réception...je vais voir cet autre qui accepte...On ne va tout de même pas rater le château et la garden-party, le clou de la journée...

      Ceci pose la question de l’engagement du prêtre à l’obéissance à l’évêque qui est aussi importante dans l’ordination que l’engagement à la fidélité, dans le mariage... Vaste sujet...

    • Jésus lui-même en la matière faisait scandale. Si donc l’enseignement de l’Église était dans l’air du temps et acceptable par tous, c’est cela qui serait inquiétant. Et ce serait la mort de l’Église : être dans le vent, c’est une ambition de feuille morte… qui se ramassent à la pelle.

    • cf. : 1er juillet 13:46

      Juste un aveu à ma grande honte :je viens de commettre comme le péché capital d’envie.

      En effet, j’envie, oui, ceux qui ont la chance, que
      dis-je, la chance, le charisme, plus, la plénitude d’être dans les petits papiers du Bon Dieu. Pour preuve, je cite : "Je ne suis pas sûr que le Seigneur voie les choses de cette façon...". Ou, autrement dit : "Je suis sûr que le Seigneur ne voit pas les choses de cette façon". Comme la phrase, on pourrait être soi-même tout aussi retourné...

      P.S. Il y a deux jours il était question à mon adresse de, sauf erreur, quelque chose se rapportant à "un coup de sabot". Cette phrase
      toute en finesse m’est restée dans le ciboulot.
      Je la garde au cas où... mais je me permets de
      confier le sabot à son propriétaire. Les bons comptes font, comme on dit, les bons amis.

  • Après relecture, et prise de connaissance des réactions, je reviens sur ce texte, qui à la longue, me paraît profondément fallacieux et pervers. Pour cela, je vais l’analyser paragraphe par paragraphe, si le journal m’y autorise.

    « Dans un récent entretien … plutôt qu’à coups d’interdictions autoritaires. »

    Évidemment, l’autorité d’un pape donne à la procédure une légitimité particulière. Il reste cependant tout autant légitime de considérer que cette démarche, par sa publicité et sa solennité, fut l’occasion d’un grand manque de prudence au sommet, si l’on en juge par son retentissement fortement négatif en tous les sens, entre ceux qui furent profondément choqués de supposer qu’on puisse mettre en question (c’était bien ce que vous dîtes, n’est-ce pas ?) l’indissolubilité du mariage, et ceux qui crurent et firent croire qu’enfin l’Église allait légitimer le divorce. De « théologie sereine », il n’y eût point, tout au contraire.

    « C’est le Magistère qui est ultimement … possibles dérogations exceptionnelles à la norme générale. »

    L’argumentation est beaucoup trop ambiguë. Si l’indissolubilité est fixée, et fixée par les paroles du Christ, ce qui n’est pas clos pastoralement et disciplinairement ne peut en aucun cas avoir pour effet de remettre en cause cette indissolubilité dans “certains cas d’espèce”. On ne peut souscrire au principe « vrai en théorie (Parole du Christ), faux en pratique (pastorale humaine) ». Ces “cas d’espèce” ne peuvent être que des cas d’annulation, c’est-à-dire de jugement d’absence de sacrement, ce qui se pratique déjà. Il ne saurait être question de “dérogation exceptionnelles à la norme générale” d’indissolubilité. Cela, c’est inacceptable, car contraire à la nature même du sacrement. Lorsque le sacrement est réel, il est, a toujours été et sera toujours et dans tous les cas indissoluble. C’est sa nature même. La changer, c’est l’anéantir.

    « Il est, en effet, doctrinalement acquis … tribunal ecclésiastique. »

    Parler de “voie normale” pour les divorcés est tout à fait abusif. Comme si la “voie normale” pour se remarier consistait à divorcer, faire annuler son mariage religieux par un tribunal ecclésiastique et contracter un nouveau mariage civil puis religieux. Je ne reviens pas sur mes propos antérieur au sujet du scandale public que constituent ces annulations à la pelle.

    « À cet égard, dans le sillage direct … mariages « mondains » qu’a générés la sortie de chrétienté. »

    La “mondanité” du mariage n’est pas une cause recevable d’annulation, lorsque le mariage a été consommé, qu’il a duré assez longtemps, qu’il a donné le jour à des enfants et qu’aucune imposture ni violence n’est à signaler. Dans ces cas (les plus fréquents) il y a tout lieu de penser que le sacrement est effectif. Accorder alors l’annulation, c’est risquer entre autre, comme l’a dit tout récemment le pape François, de provoquer de graves souffrances et injustices envers les enfants, à cause de l’égoïsme des adultes. Par ailleurs, la “portée prophétique” du mariage risque au contraire d’être beaucoup plus grande auprès des “mondains” en leur révélant toute l’ampleur et la gravité de leur irresponsabilité, plutôt que de la camoufler sous la complaisance d’une parodie de jugement de tribunal ecclésiastique

