Fin de civilisation ? - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Fin de civilisation ?

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© Adobe Stock / Sophie Animes

Au terme de dix années de pouvoir, que retiendra-t-on de l’action du président Macron ? Sans vouloir faire un bilan exhaustif, on s’accordera que notre pays est en triste état, accumulant les crises aussi bien économiques que sociales. Mais depuis le début des années 1980, sous François Mitterrand, le sociétal semble s’être substitué au social. De la même façon qu’on ne retient guère de François Hollande que le mariage dit pour tous, on retiendra probablement d’Emmanuel Macron la constitutionnalisation de l’avortement et la légalisation de l’euthanasie. Ce que l’on présente comme une liberté et un déploiement démocratique se révélera en fin de compte comme une dérive progressive des mœurs.

Un sceau définitif

Comment se plaindre d’une chute catastrophique de la démographie lorsqu’on n’a cessé de mettre en cause le principe de filiation, en s’attaquant de toutes les façons possibles à la structure familiale ? La prochaine étape envisagée par un héritier du macronisme est la légalisation de la «gestation pour autrui», affublée de la qualification d’éthique, comme si «les mères porteuses» pouvaient recevoir une mission vertueuse, indépendamment des transgressions insupportables de la GPA.

La législation sur la fin de vie s’inscrit dans cette généalogie redoutable, sous le signe des ruptures civilisationnelles, en marquant une sorte de sceau définitif. Car, lorsque le bris de l’interdit fondamental du serment d’Hippocrate est accompli, c’est ce que Jean-Paul II appelait la «culture de mort» qui s’impose. Pour ne donner qu’un seul exemple : comment s’opposer à la tentation du suicide, dès lors que celui-ci est avalisé par la loi ? Dans une société dépressive, où la violence juvénile produit de plus en plus de dégâts, où la prostitution des adolescentes se répand, comment se mettre en travers d’une logique de destruction, où le désespoir s’empare des âmes ? La culture de mort justifiée en fin de vie est la conséquence directe de la destruction du tissu familial, révélée ces jours-ci par la faillite d’un organisme comme l’Aide à l’enfance. Un dispositif qui prend une dimension alarmante du fait de cette logique de désintégration dont nos gouvernements sont responsables depuis plusieurs décennies.

Il reste encore quelques jours à nos représentants au Parlement pour prendre une décision définitive, dès lors que l’obstacle du Sénat a été levé. On souhaite simplement qu’ils prennent conscience de l’étendue de leurs responsabilités s’ils abdiquent sous la pression de lobbies idéologiques et de médias scandaleusement voués au désarmement moral du pays. Ils auraient au regard de l’histoire la charge d’avoir non seulement avalisé mais accéléré une décadence qui mène le pays à sa ruine.

Le pape Léon XIV et les évêques n’ont cessé de dénoncer cette dérive. Loin d’être un refus de la modernité, ils montrent comment l’Église, depuis ses origines, ne cesse d’assumer sa mission « d’arche de salut des sociétés». Il y a toujours eu une intense complicité entre le développement de l’évangélisation et le progrès de la civilisation.