De l’identité à la foi chrétienne - France Catholique
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Le journal de la semaine

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De l’identité à la foi chrétienne

Pour certains, il serait antichrétien d’affirmer son « identité chrétienne »… Mais la découverte, par les jeunes, de notre héritage civilisationnel peut favoriser bien des conversions sincères.
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© Gage Skidmore / CC by-sa

Décidément, le problème posé par le profil nouveau de beaucoup de candidats au baptême ne cesse de provoquer des interventions contraires. Récemment, un échange plutôt vif sur les réseaux sociaux avait au moins le mérite d’exposer clairement les positions en cause. L’un assène : « Le national-christianisme est un long et pénible blasphème continu. » L’autre réplique : « Le gaucho-christianisme est une longue agonie civilisationnelle… et spirituelle. »

Cet échange pour le moins « musclé » s’inspire au départ de la situation américaine, avec la mise en cause de Donald Trump et sa façon de bousculer tout un climat culturel. C’est donc que le débat dépasse nos frontières nationales et que nous nous trouvons face à un défi assez redoutable. Si la droite catholique américaine, présente aux côtés du président des États-Unis, notamment avec le vice-président J.D. Vance, se manifeste à l’encontre d’un progressisme solidement implanté dans le milieu universitaire, c’est en raison d’un climat idéologique caractérisé par le wokisme. C’est-à-dire la dévaluation et même la récusation de tout un héritage.

Éviter l’impasse

Que la réaction à l’encontre de ce climat pose des questions de pertinence ne fait pas de doute. Qu’elle soit marquée par une militance qui se réclame du christianisme constitue aussi un sujet de réflexion. Le seul nom de Charlie Kirk, assassiné en raison de ses convictions, en est un signe manifeste. Que cela provoque la polémique n’a rien pour nous étonner. Mais il serait dommage que les oppositions entre les uns et les autres débouchent sur une impasse, dans une totale incompréhension et l’hostilité telle qu’elle s’exprime dans l’échange que nous citions.

Le mieux est de revenir calmement sur les termes du débat, sans ignorer les arguments essentiels des deux bords. Ainsi il sera intéressant de prendre connaissance du livre du Père Benoist de Sinety qui paraît ces jours-ci sous le titre La cause du Christ. L’Évangile contre « l’identité chrétienne » (Grasset). On peut joindre au dossier la contribution du dernier numéro de la revue Communio, « Catholicisme et politique aux États-Unis ».

Compatibilité ou pas ?

Y a-t-il incompatibilité entre l’adhésion au Christ vécue dans la plénitude de l’Évangile et une certaine identité culturelle et civilisationnelle se réclamant du christianisme ?

Oui, si une telle identité s’affirme comme une idéologie et une pratique fermées aux vertus évangéliques et à l’action de la grâce dans les âmes.

Non, si la mystique chrétienne n’ignore pas les nécessités de l’Incarnation dans les réalités contemporaines, notamment dans le domaine décisif de la culture.

La découverte par une génération, désaffiliée par rapport à toute tradition, de la civilisation chrétienne peut être le préambule à une véritable conversion. Il est gravement préjudiciable de traiter par le mépris le cheminement de jeunes en quête d’identité. La mystique la plus profonde n’est nullement contraire à une telle démarche qu’elle éclaire et purifie. Encore faudrait-il revenir aussi sur la notion de civilisation qui est souvent le point aveugle des incompréhensions actuelles. L’histoire entière du christianisme ne saurait se séparer de cette inscription de la foi chrétienne dans l’espace et dans le temps.