L’aube de la France - France Catholique
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Le journal de la semaine

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L’aube de la France

À la chute de l’Empire romain, l’alliance des évêques et du pouvoir temporel a consolidé la foi chrétienne dans l’ancienne Gaule.
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Le baptême de Clovis par saint Remi.

Le baptême de Clovis (détail) par saint Remi, v. 1500, maître de Saint Gilles. © National Gallery of Art, Washington, D. C.

La civilisation gallo-romaine succède à l’Empire romain mais elle avait commencé bien avant son effondrement. S’il y eut une rupture en 476, les provinces conquises et civilisées continuèrent leur administration selon le schéma hérité de l’Empire. La chute du pouvoir central se traduisit surtout par l’absence de sécurité à l’intérieur et aux frontières de l’Empire. Les populations étrangères – « les barbares » – donnèrent libre cours à leur besoin de conquête et d’invasion. Les évêques, alors, jouèrent le rôle de Gardien de la cité. Ils étaient souvent issus de familles qui avaient donné des préfets à Rome. Désireux de ne pas se laisser absorber par des tâches militaires et administratives plutôt que de s’adonner à la prière et à l’apostolat, ils cherchèrent un chef politique à qui confier ces tâches. C’est Clovis qui fut choisi en raison de sa droiture et de sa force, ainsi que de son mariage avec Clotilde, la chrétienne dont il épousera bientôt la foi.

Les racines chrétiennes

C’est par l’Église, et surtout par les monastères, que se transmit l’héritage gréco-latin qui était de ce fait allié à la tradition évangélique. Au regard de l’histoire, il est incontestable que les racines de la civilisation française, européenne et occidentale sont chrétiennes puisque c’est bien l’Église qui les a portées. Ce qu’on appelle à tort « la grande nuit du Moyen-Âge » n’est en réalité qu’une suite de renaissances fondée sur une continuité de civilisation portée principalement par l’Église. Il est vrai que, si la Gaule a très vite adopté le modèle latin, elle a épousé avec préférence l’héritage grec et le christianisme s’y est répandu comme une traînée de poudre. Les persécutions conduites par les empereurs romains n’ont fait que renforcer la foi : dès les IVe et Ve siècles, villes et villages sont majoritairement acquis à la foi chrétienne.

Le roi l’est aussi. Sous Clovis, avec l’héritage de saint Martin, saint Vaast, saint Sidoine Apollinaire et saint Paulin de Nole, surgit une civilisation nouvelle qui mêle l’évangile à l’héritage antique. L’empereur d’Orient considérait d’ailleurs Clovis comme un nouvel empereur d’Occident et lui fit envoyer les insignes de l’autorité après sa victoire de Vouillé sur les Wisigoths, en 507. Cette victoire était aussi une croisade religieuse qui permit de réaffirmer l’orthodoxie de la foi face à la dérive arienne. Les composantes de la nouvelle civilisation sont ainsi clairement définies. Le toit chrétien couvre les murs grecs et romains pour constituer une nouvelle maison inconnue de l’Antiquité.

La Gaule était préparée

Il y eut aussi une rencontre mystérieuse entre les traditions religieuses de la Gaule druidique et la foi nouvelle. Si beaucoup de traces de l’antique paganisme restèrent difficiles à déraciner, on peut tout de même dire que la Gaule était préparée à recevoir l’Évangile. En effet, certains historiens attribuent à la tradition druidique un appel vers la transcendance que ne connaissait pas Rome pour qui les dieux étaient surtout les gardiens de la Cité. Si les élites romaines se convertirent rapidement au christianisme après l’édit de Milan mettant fin aux persécutions en 313, les populations gauloises y adhérèrent plus vite et de façon plus fervente que dans le reste de l’ancien territoire occidental de l’Empire.