    « Deux papes successifs … Nouveau Testament. »

    L’indulgence n’est pas la subversion. En masquant sous un jugement de nullité ce qui en fait est une véritable dissolution, on ne se montre pas indulgent, mais menteur. C’est le cas le plus fréquent, à n’en pas douter, avec la multiplication des annulations expresses à laquelle on assiste depuis quelques décennies

    « J’ai évoqué pour ma part … par rapport à un retour au statu quo ante ? »

    Saint Thomas est parfaitement clair pour le premier cas. Il écrit notamment que même si le juge sait personnellement que l’accusé est non-coupable, mais qu’il ne peut l’établir, il doit en conscience appliquer la loi, et donc condamner le prévenu, si les présomptions portent à le juger coupable. La certitude intérieure non prouvable n’est pas opposable à la décision de justice en raison des présomptions, même si le jugement est erroné contre toute apparence. Dans le second cas, on ne voit pas pourquoi les enfants de la nouvelle union auraient priorité sur ceux des anciennes unions, qui seules sont légitimes. On ne voit pas pourquoi le nouvel état offrirait des obligations qui l’emporteraient sur les obligations des anciens. Il ne s’agit pas ici de “péché”, mais de droit et de devoir éthique. Lorsqu’on brave le droit au nom d’une prétendue compassion pour le coupable, on crée l’injustice vis-à-vis des victimes, avec cette double peine qu’il ne se trouvera plus personne pour les défendre. L’expression de l’auteur “sont dans le péché” est déshonnête. Elle véhicule un pathos poussiéreux pour déconsidérer ses adversaires et mettre les moqueurs de son côté, mais elle est surtout le signe que l’auteur n’a en fait pas de réponse. Il n’y a pas de “miséricorde” fondée sur un mensonge et une subversion comme c’est le cas dans les deux situations évoquées.

    « La continence est certes … plus compréhensifs, voire laxistes. »

    Là, toute l’expression est entièrement faussée sur le registre du sentiment. La continence n’est pas une voie “de crête”, comme si elle était réservée aux plus entraînés. C’est la seule voie possible, comme tout ce qui est chrétien, comme le Christ nous a prévenu : la voie est étroite et le chemin escarpé ; à l’homme c’est impossible, mais à Dieu, tout est possible. Et ceux qui n’ont pas cette vertu, c’est-à-dire tout un chacun, sont dans le péché. Face à cela deux positions : soit le pêcheur a la ferme intention de progresser vers l’idéal proposé par l’Église, et il est alors un pêcheur pardonnable (c’est celui-ci, cher contradicteur, le fils prodigue, celui qui a pris conscience de son péché et en demande pardon. Lui, personne ne le rejette, bien au contraire, il y a une grande joie dans le ciel et sur la terre). Soit il est conforté dans son état d’adultère par le discours des clercs, sans se préoccuper d’envisager aucune amélioration. Alors le pêcheur devient vicieux à force de s’enferrer, et les clercs qui l’ont conduit, sont encore plus coupables que lui. La pique finale à destination de parents d’enfants divorcés, pour méritée (ô combien !) qu’elle soit, ne prouve qu’une chose : ce que ces parents appellent “miséricorde” ou “compréhension” n’est en fait que laxisme coupable.

    « À propos des deux lettres … connaître d’exception [3] ? »

    Là encore, l’exemple est malhonnête. La situation dans l’antiquité posait un vrai problème pour des convertis déjà mariés civilement dans des rites païens. Cela n’a absolument rien à voir avec la situation actuelle (sauf bien sûr pour les convertis de notre temps, mais ce ne sont justement pas ceux-là qui font difficulté !)

    « Pour ma part, j’ai simplement suggéré … du pape François en 2015. »

    Non, encore une fois, une telle précipitation a tous les caractères de scandale au sens fort du terme, c’est-à-dire occasion de chute pour autrui par la publicité d’une attitude devenue banale alors qu’elle est inacceptable. Ce n’est pas parce que les vols se multiplient qu’il faut inciter les tribunaux à renoncer à punir (remarquez, on n’en est plus très loin, mais cela ne pourra pas durer).

    « J’accepte et je respecte … dérogation exceptionnelle. »

    Ce n’est pas tant que ces dérogations exceptionnelles feraient le lit de l’abolition de l’indissolubilité (ce risque n’en demeure pas moins) mais que ce seraient des mensonges, masquant aux responsables la réalité de leur situation, et les rendant définitivement incapables d’en changer. Ce serait exactement le contraire de la charité et de la miséricorde, qui commencent toujours par l’acceptation de la vérité, comme le fit admirablement le fils prodigue en rentrant en lui-même au fond de son malheur.

