Alain Noël, apôtre moderne

par Gérard Leclerc

jeudi 25 avril 2019

L’annonce du décès, mardi 23 avril, d’Alain Noël a vivement peiné ceux qui connaissaient cet apôtre de la foi, lui qui réussissait une synthèse très aboutie entre une fidélité totale au mystère chrétien et une liberté d’esprit étonnante. Les auditeurs de Radio Notre-Dame le connaissaient à cause de ses chroniques de spiritualité qu’il devait d’ailleurs poursuivre si la maladie ne l’avait brusquement arrêté dans son élan. Après une vie très riche, il avait décidé avec son épouse Danielle, conformément à un projet déjà ancien, d’entrer complètement dans un mode de vie monastique, avec son rythme quotidien marqué par la prière des heures. D’où la fondation du monastère invisible à Étampes dans l’Essonne, l’évêque de l’époque, Mgr Michel Dubost, ayant accueilli la fraternité Sainte-Croix dans une maison appartenant au diocèse. Ainsi ce couple de laïcs renouait-il avec une tradition ancienne de l’Église, recevant des hôtes eux-mêmes en recherche d’approfondissement spirituel.

Pour ma part, j’avais fait la connaissance d’Alain Noël en 1997, me semble-t-il, au moment où il fondait Les Presses de la Renaissance. Ainsi se nouerait une amitié dont j’apprécierai toute la valeur au cours des années. Il publierait deux de mes livres qui correspondaient à la tonalité de ses collections. Ne prolongeait-il pas cette vocation missionnaire qui l’avait amené, déjà à Lyon avec les encouragements du cardinal Decourtray, à fonder une communauté charismatique qui doit toujours exister : les apôtres de la paix ? N’avait-il pas été aussi parmi les initiateurs du rock chrétien, en chanteur qu’il était ? Mais j’avoue que je ne l’ai pas entendu chanter, alors qu’il réservait toutes ses énergies et ses talents à l’édition.

Il se trouve que j’ai au moins deux amis qui avaient connu Alain à 18 ans, pour l’avoir eu comme surveillant chez les jésuites d’Avignon, l’un d’entre eux n’est autre que Jean-François Colosimo, actuel directeur des Éditions du Cerf. Déjà, le surveillant s’identifiait à l’apôtre et impressionnait les adolescents dont il avait la charge. Mais il faudrait écrire la biographie, à certains égards surprenante, de ce personnage qui avait une solide formation théologique. Il avait fréquenté avec son épouse la Catho de Lyon à une période dont il n’avait pas toujours gardé le meilleur souvenir. Cher Alain, ton exemple ne cessera de nous poursuivre, toi qui professait que « vouloir être chrétien sans vouloir être saint, c’est se pourrir la vie » !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 25 avril 2019.

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