Fin de vie : transgression mortelle - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Fin de vie : transgression mortelle

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© Sanctuaire de Lourdes

Se trouvant en grande difficulté devant toutes les échéances politiques du pays, Emmanuel Macron persiste et signe sur une proposition de loi qui revient à légaliser purement et simplement l’euthanasie. Tout se passe comme si, à l’instar de son prédécesseur, il voulait marquer son passage à la tête de l’État par une réforme dite sociétale qui aurait des conséquences d’ordre civilisationnel. Bien qu’une telle intention soit niée par les porte-parole du pouvoir, il ne fait aucun doute que le droit de donner la mort, même si ce droit est encadré par certaines dispositions, signifierait une rupture décisive, non seulement dans notre législation mais aussi et surtout dans l’ordre anthropologique, celui des orientations philosophiques du corps social. La primauté de la défense de la vie, à tous les stades de son développement, serait bafouée, et une tout autre conception s’affirmerait, en contradiction avec notre histoire, notre culture, nos textes fondateurs. À commencer par le texte du Décalogue, qui stipule de la façon la plus nette : « Tu ne tueras pas ! »

Un texte parmi les plus transgressifs

À ce propos, il convient de citer la dernière déclaration des évêques de France, qui constitue une mise au point bienvenue dans la situation actuelle : « Ce texte parmi les plus permissifs au monde, menacerait les plus fragiles et remettrait en cause le respect dû à toute vie humaine. L’Église catholique en France par la voix de ses évêques, ses associations de solidarité, et ses aumôniers agissant auprès des personnes malades n’a eu de cesse d’alerter sur la menace qui pèse sur les plus fragiles et sur la mise en question du respect dû à toute vie humaine. » Que l’Église, par la voix de son magistère, affirme son opposition la plus résolue à cette subversion du droit ne constitue en rien une intrusion d’une autorité spirituelle dans le domaine politique.

Car il s’agit d’une exigence suprême de la conscience qui résulte de la volonté du Créateur et des décrets de la Providence. Une Providence qui, loin de contredire le bien de l’humanité le place en primauté, en assurant la protection de sa dignité à l’encontre de sa fragilité et des forces de désagrégation qui conspirent à sa perte.

De ce point de vue, l’Église s’inscrit dans le mouvement d’une civilisation qui perfectionne les mœurs, les humanise même à l’opposé d’un prométhéisme qui, sous couvert de promouvoir le progrès, aboutit aux transgressions les plus mortelles.

Les Dix commandements bafoués

Pourquoi ne pas l’affirmer ? Ces transgressions nous ramènent à l’antique opposition d’un certain paganisme à la Révélation biblique et évangélique. Avant même l’ère chrétienne, des représentants du paganisme ont reproché aux Juifs de s’opposer à la suppression des enfants indésirables, de la simple volonté du pater familias.

À l’opposé de la revendication du droit à la transgression s’affirmaient les Dix Paroles, les Dix Commandements révélés sur le mont Sinaï. Sous couvert du « droit à mourir dans la dignité », ce sont ces commandements qui sont récusés, au service d’un néopaganisme que la modernité porte aussi dans ses flancs. Ce n’est pas la loi de la République qui s’imposera contre la loi de Dieu, c’est le déni du vrai bien commun qui s’affirmera contre le Dieu ami des hommes. 

La prochaine Marche pour la Vie aura lieu ce dimanche 18 janvier. « Alors que la France s’apprête à franchir un seuil, faisons de la vie une grande cause nationale ! », résument ses organisateurs.
Rendez-vous place Vauban à Paris, à 14 heures.