Après le discours du président

par Gérard Leclerc

mardi 11 décembre 2018

L’allocution du président de la République, hier soir à 20h, était empreinte de gravité et d’une force incontestable. Elle signifiait, sans conteste, un tournant du quinquennat. Il n’est pas possible encore, en dépit de réelles décisions concrètes, de déterminer à quel point ce tournant va marquer une révolution au sens d’un changement radical d’orientation de la politique économique. Comment cette nouvelle impulsion va-t-elle se traduire tout au long de l’année 2019 ? Cette volonté de retrouver la France profonde, en allant à la rencontre des maires à travers tout le pays, constitue-t-elle une remise en cause des tendances lourdes mises en évidence par le géographe Christophe Guilluy ? Sans doute était-il difficile d’envisager une stratégie à long terme, alors qu’il fallait répondre, de façon urgente, aux colères qui s’expriment sur les ronds points de nos provinces.

De plus, cette allocution a-t-elle produit le choc psychologique propre à désarmer la révolte des gilets jaunes ? Les premières réactions enregistrées hier soir montraient que ce n’était pas gagné. La réplique immédiate d’un Jean-Luc Mélenchon constituait un appel, non seulement à la continuation du mouvement mais même à son amplification avec comme point de mire le rendez-vous de samedi. De la part du leader de La France insoumise, c’était prendre une grande responsabilité, car il sait très bien que la revendication se trouve associée à une violence qui a pris une allure insurrectionnelle. Peut-on prendre le risque d’encourager la propagation d’un incendie dont on se demande si les forces de l’ordre seront en mesure, demain, d’arrêter les ravages ?

Au moment où le président parlait, la ville de Guéret en Creuse était envahie par les paysans du département et les carrefours prenaient feu. Si Emmanuel Macron n’a pas convaincu, faut-il se résigner à l’amplification de la révolte ou trouvera-t-on les moyens d’une négociation nationale avec tous les partenaires que le président avait réunis, lundi matin, à l’Élysée ? Emmanuel Macron a demandé aux Français de l’aider. Sa bonne volonté ne pourra accomplir tous les miracles. Hier soir, c’est une lourde incertitude qui planait sur notre avenir le plus immédiat.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 11 décembre 2018.

Messages

  • "Sa bonne volonté ne pourra accomplir tous les miracles. Hier soir, c’est une lourde incertitude qui planait sur notre avenir le plus immédiat". Tout est dit dans cette phrase mais je mettrai un bémol : je ne suis pas certaine qu’il y ait de la bonne volonté dans ce discours, nous assistons à un mouvement défensif en attendant que l’orage passe après avoir parié sur le pourrissement de la situation. Ce pouvoir maintient le cap et essaie par gros vent de parer aux coups : un marin pourrait sans doute nous expliquer cela . Le président n’a rien cédé sur le fond et d’ailleurs le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas compte tenu des forces qui l’ont miraculeusement fait roi.
    Le cap de la destruction du pays est maintenu alors on gagne du temps, on réinstalle le jeu des institutions tant discréditées, on voit sans déplaisir le mouvement des gilets jaunes pénétré par l’extrême gauche, Besancenot disparu des radars fait sa réapparition pour jouer le petit jeu habituel dans les médias. Le vieux système souffle un peu : nul doute que dans quelques jours les syndicats totalement absents vont ressurgir de leurs cercueils, et le théâtre d’ombres va essayer de rejouer la vieille rengaine que personne n’entend plus et rejette mais peu importe, la démolition du vieux pays peut continuer et cela compte pour les Maîtres... Le président a poussé le cynisme jusqu’à évoquer le problème migratoire, mais il envoyait au même moment un sbire signer le pacte de Marrakech qualifié par tous les perroquets comme "non contraignant" ; alors pourquoi ce pacte "insignifiant" devait-il être ratifié par sa majesté Macron en personne qui, vu les circonstances, s’est prudemment abstenu du déplacement ?
    Non, en effet Gérard Leclerc a raison l’incertitude plane et rien n’est réglé dans cette partie d’échecs dont la fin est la mort de l’un ou l’autre des adversaires car il se joue derrière le "pouvoir d’achat, la paupérisation et la disparition d’un peuple" en fait le sort d’une vieille nation que l’on a décidé de faire mourir : il faut appeler un chat un chat car c’est bien de cela dont il s’agit et d’ailleurs ceux qui se dressent aujourd’hui contre ce pouvoir avec leurs mots simples et concrets ne cessent de le dire pour qui sait interpréter et déchiffrer.
    On peut dialoguer quand on est maître de son budget, de son destin comme on le faisait dans le monde d’hier mais dans le nouveau monde, quelle place accordée à un peuple lié à une nation vouée à disparaître dans l’esprit des fous qui dirigent (lire la déclaration hallucinante de Juncker sur les frontières et les nations qui sont bien dans l’esprit de ces gens l’ennemi, les monstres à abattre par tous les moyens).
    Alors, cher Gérard Leclerc, le discours de Monsieur Le Président Macron n’était qu’un discours de défense en attendant de reprendre la main, tous les moyens d’ailleurs sont mis au service de ce but, se servant de la violence déchaînée des imbéciles et des nihilistes à propos pour faire peur au parti de l’ordre et à tous ceux qui hélas en sont les victimes (commerçants, etc..).
    L’adversaire n’ayant pas changé de cap donc de politique, tout reste en suspens avec toutes les incertitudes et les risques qui en découlent.
    Dans cette circonstance dramatique pour le vieux pays, on aurait attendu comme au temps du vieux monde, en pareil circonstance, un changement de politique : plutôt se renier que d’aller contre son peuple et l’histoire nationale, mais nous sommes dans le nouveau monde...le compte à rebours continue donc et nous savons malheureusement sauf intervention de la providence que nous courons vers le chaos et le désordre.

  • Le jour ou les français se rendront vraiment compte qu’ils ne sont considérés que comme des "moindres" par les "autorités" "dirigeantes"...leur vexation sera au maximum
    ...l’église n’a pas encore compris qu’elle n’était que tolérée dans ce monde élitiste à condition qu’elle délivre le message qu’on lui aura préparée.

  • Paris et le désert français.
    Source importante des gilets jaunes non mentionnée dans les media :
    le diesel malmené et le trop plein de pv pour dépassement inférieur à 10 km/h.
    En province les déplacements sont entravés par ces deux atteintes à la liberté

  • Paris et le désert français.
    Source importante des gilets jaunes peu mentionnée dans les media :
    le diesel malmené et le trop plein de pv pour dépassement inférieur à 10 km/h.
    En province les déplacements sont entravés par ces deux atteintes à la liberté

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