Après St-Lazare

lundi 19 janvier 2009

Le blocage de la gare Saint-Lazare, à Paris ou les grèves de Marseille, sans oublier certains autres mouvements plus localisés doivent être pris au sérieux. Nicolas Sarkozy avait eu grand tort d’affirmer qu’en France, lorsqu’il y avait une grève, personne ne s’en apercevait. Non seulement, on s’aperçoit aujourd’hui encore qu’il y a des grèves, mais ces grèves prennent un tour plus radical, voire plus violent.

Ce n’est d’ailleurs pas surprenant lorsqu’on remarque le rôle prépondérant du syndicat Sud-Rail dont les méthodes extrêmes, pour ne pas dire extrémistes inquiètent de plus en plus non seulement la direction de la SNCF, mais aussi les autres syndicats. Cette fois, le président de la République a frappé juste en traitant d’"irresponsables" certains meneurs. Il a frappé d’autant plus juste que les usagers du service public ont été clairement pris en otage pour des enjeux à tout le moins nébuleux. Les agressions contre des agents de la SNCF n’étaient visiblement qu’un prétexte.

Aujourd’hui, le fossé se creuse d’une façon inquiétante entre la France du secteur privé, directement exposé aux effets de la crise économique, et les salariés d’un secteur public qui savent bien ne pas risquer grand chose. En 1995, une majorité de Français pouvaient se dire compréhensifs à l’égard des grévistes. Maintenant, les grévistes donnent, à tort ou à raison, l’image d’un groupe surprotégé ne cherchant qu’à pérenniser ses privilèges.
Cette situation est bien sûr profondément délétère. Elle renforce des antagonismes sociaux qui n’ont plus vraiment lieu d’être, et surtout, elle produit une atmosphère d’insécurité sociale créatrice de peurs et de rancœurs, toujours mauvaises conseillères. Les services publics, notamment en matière de transports, jouent un évident rôle clé dans notre économie et ce au niveau le plus palpable pour nos concitoyens. A l’heure présente, les fragiliser si peu que ce soit n’est pas une attitude qui puisse appeler le respect.
La paix sociale est-elle menacée par de tels mouvements ? On peut en douter, comme on peut douter de la conjonction du mouvement des cheminots avec les autres mécontentements (éducation, justice), par trop dissemblables. Le danger est bien plus grave. On n’oppose jamais impunément deux catégories de citoyens. Il n’en ressort jamais rien de bon.

Il faut souhaiter aussi que les grévistes de Paris ou de Marseille comprennent qu’ils jouent avec le feu.

Serge Plenier

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