Baptême du Seigneur (année A)

vendredi 7 janvier 2011

Jésus reçoit le baptême de Jean

3. 13 C’est alors que Jésus vient de la Galilée au Jourdain pour trouver Jean et se faire baptiser par lui. 14 Jean cherche à l’en détourner : « Quoi ? Tu viens à moi ? C’est moi qui devrais me faire baptiser par toi ! » 15 Mais Jésus lui répond : « Laisse donc, c’est seulement de cette façon que tout sera dans l’ordre. » Alors Jean le laisse faire.
16 Le baptême terminé, Jésus sortit des eaux. Alors les cieux s’ouvrirent et Jésus vit l’Esprit de Dieu qui descendait comme fait la colombe et s’arrêtait sur lui. 17 Une voix se fit entendre, venant du Ciel : « C’est lui mon Fils, le Bien-Aimé, celui en qui je me complais. »

© LA BIBLE DES PEUPLES

A l’inverse de la peinture qui a trouvé avec le Baptême du Christ un thème d’inspiration presque infini (et cela depuis les premières icônes), le texte des évangiles semble traduire une certaine difficulté à aborder le sujet, même si tous mentionnent l’épisode. L’évangéliste Jean indique, presque incidemment, en rapportant des propos de Jean Baptiste, que celui-ci a vu l’Esprit Saint descendre et demeurer sur Jésus, signe que celui-ci baptisera bientôt dans l’Esprit, mais, si nous n’avions pas les autres évangiles, nous ignorerions que cette descente est concomitante au baptême d’eau reçu par le même Jésus des mains de Jean. Chez saint Luc, le baptême est expédié en une demi-phrase (« Jésus ayant été baptisé ») pour introduire la scène où le Père et l’Esprit se manifestent au-dessus de Jésus en prière. Matthieu et Marc ne sont guère plus explicites, même s’ils consacrent chacun un verset (un seul) pour dire que Jésus vient de Nazareth pour se faire baptiser par Jean. Mais le premier évangile s’attarde à raconter le dialogue entre le Baptiste et Jésus, le premier s’étonnant et refusant de baptiser celui qui se présente ainsi à lui et qui le dépasse immensément. Visiblement, il y a une certaine gêne à dire que Jésus, le Fils de Dieu auquel croient les chrétiens, a eu besoin d’un baptême conféré par un homme, si respectable soit-il.

Certains ont supposé que cette gêne était due à la concurrence des groupes "johannites" qui s’étaient répandus dans le monde juif et qui mettaient en valeur le baptême de Jean au détriment de celui administré par les chrétiens (il est question d’eux dans les Actes des Apôtres 18,24-25 et 19,3-4). C’est possible, mais cela n’explique pas tout.

Force est de constater que le Baptême de Jésus, malgré sa place importante comme point de départ de la vie publique du Sauveur, n’a pas trouvé tout à fait son explication dans le texte des évangiles et que par la suite les commentateurs, comme les peintres, ont surtout insisté sur ce qui suivait : la "Théophanie", la manifestation trinitaire, qui confirme Jésus dans sa mission et marque qu’il est bien le Fils unique aimé du Père, enveloppé du témoignage de l’Esprit. Mais, avant d’en arriver là, il faut accepter de se mesurer à ce fait rugueux, dont l’authenticité n’est pas douteuse : Jésus a voulu se présenter au baptême de Jean, baptême de repentance, est-il besoin de le redire, geste de contrition, demande d’une purification, signe d’une volonté de commencer une vie nouvelle pour préparer les voies au Messie. Pourquoi cela ?

Rappelons-nous que, juste après le Baptême, Jésus est tenté par le Démon précisément sur la question de sa mission, il s’agit de savoir quel type de messianisme il veut assumer : cherche-t-il une voie courte qui lui assure pouvoir et prestige pour pouvoir imposer la réforme nécessaire de la vie de son Peuple et l’amener dans les voies de Dieu ? On sait la réponse que lui donne le Christ. Le Baptême reçu des mains de Jean est l’expression, voulue par lui, de son unique projet : prendre le chemin des pécheurs, se solidariser avec eux, pour les aider à s’arracher à la domination du Prince de ce monde. Puisque celui-ci triomphe le plus souvent en collant sur leur âme le malaise et la honte, l’incapacité et le doute, Jésus se met dans le lot des pécheurs repentants, il accepte de plonger dans les eaux noires et troubles du Jourdain pour y faire briller la pure lumière de Dieu, ce que certaines images ont rendu magnifiquement.

