Le miracle de Lourdes - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Le miracle de Lourdes

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© Adobe Stock / Unclesam

On connaît la célèbre introduction du roman de Maurice Barrès, La Colline inspirée : «Il est des lieux qui tirent l’âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystère, élus de toute éternité pour être le siège de l’émotion religieuse.» Et l’écrivain d’évoquer en premier lieu «l’étroite prairie de Lourdes, entre un rocher et son Gave rapide». Sans doute la sensibilité barrésienne ne saurait rendre compte de la totale nature du mystère religieux évoqué. Elle a au moins le mérite de prédisposer à «nous épanouir à plus de lumière» : «Une émotion nous soulève; notre énergie se déploie toute, et sur deux ailes de prière et de poésie s’élèvent les grandes affirmations.»

Pour confirmer une telle impression et l’approfondir, c’est à l’aide du théologien et du vrai mystique qu’il convient de recourir. Mais en bon témoin de son temps, Barrès ne pouvait que s’attarder sur cet étonnant phénomène que constituent les apparitions de Lourdes en plein XIXe siècle. Face à une culture rationaliste, c’est comme si le surnaturel revendiquait ses droits, en provoquant l’athéisme en vogue. Face au seul témoignage de la petite Bernadette Soubirous se dressent les réactions du milieu intellectuel et littéraire. À Huysmans, célèbre converti, s’oppose Zola l’irréductible « naturaliste ». Ce dernier est néanmoins touché par la vue «d’une humanité souffrante assoiffée de miracle». En vis-à-vis, Huysmans dépasse l’émotion immédiate pour rejoindre le mystère chrétien dans toute son ampleur.

Le monde a bien changé depuis, mais Lourdes demeure comme le cœur mystique de la France, qui n’est pas seulement accessible aux esprits les plus aigus, mais aux foules qui comprennent un langage qui leur est directement accessible. On se demande où est passé le peuple chrétien depuis les années 1960. Il est toujours présent à Lourdes et il ne demande qu’à s’accroître à la mesure d’une humanité en recherche du Salut.

C’est pourquoi on ne peut s’étonner de la venue de Léon XIV au grand sanctuaire marial, à la suite de ses deux prédécesseurs, Jean-Paul II et Benoît XVI. Naturellement, il va directement à ce cœur mystique de la France, où non seulement, selon Barrès, souffle l’esprit, mais se confirme l’Alliance biblique de Dieu avec l’humanité, qui passe par l’Incarnation et la maternité de la Vierge Marie.

Un mystère qui parle aux petits

Lourdes est la confirmation de la parole évangélique : «Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits» (Mt, 11, 25). Les foules de Lourdes continuent à entendre ce message : «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme» (Mt 11,28-29).

Lourdes se trouve ainsi au carrefour de la piété la plus populaire et de l’éclairage ecclésial le plus sûr. Ce n’est pas pour rien que la Mère de Dieu a confié à Bernadette son identité : «Que soy era Immaculada Councepciou», « Je suis l’Immaculée conception », une formule que l’adolescente répète tout au long du chemin pour ne pas l’oublier et la transmettre à l’abbé Peyramale. C’est une confirmation céleste du dogme proclamé par Pie IX quatre ans auparavant.

Les successeurs de Pie IX ont repris la route vers la grotte de Massabielle car ils savent l’authenticité d’une visite céleste qui continue à parler aux foules et touche les cœurs.