« Léon XIV ? Comme si c’était Beyoncé ! » confie avec enthousiasme un jeune homme de 21 ans qui assistera à la veillée du Saint-Père avec 80 000 catholiques âgés de 18 à 35 ans, le 25 septembre au Stade de France. Ces propos sont cités dans un article du Parisien qui n’hésitait pas à titrer dès le 16 août dernier : « Pourquoi les jeunes catholiques attendent Léon XIV comme une superstar. »
Bon nombre de titres de la presse quotidienne régionale ont aussi enquêté sur l’engouement suscité par le Pape auprès des jeunes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les places ont été prises d’assaut pour la veillée au Stade de France le 25 septembre, et plus de 400 000 personnes sont inscrites pour la messe du samedi 26 place de la Concorde à Paris. Dans Le Figaro (28/08) Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque coadjuteur de La Rochelle, estime que cette ferveur « manifeste la quête spirituelle profonde de nos contemporains : le matérialisme ambiant, mais aussi les idéologies nihilistes ne peuvent pas combler le cœur de l’homme ». Mgr Philippe Ballot, évêque de Metz où se rendra le pape, insiste, lui, sur la personnalité du Saint-Père « perçu par beaucoup de personnes comme quelqu’un de solide, serein, simple, accessible, paisible. Il rassure. »
Pour autant, quelques esprits chagrins ont trouvé des sujets de récriminations. Ainsi, l’hebdomadaire Marianne (25/08) s’étonne-t-il que la venue du Souverain pontife ne « suscite aucune protestation malgré la loi de 1905, preuve que la laïcité a malheureusement disparu du débat public ». Le titre de l’article est éloquent : « Une messe célébrée par le pape place de la Concorde ? Et puis quoi encore ? »… Le député Alexis Corbière, qui a quitté LFI pour le groupe écologiste et social au Palais Bourbon, critique sur X (20/08) le rôle joué par le protocole de l’Assemblée : « À l’occasion de la venue du Pape le 26 septembre à Paris, l’Assemblée nationale informe les députés qui veulent assister à la messe place de la Concorde qu’il leur faut écrire au protocole avant le 25 août. Léon XIV est le bienvenu mais cette méconnaissance de la laïcité m’agace. » À Metz, l’Union des familles laïques (Ufal) de Moselle dénonce les 500 000 euros consacrés par la collectivité à la visite papale et critique notamment la location d’écrans géants pour diffuser la messe « qui peut poser un problème juridique ». Le préfet a été saisi par l’association mais, la Moselle étant un département concordataire qui n’est pas soumis à la loi de 1905, les collectivités peuvent financer le culte.
Réconcilier les esprits
Sans doute Léon XIV sera-t-il le plus à même de réconcilier les esprits lors de sa venue en France. Dans une tribune publiée dans Le Figaro (28/08), Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, évoque la paix qui émane du Saint-Père et touche les foules : « Nul doute qu’avec la paisible clarté qui a été récemment la sienne en Afrique puis en Espagne, Léon XIV saura trouver les mots pour dire à notre pays ce qu’il a besoin d’entendre. Ainsi agira-t-il, comme il le fait depuis le début de son pontificat en messager de « la paix désarmée » et, pour cela précisément, « désarmante » ».
