Après le séisme

par Gérard Leclerc

lundi 14 novembre 2016

Oui, il faut bien parler de séisme. Séisme politique, culturel, civilisationnel. L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique constitue un véritable ébranlement du monde occidental, dont il est difficile de mesurer déjà toute la portée. Elle marque à coup sûr le désaveu de la classe politique installée, dont Hillary Clinton était la figure emblématique. Les directeurs du Monde et du Figaro, Jérôme Fenoglio et Alexis Brézet, se retrouvent sur un constat : la colère a gagné, même s’ils divergent sur la suite des événements et la possibilité pour Donald Trump d’incarner une véritable alternative. Ce qui est sûr, c’est que l’Amérique périphérique, à l’image de la France périphérique décrite par le géographe Christophe Guilluy, a manifesté sa volonté de mettre fin à un processus de mondialisation, qui la rend perdante à tous les coups. On parle de révolte et de revanche des « petits Blancs », avec un ton de mépris supérieur, non sans prétendre que leur sursaut ne servira à rien et qu’un tsunami arc-en-ciel ne tardera pas à les submerger.

Ce qui est sûr, c’est que la façon dont le nouveau président gouvernera est encore problématique et que la réorientation de la mondialisation pose des questions d’une complexité infinie. Mais il n’est plus possible de se voiler les yeux devant des phénomènes de fond qui ont d’ores et déjà transformé la nature du débat intellectuel et civique. La condamnation morale des révoltés passe de moins en moins, dès lors que ce sont les privilégiés du système qui accusent les perdants de manquer de générosité et d’ouverture. Tous ceux qui crient au péril du « repli identitaire » font semblant d’ignorer le défi des agressions identitaires. L’acquiescement à ce qu’on appelle le multiculturalisme et sa valorisation masquent les dommages d’une idéologie et d’une réalité très différentes de l’utopie dont on vante les mérites.

Sans doute convient-il, dans le climat actuel, de raison garder, en essayant de trouver la forme de sagesse la mieux adaptée en période de tempête. En ce qui concerne les chrétiens, et notre Église de France, le moment est venu d’une franche explication, dès lors qu’il y a incompréhension et désaccords. Nous le soulignions déjà la semaine dernière : dans un monde qui bouge, il est grand temps de se concerter pour définir des lignes de conduite. Parler le politiquement correct, ce n’est pas parler le langage de l’Évangile, car celui-ci oblige à démasquer les faux-semblants. Ce n’est pas en cachant sous la table les difficultés posées par la mondialisation, les révoltes populaires et les défis de la menace islamiste que l’on fera la vérité en soi-même et pour les autres. L’heure est venue, une fois encore, du courage.

Messages

  • Non ce n’est pas un séisme c’est simplement une élection démocratique dont le vainqueur n’est pas celle que tout le monde adoubait

  • Nous devons rendre grâce au Seigneur pour cette élection. Cela sonne le glas de cette caste dirigeante dépravée et corrompue, qui n’ont que mépris pour le peuple et leur pays... Les Clintons sont des va t’en guerre aux ordres des marchands d’armes et de la finance qui se sont enrichis d’une façon outragente grâce à la politique et aux traffics de drogue et d’armes. Trump est un homme trés riche qui a financé sa campagne et ne doit rien à personne ! Il renonce même aux 400000 $ de salaire annuel en tant que President des Usa. Il pourrait passer une retraite tranquille avec sa famille au lieu de tout risquer ( sa vie et sa réputation) mais il aime son pays et le Peuple Américain. Il veut faire la Paix avec le monde entier ( Poutine Al Assad...) et faire du commerce au lieu de faire la guerre. De plus il souhaite protéger la famille et les nfants...

    • Se sentir soulagé que Hillary Clinton soit hors jeu est légitime, surtout pour qui l’a entendue et vue s’exprimer sur bien des sujets, avoir vu et entendu les proches collaborateurs qu’elle s’était choisis, etc. Sa réputation et celle de son ex-président de mari, Bill, à travers surtout la Fondation qui porte leur nom, ne sont pas des plus nettes. Ses concitoyens dans leur majorité ont rejeté la candidate Hillary. Il semble bien que la lamentable page Clinton est tournée.

      Son successeur-élu, Donald Trump, vu et entendu en tant que candidat a donné l’impression d’un bougre mal-élevé et vulgaire dont les propos ont révolté plus d’un. C’est le côté "profil personnel" du débatteur. L’image du président-élu a été ce qu’il y a, en général, de plus classique : les promesses il y en a à gogo pour tous les goûts, pour toutes les situations et pour tout le monde, rêve idyllique du paradis terrestre qui se profile en bottant le derrière aux démons de l’enfer. La réalisation de ce rêve semble dorénavant à portée de main. Et il n’est pas interdit de rêver et encore plus d’espérer. Sauf que c’est seulement une fois locataire de la Maison Blanche qu’on va mieux savoir pour qui on a voté ou pas voté.

