PMA

Circulez, il n’y a rien à voir !

par Gérard Leclerc

jeudi 29 juin 2017

L’avis du Comité consultatif national d’éthique sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes ainsi qu’aux femmes seules nous renvoie à une réflexion fondamentale d’ordre anthropologique. Mais je constate qu’on voudrait éluder cette réflexion, au prétexte qu’elle attiserait les passions. N’est-ce pas ce que sous-entend le comité lui-même ? Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement va dans le même sens, lorsqu’il déclare qu’il ne faut « surtout pas avoir des positions trop fermes, trop dogmatiques qui opposeraient les uns et les autres ». En d’autres termes : surtout ne réfléchissez pas trop ! Comme en contraste je comprends et j’approuve le père Laurent Stalla-Bourdillon, directeur du service pastoral d’étude politique, lorsqu’il proteste : « Devant la montée irrépressible du pouvoir que prennent les bio-technologies sur les instances politiques, auxquelles rien ne semble pouvoir résister, il semble utile de reprendre pied avec la philosophie. »

Une philosophie que l’on expulse, au nom de la sacro-sainte lutte contre les discriminations, qui justifie tout. Je lis, par exemple, Mme Irène Théry dans Le Monde, mais elle est omniprésente sur le sujet. Pas un mot sur la question du père, dans l’enfantement, l’accueil et l’éducation de l’enfant. Circulez, il n’y a rien à voir. Pour Mme Théry, évoquer la question, c’est même insupportable. Pourtant, il y a une vingtaine d’années elle s’était attaquée philosophiquement à la paternité biologique et symbolique. C’était, il est vrai, pour la déconstruire. Déconstruire l’enracinement biologique de la procréation qui suppose la relation homme-femme. Elle tentait alors, de toutes ses forces, de minimiser cette réalité fondamentale, pour mieux détacher le symbolique de la différence sexuelle, qui est pourtant constitutive de notre humanité.

Tout se passe comme si la technicisation de la procréation constituait un progrès pour dépasser la sexualité humaine. C’est un curieux paradoxe à une époque pan-sexualiste. La sexualité humaine se trouve niée dans sa dimension la plus forte qui est la diffusion de la vie. Ce qui se révèle en tout cela, c’est aussi le déni du corps et de sa signification. Surtout taisez-vous là-dessus ! Vous risqueriez de réveiller les passions…

Chronique diffusez sur Radio Notre-Dame le 29 juin 2017.

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