    « Je trouve en revanche inadmissible … un durcissement analogue ? »

    Là encore, le discours est parfaitement ambigu. S’agit-il d’examiner des dérogations exceptionnelles ou de faire progresser la compréhension du Magistère. Ce n’est pas du tout la même chose. Ou bien alors, c’est bien ce qu’il fallait redouter : au prétexte de quelques cas limites, on veut justifier une généralisation et une banalisation des causes d’autorisation de divorce. Ce qui est pleinement subversif et inacceptable, et, soyons-en absolument certains, ne sera jamais accepté par Celle qui a les paroles de la Vie éternelle.

    « Ceux qui dans le passé … excessivement « géométriques ».

    La “reductio ad integrismum” est toujours un aveu d’impuissance. Quant à l’argument avancé, je n’ose imaginer comment saint Thomas d’Aquin l’aurait qualifié ; « propter debilitatem intellectuum eorum » ??? Sous l’apparence d’un haut savoir scolastique réservé à peu de personnes, il s’agit en fait d’un très, très pauvre argument purement logique, sans aucune prise scientifique, sur la distinction entre contraire et contradictoire. Que le magistère écarte l’erreur par contradiction, on peut le concéder sans problème. Cela ne signifie nullement que le contraire d’une erreur soit une erreur. Dire le contradictoire de “un corbeau est blanc”, c’est dire “un corbeau n’est pas blanc” ; mais dire le contraire de “un corbeau est blanc”, c’est dire “un corbeau est noir” et là, comme le plus souvent, le contraire de l’erreur, c’est la vérité. Un première année de logique traditionnelle sait cela. Il se pourrait donc bien que le contraire de la position de notre auteur ne soit pas l’erreur intégriste, mais tout simplement la vérité !

    « Ainsi, parmi de multiples exemples, … c’est droit »

    Ce final est presque odieux. C’est bien le Magistère que notre auteur veut faire évoluer, et non pas la prudence sur quelques cas d’exception. Ici, il se dévoile sans hésiter. Ce qui fut contraire au “sensus fidelium” – il faut tout de même dire la vérité en face, quel qu’en soit le coût – c’est l’initiative parfaitement imprudente du Pape (même à son corps défendant, nous voulons bien l’admettre). Elle a fait gronder les fidèles et nombre de leurs pasteurs DANS LE MONDE ENTIER et pas seulement parmi quelques intégristes sur le retour. Après avoir voulu se servir de la scolastique avec l’incompétence qu’on a vue, voilà que notre auteur reproche à ses interlocuteurs de se comporter comme de bas scolastiques perdus dans leurs cogitations en dehors de tout bon sens. Mais c’est le contraire qui est vrai (à nouveau) ce sont des attitudes comme celle de notre auteur qui relèvent d’un petit monde de privilégiés complètement déboussolés par la luxuriance écœurante de l’Occident du nord. Les africains, les asiatiques et les sud américains nous l’ont clairement fait savoir, et ils ont eu raison, car chez eux, la famille représente un autre enjeu de civilisation que nos danses lascives sur un volcan au bord de l’éruption.

    • Il y a quelque chose qui ne va pas dans vos prises de position.

      D’abord le choix du pseudonyme que je trouve bien prétentieux. De quel droit vous annexez-vous Thomas d’Aquin ? Si vous avez des titres à le faire, prière d’apparaître dans ce forum à visage découvert...

      Ensuite le ton qui ne me semble pas du tout approprié au type de débat qui se poursuit et qui n’est pas celui auquel a recours Jean-Miguel Garrigues, parfaitement respectueux de ses contradicteurs. En particulier, je vous trouve bien péremptoire d’accuser le pape de manquer de prudence...

      Sur le fond, pour autant qu’un non expert puisse s’exprimer sur le sujet, surtout après "Thomas d’Aquin" (oh, l’impudent !), il me semble que vous ne faites pas assez la différence entre le droit divin de l’indissolubilité du mariage et le droit ecclésial qui régit aussi le sacrement célébré, lequel peut relever de la juridiction des tribunaux ecclésiaux... Or, sauf erreur, ceux-ci ne rendent pas des verdicts de droit divin...Entre les deux, j’ai cru comprendre qu’il a place pour la miséricorde.

      Je regrette d’avoir à constater que ce n’est pas la conclusion de l’article ci-dessus qui est odieuse, mais la façon dont vous le lisez et dont vous prétendez (de quelle autorité ?) interdire un débat dont il est grand temps qu’il advienne.

      Pour votre conclusion, une chose est sûre : ce n’est pas du Thomas d’Aquin...Changez de signature SVP.

    • Cher Philippe,

      Un pseudo est un pseudo. Il n’a pas de justification. Juste une fibre sensible personnelle, rien d’autre. Peu importe mes titres ou leur absence, ce qui compte, c’est la vérité, et tout chrétien, au nom de son baptême, a une autorité suffisante pour se prononcer, Dieu merci, sur des questions non encore résolues.