      Une histoire courte qui en dit long : au cours d’une discussion entre amis, un brave type ne fait qu’encenser untel dont on entend parler. A la fin, un copain lui demande : "Tu le connais, ce gars ?" "Ben tiens, si je le connais, comme ma poche que j’te dis !". "L’as-tu fréquenté ? " "Euh... c’est-à-dire : non". "Alors tu ne le connais pas".

      Comme l’écrivait quelqu’un dans cet espace : il nous faut prier pour que le Seigneur aide le président Trump. Quelqu’un a ajouté qu’il faut prier le Seigneur pour tous les autres responsables et aussi pour Hillary Clinton.

      On a oublié qu’il nous faut peut-être prier le Seigneur et Marie aussi pour nous...

  • Magnifique article, court et bien senti. Un petit regret : ou je comprends mal, ou la phrase du milieu du second paragraphe est équivoque ou peu claire ; pour ma part je pense que ce sont les perdants qui accusent les gagnants de tous les maux et façons de faire dont ils bénéficiaient eux, lorsqu’ils étaient au pouvoir...

    Malgré ce microscopique défaut, je pense faire avec cet article ce que je fais depuis deux ans, avec des articles nombreux qui contiennent les mêmes mises en garde : je le photocopie en 10 ou 15 exemplaires et le dépose étalé sur le banc d’entrée de l’Église à l’entrée de la messe du dimanche, alertes que je trouve bien plus utile actuellement que les habituelles bondieuseries (dont certaines sont très bien !) qu’on y trouve, et sur lesquelles je m’efforce de les faire prédominer un peu. Malheureusement, je ne m’adresse là qu’à une énorme majorité de têtes très chenues, ...un peu comme la mienne...

  • Depuis le temps que l’on disait que la démocratie c’était nul mais que l’on avait rien trouvé de mieux !
    J’admire le peuple qui, malgré le bourrage de crâne qu’il subit en permanence, garde son bon sens : ce qu’on lui raconte ne correspond pas à ce qu’il voit autour de lui’

  • l’élection n’a pas bousculé les milieux d’affaires : la bourse se porte bien, le Dow Jones remonte et le Cac 40, pas de séisme par là. Mais si la France, qui vit à crédit car ruinée, devait emprunter à un taux plus élevé ? il est temps de retrouver son indépendance

    • à Gilbert le 15 novembre 2016 à 13h44

      Très bien vu !
      Ce pur produit mondialiste de Tusk, n’avait-il pas déclaré que si le brexit passait, ce serait la fin de la civilisation occidentale... avec d’autres proférant tant de bêtises. Même chose avec cet énorme bêtisier où l’on disait, entre autres innombrables bêtises, que si Trump était élu, ce serait la fin du monde... Le ridicule ne tue plus.
      Il est trop tôt pour savoir à peu près ce que fera vraiment Trump. Il est bien possible, qu’à son tour, il aura le même "entourage" que Madame Clinton. Déjà Trump vient de déclarer que les Clinton sont des gens très bien.

  • J’approuve le message d’Isabelle.

  • En œnologie le "Clinton" est un hybride producteur direct dont la commercialisation est interdite et la consommation rend fou ! L’écrivain J P Chabrol dit que si l’on va vider sa vessie après en avoir bu, il faut faire attention à ce que la dernière goutte ne tombe pas sur les souliers sous peine de les trouer !

    • Le cépage en question est une réalité. Importé des USA peut-être vers la fin du 19e siècle. Pour le reste, il y aurait un hic : après en avoir bu se méfier devant l’urinoir car une goutte tombée sur le soulier pourrait le trouer... Mince ! Comment pourrait-on arriver jusqu’aux WC après en avoir ingurgité une lampée et donc avec un estomac transformé en passoire ?...

      PS
      "Podhivana" aura bien fait de traduire son pseudo en "esperambo" car en français... Chercher plutôt dans la CEF.

  • Je relève ce commentaire de Mark Lilla dans Le Figaro. La conclusion s’applique tout aussi bien à la France, à mon avis.

    "Je suis conscient que le modèle républicain est en crise en France, pour des raisons multiples.

    Cependant, je pense qu’en ce moment ce qui manque à l’Amérique, c’est justement l’équivalent du républicanisme français classique.Une conception de la citoyenneté qui parvient à conjuguer droits et devoirs, à inscrire l’individu dans un projet commun et un récit national.

    Mon rêve serait d’avoir un parti qui aurait un réel projet intellectuel et politique focalisé sur le rétablissement de la citoyenneté démocratique dans toute sa splendeur.

    Dans nos écoles, la question des identités particulières a effacé le grand récit de l’histoire américaine, commençant avec la grande audace des pères fondateurs. Le récit actuel n’est plus celui d’une nation animée par un destin commun qui exigerait des sacrifices collectifs, mais d’un conglomérat de tribus désunies. Des particules élémentaires.

    Le libéralisme économique et le gauchisme culturel continuent de converger dans un explosif cocktail de communautarisme politique et d’ultra-individualisme moral."

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