Commentaire du Père Michel Gitton

Assomption

2006

Il n’y a pas – et pour cause ! - de texte biblique qui illustre le mystère de l’Assomption. Le récit le plus ancien nous est parvenu dans un écrit que d’aucuns estiment d’inspiration judéo-chrétienne : le Transitus Mariae. Mais, pour illustrer ce mystère, l’Eglise nous propose deux séries de textes : l’un pour la vigile (avec le récit du transfert de l’Arche d’Alliance à Jérusalem, la finale du chapitre 15 de la Première aux Corinthiens sur la victoire définitive du Christ sur la mort, et le compliment indirect fait par Jésus à sa Mère : « heureux ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la gardent »), et l’autre pour la messe du jour. C’est cette seconde séquence que nous allons examiner.

Remarquons tout de suite le passage de l’Apocalypse, chapitre 12, sur la Femme couronnée d’étoiles. C’est le texte le plus couramment donné comme illustration du triomphe de Marie. Certes, il n’est pas si clair au premier abord que ce soit Marie elle-même qui soit ainsi représentée : plusieurs indices font penser que cette femme est l’Eglise, poursuivie par Satan qui la persécute, s’enfuyant au désert (allusion à l’exil de la communauté de Jérusalem à Pella pendant le siège de Jérusalem en 70 ?), la naissance de l’enfant mâle fait bien allusion à la naissance de Jésus, mais cette naissance douloureuse (à la différence de celle qui eut lieu à Bethléem) semble plutôt viser l’engendrement difficile du Christ à travers la croissance de la communauté chrétienne. Pourtant toute référence mariale ne saurait être écartée de ce texte : Marie est comme l’icône de l’Eglise et à travers son destin personnel s’ébauche l’avenir de toute l’Eglise. C’est bien là l’intérêt du mystère de l’Assomption qui annonce la glorification future du corps entier de l’Eglise.

La lecture de saint Paul nous explique que la Résurrection suit un certain ordre : comme le péché est arrivé par un homme, la vie aussi commence par un premier homme, premier né qui annonce et prépare toute la suite. Or nous savons qu’en fait le péché est entré dans l’histoire par la défaillance d’un couple, Adam n’était pas seul en jeu, même s’il a la plus grosse responsabilité. De même, à côté du Christ, il y a Marie, qui, par sa parfaite collaboration avec son Fils, a rétabli la justesse de ce lien entre l’homme et la femme, condition pour que la vie soit rendue. Il est donc normal qu’elle soit aujourd’hui avec son Fils la première bénéficiaire de cette vie nouvelle.

Enfin l’Evangile est celui de la Visitation ? Pourquoi cela ? Sans doute parce que de toutes les scènes mariales de l’Evangile, celle de la Visitation est celle qui montre mieux le lien entre l’humilité de Marie et sa glorification. Elle-même en fait la théorie dans le Magnificat : « il élève les humbles ». Or qu’y a-t-il de plus humble que cette façon d’aller rejoindre sa cousine, la saluer, puis la servir, alors qu’elle se sait porteuse d’un si grand secret faisant d’elle la femme la plus comblée qui soit au monde ?

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