Traduit par Pierre

Célébration face au Levant, pourquoi ?

par le père Gerald E. Murray

lundi 22 août 2016

Les prêtres de la paroisse de la Sainte-Famille, dont je suis curé, à New York, ont repris depuis juillet la pratique de célébrer la Sainte Messe face à l’Est liturgique — ad orientem. J’ai décidé que nous ferions ainsi après avoir lu un entretien accordé en mai par le Cardinal Sarah à la revue catholique française Famille Chrétienne. Il en reparla à Londres en juillet, et à nouveau suggéra que les prêtres reprennent la célébration ad orientem de la Messe.

Lors de l’entretien du mois de mai il posa la question de la légitimité canonique de cette pratique : « C’est légitime et conforme à la lettre et à l’esprit du Concile. En ma qualité de Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements je persiste à rappeler que la célébration face à l’Est (versus orientem) est autorisée par les articles du missel précisant les instants où le célébrant doit se tourner vers les fidèles. Une autorisation particulière est donc inutile pour célébrer face au Seigneur. »

Les mots du Cardinal Sarah ont fait vibrer en moi une corde sensible. Il compare l’orientation liturgique vers l’Est à un mouvement plus profond de nos âmes se tournant vers Dieu. Notre adoration devrait se traduire en une action nous détachant pour nous élever vers le Christ : « La conversion consiste à se tourner vers Dieu. Je suis intimement persuadé que nos corps doivent participer à cette conversion. La meilleure façon est certainement de célébrer — prêtre et fidèles — tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient à nous. Ce n’est pas, comme on l’entend parfois, de célébrer face aux fidèles ou en leur tournant le dos. Là n’est pas la question. Il s’agit d’être tous tournés vers l’abside, qui symbolise l’Orient, où trône la croix du Seigneur ressuscité. »

Les fidèles à la messe ne sont pas un auditoire à persuader ou à entraîner par une action intéressante du célébrant, devant se tenir en avant, au centre, sans perdre ses ouailles de vue. Non, la nature du culte divin implique de ne rien laisser perturber la relation entre Dieu et Son peuple. En se tournant vers le Seigneur avec les paroissiens, le célébrant endosse le rôle du guide en pélerinage vers le Seigneur, vers le Paradis. Il n’a plus la tentation d’agir en tant que centre d’un évènement destiné à une audience captive.

Le temps consacré à s’adresser face aux fidèles est essentiellement celui de la Liturgie de la Parole. La parole divine est proclamée et le prédicateur fait appel à ses talents — un don de Dieu — et au fruit de ses études pour une exhortation tirée de l’Évangile et d’autres lectures, et prenant ses racines dans l’enseignement de l’Église. Mais dès que commence l’Offertoire le célébrant s’adresse d’abord à Dieu, et les fidèles s’unissent à sa prière, prière de leur prêtre, avocat des pécheurs.

Le Cardinal Sarah poursuit : « Par ce mode de célébration, nous éprouvons, même en nos propres corps, la primauté de Dieu et de l’adoration. Nous comprenons que la liturgie est en premier lieu notre participation au sacrifice parfait de la Croix. Je l’ai personnellement ressenti : par une telle célébration, menée par le prêtre, l’assemblée est comme physiquement tirée vers le mystère de la Croix au moment de l’élévation. »

J’éprouve et partage la même expérience. Maintenant, quand j’élève l’Hostie consacrée, puis le calice contenant le Sang du Christ, je sais que c’est le Sacrement du Christ, et non moi, que regardent mes paroissiens. L’absence de contact visuel entre le prêtre et l’assistance à ce moment central du culte est l’un des meilleurs moyens pour communiquer le mystère de la présence de Dieu dans la Sainte Eucharistie.

Quand nous allons à la Messe, prêtres comme paroissiens, nous sommes ensemble en quête de la présence de Dieu. Lors de la célébration ad orientem, quand le Christ descend sur l’autel à la consécration, nous sommes tous rivés à Lui. Sa présence exige notre attention. Le prêtre, en l’occurrence, échappe à la vue, puis continue les prières de la Messe, se prépare à se tourner vers les fidèles pour leur annoncer la paix du Seigneur, et à présenter à Son peuple le Seigneur par l’Eucharistie, en préparation à la nourriture de Son troupeau, don de Lui-même par les mains de Son prêtre.

