30 ans de lois bioéthiques en France, et aujourd'hui ? - France Catholique
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Le journal de la semaine

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30 ans de lois bioéthiques en France, et aujourd’hui ?

À travers un documentaire diffusé en ciné-conférences dans toute la France, la Fondation Jérôme-Lejeune alerte sur les nouveaux dangers qui se profilent.
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© Fondation Lejeune

Fin avril se sont achevés les États généraux de la bioéthique. Cette grande consultation publique marquait le début de la nouvelle révision des lois bioéthiques françaises, dont le vote est prévu en 2028. « Cette quatrième révision intervient plus de trente ans après la première loi, en 1994, souligne Lucie Pacherie, responsable plaidoyer à la Fondation Jérôme-Lejeune. Il nous semblait important d’alerter les Français sur le contenu de ces lois bioéthiques. Avec ce documentaire, nous allons à leur rencontre, les éclairant sur les enjeux de ces sujets par une approche pédagogique. »

30 ans de lois bioéthiques au risque de l’humain fait donc le point sur ces trente dernières années, exposant l’impact concret de ces choix législatifs sur les familles et notre société. Des experts, tels que Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation, le constitutionaliste Bertrand Mathieu, le député Patrick Hetzel, le pédiatre Emmanuel Sapin y livrent leurs analyses. Le tout éclairé du témoignage bouleversant des parents du petit Timothée, atteint de trisomie 21.

PMA, recherche sur l’embryon…

 « La vie est reçue, c’est en cela qu’elle est sacrée, affirme la philosophe Danielle Moyse, interrogée dans le documentaire. Et l’être humain le supporte moins, il veut tout choisir. » Déroulant les permissions et compromis votés par les lois bioéthiques, Lucie Pacherie démontre à l’écran les transgressions successives légalisées au fil des années : procréation médicalement assistée (PMA), recherche sur l’embryon humain, sélection prénatale… L’ouverture aux dérives eugénistes est de plus en plus béante. Et les lois bioéthiques se sont débarrassées de l’éthique. « Avec ces lois, on est passé de l’éthique au droit, y souligne Jean-Marie Le Méné. Et ce sans se poser la question de savoir sur qui on légifère. »

Un eugénisme banalisé

En juillet 1994, la France adopte les premières lois bioéthiques, s’engageant sur une dangereuse pente. La PMA, dérive bioéthique majeure, est d’abord encadrée, tandis que la recherche sur l’embryon humain demeure interdite. Puis, avec les révisions législatives suivantes, l’être humain semble laissé à la merci de la toute-puissance technique. Et ces lois ne font alors que fixer le cadre d’un eugénisme banalisé. Les nouvelles techniques scientifiques sont régularisées, plutôt que régulées. En 2021, la loi permet la PMA « pour toutes », c’est-à-dire également aux unions homosexuelles féminines et aux femmes célibataires, tandis que la recherche embryonnaire est pratiquement libéralisée.

Pour cette prochaine révision, deux sujets se dessinent : la DPI-A, examen génétique réalisé sur un embryon obtenu par fécondation in vitro (FIV), et le diagnostic pré-conceptionnel, qui consiste à dépister, chez les parents, des mutations responsables d’une maladie monogénique. « Si la DPI-A est légalisée, la PMA deviendra alors un moyen privilégié pour procréer, déplore Lucie Pacherie. Et l’eugénisme sera imposé sans question. » Et Élise Saunier-Vivar, directrice de la recherche à la Fondation Lejeune, d’ajouter : « Le principe du diagnostic pré-conceptionnel n’est pas mauvais, en soi. Mais c’est une autoroute vers la PMA et le tri des embryons… »

Les États généraux de 2026 ont été mis en sourdine, pris en otage par les débats sur la fin de vie, le contexte politique troublé, et la future campagne présidentielle et législative. « Les lois bioéthiques ne concernent pas que les experts, alerte Lucie Pacherie. Elles nous concernent tous. » C’est le combat pour les générations futures.

Prochaines ciné-conférences : Tours le 5 mai, Dijon le 6 mai, Saumur le 12 mai, Fontainebleau le 17 juin.


Réservations sur fondationlejeune.org