Cinq nouveaux cardinaux

par Gérard Leclerc

mercredi 24 mai 2017

L’actualité très chargée du moment a laissé peu de place à la nomination de cinq nouveaux cardinaux par le Pape. Il est vrai que la promotion est modeste, on a l’habitude de consistoires avec vingt ou vingt-cinq nouveaux promus. Mais cet échantillon de cinq est très intéressant à observer, car il est significatif de la volonté de François d’adjoindre au collège cardinalice des personnalités atypiques, qui correspondent à des critères inédits. Il est tout à fait inhabituel de faire appel, par exemple, à un évêque suédois, qui se trouve à la tête d’une communauté catholique modeste en milieu luthérien. Mais Mgr Arborelius est une figure singulière, puisque premier Scandinave à devenir cardinal, il a suivi un itinéraire étonnant. Converti au catholicisme à l’âge de vingt ans, entré dans la famille du Carmel avant d’être ordonné prêtre, il est aussi le premier évêque catholique d’origine suédoise depuis la Réforme. Mon collègue Nicolas Senèze, correspondant de La Croix à Rome, m’apprend en plus qu’il est proche d’une communauté de sensibilité traditionaliste, l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre.

Ce Pape n’a pas d’œillères, il choisit les hommes au-delà des étiquettes. C’est leur témoignage qui le retient, dans les situations les plus contrastées. Ainsi, choisir un missionnaire, Mgr Louis-Marie Ling Mangkhanekhoun, perdu dans les montagnes du Laos, un pays pour le moins rétif à la liberté religieuse, c’est aussi un signe remarquable. Il en va de même avec Mgr Rosa Chavez, qui n’est même pas évêque titulaire, mais qui fut le collaborateur direct de Mgr Romero assassiné pour son témoignage de héraut de la justice.

On se tromperait gravement à chercher des motifs idéologiques à ces nominations. Ceux qui veulent enfermer le pape François dans leurs catégories risquent toujours d’être surpris par sa prodigieuse liberté qui est celle d’un spirituel. Que l’on me permette d’ajouter que je suis le dernier à être étonné de cette universalité de l’Église manifestée dans un collège cardinalice qui est de plus en plus à l’image d’une communion répandue sur toute la terre. Beaucoup de grilles d’interprétation sont à revoir pour les vaticanologues. Depuis Pie XII, cette universalité n’a cessé de grandir. Elle est aujourd’hui éclatante.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 23 mai 2017.

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