Les plis cachetés arrivèrent sur le bureau de Pie IX en 1851. À l’intérieur, deux lettres écrites par Maximin et Mélanie, narrant ce que la Vierge leur avait confié personnellement. Des deux « secrets », c’est celui de Mélanie qui fit couler le plus d’encre. Réecrit à plusieurs reprises jusqu’en 1879, Rome le frappe d’interdit de diffusion en 1915. En 1999, l’original de 1851 est retrouvé dans les archives du Saint-Office. Si la tonalité n’est pas aussi terrible que la version de 1879, elle n’en reste pas moins apocalyptique.
La Vierge aurait ainsi prophétisé à Mélanie aussi bien la destruction de Paris que Marseille, la persécution du Pape « de toutes parts » – comme à Fatima –, précisant qu’on « lui tirera dessus, on voudra le mettre à mort, mais on ne lui pourra rien, le Vicaire de Dieu triomphera », ou encore que des « ministres de Dieu » et des « Épouses de Jésus-Christ se livreront au désordre »…
« Il est vrai que le vocabulaire et les avertissements nous semblent bizarres, reconnaît Anne Bernet. Paris et Marseille n’ont pas été rasés de la carte, mais cela ne décrédibilise pas pour autant La Salette. Souvenons-nous de la colère de Jonas parce que le feu du ciel n’anéantissait pas Ninive, ce qui le faisait passer pour un faux prophète… Il se peut que quelques justes aient réussi à retenir le bras du Fils. »
