Catherine Cairn vous apprend la biosculpture

vendredi 5 septembre 2008

Qu’entendez-vous par « biosculpture » ?

Pour moi, la sculpture est avant tout un outil de communication, un témoi­gnage de vie. En grec, le mot bios signifie le vivant, le souffle de vie. La biosculpture est un processus qui permet d’exprimer la réalité des émotions de notre nature vivante, au contact de la terre nue. C’est une méthode progressive, naturelle, qui permet à chacun de se relier au ressenti de son « corps créateur », et en même temps, à l’aspect symbo­lique des gestes. De retrouver sa spontanéité créatrice tout en acquérant la maîtrise des formes. J’utilise l’argile vierge comme matériau avec mes élèves. La terre, la mère du vivant, est le symbole de notre planète. En la modelant, on se replace ainsi dans l’histoire humaine, dans sa propre histoire.

Mais cette démarche personnelle, vous l’intégrez dans un travail de groupe...

Mes ateliers réunissent de 4 à 6 participants. La notion de groupe contribue à donner un élan, une énergie créatrice. Mais chaque participant vient pour lui et crée pour son plaisir. Il s’agit vraiment d’un acte personnel. Je sais que la sculpture a toujours été élitiste, et son enseignement très académique ! Aussi m’a-t-il paru intéressant d’adapter cette disci­pline aux besoins contemporains. en la rendant accessible à tous, en favorisant une expression personnelle et plus spontanée, reliant à l’art de tous les temps, de toutes les cultures. Et en explorant un savoir-faire né de ma formation en art statuaire. Le partage est pour moi un aspect essentiel de ma mission d’ar­tiste. Je n’impose pas un modèle à reproduire, mais je propose un thème pour éveiller l’imagination créatrice : l’œuvre matérielle doit témoigner de ce qui se passe spirituellement. Chaque thème, la première année, reprend un élément du corps humain, dans sa double dimension physique et symbolique…

Un exemple ?

Le buste et le cœur, ou encore l’oreille et l’écoute… Chaque séance dure environ trois heures, pendant lesquelles on se met dans un état de « lâcher-prise » par rapport au mental, afin de pouvoir contacter son intériorité et l’exprimer avec son corps. Le travail de sculpture proprement dit est accompagné de toute une approche relaxante, à l’aide de contes, de poèmes, de musiques… Afin de mieux entrer dans le thème, et de ressentir les sentiments qu’il éveille en soi. Ce réveil de l’inspiration créatrice s’accompagne d’exercices sur les perceptions senso­rielles, le mouvement et le souffle…

Ne s’agit-il pas d’ « art-thérapie » ? Faudrait-il avoir des problèmes psychologiques pour faire de la biosculpture ?

Absolument pas ! Pour moi, la créativité accompagne et favorise le développement de la personne, de l’être profond. Même si je suis diplômée en techniques psychocorporelles de l’école de Jacques de Panafieu, ma méthode s’adresse aux personnes en recherche, à tous ceux qui s’intéressent à la réalisation de soi. Chacun y met du sien et explore son propre style, sans jugement et dans le respect du rythme de chacun. Je n’impose au­cune esthétique, mais je guide mes élèves dans la maîtrise de formes harmonieuses et structurées. Je leur apporte des outils techniques, mais je les assiste aussi sur le plan tactile, du ressenti corporel. Certains commencent par modeler des formes archaïques qui témoignent qu’ils vont puiser dans leurs profondeurs, ce qui est très positif. Puis, petit à petit, le style s’améliore. Je me suis rendu compte que mes élèves, à travers la sculpture, parcourent les phases de l’histoire humaine. C’est sur cette observation que repose ma mé­thode, sur ce processus naturel qui reproduit l’évolution de l’humanité, qui retrouve la respiration de tous les peuples et de toutes les époques.

propos recueillis par Louis LUCE

Les séances ont lieu chaque mois, à partir de septembre, dans le cadre agréable de l’Ermitage, un lieu animé par la communauté Fondacio Chrétiens dans le monde, à la lisière du parc du château de Versailles. À l’issue de chacune de ces rencontres, les élèves repartent avec une œuvre personnelle. La première année, est consacrée à la symbolique du corps. Un cycle de deux années supplémentaires est proposé aux personnes qui désirent approfondir leur travail. Aucun talent artistique particulier n’est requis. Le propos n’est pas de devenir sculpteur professionnel, mais d’entrer dans une expression de soi, libre et responsable.
Renseignements : Catherine Cairn : 06 09 06 43 25.

http://membres.lycos.fr/catcairn

catcairn1@yahoo.fr

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