La mission selon Léon XIV : recentrage sur le Christ - France Catholique
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Le journal de la semaine

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La mission selon Léon XIV : recentrage sur le Christ

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© Catherine Leblanc / Godong

Dans son message à l’occasion de la centième Journée mondiale pour les missions, dimanche dernier, Léon XIV a tenu à recentrer la mission de l’Église, et donc de tous les chrétiens, autour de l’union vivante avec le Christ, reçue et vécue au cœur de la foi. Ainsi s’inscrivait-il dans la continuité profonde du magistère exercé par les successeurs de Pierre. On est frappé de la ressemblance de ce message avec l’exhortation apostolique de son prédécesseur le pape Paul VI, intitulée Evangelii nuntiandi (8 décembre 1975) qui avait fait date dans la période postconciliaire : « Il n’y a pas d’évangélisation vraie, si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu ne sont pas annoncés. »

Une union avec le Christ

On retrouve dans le message de Léon XIV le même accent christologique : « Être chrétien n’est pas avant tout un ensemble de pratiques ou d’idées », ni un « idéal abstrait ». « C’est une vie d’union avec le Christ, dans laquelle nous sommes rendus participants de la relation profonde qu’il vit avec le Père dans l’Esprit Saint. »

Comment ne pas retrouver dans cet enseignement le commandement du Christ lui-même, au moment où il quitte ce monde : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit (…). Et moi je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt, 28, 19-20). Par son exemple même, le Pape, qui fut missionnaire et évêque au Pérou, en adoptant la nationalité du pays auquel il était envoyé, montre la radicalité de cet appel du Christ, répercuté de siècle en siècle par l’Église. C’était déjà le cas d’Evangelii nuntiandi au terme de l’Année sainte 1975, qui marqua un réveil dans l’Église, alors que celle-ci était en butte aux remous de la société ainsi qu’à une véritable crise doctrinale. Plus de cinquante ans après, Léon XIV a appelé les catholiques à faire advenir une « nouvelle ère missionnaire ».

C’est aussi l’identité même de l’Église qui se trouve en cause dans cette définition de la mission. Il y a un usage abusif du mot d’ordre qui a dominé un moment l’opinion : ouverture au monde. Certes, l’Église ne saurait être indifférente « aux joies et aux espoirs, aux tristesses et aux angoisses des hommes de ce temps » pour reprendre les termes de la Constitution conciliaire Gaudium et spes. Mais il ne s’agit pas pour elle de s’aligner sur les idéologies du moment. Peut-être l’expression de présence au monde serait-elle plus adéquat, pour signifier la différence décisive d’un message de transformation et de conversion dans l’imitation du Christ.

De même, il est important de considérer que l’engagement œcuménique encouragé par le concile Vatican II ne trouve sa véritable définition que dans la reconnaissance plénière d’une foi perçue dans son intégrité. La récente célébration commune du 1700e anniversaire du concile de Nicée indique la bonne direction à prendre, en ce qu’elle témoigne d’un désir de communion, sans lequel il n’y a pas d’adhésion au Christ : « Ainsi, plus nous serons unis dans le Christ, plus nous pourrons accomplir ensemble la mission qui nous est confiée. »