Fin de vie. Pour qui sonne le glas ? - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Fin de vie. Pour qui sonne le glas ?

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© Adobe Stock / RHJ

À Guérande, le glas a sonné le 25 février au soir, lorsque les députés ont adopté pour la deuxième fois la loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Un symbole ! Est-ce à dire que toutes les prières, les neuvaines et les jours de jeûne n’auront servi à rien ? Certainement pas. D’abord parce que le dernier mot n’est pas écrit. Le circuit parlementaire est loin d’être clos : le texte doit d’abord repasser au Sénat, puis en commission mixte paritaire…

L’écart se resserre

Même si les partisans de cette loi de mort sont décidés à aller jusqu’au bout avant 2027, le combat doit donc continuer. Et s’accentuer. Le 3 mars, une Petite Sœur des Pauvres, telle David contre Goliath, devait plaider la cause des établissements catholiques devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. À son exemple, édifiant, les catholiques doivent tirer les leçons des épisodes précédents. Malgré tout, la pression sur les députés a réduit l’écart initial entre les partisans et les opposants à l’Assemblée. Trente-trois députés, au départ favorables, ont même changé d’avis à mesure que se dévoilaient les enjeux négatifs de cette loi. Lors des prochaines échéances électorales, chacun pourra s’en faire le relais dans sa commune ou sa circonscription. « Les hommes batailleront, et Dieu donnera la victoire. »

Mais au-delà de la loi et du rapport de forces politique, il y a la foi. Là est le combat le plus important. C’est la foi qui nous affirme qu’aucune prière n’est inutile. C’est la foi qui donne au corps humain, contre les idéologies mortifères, sa dignité et sa noblesse incomparables, même défiguré, depuis que le Verbe s’est fait chair et a prononcé les paroles sacrées : « Ceci est mon corps. »

C’est aussi la foi qui fait considérer la mort comme une épreuve dont nous pouvons être vainqueurs, par la grâce divine, et nous fera proclamer à Pâques : « Ô mort, où est ta victoire ? »

La foi donne encore l’audace de poser la question, qui ressurgit périodiquement : les élus catholiques qui voteraient cette loi peuvent-ils continuer à communier comme si de rien n’était ? On dira que l’argument ne porte plus dans la France déchristianisée. Mais est-ce si sûr ? Qui dit excommunication publique dit aussi absence de funérailles chrétiennes. Les familles des élus n’y seraient-elles pas sensibles ? Sans compter la force symbolique de l’argument, même s’il n’est plus compris. Ce pourrait être l’occasion d’une catéchèse sur le salut des âmes, qui n’est pas automatique, et constitue la raison d’être de l’Église…

Au Moyen Âge, le prêtre demandait aux chrétiens qui s’approchaient de la mort une ultime profession de foi devant l’hostie consacrée. Saint Thomas d’Aquin, chantre de l’Eucharistie par excellence, n’a pas échappé à la règle. Au bord de la mort, voici ce qu’il déclara : « Je te reçois, prix de la rédemption de mon âme. Par amour pour toi j’ai étudié, veillé, travaillé ; je t’ai prêché et enseigné ; jamais je n’ai rien dit contre toi. Je ne suis pas obstiné dans mes opinions personnelles ; si j’ai dit quelque chose de mal de ce Sacrement, je laisse le tout au jugement de la Sainte Église Romaine ; en l’obéissance à cette Église je quitte maintenant cette vie. »

Magnifique et émouvant témoignage d’une foi, non pas abstraite mais incarnée, en la présence réelle de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, dans le Saint-Sacrement de l’autel.