« Je n’ai pas vraiment réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants » : c’est depuis notre plus beau navire de guerre flottant au milieu de la Méditerranée qu’Emmanuel Macron a fait ce constat d’échec, à l’heure où le mouvement de protestation des « gilets jaunes » enfle comme une vague déferlante à travers le pays… Par delà la question de l’augmentation récurrente du prix des carburants, une hausse accablante pour beaucoup, plusieurs facteurs concourent au mécontentement populaire : au coût des taxes s’ajoute celui des tarifs des péages et de l’ensemble de l’augmentation du coût de la vie pour les plus modestes, sans parler de la mesure peu compréhensible de la nouvelle limitation de vitesse des 80 kmh dans de nombreuses zones rurales ou semi-rurales, sous l’œil de radars devenus omniprésents… Tout cela fait que beaucoup de Français ressentent une pression difficile à supporter.
Une fois de plus, c’est la « France périphérique », que jadis Giscard avait cru amadouer en parlant de la « France profonde », qui exprime son malaise de mal-aimée. Macron avait déjà reconnu s’être montré maladroit en parlant de « Gaulois réfractaires au changement » : même s’il y a du vrai dans cette formule, toute vérité n’est pas bonne à dire dans n’importe quel contexte… Désormais, il faut espérer que les manifestations prévues samedi prochain permettront de renouer un dialogue démocratique, plutôt que de déboucher sur des affrontements stériles.
Denis LENSEL
Pour aller plus loin :
- Le défi du développement des peuples et le pacte de Marrakech - la fuite en avant des Nations Unies
- Macron se tait mais les faits parlent désormais
- Recherche sur l’embryon : échec de la proposition de loi à l’Assemblée nationale
- Le marathon rural de Macron et les circuits urbains des Gilets jaunes
- Macron en pleine immersion populaire dans la Drôme
