Misericordia, le nouveau visage de la charité à Aubervilliers - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Misericordia, le nouveau visage de la charité à Aubervilliers

« Œuvre de compassion et d’évangélisation », l’association Misericordia vient de faire bénir le chantier du centre qu’elle édifie à Aubervilliers, dans le diocèse de Saint-Denis.
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Mgr Étienne Guillet, évêque de Saint-Denis, lors de la bénédiction du chantier du nouveau centre Misericordia, à Aubervilliers, le 18 juin. © Misericordia

« Être le cœur du Christ qui bat, de jour comme de nuit, pour les plus pauvres. » C’est la mission que s’est fixée l’association Misericordia depuis sa fondation, en 2013, par Romain de Châteauvieux et son épouse Rena. « Nous voulons unir la charité à l’annonce explicite du Christ, comme l’a toujours fait l’Église, résume Romain. Car les œuvres de miséricorde sont à la fois corporelles et spirituelles. Benoît XVI disait d’ailleurs que l’annonce de la foi est le sommet de la charité. »

Du Chili à Aubervilliers

C’est au Chili que Misericordia a vu le jour, dans un quartier pauvre de Santiago où vivent Romain et Rena. Au contact de la misère matérielle, affective et spirituelle naît ce qui deviendra une œuvre missionnaire internationale : treize ans plus tard, Misericordia est présente en périphérie des grandes villes en Argentine, aux États-Unis, en Espagne et compte une cinquantaine de volontaires dans le monde. En France, elle est implantée à Nantes et à Aubervilliers – l’une des villes les plus pauvres de France. Sept volontaires y déploient leur action missionnaire depuis 2018, mais le centre qui les accueille est devenu trop petit pour satisfaire les besoins croissants du quartier. Un nouveau est en cours de construction : le chantier a été béni le 18 juin par l’évêque de Saint-Denis, Mgr Étienne Guillet, en présence du maire d’Aubervilliers. «1000m2, pour mieux recevoir nos voisins au sein d’équipements nouveaux, précise Antoine You, de Misericordia : une ludothèque, des salles de musique, un centre éducatif agrandi mais aussi un café solidaire, ouvert à tous depuis la rue. Le but est que tout soit achevé à la rentrée 2027.»

C’est donc un lieu de vie qui éclôt au sein du quartier de Montfort dont beaucoup d’habitants souffrent de solitude : «Ici, l’isolement est une vraie pauvreté. Nos missionnaires vont toquer plusieurs fois par semaine aux portes des appartements.» Pour offrir leur présence consolante aux personnes âgées qui n’ont plus à qui parler, aux mères délaissées dont les enfants sont très tôt confrontés à la violence des rues. «Nous ne leur proposons pas de services matériels. Seulement du temps, de l’attention. Un peu de joie et de chaleur humaine.» Un « Jour du senior » réunit le jeudi les personnes âgées autour de jeux ou d’ateliers de cuisine. Les enfants profitent du soutien scolaire et d’activités sportives.

Soutenus par la prière

Œuvre de compassion , Misericordia est aussi une œuvre d’évangélisation. Les volontaires trouvent dans la prière – deux à trois heures par jour – le soutien indispensable à leur mission. «Sans cela, notre action n’aurait pas de consistance», confie Romain de Châteauvieux. Et c’est vêtus d’un sweat aux couleurs de l’association que ses missionnaires parcourent le quartier, où se côtoient 70 nationalités. Beaucoup de ses habitants sont musulmans.

L’annonce de la foi se fait au fil des rencontres, sans rien imposer mais sans détour. Les volontaires prient souvent avec les personnes qu’ils visitent. Lors des activités organisées au centre, ils font des « topos » sur l’Évangile ou les grandes figures chrétiennes. «Nos missionnaires ont naturellement une croix autour du cou. Le fait d’afficher notre foi, d’être clairement identifiés comme chrétiens permet un dialogue vrai», souligne Romain de Châteauvieux, certain que cette présence explicite et fraternelle ouvre des chemins inattendus vers Dieu.