Et c’est ainsi qu’on comprend la réponse du Père, l’admiration joyeuse avec laquelle il salue ce Fils, si conforme à ce qu’il est lui-même, capable de se dessaisir de tout pour donner une place à l’enfant prodigue.

Dimanche 9 janvier

Première Lecture : Isaïe 42.1-4, 6-7

Psaume 29.1-4, 3, 9-10

Deuxième Lecture : Actes 10.34-38

Évangile : Matthieu 3.13-17.

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Dimanche :
le Baptême du Seigneur

1. « Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton », Jésus messie humble, qui ne vient pas écraser le roseau froissé (lecture d’Isaïe).

➤ Adorons notre Roi au cœur doux et humble.

Point spi : Ne goûtons pas les victoires amères qui se remportent par la violence.

2. « Partout où il passait, il faisait le bien », Jésus celui qui est venu guérir les cœurs brisés et rendre des forces aux mains défaillantes (lecture des Actes des Apôtres).

➤ Adorons notre Médecin, qui n’a pas peur de toucher les plaies purulentes.
Point spi : N’ayons pas peur de nous approcher de l’humanité souffrante.

3. « Il vit l’Esprit Saint venir sur lui », Jésus si naturellement, si spontanément installé au cœur de la vie trinitaire (lecture de l’évangile de saint Matthieu).

➤ Adorons le Fils bien aimé du Père, en qui Il met toutes Ses complaisances.

Point spi : Ne quittons pas Jésus des yeux quand nous avons la chance de pouvoir croiser son regard.

Lundi : La grâce de la première fois (Marc 1, 14-20)

1. Jésus qui commence à prêcher : la grâce de cette première parole publique, d’emblée forte, mûre, nourrissante.

➤ Regarder le Verbe en train de parler, suivre son impact sur le visage des auditeurs, entendre retentir ses mots dans notre cœur.

Point spi : Redevenir des disciples, des gens qui écoutent.

2. Jésus qui commence à appeler : la grâce du premier « suis-moi ! » suivi de beaucoup d’autres.

➤ Percevoir l’audace de l’invitation, deviner l’infinie délicatesse de l’offre, sa joie, sa confiance.

Point spi : Retrouver la lumière du premier appel entendu.

3. Jésus qui commence à fonder son église : la grâce de ces premiers jours en communauté, l’inouï de ces premiers bal-butiements d’une vie partagée.

➤ Suivre Jésus qui inaugure une proximité nouvelle avec les hommes, « Emmanuel » il l’est vraiment, s’adaptant à leur rythme de vie ; entendre ses consignes, ses répri-mandes, deviner ses joies.

Point spi : Faire de nos liens commu-nautaires une manière de vivre avec Jésus.

Mardi : Le choc de Sa présence (Marc 1, 21-28)

1. Un enseignement « frappant », sortant des lieux communs et des discussions à n’en plus finir, une autorité qui est celle de Dieu qui parle.

➤ Admirer cette autorité sans brutalité, sans concession d’opinion, qui s’impose par sa justesse profonde, ressentir la nouveauté de ce discours libre.

Point spi : risquer nous-même une parole vraie.

2. Des gestes qui bouleversent : des gestes efficaces qui guérissent et apaisent, qui frappent de stupeur les démons.

➤ Ressentir le choc de ces premiers exorcismes, nous réjouir de ces victoires sur le mal, communier à la grande lutte du Fils de l’Homme sur tout ce qui dégrade l’homme.

Point spi : croire à la victoire du Christ sur le mal levé en nous et dans les autres.

3. Une parole efficace : un accord inouï entre la parole et les actes, quand « dire » et « faire » sont une même chose, comme dans les sacrements.

➤ Accueillir l’écho de la parole créatrice, recevoir ces mots (« je te pardonne », « ceci est mon corps ») avec une infinie reconnaissance.

Point spi : « que votre oui soit oui ».