      Le ton d’une communication est important. Il est proportionnel à l’enjeu. On ne peut pas parler de ces sujets la bouche en cœur, en s’essuyant les mains au rince-doigts, l’auriculaire dressé en l’air. Il y a un “respect des contradicteurs” qui est souvent pleinement rhétorique et qui n’est au fond qu’un mépris condescendant.

      Sur la différence entre le droit divin et droit ecclésial, c’est là que réside une grande partie de l’ambiguïté. Vous serez d’accord avec moi pour dire que le dernier ne peut aller contre le premier, ou alors, il est parfaitement inutile d’aller plus loin. Or, la loi divine a proclamé l’indissolubilité du mariage sacramentel. Cela, les tribunaux ecclésiastiques ne peuvent aucunement le remettre en question, quelle que soit la situation présentée. Les tribunaux ecclésiastiques ne peuvent que constater la nullité d’un mariage, c’est-à-dire constater qu’il n’y a pas eu sacrement de mariage du fait d’un défaut (ou de plusieurs) parmi les conditions nécessaires, comme la volonté libre, la non dissimulation d’une maladie ou d’un engagement ailleurs, etc. Si de telles circonstances devaient se présenter, alors le mariage serait nul c’est-à-dire inexistant, parce qu’il n’y aurait pas eu sacrement. Mais en aucun cas on ne peut parler de “dissolution”, qui supposerait que le sacrement ait été effectif puis gommé par la suite, en quelque sorte. Cela, la loi ecclésiale ne le peut en aucun cas.

      Il n’y a pas de place pour la miséricorde dans la justice. Ce sont deux attitudes d’ordre différent et complémentaire. La miséricorde ne peut pas empêcher le passage de la justice, car cet empêchement serait par définition un acte d’injustice, ce qui n’est pas acceptable. Tout mélanger, comme beaucoup le font actuellement, loin d’apporter une solution généreuse pour tous, contribue à accroître la confusion mentale et à rendre le problème insoluble. Or, il est des oubliés permanents dans ces débats, ce sont les victimes du divorce, au premier rang desquels les enfants, dont l’affection juvénile pour leurs parents est littéralement crucifiée en silence par l’égoïsme des adultes. Je vous en parle d’expérience. C’est d’abord et avant tout envers eux que des décisions de justices et des attitudes éthiques doivent être prises. Ce malheur extrême, et pour les enfants, et pour la société qui les abrite, suffirait amplement à interdire le divorce civil, au moins tant que des enfants sont en jeu.

      Enfin, vous m’accusez d’interdire le débat ! Votre accusation est parfaitement révélatrice. Pour toute une catégorie de gens (que nous qualifierons rapidement “de gauche” ou “progressistes”), exprimer un désaccord sur les principes, c’est interdire un débat, alors qu’en fait, ce n’est rien d’autre que de débattre sur le fond. Comme nous le faisons présentement. C’est cela le vrai débat ! Et ce n’est pas parce que je ne suis pas de votre avis que j’interdis le débat, bien au contraire. Ce genre de remarque assassine justifie tout à fait le ton que j’emploie. Sous les aspects de sereine sagesse, elle véhicule une violence parfaitement imméritée. Je n’interdis pas le débat, je le porte ; c’est vous qui refusez de l’accepter.

    • cf. : 2 juillet 09:39

      @ Thomas d’Aquin

      Tout à fait d’accord. et en tous points, avec votre intervention référencée.

      Un seul problème qui vient de mon côté : j’aurais tellement voulu pouvoir, si je savais comme on fait, changer - juste pour mon message - de pseudo, et signer - sans prétention aucune :

      Augustin d’Hipponne

    • Je maintiens ce que j’ai dit sur le pseudonyme. Je pense que votre pratique n’est pas bonne sur un forum tel que le nôtre. Nos références ne sont pas nos faire-valoir si elles ont du prix à nos yeux...Vous me voyez vous retourner ma réponse sous la signature... "Paraclet" ?! D’accord, le ridicule ne tue pas, mais tout de même...

      Je clarifie mon propos : je comprends que vous reprochez au pape d’avoir imprudemment ouvert un débat...qui n’avait donc pas lieu d’être. Et je suis d’un avis contraire. Le pape n’a pas peur du débat. Ne lui donnons pas le tour polémique qui pourrait nuire à la réflexion...Les médias s’en chargent suffisamment. Ceci n’est pas vous priver de la liberté d’expression...

      Je respecte votre approche très argumentée mais il me semble que vous méconnaissez que la justice des hommes, y compris celle des tribunaux ecclésiastiques, peut être faillible ou imparfaite. Il faut au contraire en tenir compte. Un juge peut se tromper ou être insuffisamment éclairé par les éléments du débat contentieux.