Les paroissiens de la Sainte Famille se sont, pour la plupart, adaptés à ce changement. Il y a eu des réclamations, mais bien plus de remerciements et d’encouragements. Certains n’ont pas encore bien saisi que le célébrant tourné vers le Seigneur et non vers l’assemblée ne prive pas les fidèles mais leur montre plutôt un retour des paroissiens vers le Christ.

Pour le célébrant il est intéressant de se rappeler que, dans le Canon de la Messe, il s’adresse à Dieu au nom de tous, et en particulier de ceux, présents, qu’il entraîne alors dans l’adoration. Le célébrant est leur père spirituel et il plaide pour eux devant Dieu en renouvelant le parfait sacrifice du Calvaire.
Pour le prêtre il est un autre avantage, il peut se concentrer mieux, beaucoup moins distrait par les inévitables mouvements dans l’église — arrivées et départs, déplacements d’enfants, si ce n’est d’adultes, ouverture et fermeture de portes, etc.

J’ai une grande reconnaissance envers le Cardinal Sarah pour son encouragement à ranimer la longue et ancienne pratique liturgique de l’Église. Il nous remet en tête ce que nous savons tous mais oublions facilement lorsque notre acte d’adoration se concentre trop sur nous-mêmes et trop peu envers le Christ. « Pour nous, la lumière, c’est Jésus Christ. Toute l’Église est orientée, face à l’Est, vers le Christ : ad Dominum. Une Église fermée en boucle sur elle-même aura perdu sa raison d’être. Car pour être elle-même l’Église doit vivre en face de Dieu. Notre point de repère est le Seigneur ! Nous savons qu’Il a vécu parmi nous et qu’Il est retourné vers le Père depuis le Mont des Oliviers, à l’Est de Jérusalem, et qu’Il reviendra par le même chemin. Se tenir tourné vers le Seigneur, c’est L’attendre chaque jour. On ne doit pas donner à Dieu des raisons de se plaindre constamment de nous. "Car ils tournent vers moi leur dos et non leur face" (Jr 2:27). »

21 août 2016.

Source : https://www.thecatholicthing.org/2016/08/21/why-were-facing-east/

Photo : S.E. le Cardinal Sarah célèbre la Messe ad orientem à l’Oratoire de Londres, 6 juillet.

Messages

  • Merci. Nous sommes nombreux à désirer retrouver une liturgie priante où l’âme et le corps sont en harmonie, où la présence réelle du Christ dans l’hostie consacrée est reçue comme un don merveilleux, une grâce.

    • Un très bon article, un de plus, du père G. Murray. Comme à son habitude, l’auteur y va par touches successives et les explications sont le fruit d’une connaissance approfondie du sujet traité, de quoi mettre un terme à toutes les rumeurs fantaisistes érigées en vérité. La messe en latin (ou en français) le prêtre dos aux fidèles n’a jamais été interdite mais délaissée.

      Sur un autre plan, qu’il me soit permis d’attirer une fois de plus l’attention sur le langage : l’expression "assister à la messe" est, à mon avis, une erreur. On assiste à un film, à un ballet, à une pièce de théâtre, à un match de boxe, mais on participe à la Sainte Messe. Opinion toute personnelle.

      Que de bavardages fallacieux ont circulé ici et là creusant un fossé jusque parmi les fidèles. Il n’est pourtant pas impossible ni même difficile de comprendre que chacun est libre de préférer telle spiritualité, telle façon de prier, etc. Et prendre et comprendre cette liberté comme un enrichissement plutôt que comme un ferment de division. Pour le dire vulgairement, on n’a que l’embarras du choix pour participer à telle messe ou à telle autre, et de belles et priantes liturgies existent ici et là. Il y a des endroits de par le monde où se réunir pour rencontrer le Seigneur relève de la prouesse !...

      Et appréciation soutenue pour le choix de ce billet.

      MERCI.

  • Il est temps en effet de nous tourner vers le soleil levant, vers le Sol Invictus, vers le Christ, et d’en finir avec un anthropocentrisme idolâtre, manifeste dans le reproche qui consiste à reprocher au prêtre de "tourner le dos"aux fidèles, comme s’ils étaient le centre de la célébration des saints mystères.

