Quentin, catholique fervent - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Quentin, catholique fervent

Le jeune homme était passionné par une recherche intellectuelle et spirituelle qui donnait à son engagement politique sa véritable identité.
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© Famille de Quentin Deranque

Le meurtre de Quentin Deranque à Lyon, à la suite d’un lynchage épouvantable dû à des militants d’ultra-gauche, a produit une émotion légitime dans toute la France. Quentin est qualifié de militant nationaliste et les médias s’intéressent à son parcours politique, incontestablement à droite. Son initiative pour venir en aide aux jeunes femmes du collectif Némésis ne fait pas de lui quelqu’un de violent. L’avocat de sa famille a opéré une mise au point bien utile à ce propos. Le jeune homme a « toujours défendu ses convictions de manière non violente, prônant un militantisme pacifique ».

Un portrait lumineux

Une partie des médias souligne à l’envi que la ville de Lyon est le théâtre d’affrontements fréquents entre formations d’extrême gauche et d’extrême droite. Ce n’est pas pour autant que Quentin doit être stigmatisé comme acteur volontaire de ce type de guérilla. Au contraire, le portrait que tracent de lui ses amis indique qu’il était passionné par une recherche intellectuelle qui donnait à son engagement politique sa véritable identité. Mais surtout, dominait en lui un christianisme profond, à la suite d’une conversion qui s’était produite il y a quelques années et qui l’avait déterminé à être un membre particulièrement actif dans sa paroisse notamment dans le cadre de la chorale. Paul Sugy a publié à ce propos un article très documenté qui doit retenir notre attention (Le Figaro du 17 février) : « Il avait surtout ses livres. Une immense bibliothèque, qui avait fini par faire de lui un jeune homme réputé pour sa culture : “Il retenait tout, il savait tout…” confient unanimement ceux qui conversaient avec lui. Quentin parlait de philosophie et d’histoire […]. Il débattait avec acharnement du rousseauisme en pourfendant les thèses du Contrat social, réfutait l’idée calviniste de prédestination ou se passionnait pour l’étude de la Somme théologique. Saint Thomas d’Aquin et saint Augustin étaient-ils ses auteurs de chevet ? Au moins avaient-ils fini par constituer le triptyque intellectuel sur lequel le jeune homme en perpétuelle recherche voulait fonder sa pensée. »

On s’est fait aussi écho, dans certains médias, du fait qu’il avait ramené sa propre famille à la foi et à la pratique religieuse, jusqu’à être le parrain de confirmation de son propre père.

Préférence spirituelle

Sans aucun doute, il avait une préférence spirituelle en faveur du traditionalisme, adepte fervent du pèlerinage de Chartres et fidèle de la paroisse Saint-Georges des bords du Rhône. Cela n’en faisait pas pour autant un adversaire du rite de Paul VI. Il faut bien reconnaître qu’il comptait au nombre de ces jeunes gens sensibles à la grâce particulière d’une forme liturgique qui est comme l’ADN d’une famille que l’on ne saurait réduire aux avatars des querelles postconciliaires.

La quête d’une génération

Plus généralement, la personnalité de Quentin, du fait de sa mort intervenue à la veille de l’ouverture du Carême de cette année, nous permet de réfléchir à la promotion de baptêmes qui s’annonce nombreuse pour la veillée de Pâques. Ce qui prédomine dans pareil phénomène, c’est la quête d’une génération qui découvre, à frais nouveaux, le christianisme, loin de toutes les influences idéologiques et, surtout, à l’encontre des tendances de l’époque. Sans doute Quentin avait-il ses propres choix politiques mais ce qui comptait d’abord, c’était la découverte émerveillée de la foi.

On retiendra le missionnaire infatigable qu’il était devenu, son souci de communiquer sa flamme intérieure et jusqu’à vivre de cette charité qui le conduisait à rejoindre les maraudes de nuit pour secourir les plus pauvres.