      Votre propos confirme que vous avez de la loi divine et de la loi civile elle-même une approche qui me semble...implacable. Je pense toutefois que votre position n’est pas plus tenable lorsqu’il est question du mariage chrétien que lorsque vous parlez du mariage civil quand vous affirmez vouloir rétablir l’interdiction du divorce. Il y a quelque chose de "coranique" dans la conception rigide que vous avez de la "loi". On ne sort pas du prescriptif et de l’interdit. Autant dire que vous enfermez le péché dans une cocotte minute sans soupape de sécurité. Ca tiendra ?

      Ceci ne me semble pas correspondre à la sagesse de la loi qui nous a été enseignée par le Christ. Celui-ci nous rejoint toujours là où nous en sommes, dans la situation de vie, plus ou moins accidentée, qui peut être la nôtre.

      Le Christ ne désespère jamais de l’homme et ne désespère jamais l’homme. On a l’impression que vous, si : vous en êtes là, chers divorcés...il fallait y penser avant...eh bien assumez-donc à présent le poids de votre faute...Vous avez une approche expiatoire et non pas salvifique...Vous pensez que ça convertira ? Moi, ça me ferait fuir...

      Jean-Miguel Garrigues a eu pleinement raison d’attirer notre attention sur le fait que ce qui est dur n’est pas forcément le plus juste et le plus droit. Il faut admettre qu’il y a chez certains catholiques la tentation, qui peut se comprendre, de réagir à un excès de laxisme ambiant par un excès d’intransigeance doctrinale. Je pense que le schisme traditionaliste s’inscrit dans cette réaction, y compris en théologie morale.

      Mais la Loi n’est vivante que si elle est incarnée, la miséricorde est un risque. Le Christ n’a pas eu peur du scandale pour rejoindre l’homme de son temps...C’est l’allusion à David qui laisse ses compagnons, affamés, manger les pains de proposition...

      Le pape François non plus n’a pas peur de nous inviter à prendre le risque de la miséricorde, un risque que le synode va soigneusement peser sous la motion de l’ESPRIT SAINT...N’oublions pas qu’il est au travail, lui aussi...

      Qu’avons-nous à redouter ?

    • Cher Philippe,
      Sur l’imprudence du Pape. Parler d’imprudence est déjà en soi un jugement de miséricorde (puisque vous aimez cette vertu, et vous avez bien raison). D’autres ont parlé de provocation, voire d’hérésie. Ceux de l’autre camp ont immédiatement applaudi à la dépénalisation tant attendue du divorce ; ils l’ont fait largement savoir. C’est évidemment un mensonge éhonté et parfaitement calculé. Ces remous ont secoué LE MONDE ENTIER, je vous le rappelle, et pas seulement une poignée de schismatiques traditionnalistes. Un des cardinaux les plus influents d’Amérique, ex-premier magistrat du Tribunal suprême de la Signature apostolique s’est fait mettre au placard sans tambour ni trompette, à cause de ses positions fortement contraires à certains de ses confrères plus “compréhensifs” (et on m’accuse d’interdire le débat !!!) Des cardinaux africains et asiatiques ont fait savoir qu’ils ne laisseraient pas les occidentaux (aux mœurs familiales décadentes) leur dicter leur foi et leur conception de la famille. La presse s’en est mêlée de tous les côtés. Tous les mouvements chrétiens, de tous les bords, se sont émus et mobilisés. Chacun campe désormais sur ses positions et tout le monde attend avec inquiétude de voir comment le pape François va se tirer de ce mauvais pas en octobre prochain. Tout ce remue-ménage aurait pu et aurait dû être évité, car il n’a rien apporté de bon, bien au contraire. C’est un mauvais coup porté à la réputation de l’Église, qui met les moqueurs athées en joie, une fois de plus. Je ne doute pas un instant de l’issue de ce débat, comme je ne doute pas un instant de la rectitude de pensée du pape. C’est pourquoi je dis qu’il a été dépassé par les conséquences de ses choix et qu’il a donc manqué de prudence.

      Je ne suis pas sûr, effectivement, qu’il y ait eu nécessité d’ouvrir un tel débat. Mais quitte à le faire, il aurait fallu procéder autrement, de façon à ne pas choquer le sensus fidei du peuple des fidèles comme cela a été fait.

      Je ne méconnais pas la faillibilité de la justice des hommes, bien au contraire. Mais c’est aussi pourquoi elle n’a aucun mot à dire sur la justice de Dieu. Il faut que vous appreniez à distinguer ce qui vient de Dieu et ce qui vient des hommes. L’indissolubilité du sacrement de mariage vient de Dieu, et cela, aucune loi humaine ne pourra jamais l’abolir ni le détourner. Juger s’il y a eu, oui ou non, sacrement peut relever des tribunaux humains, avec toute la marge de vérité et d’erreur, de rigueur ou de mansuétude inévitable. Il n’y a pas à être miséricordieux ou implacable envers la loi de Dieu, celle-ci est hors de notre portée.