    Cet état d’esprit a été puissamment encouragé par le prétendu "esprit du concile", suggérant à qui mieux mieux et à coup de cantiques "Peuple de prêtres, peuple de Rois", des comportements qui ont abouti dans certains cas ( j’en ai été témoin) à des parodies de concélébration, des laïcs entourant le prêtre à l’autel au moment de la consécration. Oui, j’ai vu cela une fois au cours d’une messe du jeudi de l’Ascension..je ne dirai pas où.

    Consternante aussi l’expression : "présider" la messe ! Mais de quoi parle-t-on ?
    La désacralisation est telle, la banalisation si grande que j’ai pu voir des protestants venir communier, en toute bonne foi je pense, pendant une messe dans une chapelle d’établissement hospitalier, à laquelle ils assistaient en qualité d’intervenants bénévoles et sans doute pour manifester leur amitié.
    Lorsque je m’en suis étonnée auprès de la responsable de l’aumônerie d’hôpital, chargée d’"animer" la messe, ( encore une fois de quoi parle-t-on ?), il m’a été répondu que "ça ne les dérangeait pas"..j’ai expliqué que, moi, ça me dérangeait, et que j’étais persuadée, connaissant ces personnes, qu’elles ne viendraient certainement pas communier si on leur avait expliqué de quoi il s’agissait. Le fait ne s’est pas reproduit, mais je crains qu’on ne leur ait demandé de ne pas communier pour ne pas choquer des catholiques un brin arriérés ou rigides..

    On ne cesse de nous répéter que nous devons "participer", mais cette participation consiste trop souvent à encourager ou à tolérer des manifestations qui auraient parfois davantage leur place dans les media ( voire à la mosquée ) qu’à la messe. En revanche, quand il s’agit de faire une génuflexion, ou de se mettre à genoux, il y a soudain une multitude de nuques raides et de rotules bloquées, et pas du fait de l’âge.

    Une bonne dame un jour, me voyant faire une génuflexion en passant devant le tabernacle, m’explique que "tout ça, ce sont des simagrées" , à quoi je réponds en montrant le tabernacle : "vous avez raison, si vous pensez qu’il n’y a personne dedans", ce qui semble lui avoir donner à réfléchir...du moins je l’espère.

    Plus grave, un prêtre me voyant faire une génuflexion avant de recevoir la communion, me dit en me donnant l’Hostie :" la génuflexion n’est pas nécessaire"..Je n’allais certes pas répliquer à ce moment , et j’ai encore le regret de ne pas être allée le rassurer à la fin de la messe en lui disant que ce n’était pas devant lui que je m’ étais agenouillée.

    Je commence à en avoir gros sur le coeur et je suis très heureuse de cet article qui clarifie si bien les choses, et plus encore de l’initiative du Cardinal Sarah, que j’ai eu l’occasion d’entendre dans ma paroisse et que j’apprécie au plus haut point.

    • Votre message permet d’aller un peu plus loin.

      Je pense en effet que vous faites un contresens en ce qui concerne l’observation du prêtre quant à votre génuflexion au moment de la communion.

      Vous me permettrez de traiter le cas de façon humoristique. Cela me fait penser à la scène d’un film de Woody Allen où l’on voit ce dernier s’obstiner à jouer du violencelle dans une fanfare qui défile, ce qui le contraint à courir régulièrement après la fanfare avec sa chaise pour rattraper la musique...

      Je veux dire par là que l’intelligence de la liturgie, cela me semble comporter deux aspects complémentaires : comprendre ce qui se déroule dans la liturgie, actualisation du sacrifice du Christ avec toute la symbolique du service divin ; mais tout autant comprendre comment se comporter soi-même dans la liturgie en fonction des circonstances...

      Je respecte et je comprends pleinement le sens de votre génuflexion à la communion, sauf qu’elle est décalée et inadaptée par rapport au contexte liturgique qui est désormais le nôtre : les fidèles s’avancent en ligne, les uns derrière les autres et debout, pour communier ; ils ne viennent plus s’agenouiller au "banc de communion" les uns à côté des autres. Dans cette nouvelle façon de procéder, rien n’est d’ailleurs prévu pour l’agenouillement.

      Il y a bien d’autres façons de manifester son recueillement et son respect en venant communier, sans vouloir coller de façon rigide à une attitude qui n’est plus adaptée : par exemple, une simple inclinaison du corps peut sembler plus appropriée ; c’est l’inclinaison du coeur qui est en fait la plus importante. Et l’on peut tout à loisir s’agenouiller en revenant de la communion si les lieux le permettent.