Mercredi : Une journée de Jésus (Marc 1, 29-39)

1. Jésus pour qui la journée n’a que vingt-quatre heures, qui a accepté une fois pour toutes de se laisser insérer dans un cadre précis et limité, mais qui reste « l’incirconscriptible », l’insaisissable.

➤ Admirer la précision de son ajus-tement avec notre temps et avec notre espace, considérer son éternité monnayée dans notre durée.

Point spi : être là où Dieu nous a mis avec la liberté profonde des fils.

2. Jésus dont on découvre la bonté sans mesure, Jésus que l’on peut déranger, rendre témoin de nos petits soucis, Jésus qui écoute, Jésus qui touche les corps.

➤ Adorer cette donation immense, de-viner la joie des bénéficiaires.

Point spi : apprendre que l’on peut se renouveler dans le don où on n’a pas mis de limite.

3. Jésus qui reste libre, sa prière qui ne se laisse pas réduire, ses veilles pleines de compassion pour notre humanité.

➤ Suivre en esprit Jésus qui monte seul au mont des Béatitudes, entendre sa prière, attendre son bon plaisir.

Point spi : l’exigence incompressible d’une vie intérieure.

Jeudi : la guérison du lépreux (Marc 1, 40-45)

1. Jésus touché et touchant : touché par la misère humaine, mais aussi par la foi du lépreux, et sortant du périmètre de sécurité pour le « toucher ».

➤ Savoir sa sainteté plus contagieuse que la maladie, regarder son visage plein de joie et celui du lépreux guéri.

Point spi : oser sortir de nos précautions à n’en plus finir.

2. Jésus obéi et obéissant : il agit avec l’autorité souveraine de Dieu, mais se soumet aux prescriptions de la Loi.

➤ Adorer son obéissance pleine de liberté.

Point spi : entrer dans ses vues : « allez vous montrer aux prêtres ».

3. Jésus qui commande le silence et n’est pas suivi : sa toute-puissance s’arrête au seuil de notre liberté, lui à qui obéissent les éléments et les maladies se trouve gêné par les déclarations indiscrètes de ses amis.

➤ Adorer sa patience, sa longanimité.

Point spi : savoir garder la discrétion sur les cadeaux du Bon Dieu.

Vendredi : Une ouverture vers
le haut (Marc 2, 1-12)

1. Jésus qui, par sa seule présence, suscite l’espérance d’une guérison, qui inspire une audace que n’arrête aucune barrière.

➤ Adorer sa manière de laisser-faire, sentir sa joie profonde devant l’initiative de ces hommes.

Point spi : Risquer tout pour renouveler notre amour.

2. Jésus qui veut guérir l’homme tout entier, qui voit derrière le mal physique la blessure de l’âme.

➤ Adorer le Sauveur qui nous voit comme un tout.

Point spi : Ne pas séparer pour nos frères l’aide matérielle et l’évangélisation.

3. Jésus qui reçoit en pleine figure la critique et l’incompréhension des hommes.

➤ Adorer sa divine vulnérabilité.

Point spi : Ne pas faire écran à Jésus pour ceux qui le cherchent à tâtons.

Samedi : Le guide, le médecin, l’ami (Marc 2, 13-17)

1. Le guide : celui qui peut dire : « suivez-moi ! ». Non seulement il appelle, mais il entraîne dans une aventure qui va durer, nous permettant de mettre nos pas dans ses pas.

➤ Considérer sa démarche si sûre, sa conduite si ferme, admirer sa confiance en nous pour nous faire de telles pro-positions.

Point spi : Garder confiance dans sa direction, même au moment des passages difficiles.

2. Le médecin : conscient du mal, il ne s’en protège pas, il est sûr que sa présence est déjà une aventure et le début de la guérison.

➤ Admirer notre vrai Médecin, venu « guérir et sauver ».

Point spi : Soumettre nos blessures, toutes nos blessures, à sa main.

3. L’ami : celui qui par amour de nous accepte les invitations
compromettantes, accepte de se mêler à nos fréquentations, douteuses.

➤ Comprendre ce que veut dire pour lui ce choix qu’il a fait de nous, accepter de tout partager ensemble.

Point spi : Vouloir le faire entrer dans toutes nos affections.

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