      Quant à la loi civile, personne ne contredira qu’elle pêche aujourd’hui bien davantage par laxisme que par rigueur, sauf quand les deniers de l’État sont en jeu, et alors, il n’y a pas de verdict assez implacable. Oui, je suis contre le divorce civil, au moins tant qu’il reste des enfants en jeu. Ce n’est pas de l’implacabilité pour les adultes, c’est de la compassion pour les millions d’enfants victimes innocentes que l’on déchire et dont on se partage les lambeaux. Le tout dans le plus grand silence complice. C’est autant de fois un crime non sanglant qui se commet en toute impunité. Le sens des responsabilités d’adultes devrait les conduire à sauver leur foyer autant qu’il est possible afin que leurs enfants y trouvent tout de même le minimum de stabilité et d’affection vital pour leur équilibre. D’où croyez-vous que provient la consommation de drogue, la délinquance juvénile, l’échec scolaire puis l’échec affectif, etc. etc. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’enfants du divorce.

      Vous me prêtez un discours que je n’ai jamais tenu, car je ne le partage pas. Vous m’accusez de discours expiatoire et non pas salvifique, mais c’est pure calomnie de votre part. Il ne me semble pas vous avoir jamais insulté jusqu’à présent. Vous pensez au salut des coupables et de leur égoïsme, moi je pense aux victimes et à leur martyre silencieux ; les femmes abandonnées sans ressource avec leurs enfants, ces enfants que des ex-conjoints emplis de haine mutuelles se partagent comme des comptables ; ces beaux-pères ou marâtres qui méprisent les enfants du premier lit, et tant d’autres malheurs. Croyez moi, je parle d’expérience. Le divorce est un assassinat légal et banal. Alors, vos discours sur mon implacable rigueur et votre miséricordieux salut me laisse parfaitement indifférent. Ce n’est qu’eau de rose et barbe à papa. Je vis de réalités humaines, pas de rêves adolescentriques. Mais il est vrai que de nos jours, l’adolescence titille encore nombre de quinquagénaires, surtout dans l’Église, hélas. L’Évangile est d’une autre crudité. Que ton oui soit oui, et ton non, non. Tout le reste vient du diable. Je suis venu pour porter le feu, je vomis les tièdes. Celui-là, il aurait mieux valu que sa mère ne lui donne pas le jour.

      L’Évangile n’est pas fait pour les petits bras. Seuls les forts peuvent se montrer miséricordieux, les faibles ne montrent que lâcheté. La force commence avec l’aveu de son péché et de sa grande faiblesse, pour tout remettre dans les mains de Dieu. Il n’y a pas de mièvrerie chez les enfants du Père. Il n’y a pas non plus de choix partiaux et sélectifs, on ne préfère pas les coupables aux innocents, même s’il y a une grande joie au ciel et sur terre pour tout pêcheur qui se convertit. Car il n’y a rien de plus fort, de plus doux, de plus miséricordieux qu’un pêcheur revenu à Dieu. C’est cela l’enjeu qui attend ceux des divorcés qui veulent redresser leur situation. Ceux-là seront les plus forts pour vaincre le cancer du divorce.

    • Je voudrais ajouter ce qui suit pour répondre à la thèse des contradicteurs de Jean-Miguel Garrigues dont on ne peut nier qu’elle trouve des contreforts dans les textes antérieurs du Magistère.

      Et je voudrais le faire en "désenclavant" la discussion car il me semble qu’il faut appréhender l’amont du sujet qui nous occupe. Pour appréhender correctement l’après du divorce, il faut en effet avoir à l’esprit l’avant du mariage chrétien réputé indissoluble...

      Les contradicteurs du Père Garrigues font en effet peser un fardeau très lourd sur les épaules des divorcés remariés ("cas Garrigues") mais aucun sur les clercs et donc sur l’Eglise. Or les difficultés dont nous parlons ont tout de même pour origine un laxisme généralisé dans l’accueil des candidats au mariage chrétien...

      Ils exigent des couples "mal mariés" qu’ils fassent pénitence, et pour eux, et pour le curé qui ne leur a pas dit la vérité sur leur impréparation...laissant peut-être au dossier, tout au plus, un commentaire à toutes fins utiles pour un tribunal ecclésiastique afin de soulager sa conscience...Lui n’aura pas à faire pénitence pour une erreur de pastorale qu’il aura pourtant détectée ...mais aussi comment s’opposer à un mariage qu’un autre confrère acceptera de célébrer sans difficulté ? Sa tâche est très difficile !