      Une nouvelle fois, ne dérivons jamais dans un excès de formalisme qu’en vérité, le Seigneur n’exige jamais de nous...

      Je suis toujours frappé de voir des fidèles obstinés s’accrocher à des comportements manifestement inadaptés à la communauté dans laquelle ils participent à l’eucharistie comme si la survie de l’Eglise allait en dépendre... Et quand ils sont les seuls à se comporter comme ils le font, ils sortent de la messe furieux et mécontents de tant d’impiété ambiante...Ce genre d’attitude alimente ensuite les cohortes de tradis heureux de se retrouver enfin avec aussi rigides qu’eux-mêmes...Mais ces fidèles devraient surtout s’en prendre à eux-mêmes...

      Prenons encore l’agenouillement.

      Si l’espacement des chaises ou des bancs le permet, mieux encore si l’on dispose d’un prie-Dieu, aucun problème pour s’agenouiller (encore qu’un abus d’agenouillement peut finir par perdre son sens premier : manifester sa piété, et devenir un geste ostentatoire et par conséquent déplacé...). Mais si rien n’est prévu et si les chaises sont trop serrées, se mettre à genou devient alors une épreuve non seulement individuelle mais collective : il faut repousser sa chaise, gêner son voisin, ou s’installer dans l’allée centrale. Le voisin miséricordieux l’admettra volontiers, mais c’est faire peut-être preuve de plus d’intelligence liturgique - et de plus d’humilité réelle- en se contentant de rester debout et de s’incliner à l’élévation...tout en agenouillant son coeur dans le secret de la prière...

      Je voudrais donner un dernier exemple de la relativité de ces formalismes auxquels certains fidèles accordent une importance disproportionnée au point de ne plus supporter les comportements différents de leurs voisins de messe...On voit régulièrement des pratiquants (jeunes souvent) venir à la communion les mains dans le dos et communier dans la bouche : ceci se présentant comme le nec plus ultra du respect liturgique. Et bien non ! C’est tout le contraire en Russie...Assistez donc un jour à une divine liturgie les mains dans le dos et vous verrez bientôt une "baba" (vieille femme) plus ou moins revêche vous rappelez à l’ordre et vous demander d’abandonner cette posture jugée désinvolte...

      En résumé, la (double) intelligence de la liturgie demande de l’étudier, de la vivre, mais aussi du savoir-vivre et de la souplesse, donc de l’humilité. Tout est souvent affaire de contexte. Et c’est comme pour le reste : l’esprit vivifie là où la lettre du règlement liturgique tue...

      A notre messe dominicale, le prêtre consacre les espèces face à l’assemblée. Mais une belle croix est disposée entre l’autel et l’assemblée et l’élévation s’inscrit alors derrière cette croix : nul besoin pour le célébrant de tourner le dos aux fidèles pour que l’actualisation du sacrifice du Christ, soleil levant, soit évidente.

      Maintenant, si les Américains en sont encore à s’énerver à ce sujet...

    • "Cohortes de tradis", "fidèles obstinés" "rigides", "excès de formalisme", voilà qui rejoint les "simagrées" et les remarques plutôt malvenues au moment de la communion ( vous êtes-vous seulement avisé que vous n’aviez pas vu le prêtre et ne saviez rien de son expression et du ton de la remarque..à un moment des plus opportuns ? ) Quel mépris...
      C’est tout ?
      Encore un effort , vous allez trouver d’autres arguments aussi fins et délicats que ceux qui précèdent

    • 1° Arguments fins et délicats... Merci du compliment, mais je ne vois pas pourquoi on pourrait librement critiquer le comportement des prêtres pendant la liturgie (et Dieu sait qu’on ne s’en prive pas...) et pourquoi on ne pourrait pas critiquer celui des fidèles.

      2° Votre réponse le confirme : pour progresser dans l’intelligence de la liturgie, aux deux sens du terme que j’ai esquissés, il nous faut de l’humilité...On peut donner beaucoup dans la génuflexion et en manquer...

      Je ne suis pas chargé de vous convaincre, ça dépend plutôt de l’Esprit saint...

    • Encore Lui ! Sauf, que cette fois, Il ne surnage plus dans la sauce tomate du couscous, l’Esprit Saint... Il y est noyé.

      MERCI.

