La ferveur et l’enthousiasme pour la venue de Léon XIV rappellent, en positif, l’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris. En quelques heures, le monde avait alors craint de voir basculer l’édifice qui symbolisait le mieux la France et sa foi. Sept ans plus tard, et dix-huit ans après une longue éclipse d’une visite officielle d’un Souverain pontife, la soif spirituelle d’un vieux pays catholique se fait jour à nouveau.
Et cette soif est jeune, elle est réjouissante comme un bain de jouvence, car elle puise à la source de la grâce, dont le Pape détient les clefs ! Voilà pourquoi sans doute, même si toutes les générations sont concernées, elle est encore plus évidente pour la jeunesse. Pour eux, le Saint-Père représente la figure paternelle, essentielle et hélas peu présente dans la société. Une autorité bienveillante et exigeante à la fois, indispensable pour tenter d’éteindre les ravages des incendies dans les âmes, provoqués par le manque d’éducation et aussi de foi, l’absence de la grâce du baptême. Qui ne peut constater l’ensauvagement de la société qui en résulte… ?
À cet égard, la liberté des écoles catholiques, récemment remise en cause, constitue un point de vigilance pour le Saint-Siège, comme l’a exprimé le récent message aux évêques de France.
Mais la venue du Saint-Père sera aussi une cure de jouvence, au sens fort du terme, c’est-à-dire un soin. Avec, espérons-le, une ordonnance appropriée. Car la France est malade. Elle est malade quand ses représentants votent une loi inique, désormais promulguée par le chef de l’État, autorisant le suicide assisté et l’euthanasie. Grâce à Dieu, le combat courageux des religieuses leur a permis d’obtenir une relative liberté de conscience pour leurs établissements religieux. Mais jusqu’à quand ? Combien d’années avant que cette protection soit remise en cause ? Là encore, les catholiques seront contraints dans les années à venir de retremper à la source du Dieu créateur leur engagement en faveur de la vie humaine, pour que l’incendie de mort et de désolation ne gagne pas toute la société, et que subsistent des lieux où l’amour du prochain reste une réalité, jusqu’au dernier instant de la vie.
« Pour que le monde ait la vie »
Face à tous ces défis, que peut le petit troupeau des fidèles observants, « Pour que le monde ait la vie », comme l’indique le thème de la visite papale ? Beaucoup, avec la puissance de Dieu et le zèle de la mission ! C’est ce qu’écrivait déjà en 1659 saint Jean Eudes, avec des accents repris de saint François-Xavier, appelant à l’urgence de la mission et se désolant des obstacles liés à l’anesthésie des consciences : « Que font à Paris tant de docteurs et tant de bacheliers, pendant que les âmes périssent par milliers, faute de personnes qui leur tendent la main pour les retirer de la perdition et les préserver du feu éternel ? Certainement, si je m’en croyais, je m’en irais à Paris crier dans la Sorbonne et dans les autres collèges : « Au feu, au feu, (…) ! Venez, messieurs les docteurs, (…) messieurs les abbés, venez tous, messieurs les ecclésiastiques, pour aider à l’éteindre. » »
Lors des incendies de cet été en France, deux endroits ont été épargnés par les flammes : la statue de la Vierge Marie à Cotignac, et le Christ en croix du calvaire de Saumos, dans les Landes. Deux métaphores que malgré le désastre, la source de la vie de la grâce reste intacte.