      Il faudrait donc en toute justice que l’Eglise se montre elle-même bien plus exigeante dans l’accès au sacrement du mariage au terme d’une préparation approfondie et probante pour que les conséquences de l’indissolubilité soient parfaitement perçues et que l’engagement soit pris en toute connaissance de cause...Un ami prêtre affirmait même : une préparation de vie comparable à celle qu’on exige pour un candidat à l’ordination ! C’est sans doute un peu trop...

      Nous en sommes très loin...La tendance consistant à assouplir la jurisprudence des tribunaux ecclésiaux est un pis aller car cette justice est une justice à laquelle bien peu de couples auront recours ne serait-ce qu’en raison du barrage culturel...

      J’insiste à nouveau sur ce point : nous sommes en fait renvoyés à l’angle mort de toute cette affaire qui est la pastorale du mariage. Elle est encore trop faible, trop dispersée, trop laissée en réalité à l’appréciation du prêtre sur lequel la pression exercée est énorme.

      Au lieu de réfléchir aux moyens de réparer les dégâts dont elle est aussi responsable, l’Eglise ferait mieux d’envisager les moyens de les prévenir...

      Je serais par conséquent presque d’avis (j’admets que c’est une exigence difficile à faire passer...) qu’il faudrait renverser l’ordre des choses et faire intervenir un discernement exigeant sur la validité du mariage AVANT le sacrement SYSTEMATIQUEMENT, et pas APRES EXCEPTIONNELLEMENT par un tribunal ecclésiastique : le couple candidat serait obligatoirement invité à discerner l’état de sa préparation avec un ou plusieurs prêtres au cours d’une retraite où chacun des deux, séparément et ensemble serait invité à discerner l’enjeu de son /leur engagement (ces prêtres n’étant PAS le prêtre ayant préparé les futurs mariés et le célébrant)...On aurait ainsi la garantie d’un discernement collégial (un peu ce qui se passe pour l’ordination) libérant le prêtre célébrant d’une pression excessive reposant sur lui seul, et d’un discernement qui serait mieux maîtrisé dans nos diocèses (on éviterait le "shopping du mariage"...).

      En résumé de mon propos, on ne peut pas imposer à des couples les conséquences rigoureuses et irréversibles de la loi morale d’indissolubilité du mariage lorsque le mariage a été célébré dans des conditions qui ne garantissent pas que les intéressés aient pu prendre en conscience toute la mesure de la portée de cette loi. L’Eglise ne peut pas admettre "mollement" les candidats au mariage pour après traiter avec une dureté implacable les mariés qui n’auraient jamais dû l’être si elle avait été plus regardante...et en plus, les mariés qui n’auraient jamais dû l’être et qui sont une toute petite minorité à s’en repentir sincèrement...car elle ne reverra pas les autres.

      Bref, l’Eglise doit en fait sortir de l’ambivalence : elle ne peut plus "produire du mariage" comme autrefois où le divorce était le fait d’une minorité (qui ne revenait jamais à l’église) tout en campant sur une intransigeance doctrinale. Ceci ne fait qu’amplifier le malentendu entre le monde et l’Eglise en nuisant à l’évangélisation. Elle doit oser poser ab initio les exigences du sacrement dans une société largement déchristianisée au lieu de continuer à accueillir sans le discernement nécessaire des gens qui sont à la recherche d’une prestation et pas d’un sacrement ou qui se donnent un sacrement sans foi dans sa fécondité.

      Je ne dis pas que cette pastorale du mariage renforcée supprimera les cas de "mal mariés divorcés puis remariés" mais elle devrait permettre d’en réduire considérablement le nombre. Il serait nécessaire, en complément, de faciliter l’accès au tribunal ecclésiastique pour soumettre les cas résiduels problématiques à ce for externe, l’Eglise devait elle-même proposer cette voie si elle l’estime nécessaire et faciliter l’accès à un prétoire encore trop confidentiel. L’intervention du for externe épiscopal avec ou sans verdict du tribunal ecclésiastique resterait possible mais exceptionnel.

    • Cher Philippe – Sur ce point, je ne puis qu’être de votre avis. Mais je crains que cela soit plus difficile à réaliser que mon idée d’interdire le divorce civil ! Et puis, ce n’est pas ce que veut toute une partie des clercs et mêmes des plus hauts dignitaires. Ils veulent ouvrir une brèche dans l’indissolubilité, car rappelons que la religion catholique est la seule parmi toutes qui tient encore cette position. Partout ailleurs, le divorce ou au moins le droit de répudiation de la femme est autorisé à certaines conditions plus ou moins lâches.

  • Pendant que des divorcés remariés occupent les clercs mondains, les HLM et autres lieux de modernité vivent sans libérateur...
    Le sexe des anges dans Byzance assiégée...

  • J’espère que FC nous livrera la recension que mérite la belle biographie du pape Paul VI écrite par Philippe Chenaux, professeur d’histoire à l’université du Latran.