    • cf. : 23 août 02:14

      Sans intention de prolonger la discussion j’y reviens parce que la fin du message de Michèle m’a fait rire aux éclats ! "...j’ai encore le regret de ne pas être allée le rassurer... que ce n’était pas devant lui que je m’étais agenouillée" !... J’imagine la tête du prêtre s’il avait reçu cette confidence !... Ah ! merci pour ce défoulement qui tombe à pic après une sorte d’embarras gastrique dû manifestement à l’ingestion accidentelle d’un fort malencontreux pavé.

      Ma réaction à l’intervention de Michèle est pour l’assurer que, loin de lui administrer un sermon genre : "vous faites erreur","génuflexion dépassée et non conforme à la liturgie" nôtre à présent etc... Pas plus que je n’ai, par malheur, la prétention de dégommer l’article signé,qui plus est, par un expert en Droit Canon. Cela étant, qu’aurais-je fait s’il m’était possible de me mettre à la place de Michèle. Il est probable que pareille à la sienne aurait été ma réaction tout en me félicitant du fait que, m’agenouillant, mon pied ne soit pas allé dans le tibia du communiant suivant. Pour le reste, eh bien, je n’aurais rien change à ma façon d’aborder le Seigneur du moment que c’est mon coeur qui me dicte mes faits et gestes, j’écris bien "mon coeur" et pas mes sentiments ni mon émotion, mais mon coeur, c’est-à-dire le plus profond de moi, mes tripes, ma foi. C’est ainsi qu’il me convient d’aller à Sa rencontre, de L’accueillir. Le reste, eh bien...

      Le reste semble ne relever que de "l’air du temps", de changements dans la gestuelle, les chants liturgiques, la mode vestimentaire (on verrait mal une "soeur" coiffée de la cornette s’engouffrer dans le "pack compact" de voyageurs agglutinés dans un autobus aux heures de pointe). Mais je continuerais d’être moi-même, de parler à Dieu dans mon langage, celui des mots et du corps, et avec la certitude qu’Il me comprend. Qu’on me balance "simagrées"’, "excès de formalisme", "fidèle obstinée s’accrochant à des comportements inadaptés", "vous faites un contresens", "cohorte de tradis rigides" etc.
      C’est du laïus, tout ça... En plus, qu’avec ce qui se passe dans le monde le Seigneur doit être occupé à bien d’autres choses qu’à Se concentrer sur des litanies répétitives qui n’ont rien à faire avec l’égrenage du Saint Rosaire.

      Il serait étonnant que me vienne l’idée de transposer le sujet dans une logorrhée philosophico-théologico-savante car, dois-je l’avouer, mes limites en la matière sont patentes. En effet, il faudrait s’y connaitre un bout pour placer "relativité des formalismes", "double intelligence de la liturgie", faits et méfaits de "l’agenouillement", inclinaison du corps et celle du coeur, avec le bruit des pieds de chaises contre le prie-Dieu d’à-côté etc...Comme il m’est peut-être demandé indulgence envers les "nouveautés" adoptées par d’autres dans la mesure où ce n’est pas le dogme qui est en cause. C’est à ce niveau que souplesse, ouverture d’esprit et charité bien comprise pourraient contribuer à une marche ensemble sur des itinéraires différents mais pour rejoindre la même destination.

      Voilà pourquoi le choix du billet de G. Murray apporte un sens à cet aspect de la liturgie. On ne peut que s’en féliciter au lieu d’en faire tout un Saint-Foin ! (même si la sauge qui l’embaume facilite la digestion).

      On dit qu’"il faut de tout pour faire un monde"..."meilleur" pourraient ajouter tous les chrétiens.

      MERCI.

  • Chouette, un nouveau marronnier pour la rentrée...On manquait de sujets sur FC...

    Symbole et formalisme...On n’arrivera jamais à mettre tout le monde d’accord sur un équilibre parfait.

    L’indigence formelle tue la liturgie. L’excès de formalisme l’étouffe.

    L’orient a tellement magnifié le mystère de l’eucharistie qu’il l’a enfermé dans une iconostase. Le spectacle est grandiose. Mais où est la participation du fidèle ? Une pèlerine russe d’Ekaterineburg que j’ai interrogée cet été au monastère Saint-Serge me disait qu’elle ne comprenait pas tout mais qu’elle avait son livre pour suivre...

