Euthanasie : les réserves de François Bayrou - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Euthanasie : les réserves de François Bayrou

Au moment où l’Assemblée nationale étudie la proposition de loi sur le « droit à mourir », qui prévoit de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, François Bayrou a remis le texte suivant au collectif organisant la manifestation contre ce projet, le 28 juin à Paris. L’ancien Premier d’Emmanuel Macron, et président du Modem, y souligne que « la prise en charge par le système de santé de la mort d’un être humain » n’a rien à voir avec les soins palliatifs.
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© Jacques Paquier / CC by

« Beaucoup de médecins et de personnels soignants en soins palliatifs m’écrivent ou m’appellent pour soutenir, ou questionner, la décision que j’ai prise comme chef du gouvernement concernant l’examen des textes sur la fin de vie.

J’ai en effet pris la décision de séparer les votes sur les deux parties du texte, celui sur les soins palliatifs et celui sur « l’aide active à mourir ».

Ce n’était pas une décision à la légère. Ma conviction de citoyen, de responsable du gouvernement, et ma conviction d’homme étaient les mêmes : les deux questions posées sont distinctes et devaient être distinguées.

Les conditions de la fin de vie, la prise en charge par le système de santé de la mort d’un être humain, sont une question de conscience, lourde et profonde, une des plus profondes qu’une société comme la nôtre puisse poser. Ce sont des débats qui impliquent toute la conception de la vie humaine.

D’une tout autre nature est le débat sur l’organisation des soins palliatifs, qui pour moi n’est pas une question, mais est tout simplement un devoir, une obligation morale, l’assistance que l’on doit à ceux que l’on aime, à nos sœurs et frères en humanité.

Ce sont deux problèmes d’essence différente et il n’était ni normal, ni moral, de confondre l’un et l’autre, et de faire dépendre la définition et l’organisation du devoir d’assistance due à un être humain à bout de forces, de la conception que l’on se fait de la mort décidée et mise en œuvre.

J’ai donc décidé de séparer les deux votes. Certains me l’ont reproché, d’autres ont approuvé cette décision. De manière inattendue, plusieurs, y compris parmi les plus ardents défenseurs du texte, m’en ont remercié. Pour moi, les principes de la démocratie et de l’humanisme étaient en cause et aucune pression ne doit détourner de les respecter. »

L’appel du 28 juin.