    En particulier, ce texte nous aide à faire mémoire des tempêtes que ce pape si oublié aujourd’hui dut affronter non seulement pendant le concile Vatican II mais aussi par la suite dans la mise en oeuvre du concile.

    L’auteur conclut son ouvrage en soulignant que Paul VI laissa de nombreux orphelins, mais n’eut pas d’héritier. C’est peut-être trop catégorique. Il me semble pour ma part que le pape François, sous le pontificat duquel Paul VI aura été béatifié, fait preuve d’un charisme sinon identique du moins très proche, notamment dans son souci de porter le message évangélique aussi loin que possible dans le monde contemporain.

    Faisons confiance à François comme en son temps l’Eglise a fait confiance à Paul VI pour exercer pleinement son ministère pétrinien à l’écoute des débats du synode sur la famille. Philippe Chenaux rappelle avec force que Paul VI assuma complètement le concile Vatican II mais sans rien abandonner du concile Vatican I. Paul VI n’hésita pas à affirmer la primauté pontificale en dépit des tendances parfois contraires au sein de l’Eglise lorsqu’il estima nécessaire en conscience de fixer une position sûre tant sur la question du célibat des prêtres que sur celle de la contraception artificielle...Position dont on peut mieux apprécier le caractère prophétique avec le recul.

    • cf. : 17 juillet 18:31

      Au sujet des papes j’avais écrit ici-même il n’y a pas longtemps que je considérais chacun d’eux ayant un style, une façon de s’exprimer, un charisme qui lui étaient particuliers. (Nous avons cette -fâcheuse-tendance à voir et présenter les êtres et les choses selon notre conception de "droite" et de "gauche".

      En ce qui concerne "Le souverain éclairé", la
      biographie de Paul VI par Philippe Chenaux, j’en ai terminé la lecture il y a quelques semaines. Voilà que le sujet arrive sur le forum par le message ci-dessus. (Encore faudrait-il, pour, disons au moins la bonne forme, mettre entre guillemets les mots et les phrases copiés ). Paul VI a été, d’après moi et je l’ai déjà écrit ici, un grand pape, respectant bien entendu la liberté de chacun d’en être d’accord ou pas du tout. Après tout, en plus de raisons générales qui font qu’untel et unetelle sont appréciés ou pas, chacun a des raisons particulières qui font qu’il respecte celui-ci et celle-là. La ou les raisons pour lesquelles j’ai toujours voué à Paul VI appréciation et respect ne sont pas forcément celles des uns et des autres. Et si jamais, comme souhaité dans le message précité, le livre sur ou la personne de Giovanni Battista Montini, futur Paul VI, devait être évoqués dans ce forum, il est également souhaitable que le débat, s’il devait avoir lieu, se déroule en dehors de toute sorte de, je dirais, récupération, qu’elle soit religieuse ou politique. On aura bien lu, débat d’où ne seraient exclu ni l’aspect religieux ni politique, mais et uniquement toute "récupération". Ce n’est qu’un voeu, et à l’impossible nul n’est tenu.

      Si je pouvais me permettre de rectifier cette expression "ce pape si oublié aujourd’hui" du début de l’intervention susmentionnée : en effet, je dirais plutôt : ce pape oublié pendant longtemps mais enfin reconnu de nos jours - puisqu’il a été béatifié l’année dernière seulement et serait, sauf erreur, canonisé en octobre prochain.- Puisse "Le souverain éclairé", c’est-à-dire Paul VI, mettre en lumière quelques aspects fort sombres qu’il avait, lui, pourtant fort bien cernés. Serait-ce pour cette raison surtout qu’il aura été maltraité, humilié et sali de son vivant ? Et aussi "oublié" pendant de très longues années ?... Dieu seul le sait. Les détracteurs de Paul VI également...

      Pour ma part, j’en ai su gré à Benoît XVI d’avoir, en son temps, ouvert le "dossier" Paul VI et, aujourd’hui à François de reconnaître son dû à l’un de ses successeurs. "Il n’est jamais trop tard" dit-on, et le temps du Seigneur n’est pas le nôtre.

      Pour conclure, j’avouerais sans aucun respect humain avoir, depuis le début de la tragédie concoctée et lancée depuis quatre ans au Proche-Orient, demandé à Paul VI, au nom de cette inoubliable rencontre avec Athénagoras
      en Terre Sainte, de veiller sur ces peuples martyrisés qui lui avaient, en tant qu’ individus, aussi bien chrétiens que musulmans, réservé un accueil fait de véritables respect et amour.

      Souvent, ce sont les "petites gens" qui savent lire chez quelqu’un le sens de la justice et le courage...

    • cf. : 21 juillet 05:52

      Corrigendum : on aura rectifié au para. 4 de mon message ci-dessus, "l’un de ses prédécesseurs" en parlant de la canonisation du Bienheureux Paul VI par le pape François.

      Merci.

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.