    L’occident romain a tellement voulu remettre ce mystère à la portée du peuple de Dieu qu’il l’a tourné vers celui-ci au risque de la banalisation et de l’indigence...Mais je m’élève contre l’idée que la liturgie romaine aurait été une opération de démolition. Et une liturgie romaine correctement accomplie est magnifique mais d’une autre beauté qu’une liturgie orientale.

    Mon expérience personnelle, après avoir assisté à une divine liturgie à Saint-Serge, le top du rite tradi oriental en Europe, après lequel les liturgies de rite latin extraordinaire doivent ressembler à une messe de prêtre ouvrier, c’est que nous avons tout de même la chance d’une liturgie bien plus adaptée à la communauté des fidèles.

    On n’en viendra pas aux mains pour savoir ensuite s’il faut impérativement se tourner vers l’orient comme pour les musulmans, se tourner vers la Mecque. Je me garderai de tout "wahhabisme" à ce sujet...

    Il me semble plus important de se tourner vers l’Esprit saint...

    Quand on en arrive à être obsédé par le défaut de génuflexions, le déficit de coups d’encensoir ou les fautes dans le maniement de l’évangéliaire ou quand on se croit obligé de vérifier à la boussole que l’ostie, à la consécration, est élevée vers l’orient, je dis halte au wahhabisme chrétien : les chasubles y sont mais on a oublié l’Esprit saint dans la sacristie !

    • Il y en a comme ça qui, une fois un mot attrapé quelque part, comme on attrape un rhume, le présentet comme sur un coussin de velours. Et hop ! une fois encore.

      Il s’agit d’un terme relevant du journalisme que je retrouve ici, comme par hasard : le marronnier ! A relire ce "bis" plutôt ter à ter. Enfin.

      Désolé, mais le supposé "wahhabisme chrétien" ça ne veut absolument rien dire du tout, sauf pour faire "sensass" ! Et il est grand temps d’arrêter des comparaisons fantaisistes, ici "liturgie romaine" vs "liturgie orientale". De plus on est repu d’"homélies" où le Saint-Esprit est mis à toutes les recettes, comme ces légumes qui surnagent dans la sauce tomate d’un couscous.

      L’article du père Murray est excellent. Etre tourné vers le Levant cela a beaucoup de sens, quant à l’Islam "tourné vers la Mecque" cette posture a été "copiée" sur le christianisme mais corrigée "vers la Mecque", les ablutions avant la prière chez les musulmans est encore un geste pris dans le christianisme : le prêtre qui se lave les mains etc.

      Il y a toujours un moyen pour mettre d’accord les uns et les autres au lieu du contraire. Ce moyen existe. Aux habitués du prêchi-prêcha de le trouver, et surtout, surtout de l’appliquer... Enfin, si possible.

      Encore merci au père Murray pour cet excellent billet et également pour le choix de celui-ci.

      Avec ce tohu-bohu pour rien du tout on se trouve un peu plié de rire.
      Par ce temps de canicule, vaut mieux aller se reposer à l’ombre d’un beau marronnier pour échapper, en vitesse, au platane.

      MERCI.

    • cf. : 23 août 02:14

      Sans intention de prolonger la discussion j’y reviens parce que la fin du message de Michèle m’a fait rire aux éclats ! "...j’ai encore le regret de ne pas être allée le rassurer...que ce n’était pas devant lui que je m’étais agenouillée" !... J’imagine la tête du prêtre s’il avait reçu cette confidence !...Ah ! merci pour ce défoulement qui tombe à pic après une sorte d’embarras gastrique dû manifestement à l’ingestion accidentelle d’un fort malencontreux pavé.

      Ma réaction à l’intervention de Michèle est pour l’assurer que, loin de lui administrer un sermon genre :"vous faites erreur", "génuflexion
      dépassée et non conforme à la liturgie" nôtre à présent" etc... Pas plus que je n’ai, par malheur, la prétention de dégommer l’article signé, qui plus est, par un expert en Droit Canon. Cela étant, qu’aurais-je fait s’il m’était possible de me mettre à la place de Michèle. Il est probable que pareille à la sienne aurait été ma réaction tout en me félicitant du fait que, m’agenouillant, mon pied ne soit pas allé dans le tibia du communiant suivant. Pour le reste, eh bien, je n’aurais rien changé à ma façon d’aborder le Seigneur du moment que c’est mon coeur qui me dicte mes faits et gestes ; j’écris bien "mon coeur" et pas mes sentiments ni mon émotion, mais mon coeur, c’est-à-dire le plus profond de moi, mes tripes, ma foi . C’est ainsi qu’il me convient d’aller à Sa rencontre, de L’accueillir. Le reste, eh bien...

