Fin de vie : les leçons d’un scrutin - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Fin de vie : les leçons d’un scrutin

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© Adobe Stock / Yvan Reitserof

Le vent tournerait-il en Europe ? Trois projets de loi sur l’euthanasie, en Écosse, en Angleterre et en France, semblent marquer le pas en ce début 2026, malgré des votes initiaux favorables. En Écosse, un nombre croissant de législateurs passent du soutien à l’opposition, en raison du rejet de garanties clés. En Angleterre et au Pays de Galles, ce sont les Lords, la chambre haute, qui ralentissent l’examen par une bataille d’amendements – plus de 1 000 !

En France, si le rejet du texte sur la fin de vie au Sénat n’est pas une victoire, puisque le texte repart cette semaine à l’Assemblée en deuxième lecture, sur sa base la plus transgressive, c’est cependant un signal clair.
Les débats entre sénateurs ont en effet montré, selon l’un d’entre eux, qu’il y avait « une vraie division entre les partisans et les opposants au suicide assisté et à l’euthanasie. On est très loin de l’idée véhiculée par des sondages commandés par les partisans de l’aide à mourir selon laquelle 90 % des Français y seraient favorables ! » Même au sein du gouvernement, des doutes se sont exprimés : « On prend le risque d’ouvrir une boîte de Pandore », a ainsi affirmé la porte-parole, Maud Bregeon, en son nom personnel.

Deux camps

Il y a donc désormais deux camps, et un choix clair à opérer. Plus de demi-mesure ni de texte dit « modéré », qui encadrerait une transgression minimisée. En ce sens, le vote sénatorial est une clarification face à cette question de vie ou de mort.

Mais cette polarisation du débat va bien au-delà d’une question de civilisation prête à basculer dans la barbarie et l’individualisme le plus forcené – du type « c’est mon choix et mon droit ». L’enjeu, plus vertigineux encore, concerne la racine de cette civilisation, c’est-à-dire Dieu. Il s’agit d’une véritable bataille spirituelle qui se joue désormais ouvertement, entre ceux qui revendiquent une vision purement matérialiste et démiurgique de l’homme, et ceux qui intègrent la dimension surnaturelle.

Du côté de l’Église, le combat contre cette loi implique ainsi de penser les enjeux au regard d’un horizon beaucoup plus vaste : celui de l’éternité, le seul à vrai dire qu’elle possède en propre. Comment se fait-il, dès lors, que les catholiques et leurs pasteurs n’osent pas vraiment parler de Dieu dans ce combat ? Saint Jean Bosco, méditant sur la mort et l’espérance chrétienne, soulignait qu’elle « ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, la grâce est à l’œuvre ».

Il faut être convaincu que cette grâce divine peut toucher les cœurs, même des non-croyants, et surtout ceux qui s’approchent de la fin, pour lesquels il n’y a plus beaucoup d’avenir sur cette terre… La question de leur salut dans l’autre vie, en revanche, se pose avec acuité et mérite une réponse !

Dieu seul vient apaiser les angoisses existentielles de ce monde. Parce qu’il a partagé notre condition mortelle, le Christ peut « porter secours à ceux qui subissent l’épreuve », insiste l’auteur de l’épître aux Hébreux : « Par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort. » Formidable occasion d’annoncer à notre société la bonne nouvelle de la Résurrection !