Ordinations. « Pour que le monde ait la vie » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Ordinations. « Pour que le monde ait la vie »

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© Sebastien Desarmaux / Godong

Per Cristo a tempo pieno »«  À temps plein pour le Christ ». Cette affiche italienne pour la Journée des vocations, de 1972, résume bien l’esprit de don total qui préside au choix du sacerdoce, à l’opposé du matérialisme et de l’individualisme régnants, dont personne n’est indemne. Il faut donc commencer par saluer ce choix courageux des nouveaux prêtres, même si leur petit nombre est insuffisant pour faire face à la déchristianisation galopante.

Mais il y a plus. Lorsque Léon XIV s’est adressé aux prêtres du monde entier, le 12 juin dernier, en la fête du Sacré-Cœur, il leur a justement montré ce divin Cœur plein de douceur et d’humilité comme un modèle pour les prêtres. Selon cette magnifique méditation, la conformité intérieure au Cœur de Jésus révèle un amour «qui se laisse blesser», pour devenir source de grâce et de miséricorde pour tous. En un mot, pour redonner la vie, d’une manière surnaturelle, et ô combien féconde ! Que soient ici remerciés les prêtres qui nous ont enfantés à la vie divine…

Il n’est donc pas anodin que pour son prochain voyage en France, le Souverain pontife ait choisi cette phrase de l’évangile selon saint Jean : «Pour que le monde ait la vie» (Jn 6, 51). Cette vie que le Pape souhaite réveiller dans notre pays, c’est d’abord celle de Dieu dans les âmes ! Ce qui est après tout le premier objectif d’une visite apostolique  : conforter la foi des catholiques et ranimer leur ardeur missionnaire. 

Bien sûr, le terme de la « vie » s’entend aussi au sens biologique. Il est donc probable que les propos de Léon XIV auront une résonance dans le débat politique français – celui de la fin de vie en premier lieu. Il faut rappeler ici la phrase largement commentée du Pape, le 22 juin, jour de la fête de saint Thomas More, patron des hommes et femmes politiques – et martyr – : «Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée !» 

Cohérence de vie

C’est qu’aujourd’hui plus que jamais, il est demandé aux catholiques qui veulent être des témoins crédibles, aux soignants en particulier, une cohérence très forte entre leurs convictions et leur pratique professionnelle. Jusqu’à accepter la possibilité d’une forme de sacrifice de leur carrière… Ce que saint Camille de Lellis, patron des infirmiers, disait déjà au XVIe siècle, en cherchant des compagnons pour s’occuper des malades les plus rejetés de la société de son temps : «Il faudrait ici des hommes qui n’y fussent pas conduits par l’amour de l’argent, mais par l’amour de Notre-Seigneur, qui fussent de vraies mères pour ces pauvres malades, et non des mercenaires. Mais comment trouver des hommes qui se sacrifient à ce point ?»

Comment ? Le pape Pie XII y répondait en s’adressant aux infirmiers de Rome le 21 mai 1952, avec des mots très paternels : «Vous avez en effet, dans votre vie, tant de sacrifices à accomplir, tant de dangers à surmonter, qu’il vous serait impossible, sans l’aide surnaturelle, de triompher constamment de la faiblesse humaine.»

Ainsi, prêtres ou laïcs engagés dans le monde, l’exigence des temps est la même : «Per Cristo a tempo pieno.»

P.-S. : En ces jours où la barque de l’Église risque d’être à nouveau chahutée dans son unité, il est bon de se souvenir des paroles de Jésus à saint Pierre, et à lui seul : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. »