      Le reste semble ne relever que de "l’air du temps", de changements dans la gestuelle, les chants liturgiques, la mode vestimentaire (on verrait mal une "soeur" coiffée de la cornette s’engouffrer dans le "pack compact" de voyageurs agglutinés dans un autobus aux heures de pointe). Mais je continuerais d’être moi-même, de parler à Dieu dans mon langage, celui des mots et du corps, et avec la certitude qu’Il me comprend. Qu’on me balance "simagrées", "excès de formalisme","fidèle obstinée s’accrochant à des comportements inadaptés", "vous faites un contresens","cohorte de tradis rigides" etc. C’est du laïus tout ça... En plus qu’avec ce que se passe dans le monde, le Seigneur doit être occupé à bien d’autres choses qu’à Se concentrer sur des litanies répétitives qui n’ont rien à faire avec l’égrenage du saint Rosaire.

      Il serait étonnant que me vienne l’idée de transposer le sujet dans une logorrhée philosophico-théologico-savante car, dois-je l’avouer, mes limites en la matière sont patentes. En effet, il faudrait s’y connaitre un bout pour placer "relativité des formalismes", "double intelligence de la liturgie", faits et méfaits de "l’agenouillement", inclinaison du corps et celui du corps, avec le bruit des pieds de chaises contre le prie-Dieu d’à côté etc... Comme il m’est peut-être demandé indulgence envers les "nouveautés" adoptées par d’autres dans la mesure où ce n’est pas le dogme qui est en cause. C’est à ce niveau que souplesse, ouverture d’esprit et charité bien comprise pourraient contribuer à une marche ensemble, sur des itinéraires différents, mais pour rejoindre la même destination.

      Voilà pourquoi le choix du billet de G. Murray apporte un sens à cet aspect de la liturgie. On ne peut que s’en féliciter au lieu d’en faire tout un Saint-Foin ! (même si la sauge qui l’embaume facilite la digestion).

      On dit qu’"Il faut de tout pour faire un monde"..."meilleur" pourraient ajouter tous les chrétiens.

      MERCI.

    • PS

      Juste pour peut-être clore ce chapitre quelques mots précisant un point afin que tout soit clair et sans risque de prêter à confusion. La prudence est toujours de mise pour éviter les faux-pas, et surtout veiller à ce que les expressions et les mots ne soient, à Dieu ne plaise, une fois de plus repris et déformés. Quand il ne s’agit pas, comme le cas s’en est présenté dans cet espace à plusieurs reprises, d’aller jusqu’à utiliser l’identité d’autrui pour lui faire dire n’importe quoi.

      En notant ici et là différentes sensibilités parmi les catholiques, ou autres, il m’a été donné d’exprimer mon incompréhension qu’on en arrive à des situations, comment dire, musclées, pour ne pas dire insultantes, ce qui n’est pas pour aplanir, mais au contraire, les difficultés. Ayant fait part de mon refus de prendre parti, par ex. "gauche-droite" jusque dans le positionnement par rapport à la même religion, et tout en reconnaissant la légitimité de chacun de se réclamer de telle ou telle tendance, je reprends ici la liberté qui m’est octroyée pour exprimer combien il est regrettable, pour ne pas dire triste, de voir utilisés des qualificatifs, épithètes et autres termes, n’ayons pas peur des mots - mal polis et injurieux. A croire qu’en dehors de cet espace, on en serait arrivé aux mains contre quelqu’un qui ne pense pas exactement comme soi-même. L’espace forum FC ne saurait en aucun cas servir de protection pour se permettre tout et n’importe quoi.

      Une fois de plus et pour conclure, en reconnaissant à chacun le plein droit de se réclamer de tel ou de tel courant spirituel ou autre et celui de s’exprimer librement, même vivement, il est me semble-t-il tout aussi légitime de s’inscrire en faux contre toutes sortes de discriminations, autrement dit de quelque nature qu’elles soient, sur quelque sujet que ce soit et envers qui que ce soit.

      On en a franchement et grandement assez de ce qui relève au moins de la vulgarité au plus du vocabulaire carrément scatologique.

      (Et qu’on ne vienne pas me jouer la farce de la dictature et de chef de gendarmerie, n’est-ce pas...).

      MERCI.

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